AccueilInterviewDes enseignes internationales décident d'investir dans le tourisme en Tunisie!

Des enseignes internationales décident d’investir dans le tourisme en Tunisie!

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat,  Mohamed Moez Belhassine, a affirmé qu’une stratégie à moyen terme à l’horizon 2035 basée sur l’instauration d’un « tourisme durable et responsable », sera élaborée afin de faire de la Tunisie l’une des destinations les plus compétitives au monde.

C’est lors d’un long entretien  accordé à African Manager, que le ministre a révélé la réalisation des objectifs de cette saison, s’attendant à un retour positif par rapport à l’image de la Tunisie à l’étranger après le Sommet de la francophonie que le pays accueillera dans les prochains jours. Interview :

Tout d’abord, pouvez-vous nous parler des derniers indicateurs officiels concernant la saison touristique en cours ?

De prime abord, il importe de savoir que le secteur touristique en Tunisie est en train de se remettre de la pandémie de Covid, car les indicateurs jusqu’au mois d’octobre 2022 sont globalement bons  comparés  à ceux de  l’année dernière.

Par ailleurs, le nombre de visiteurs en Tunisie a atteint 5,2 millions, soit une augmentation de 169 % par rapport à la même période de l’année 2021, avec des recettes touristiques  estimées à 3,4 milliards de dinars, soit une évolution estimée à 81,3 % par rapport à la même période de l’année dernière. Le nombre de nuitées passées durant cette saison, jusqu’au mois d’octobre, a également atteint 17,3 millions nuitées, soit une augmentation de 154 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Peut-on la comparer à l’année de référence 2019, sachant que vous aviez annoncé que votre objectif durant l’année 2022 est d’attirer 5 millions de touristes ?

C’est vrai que l’année 2019 demeure  l’année de référence, où nous avons pu atteindre un pourcentage compris entre 50 et 60 %.

S’agissant du nombre d’arrivées, les indicateurs de cette année ont enregistré une baisse de 34 %. Quant aux recettes touristiques, nous sommes maintenant entre -29 % et -37 % du nombre de nuitées passées par rapport à 2019.

Au total, le taux de déclin est estimé à 30 % par rapport à 2019, mais il existe des indicateurs positifs qui mettent en évidence un record de développement surtout avec la progression de la saison touristique, d’autant plus que le mois d’octobre dernier a été un excellent mois en termes de résultats qui se rapprochent de ceux enregistrés en 2019.

En effet, nous avons réussi à attirer un nombre important de touristes en provenance  des marchés français, polonais, tchèque et nord-américain.

Alors, êtes-vous optimiste quant à une saison prometteuse l’année prochaine ?

Actuellement, le ministère est en train de préparer la prochaine saison 2023, qui sera plus difficile par rapport à cette année, compte tenu de l’existence d’une grande concurrence entre les pays de la région pour attirer les touristes.

Cependant, l’amélioration des indicateurs au fil des jours administre la preuve claire et positive que le secteur du tourisme en Tunisie retrouve progressivement son rythme de reprise, que ce soit les compagnies aériennes ou les entreprises touristiques privées avec l’amélioration de la situation sanitaire et sécuritaire dans le pays.

Ce retour intervient  sur fond d’un certain nombre de défis importants rencontrés par le secteur du tourisme ?

En effet, le retour et le début de la reprise ont coïncidé avec un certain nombre de défis importants auxquels est confronté le secteur du tourisme en Tunisie, y compris les défis géostratégiques tels que la guerre russo-ukrainienne, qui a provoqué une baisse du nombre de touristes russes, en plus des problèmes de santé qui ont empêché l’entrée des touristes algériens, avec la persistance des défis sécuritaires et l’aggravation des problèmes du transport aérien et des problèmes environnementaux.

Quels sont les effets du Sommet de la Francophonie et de la « TICAD 8 » sur la destination tunisienne ?

Nous connaissons très bien l’importance du tourisme des conférences et des événements internationaux dans la promotion des destinations touristiques dans le monde, car de nombreux pays s’efforcent d’accueillir les sommets mondiaux comme la Coupe du monde et les séminaires internationaux, compte tenu de leur rayonnement à court, moyen et long terme.

En effet, le succès qu’a obtenu la Tunisie dans l’organisation du Sommet international de Tokyo pour le développement en Afrique « TICAD8 », ainsi que sa volonté d’accueillir le sommet francophone dans les prochains jours, donneront une meilleure vision de la destination tunisienne.

Quant au sommet de la francophonie, il coïncide avec la fin de la haute saison, ce qui est très important, étant donné que le tourisme dans la ville de Djerba, lieu de sa réunion, a prospéré, et que les hôtels ont continué leur travail et n’ont pas fermé leurs portes, contrairement c’est de coutume, et cela stimulerait la demande sur la Tunisie, outre le fait que ce sommet contribuera à créer une image positive de la Tunisie dans les forums médiatiques internationaux.

Le ministère du Tourisme a œuvré pour contribuer à la préparation du sommet et en faire un succès, profitant de l’occasion pour promouvoir notre pays, car 3 itinéraires touristiques ont été préparés pour les visiteurs qui choisiront l’un d’entre eux, avec des bus pour leur transport vers ces zones.

En outre, les visiteurs de l’île de Djerba ont la possibilité de prolonger leur séjour , d’y ajouter  le Sud tunisien et de profiter de toutes les particularités de la région désertique pour leur permettre de connaître l’autre face de la Tunisie, réputée uniquement pour son tourisme balnéaire.

Quelle est la stratégie du ministère pour la prochaine saison, qui coïncide avec la mise en place du plan « Retour » ?

Nous nous sommes déjà attachés à récolter les fruits du « plan retour » en atteignant les objectifs souhaités, et nous avons dépassé certains indicateurs évoqués précédemment. Ce plan vise, d’une part,  à préserver le tissu économique et institutionnel, et d’autre part, à mettre en place des mesures exceptionnelles pour cette saison touristique, et troisièmement de tracer les grandes lignes du développement du tourisme tunisien à court et moyen terme.

Nous travaillons donc depuis un an ou plus à la mise en place de ce plan qui s’articule autour de plusieurs axes dont les plus importants sont liés à la santé, l’environnement, le transport, la diversification et le marketing.

Nous nous efforçons également désormais à atteindre 80 % des indicateurs de l’année 2019 lors de la prochaine saison 2023, et pourquoi pas de les dépasser.

Après ce plan, quelle est la stratégie du ministère à moyen terme pour l’année 2035 ?

La stratégie nationale du tourisme à l’horizon 2035 repose principalement sur 4 axes dont le premier est lié à l’appui à la compétitivité du secteur, le deuxième concerne la diversification de l’offre touristique, le troisième est lié à la réhabilitation des zones touristiques, et le quatrième axe repose sur l’amélioration de la qualité et de la commercialisation de la destination tunisienne.

Quelle est votre vision pour le tourisme  à l’horizon 2035 ?

La vision particulière du ministère est claire et a pour objectif de faire de la destination tunisienne l’une des destinations les plus compétitives et durables au monde en diversifiant les produits touristiques pour devenir une destination touristique propre et prospère tout en préservant le patrimoine culturel et naturel pour les générations actuelles et futures, ce qui permettra la création d’opportunités d’investissement et d’emplois pour les Tunisiens.

Il faut noter que cette stratégie est fin prête et sera présentée au gouvernement pour approbation puis pour être rendue publique.

Parlons du reclassement des hôtels en Tunisie, on en est-on à l’heure actuelle ?

Ce projet est très vaste et structurant, car il implique une révision complète des normes, qui ont été révisées pour la dernière fois en 2005, chose qui n’était pas facile, car elle nécessite des fonds financiers et d’importants investissements.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un défi important, car certains hôtels en Tunisie ne répondent pas aux exigences de la clientèle, notamment au niveau des services. Nous avons effectivement entamé cette révision depuis 2017, et le projet est prêt, mais les professionnels ont demandé un délai de grâce supplémentaire pour que ces normes entrent en vigueur, compte tenu des difficultés que les unités de tourisme ont traversées après la crise du Covid.

Cependant, nous assurons que ces nouvelles normes seront émises  dès que sera trouvé un consensus entre toutes les parties prenantes des différentes parties professionnelles et ministérielles.

Plusieurs décisions de fermeture à l’encontre de certaines unités hôtelières ont été prises l’été dernier, pouvez-vous nous dévoiler   les infractions recensées les plus marquantes ?

Les abus qui ont été détectés sont exceptionnels, étant donné qu’ils n’ont pas prévu un tel nombre de touristes arriver aux hôtels, surtout avec la recrudescence du tourisme intérieur.

Cela s’est accompagné d’une pénurie de main-d’œuvre dans certains établissements touristiques, avec des fluctuations dans l’approvisionnement en matières premières et en denrées alimentaires, qui ont été évitées grâce aux commissariats régionaux et au ministère du Commerce.

Dans ce cadre, les services de l’inspection générale du ministère ont effectué plus de 10 000 opérations de contrôle et d’inspection au cours de l’été dernier, qui ont abouti à la prise de 400 décisions dissuasives, dont 70 décisions de fermeture d’établissements touristiques tels que les hôtels, restaurants et agences de voyages.

Quelle est l’ampleur de l’évolution de la valeur des investissements nationaux et étrangers dans le secteur du tourisme ?

La valeur totale des investissements réalisés s’est élevée à 212 millions dinars, dont 177 millions dinars sont des investissements liés à l’hébergement touristique et 35 millions dinars liés à l’animation, sachant qu’il existe de nombreuses marques internationales qui investiront en Tunisie et qui vont s’y implanter prochainement.

En conclusion, quels sont les messages que vous voudrez adresser aux professionnels du  secteur et aux Tunisiens ?

Tout d’abord, je voudrais adresser mes sincères remerciements à tous ceux qui travaillent dans le secteur du tourisme pour les sacrifices qu’ils ont consentis pour surmonter les problèmes de cette saison. J’invite également les Tunisiens à venir visiter les différentes régions du pays tout au long des saisons de l’année pour découvrir de nouveaux types de tourisme, qu’il soit désertique ou hivernal.

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