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Energie: Le gouvernement n’a pas de suite dans les idées, dixit Nabil Smida

Le rendez-vous économique mensuel du GI4T (Global Institute for transitions), et portant sur le thème «Energie, mutations géostratégiques et repositionnement de la Tunisie», s’est déroulé le mardi 22 novembre 2022, à la Cité de la culture, en présence de trois experts en la matière, à savoir Mustapha Elhaddad,  spécialiste  en énergie, Mohamed Bourguiba, Managing Director de Vivo Energy et Nabil Smida, Président de l’Association tunisienne du pétrole et du gaz.

Au cours de la dernière période, la Tunisie a enregistré une forte dégradation de la sécurité énergétique qui s’est traduite, non seulement  par de graves répercussions sur les comptes de la Nation, mais aussi par d’importantes pénuries de carburants en plus de quelques délestages électriques au cours de l’été. De nombreuses questions se posent. Et à travers ses cercles débats, « Les mardis de l’économie » visent à mettre l’économie au centre de ses préoccupations et de faire des propositions pratiques et concrètes afin d’impacter les politiques publiques et de contribuer à leur développement.

4 grands problèmes dominent  le secteur énergétique par leurs dimensions, technique, politique, juridique, financière, et d’opinion publique, selon Nabil Smida. « Le grand public tunisien est un peu désorienté. Il faut clarifier les choses, et ce genre de débat peut être bénéfique pour sensibiliser les gens, et les orienter », a-t-il souligné d’emblée.

La géostratégie, pour commencer, car, a-t-il expliqué,  « notre pays n’a pas une bonne géographie, ni une bonne géologie, et de ce fait, nous n’avons pas de terrain pétrolier. » En deuxième lieu, le responsable a souligné la  problématique  stratégique  « Nous n’avons pas de cadre d’action stratégique. Le gouvernement n’a pas de suite dans les idées. En 2017, nous avons signé un contrat avec le ministère sur un programme annuel qui concerne le secteur de la distribution, et celui-ci n’a pas été respecté », a-t-il déploré.

Le problème de gouvernance, en termes de cadre juridique, qui est périmé et doit être repensé. Cela touche notre crédibilité et la gestion des parties prenantes, selon ses dires.

Le quatrième problème a trait à la communication. Selon lui, les dirigeants doivent établir une communication car le manque de parole touche au secteur, qui a, en quelque sorte, bâti une mauvaise réputation aux yeux du grand public, à cause du manque de parole. « La communication est quasi absente, et surtout en temps de crise. Le citoyen n’est pas rassuré, et ce dysfonctionnement porte préjudice au secteur ».

Les enjeux du secteur énergétique

Selon Mustapha Haddad, la  dépendance énergétique de la Tunisie a atteint 54% en 2020, contre une moyenne de 15% au cours de la dernière décennie, et 9% en 2000.

« Cette détérioration importante du déficit énergétique a impacté lourdement la balance du commerce extérieur, atteignant près de 40% du déficit commercial en 2019, ainsi que les produits de première nécessité ».

L’expert a ajouté que cette détérioration s’est déployée  dans un contexte national en bouleversement, et dans un contexte sécuritaire régional incertain, et dans un contexte mondial en mutation.

« Le niveau atteint par le contexte énergétique incertain risque de fragiliser encore plus la souveraineté dans notre pays », a-t-il poursuivi.

Les opportunités existent, mais le marché est loin d’être attractif

Mohamed Bourguiba a, pour sa part,  évoqué l’« Upstream » qui concerne l’exploration, et le « Downstream » qui porte sur  la distribution.

Il y a 5 opérateurs en Tunisie, 17 installations, 850 stations-service, et 20000 emplois directs et indirects. Ce secteur est 100% administré. Car il y a toute une structure qui définit les prix.

En termes d’acquis, le responsable a souligné la bonne structure du secteur, et les standards bien appliqués, en particulier à l’échelle internationale.

En outre, le niveau d’expertise est remarquable, dans la mesure où il tend à diversifier l’offre pour les clients, et ce niveau d’expertise est décliné suivant tous les partenaires affiliés.

Par ailleurs, selon le responsable, ce qui attire un investisseur en Tunisie, c’est l’attractivité du marché, mais la Tunisie est loin de l’être. « En 2019, nous avons fait une étude comparative sur le continent africain, et la Tunisie est le pays le moins attractif ».

Bien qu’il y ait  des opportunités en termes d’investissement, le  responsable a ajouté que le cadre réglementaire de la Tunisie  qui date d’il y a 30 ans , n’est pas adapté aux nouveaux marchés, malgré sa robustesse.

Jihene Essanaa

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