Finances publiques : Des chiffres qui interpellent

Finances publiques : Des chiffres qui interpellent

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Allant de l’avant dans la tradition qu’il avait instauré voici quelques mois, le ministère des Finances a dévoilé ce vendredi une série de chiffres, à certains égards bons, et à d’autres quelque peu inquiétants

Les recettes fiscales de l’Etat continuent sur leur lancée ascendante. Elles se sont établies à 14,4 milliards de dinars à fin juin 2019 contre 12,2 milliards à fin juin 2018, soit une croissance de 18%, selon les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat à fin juin 2019 publiés par le ministère des Finances. Les recettes non fiscales, elles, ont atteint 1,692 milliard de dinars.

Les impôts directs se sont élevés à 6,621 milliards de dinars, contre 4,71 milliards à fin juin 2018, soit une hausse de 40,4%. Ce montant provient essentiellement des impôts sur le revenu (4,52 milliards de dinars, soit une hausse de 40,4%) et des impôts sur les sociétés (2,09 milliards de dinars, soit une hausse de 40,3%) répartis entre les impôts sur les sociétés pétrolières à raison de 668 millions de dinars et les impôts sur les sociétés non-pétrolières à raison de 1,425 milliard de dinars.

Les impôts indirects s’élèvent à 7,778 milliards de dinars, soit une hausse de 3,9% par rapport à la même période de 2018. Ils proviennent essentiellement de la TVA (3,74 milliards de dinars, soit une hausse de 8,3%), des droits de consommation (1,32 milliard, soit une baisse de 3,4%) et des droits de douane (646,5 millions de dinars, soit une hausse de 15%).

Le déficit budgétaire se creuse

En revanche, le déficit budgétaire a atteint 2,445 milliards de dinars à fin juin 2019 contre 1,755 milliard de dinars durant la même période de l’année 2018, selon les mêmes résultats provisoires de l’Exécution du Budget de l’Etat à fin Juin 2019 publiés par le ministère des Finances.

Ce déficit a été financé à hauteur de 1,5 milliard de dinars par les financements intérieurs, de 579,4 millions de dinars par les financements extérieurs, de 300 millions de dinars par les revenus confisqués et de 60,9 millions de dinars par les privatisations et les dons.

La loi de finances 2019 vise un déficit budgétaire de l’ordre de 4,5 milliards de dinars, soit 3,9% du PIB contre 4,8% en 2018.

8,3 milliards DT pour les salaires

Les dépenses de l’Etat ont augmenté de 22%, à fin juin 2019, par rapport à la même période de 2018, pour se situer à 21,6 milliards dinars. Près de la moitié de cette enveloppe a été destinée au financement des dépenses de gestion (près de 11 milliards de dinars), dont 75% ont été mobilisés pour payer les salariés (près de 8,3 milliards de dinars), alors que le reste a été dépensé pour le financement des opérations d’intervention et de transfert.

Pour ce qui est des dépenses de développement, celles-ci ne dépassent pas les 2,9 milliards de dinars, ce qui représente 13,4% de l’ensemble des dépenses de l’Etat, durant le premier semestre 2019.

Le document du ministère de Finances fait ressortir, également, qu’une enveloppe de près de 2,4 milliards de dinars a été réservée, dans le cadre des dépenses de l’Etat, pour financer les prêts.

Quant au budget réservé au remboursement du principal de la dette, il s’est élevé à 3,4 milliards de dinars, contre 2,2 milliards de dinars en juin 2018, ce qui correspond à une hausse de 54%. Le budget destiné au remboursement des intérêts de la dette a dépassé 1,9 milliard de dinars, contre 1,6 milliard de dinars, l’année dernière (+18%).

TAP

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