Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, les médicaments de certains laboratoires quittant la Tunisie demeureront bel et bien disponibles dans le pays, selon une source qui travaille chez les laboratoires Novartis.
En effet, dans une longue interview téléphonique accordée à African Manager, la source, qui a requis l’anonymat, a indiqué que des laboratoires pharmaceutiques, dont GSK qui produit entre autres « le Panadol », ont définitivement fait leurs valises , mais continuent de distribuer leurs médicaments dans toute la Tunisie.
« La commercialisation des médicaments dépend uniquement des paiements de la Pharmacie centrale de Tunisie . Actuellement, la PCT n’est pas en train de payer, donc les laboratoires ne distribuent plus les médicaments convenablement. » a-t-il ajouté.
Le rôle des laboratoires pharmaceutiques est de coordonner essentiellement, d’informer particulièrement sur les nouveautés médicales, et de former les médecins et délégués médicaux.
Toutefois, les laboratoires sur le départ auront un impact destructeur sur le nouveau marché qui ne sera plus ma cible de nouveaux produits médicaux.
« Si demain, les maisons mères découvrent de nouvelles molécules et que de nouveaux médicaments se retrouvent sur le marché étranger, la Tunisie n’aura plus le droit de les distribuer, car les médecins et délégués ne bénéficieront plus des formations requises. »
La Pharmacie centrale en cause
En outre, la Pharmacie centrale est la seule habilitée à importer les médicaments en Tunisie. Sauf qu' »elle a également ses raisons, car les hôpitaux ne paient pas les médicaments qui lui sont livrées par la PCT, un cercle vicieux qui n’en finit », selon les dires du représentant de Novartis.
En outre, les conséquences sur l’économie tunisienne seront d’autant plus considérables, car des centaines d’employés se retrouveront vite au chômage.
De plus, l’impact sera d’autant plus considérable dans la mesure où le chiffre d’affaires des grossistes et autres pharmacies se ressentira amplement dumanque de médicaments et de liquidités.
Novartis reste en Tunisie
La source a indiqué, que, contrairement à ce qui a été rapporté par certains médias, Novartis ne fait pas partie de ceux qui quittent le pays. Du moins, en 2022. Le géant suisse a, toutefois, réduit son effectif, car le secteur médical est vivement touché par la crise des impayés de la Pharmacie centrale, estimés à ce jour à 700 millions de dinars. Pour autant, il ne quitte pas le pays .
D’autre part, selon une information de Novartis Suisse, « Novartis AG » relayée , vendredi, la société a accepté d’autoriser les fabricants de médicaments génériques de sept pays à revenu intermédiaire à produire un traitement contre la leucémie. C’est a première fois qu’une licence volontaire est accordée pour un médicament anticancéreux breveté dans le cadre d’une initiative de santé publique.
Le médicament oral, le « Nilotinib », est utilisé pour traiter la leucémie myéloïde chronique et peut être fabriqué en Égypte, au Guatemala, en Indonésie, au Maroc, au Pakistan, aux Philippines et en Tunisie, selon le Medicine Patent Pool, une organisation de santé publique soutenue par les Nations Unies. Les brevets sur le médicament sont soit en instance, soit en vigueur dans ces pays.
Autrement dit, le laboratoire Novartis a pensé à l’intérêt des patients des pays « sous-développées », dans la mesure où il donne une formule pour faire fabriquer son générique, dans les laboratoires des pays cités.
Pour rappel, le concept du médicament générique contient le même principe actif à une dose identique et ont donc la même efficacité. Par contre, les excipients ne sont pas forcément identiques. Il est donc possible d’avoir un comprimé d’un médicament générique de taille et de couleur différente du comprimé original.








