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Le lobby d’Ennahdha pousserait-il vers un chantage au vaccin pour rester au pouvoir?

Coup d’Etat ou prise de pouvoir, peu importe. Kais Saïed l’antisystème en avait tellement averti et menacé, jusqu’à le faire et avec l’appui de l’armée et de la police, que le parti islamiste tunisien avait cru pouvoir enfin domestiquer.

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Il a pris de court tout le monde , même le peuple qui croyait sortir dans les rues pour protester contre la mise en demeure, par le parti islamiste tunisien à l’ancien chef de gouvernement Hichem Mechichi, que la chaîne TV de la DW (Deutsche Welle) appelait par erreur « hishi mushisha », de mettre en œuvre le fonds d’indemnisation desdites victimes de l’ancien régime.

Un appel, perçu comme une offense à tout un peuple qui passait de vie à trépas quotidiennement par dizaines, et pataugeait dans une crise économique et financière sans fin et sans perspectives immédiates de s’améliorer, et dont la grogne était clairement perceptible.

  • Des décisions qui attendent toujours concrétisation !

Entretemps, deux décisions furent immédiatement appliquées. D’abord celle de geler toutes les prérogatives et activités de l’ARP. Elle sera d’ailleurs suivie par un blocus du siège de l’ARP, empêchant les députés Nahdhaouis et leur chef d’y entrer, de peur peut-être que des documents ou des dossiers y soient dérobés ou cachés.

On attend celle de la « levée de l’immunité de tous les députés et membres de l’ARP, et surtout ceux qui ont des affaires en justice en cours », « et parmi les décisions que je vais prendre, c’est que je présiderai désormais moi-même le Parquet ou Ministère Public, pour qu’il bouge dans le cadre de la loi et qu’il ne se taise pas face aux crimes commis contre la Tunisie et qu’on cache un ensemble de dossiers dans les méandres du ministère de la Justice, ou de l’ARP ». Cette levée, l’ARP étant gelée, devra faire l’objet d’un décret présidentiel, qu’on attend toujours.

Les Tunisiens attendent désormais de voir les arrestations, et au moins de savoir  officiellement leur liste, avec à leur tête les grosses pointures d’Ennahdha, pour ne pas dire Rached Ghannouchi qui cristallise toutes les peurs et la colère du peuple.

Il semble cependant que le chef de l’Etat se soit  déjà rétracté  s’agissant de la présidence du Parquet et du projet de s’instituer en Ministère Public, après sa rencontre, lundi au lendemain de son coup de force, avec les trois têtes de la haute magistrature qui semblent l’en avoir dissuadé, et c’est l’ATM qui s’est chargée, dès le 27 juillet, d’appeler le Ministère Public, à « assumer son rôle dans la protection de la société et du pays contre le crime, la corruption et le terrorisme qui ont bloqué la transition démocratique ». Des sources, généralement présumées proches de Saïd comme « Kais Karoui » sur sa page où nous sommes bloqués et ne pouvant donc pas lui demander des explications, font courir le bruit sur les réseaux sociaux, et sans aucun détail, que des arrestations sont en cours. Mais rien d’officiel.

Le chef de l’Etat avait aussi, le 25 juillet au soir, promis la nomination d’un nouveau chef de gouvernement. « Un texte sera émis incessamment, et qui sera immédiatement exécutable, celui de la destitution du chef du gouvernement, et la nomination d’une autre personne pour prendre en charge [Ndlr : la présidence du gouvernement] le temps que ces mesures [Ndlr : exceptionnelles] soient mises en œuvre. Le chef du gouvernement sera responsable devant le président de la République, lequel  nommera les membres du gouvernement sur proposition du chef du gouvernement. Ce dernier préside le Conseil des ministres (CM), lorsque le président de la République le lui demandera, car c’est le président de la République qui présidera le CM et prendra en main l’ensemble de l’Exécutif, avec l’appui d’un gouvernement qui sera présidé par un chef de gouvernement, qui sera nommé par le chef de l’Etat ».

Notons à ce propos, d’abord, que la décision ne sera notifiée par écrit sur le site de la Présidence que le lendemain, ce qui dénote le souci de contourner l’ARP qui n’a pas été, ce faisant, notifiée.

Notons ensuite, que ce serait donc, un « Rais » des ministres, qui accepterait de ne jouer que le rôle de premier ministre dirigé par le tout chef d’Etat que s’est désormais fait Kais Saïed. Deux jours après l’annonce, Kais Saïed chercherait toujours son propre oiseau rare, tout comme les « autres décisions [qui] seront annoncées sous forme de décrets, pour le retour à la paix sociale, sauver l’Etat et la société ».

  • Les pays « amis » de la Tunisie, pour un retour au dialogue !

Lors d’un point de presse du porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la France a dit avoir « pris acte des décisions annoncées par le président tunisien hier soir », sans vouloir commenter la destitution de Mechichi. Elle invite le pays « au respect de l’État de droit et au retour, dans les meilleurs délais, au fonctionnement normal des institutions, qui doivent pouvoir se concentrer sur la réponse à la crise sanitaire, économique et sociale. (…) la France appelle également toutes les forces politiques du pays à éviter toute forme de violence et à préserver les acquis démocratiques du pays (…) ».

L’Union européenne aussi appelle « au rétablissement de la stabilité institutionnelle dans les meilleurs délais, et en particulier à la reprise de l’activité parlementaire, au respect des droits fondamentaux et à l’abstention de toute forme de violence ».

Aux Etats Unis, Gregory W. Meeks, président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, et Ted Deutch, président de la sous-commission sur le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la lutte contre le terrorisme mondial, ont publié une déclaration « en réponse au limogeage par le président tunisien Kais Saïed du chef du gouvernement  et au  gel des activités du Parlement ». Ils y disent que « nous sommes gravement préoccupés par les événements survenus en Tunisie au cours du week-end qui menacent de compromettre l’important processus de transition démocratique et de réforme constitutionnelle en Tunisie. Nous appelons toutes les parties à respecter et à adhérer à l’Etat de droit, à travailler au sein des institutions établies et à s’engager dans un dialogue constructif pour régler les différends. (…) et apprécions également la panoplie d’acteurs de la société civile en Tunisie qui devrait être inclus dans la poursuite du dialogue politique ».

Sur le site du « State Department » américain, on retrouve le réel contenu de la conversation téléphonique entre le chef de l’Etat tunisien et le ministre américain des A.E Antony J. Blinken, qui a « encouragé le président Saïed à adhérer aux principes de la démocratie et des droits de l’homme qui sont à la base de la gouvernance en Tunisie. Le secrétaire d’Etat a exhorté le président Saïed à maintenir un dialogue ouvert avec tous les acteurs politiques et le peuple tunisien ». Visiblement donc, les « amis » occidentaux de la Tunisie poussent au retour au dialogue avec Ennahdha.

  • Le lobby d’Ennahdha pousse vers un chantage au vaccin pour la Tunisie

La prise de pouvoir par Kais Saïed, reste en tout cas jusque-là pas très bien décryptée par une presse étrangère, comme dans cet article de l’influent Foreignpolicy qui écrivait sous le titre « The International Community Must Use Its Leverage in Tunisia », que « la Tunisie devrait recevoir des millions de doses du vaccin COVID-19 de l’Occident, principalement par le biais de dons directs. Avec l’incertitude introduite par Saïed, les donateurs pourraient hésiter à remettre des vaccins ou des fournitures. Les donateurs devraient utiliser cet effet de levier pour faire pression sur Saïed pour qu’il rétablisse le parlement et renonce à son pouvoir inconstitutionnel. Chaque jour qui passe sans une chaîne de commandement claire met la santé des Tunisiens en danger ». Une sorte de chantage à la santé, de la part d’une partie de l’Occident qui a toujours abrité les islamistes et les a protégés, et où le lobbying nahdhaoui est depuis le 25 juillet 2021 à pied d’œuvre !

Ce tweet de Radwan Masmoudi, lobbyiste connu d’Ennahdha aux USA, le confirmerait presque en disant que «si les experts juridiques déterminent qu’il s’agissait d’un coup d’État, ce qui était manifestement le cas, ils seront contraints de refuser toute forme d’assistance ou de soutien » ! 

  • Un retard de passer à l’acte qui pourrait coûter cher à Saïed

Manifestement donc, beaucoup de ceux qui ont aidé la Tunisie dans sa crise du Covid-19, pousseraient Kais Saïed vers un retour au dialogue avec les parties en place. Des parties qui semblent avoir déjà réactivé, directement ou indirectement, leur réseau de lobbying politique. Et de fait, des informations font état de l’existence d’une telle alternative offerte à Saïed contre la confrontation directe avec la scène politique en place. Ennahdha le sait, qui recommence à proposer des élections générales anticipées.

Or une telle alternative serait rejetée  par la population qui y verrait une reculade de celui qu’elle appelle désormais l’artisan du 2ème changement en Tunisie, et relèguerait ainsi l’actuel chef de l’Etat aux oubliettes des prochaines présidentielles. Cela, surtout  si Saïed tardait beaucoup [Ndlr : Il est vrai que lorsqu’il était professeur de droit, il rendait rarement les notes à temps à ses étudiants] à mettre en exécution ses promesses du 25 juillet 2021 en ce qui concerne notamment les leaders d’Ennahdha !

1 COMMENTAIRE

  1. la Tunisie a désormais peur ,le pays en pleine crise économique sociale et financière depuis 10 ans et aggravé par l’épidémie du covid-19 et ses variants reste dans l’incertitude et attend avec impatience la feuille politique de route politique de son président qui n’a qu’un mois légal pour mettre les pendules à l’heure . Son énnemi juré le gourou des islamistes et chef du parlement grâce à son trésor de guerre est entrain de payer les lobbies dans les pays occidentaux pour ramener ses dirigeants à sa cause sous prétexte sauver sa démocratie naissante en Tunisie. les soucis des dirigeants occidentaux sont la stabilité du pays avec des institutions qui fonctionnent à demi teinte plutôt que le vide qui engendre l’anarchie et la guerre civile dans le pays qui auront des conséquences néfastes aussi bien pour la Tunisie que les pays proches monnayant leurs aides et leurs dons ils doivent faire pression sur nos hommes politiques et dirigeants actuels pour s’asseoir à table et mettre une feuille de route pour modifier la constitution actuelle et la loi électorale et des partis politiques et de les soumettre au peuple par référendum et un gouvernement apolitique de compétence et d’expérience qui s ‘attache à l’application des réformes exigées par les bailleurs internationaux ,mettre le pays au travail retour à l’investissement et la création de richesse et de l’emploi et préparer des nouvelles élections législatives et présidentielles selon la nouvelle constitution et la nouvelle loi électorale approuvée par le peuple c’est le seul moyen de sortir le pays et son peuple de ce désastre sans fin qui dure depuis 10 ans

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