AccueilLa UNEDéchets importés d'Italie: Une tournure résolument judiciaire

Déchets importés d’Italie: Une tournure résolument judiciaire

Le ministère public à Sousse a placé en garde à vue 12 personnes suspectes dans l’affaire des déchets importés d’Italie. 10 autres  ont comparu en état de liberté, devant la justice, alors que le propriétaire de la société importatrice SOREPLAST est recherché,  étant  toujours en fuite, a déclaré à TAP, le premier vice-président du Tribunal de première instance de Sousse, Jabeur Ghenimi. Parmi les personnes arrêtées, entre samedi et dimanche, l’ancien ministre de l’Environnement (dans le gouvernement Mechichi), un chef de cabinet, un ancien directeur général et deux directeurs de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), deux autres directeurs à l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ANPE), un cadre de la Douane, le propriétaire d’un laboratoire privé, un transitaire et un agent de la Poste.

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Quant aux personnes qui ont été entendues par le Procureur et restées en état de liberté, il s’agit d’un ancien ministre de l’Environnement (du gouvernement de Fakhfakh), l’actuel directeur de l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ANPE), trois ingénieurs de la même agence, le consul de Tunisie à Naples et deux cadres de la Douane.

Pour rappel, ce scandale, dévoilé, suite à une enquête d’investigation diffusée sur une chaîne de télévision privée, le 2 novembre 2020, porte sur un marché d’importation de déchets vers la Tunisie, conclu entre une société tunisienne totalement exportatrice et une société italienne.

En vertu de cet accord, 282 conteneurs de déchets sont arrivés au port de Sousse et ont été présentés comme des déchets plastiques à recycler. Mais, les enquêtes ont dévoilé qu’il s’agit de déchets ménagers, dont le trafic transfrontalier viole plusieurs conventions internationales, dont les conventions de Bâle et celle de « Bamako ».

On rappelle que la Tunisie a notifié  l’Italie officiellement, à travers son point focal de la Convention de Bâle, qui siège au ministère de l’Environnement et des affaires locales depuis le 23 Octobre 2020, a précisé le réseau « Tunisie verte « , faisant remarquer qu’il ne reste à la Tunisie « que moins de la moitié du délai assigné  par la Convention pour éviter de se trouver dans la fastidieuse procédure d’arbitrage ». Le réseau s’interroge également sur les bénéficiaires de ce retard.

L’affaire d’importation des déchets italiens par la société tunisienne « SOREPLAST » a fait l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Sousse et d’une plainte introduite  par le réseau auprès du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme.

Selon la Duane, plus de 70 conteneurs de ces déchets transportant 120 tonnes de déchets importés par cette société  » ont été mis sous scellés », en attendant la décision de renvoi, outre les 212 conteneurs qui sont en attente dans le port de Sousse, alors que plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant l’ouverture de ces conteneurs et leur transfert hors du port.

Les droits des Tunisiens à la santé et à un environnement sain mis à mal

Le Réseau Tunisie Verte, qui a publié son communiqué le 10 décembre, date de la célébration de la journée internationale des droits de l’Homme, s’est étonné de  » l’enfouissement de l’affaire «  malgré tous les risques qu’une telle quantité de déchets peut causer à la population tunisienne.

Il s’est interrogé encore sur le sort des milliers des déchets italiens gisant sous  le sol tunisien depuis huit mois, estimant que les droits des Tunisiens à la santé et à un environnement sain sont mis à mal.

Il a réitéré son appel au chef de l’Etat, le chef du gouvernement, les ministres de l’Environnement et des Affaires étrangères de renvoyer ces déchets entrés illégalement vers l’Italie et d’agir de concert pour une meilleure gestion de cette affaire.

Déjà, les autorités tunisiennes avaient limogé  directeur général de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED), ouvert  une enquête administrative outre l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Sousse contre la société tunisienne impliquée « SOREPLAST ».

Le réseau avait déjà accusé le département de l’environnement de  «  terrorisme environnemental » et critiqué  « un système gangréné par la corruption et manipulé par des lobbys plus puissants que la justice, le ministère et l’Etat ».

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