Dans les villes sahariennes du sud tunisien réputées pour leur culture, leurs traditions et leur patrimoine architectural très particulier, le tourisme a provoqué ces dernières années un effort réflexif autour de la notion de patrimoine destinée à réunir l’offre touristique et à promouvoir un développement local.
A ce propos, un débat s’est tenu mercredi 9 novembre 2022 à Tunis, sur le tourisme saharien et oasien en Tunisie, les difficultés que rencontre le secteur, et les mesures engagées pour son développement. Une première selon le ministre du tourisme, Mohamed Moez Belhassine, qui a donné quelques précisions sur les projets en cours.
- GIZ, Onudi et UE, prêts à financer des projetsdans le saharien et oasien
Le ministre a parlé de trois points qu’il a jugés ‘’essentiels’’ et ‘’urgents’’, pour l’avancement du tourisme saharien et oasien. En premier lieu,accélérer la concrétisation de la liaison aérienne entre l’aéroport de Tozeur-Netta et les lignes internationales. Le renforcement de la connexion des aéroports de Gafsa et Gabès avec les lignes intérieures est, de loin le point le plus urgent. « Il n’est pas possible de développer une destination touristique sans accessibilité du transport aérien. » a-t-il déclaré.
Le ministre a, en outre, appelé les acteurs du secteur à travailler sur une réforme de la promotion touristique en vue de la saison des festivals qui approche. Il est important, selon ses dires, que lestouristes puissent avoir les programmes des festivals à l’avance. « La Tunisie est riche d’un patrimoine culturel qu’il ne faut plus négliger. Il n’est désormais plus question que nos festivals soient préparés à la dernière minute. » A-t-il ajouté.
Par ailleurs, Belhassine a insisté sur la diversification des lieux touristiques. Des villes telles que Douz et Kebili ont depuis toujours été marginalisées, car peu entretenues. Le ministre a indiqué que des travaux sont en cours pour améliorer ces destinations et les rendre enfin accessibles aux touristes.
« Le financement est la clé pour le développement du tourisme saharien et oasien en Tunisie, et nos partenaires(GIZ, Union Européenne,ONUDI) sont présents et mobilisés afin de financer nos projets et faire évoluer le tourisme en Tunisie. » a-t-il conclu.
- « La route Cinématographique », où les cinéastes se rencontrent
Mehdi Haloui, directeur chargé du tourisme désertique à l’Office National du tourisme (ONTT), a indiqué que lecinéma a une part importante dans le tourisme tunisien, représentant plus d’un tiers de la superficie du pays et s’étendant sur 5 provinces, à savoir Tozeur, Kebili, Tataouine et Gafsa et Gabès.
Dans un entretien avec Africanmanager, Haloui a expliqué que le désert et l’oasis de Tunisie présentent des caractéristiques culturelles, historiques et naturelles qui le différencieraient des autres types du tourisme traditionnel, les décrivant comme les principaux piliers du développement de ce secteur.
Il a mentionné que l’espace désertique en Tunisie, a atteint son apogée en 2019, mais n’a pu attirer que 700 000 visiteurs, ce qui est un faible pourcentage par rapport au nombre total de touristes, selon son estimation.
Il a souligné que l’hébergement s’avère être l’un des problèmes majeursdu tourisme saharien et oasien, car certains hôtels et maisons d’hôtes ne dépassent pas une nuitée ou deux au plus, ce qui est quelque peu alarmant selon ses dires.« Si ondéveloppe le tourisme saharien, celacontribuera nécessairement à construire le concept de tourisme durable en Tunisie. » a-t-il précisé.
- Une compagnie internationale ouvrira ligne directe Tozeur-Paris
Par ailleurs, et concernantles problèmes de transport aérien, le responsable a indiqué qu’il y a des efforts vigoureux du ministère du Tourisme avec Tunisair pour intensifier les vols intérieurs, ou encore avec les transporteurs aériens internationaux pour organiser des vols directs vers les aéroports intérieurs, à l’instar de l’aéroport de Tozeur.Il a révélé à ce propos, qu’il y aurait des pourparlers avec une compagnie internationale pour ouvrir une ligne aérienne directe entre l’aéroport de Tozeur et Paris.
Le directeur du tourisme du désert a souligné qu’il existe un comité au niveau du ministère du tourisme pour examiner les moyens de rouvrir et de réhabiliter les unités touristiques qui étaient auparavant fermées tout en encourageant de nouveaux investissements avec une vision différente qui respecte davantage le concept de tourisme durable.
Mehdi Haloui a conclu que le tourisme saharien et oasien est capable de changer la qualité du touriste venant en Tunisie, et qu’il peut aussi allonger la période de la saison touristique locale, étant donné qu’elle s’étend dans le désert de décembre à mai.







