AccueilLa UNELe médicament, autre supplicié de la prédation fiscale!

Le médicament, autre supplicié de la prédation fiscale!

Ne pas tomber sur un produit de consommation courante est devenu monnaie courante en Tunisie. On en avait vu bien d’autres  et non des moindres, comme par exemple, la disparition, sans préavis, du sucre, de l’huile végétale, de légumes et tubercules, telles que les pommes de terre, les tomates, le citron, que l’on retrouve peu de temps après sur les étals,  parfois au décuple de leur dernier prix connu.

Mais voilà que les Tunisiens se trouvent , depuis ce lundi, aux prises avec une épreuve  d’un genre peu usité, frappant un produit, par bien des côtés, vital, à savoir les médicaments, dont la disparition des pharmacies n’est  cependant pas le fait des spéculateurs, ni d’une quelconque guerre entre des belligérants à des milliers de kilomètres de leur pays, mais  d’une catégorie de professionnels de la santé, nommés grossistes répartiteurs de médicaments, qui ont rang d’interface  indispensable entre les entreprises du médicament et les pharmacies. Ils exercent  leur  mission au sein d’un site de répartition pharmaceutique, occupant  une position stratégique au centre du circuit de la distribution du médicament.

La pharmacie des pharmacies

Les voir faire grève est le symptôme d’une crise inédite qui agite un secteur qui a été jusque-là peu ou prou touché par les perversités et les travers d’un état de fait politique, économique et social, dont le pays a péniblement souffert.  Or, il est de l’intérêt suprême d’une Nation que la santé de ses citoyens soit mise  à l’abri de la moindre atteinte ou de n’importe quelle mesure qui en affecte l’ordonnance et désarticule les dispositifs. On ne pourrait pas, dans cette logique, s’empêcher de  se demander quelle mouche a piqué ceux qui ont la charge d’élaborer le projet de la loi de finance de 2023 pour annuler sans coup férir, une disposition majeure de l’arrêté des ministres de la Santé et du Commerce en date du 24 août 2016 les remises accordées par les établissements de fabrication de médicaments aux établissements de grossistes répartiteurs en pharmacie .

Entendons  par là  le non renouvellement, par les autorités, de l’attestation d’exonération de la retenue à la source sur les ventes des médicaments au titre de l’année 2022, ce qui a grevé les charges financières des grossistes-répartiteurs.

La Chambre syndicale nationale des pharmaciens grossistes-répartiteurs (CSPGR), qui  avait préalablement décidé d’arrêter son activité à partir du 15 novembre 2022, pour les mêmes raisons, avait, pourtant  reporté cette décision le 14 du même mois, expliquant ce moratoire  par la poursuite des négociations avec les parties gouvernementales concernées et de  » promesses sérieuses faites par le ministre de la Santé, et les ministres concernés par la résolution de cette affaire « .

Au demeurant, la CSPGR avait appelé, en mars 2022, le gouvernement à intervenir en urgence pour permettre à ses adhérents d’avoir l’attestation d’exonération de retenue à la source pour l’année 2022. Le trésorier de la Chambre, Ahmed El Karray avait indiqué  que cette dernière  avait l’habitude, depuis 2006, d’obtenir ladite exonération, dans un délai qui ne dépasse pas le mois de janvier, ajoutant que les adhérents de la chambre ont soumis des demandes pour s’acquitter de cette attestation, depuis le début de 2022, sans avoir de réponse. Il avait souligné que la non obtention de cette attestation impactera l’approvisionnement régulier du marché en médicaments et mettra en difficultés financières les 80 sociétés opérant dans le domaine.

Des retombées «désastreuses»!

En prenant cette décision, le ministère des Finances avait-il en tête les conséquences  qui pourraient découler de l’arrêt de l’activité des grossistes répartiteurs ? Des répercussions désastreuses sur le citoyen en termes de sécurité et de fourniture de médicaments, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques et autres. Bien plus, la suspension de l’activité ouvrira la porte au commerce parallèle des médicaments.

Dans tous les cas de figure, rien ne peut justifier pareille mesure alors que le secteur de la santé est abîmé sous l’effet d’une conjonction d’écueils de maints ordres  perdurant  depuis plus d’une décennie  au détriment de la santé du citoyen.

Certes l’Etat est dans la posture qui doit être la sienne quand il entreprend d’aller chercher là où il pense pouvoir le trouver, mais aller grappiller quelques fonds puisés aux dépens du dispositif de la santé de millions de citoyens, n’est-ce pas  pratiquer à leur égard un acte de prédation en maints points  mal venu, à tout le moins!

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1 COMMENTAIRE

  1. La Tunisie est un pays difficilement gouvernable, les réformes économiques nécessaires pour sauver le pays annoncées par le gouvernement exigent des investissements colossales, ces investissements ne peuvent être réalisés que si le financement est assuré, où trouver l’argent pour ces investissement ? chez le FMI d’une part, chez les bailleurs de fonds en bilatéral et auprès d’une nouvelle fiscalité à appliquer. S’il n’y a pas de sacrifice d’une part de bénéfice en veillant sur la gestion saine de l’entreprise et surtout d’éviter les pertes, le gouvernement ne pourra jamais réformer. Aussi, ce gouvernement doit négocier sérieusement avec les sociétés grossistes de répartiteurs de médicaments pour une solution gagnante et éviter l’escalade. Soyez patriotes, sincères et humbles.

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