Gouvernement : Le calendrier bouleversé. Qalb Tounès aux confins du pouvoir !

Gouvernement : Le calendrier bouleversé. Qalb Tounès aux confins du pouvoir !

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Les choses semblent se gâter un peu plus pour le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli, à quelques encablures de la date à laquelle il s’est astreint sans y être obligé par les dispositions explicites et contraignantes de la Constitution. Ayant achevé depuis le fin de la semaine dernière l’épisode exploratoire, il en a entamé un deuxième qui s’est avéré bien plus pénible que ce qu’il imaginait en affirmant à qui voulait bien l’entendre qu’il livrera la composition de son cabinet la semaine prochaine.

Au final, ses pronostics empreints d’une bonne touche de sérénité ont vite viré à des conjectures jumelées à des craintes qui pourraient hypothéquer la présente phase du processus de formation d’un gouvernement, à bien des endroits, tout aussi hypothétique, avec le retrait de deux partis qui ont vocation à peser de tout leur poids dans l’architecture gouvernementale. Il s’agit d’Attayar démocratique et du mouvement Achaab, deux formations politiques ayant des atomes crochus l’une avec l’autre, qui ont ligué leurs forces pour émerger comme un conglomérat avec lequel il serait inévitable de composer.

Déchirante révision !

La première conséquence qu’il y aura lieu de tirer de ces développements, pas totalement imprévisibles, faut-il l’avouer, est qu’ils faussent toute l’ordonnance du calendrier que le chef du gouvernement désigné a établi et à l’enseigne duquel il projetait de doter le pays d’un attelage ministériel « harmonieux » comme il le décrivait voici quelques jours dans une interview à l’agence de presse turque Anadolu. Une révision quelque peu déchirante qui présage en tout cas d’une coalition gouvernementale fragile et pourrait même être regardée comme le signe avant-coureur d’une crise politique.

D’autant que les retraits des partis Achaab et Attayar sont intervenus après des semaines de négociations lancées dans la foulée des élections d’octobre, qui ont abouti à un parlement profondément divisé, aucun parti n’ayant remporté plus du quart des sièges. C’est à se demander si Habib Jemli qui, comme on le sait, a été proposé à la Primature par le mouvement Ennahdha va se trouver face aux choix que bien des partenaires politiques abhorrent, celui de faire entrer le parti Qalb Tounès dans son gouvernement.

C’est l’un des pires scénarios que le mouvement Ennahdha voudrait éviter à tout prix au motif que des soupçons de corruption pèsent sur des dirigeants du parti de Nabil Karoui, suivi en cela par d’autres formations politiques qui ne supportent guère de voir en portrait ce parti « honni » comme probable partenaire au gouvernement. Pourtant, Jemli avait cru juste de dire qu’il s’attendait à former un gouvernement la semaine prochaine et que les indépendants politiques détiendraient la plupart des portefeuilles importants, plutôt que les membres des principaux partis de la coalition.

“Cette façon de former un gouvernement n’est pas sérieuse et ne dessine aucune identité au prochain gouvernement. Nous ne sommes pas intéressés à participer au gouvernement Jemli”, a déclaré le parti Achaab dans un communiqué. Lui emboîtant le pas, Mohamed Abbou, le chef du parti Attayar, a déclaré qu’il ne participera pas non plus au gouvernement et ne le soutiendra pas lors du vote de confiance après que Jemli a refusé de donner au parti les ministères de l’intérieur, de la justice et de la réforme, administrative.

Fragile et vulnérable !!!

La Tunisie a besoin d’un gouvernement fort pour faire face à une série de défis, y compris les protestations de jeunes frustrés qui réclament des emplois et du développement, et la pression des bailleurs de fonds internationaux qui exigent des réformes fiscales.

Cependant, même au cas où Habib i Jemli serait en mesure de former une coalition mobilisant ant un soutien parlementaire suffisant pour survivre à un vote de confiance, le petit nombre de partis impliqués le rendrait probablement fragile et vulnérable aux pressions politiques.

Selon les analystes cités par le quotidien Achark al-Awsat, paraissant à Londres, un gouvernement faible qui ne jouit pas d’un grand soutien politique pourrait se révéler incapable d’améliorer le bilan des gouvernements précédents dans la résolution des problèmes économiques qui ont accablé la Tunisie depuis sa révolution de 2011.

Ceci, alors que, paradoxalement, Habib Jemli s’est engagé à former un gouvernement «  à l’image des aspirations du peuple », a-t-il précisé à Anadolu. Le peuple tunisien ” veut que ces partis [au gouvernement] répondent à ses attentes dans les domaines de l’emploi, du développement local et régional, de l’amélioration du niveau de vie… et de la lutte contre la corruption “, ajoutant qu’un gouvernement devrait être ” efficace pour répondre aux demandes de la population et que les domaines social et économique sont sa priorité absolue “.

Enfin, il a affirmé que son gouvernement sera “totalement différent” des gouvernements précédents et s’est engagé à mener les réformes nécessaires dans les domaines économique et social.

LM

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