AccueilLa UNELes atteintes  répétées aux  zones forestières menacent leur pérennité

Les atteintes  répétées aux  zones forestières menacent leur pérennité

Le phénomène des atteintes aux biens publics  s’est aggravé ces dernières années,  selon le constat posé  parle président de l’Association les Bâtisseurs de la Tunisie (ABAT), Mohamed Ben Ghaffar, et également  urbaniste  général au ministère de l’Equipement et de l’Habitat, soulignant la nécessité d’accélérer la promulgation d’une nouvelle législation visant à limiter les abus et les violations.

Dans une interview à « African Manager », il a ajouté que ces  attaques aujourd’hui menacent le patrimoine forestier et marin public , indiquant que les campagnes visant à éliminer les constructions anarchiques  ont contribué en partie à « libérer »  emprises et  routes, mais demeurent  insuffisantes.

«  Les violations liées aux atteintes aux biens publics (marins, forêts, eaux, vallées…) se sont considérablement aggravées ces dernières années, et par rapport à l’année dernière, nous n’avons enregistré aucune amélioration, et malgré l’absence de chiffres officiels concernant le phénomène, toutes les indicateurs dont l’association dispose confirment que le domaine public est « ouvert à toutes les formes d’atteinte et agression ».

La situation actuelle nécessite de reconsidérer les lois et de développer des mécanismes pour préserver la richesse nationale

Il ne fait aucun doute que les campagnes vastes et intensives organisées récemment ont, en partie, contribué à « libérer » les trottoirs pour les piétons dans divers gouvernorats, mais elles ne suffisent pas à la tâche et pourraient être temporaires.

« Les attaques  visant la voirie et la chaussée sont très répandues, en particulier dans les grandes villes et à l’intérieur des zones urbaines. Elles ont défiguré la capitale et nombreuses zones auprès des touristes, et il n’est pas raisonnable que les trottoirs se transforment en cafés ou en espaces de vente», a-t-il martelé.

« La solution est que les municipalités unissent les différentes parties impliquées dans la mise en œuvre des lois et dissuadent tous les contrevenants », a-t-il recommandé, soulignant que les atteintes  contre le domaine forestier public se répètent à l’envi, même si le domaine forestier privé est également soumis à des réglementations spécifiques qui régissent ses modalités d’exploitation.

Changement de la nature des terrains

Selon les propos de l’urbaniste, diverses formes d’atteintes visant à changer la nature des terrains ont été enregistrées. De plus, un grand pourcentage des incendies qui ont endommagé les forêts et les exploitations  agricoles sont purement « criminels ». Un nombre important de cas d’abattage anarchique d’arbres ont également été relevés, ce qui a causé d’énormes dommages  aux vastes zones de couvert forestier, et dont le but était d’introduire les terres dans l’exploitation économique et résidentielle, la meilleure preuve en est le nombre élevé de villas et de maisons sur les versants des hauteurs et  des montagnes.

« Nous avons constaté des dégâts importants au niveau des forêts suite aux incendies. Par exemple, la zone forestière de la zone « Samadia » dans la délégation nord de Bizerte a presque totalement disparu, en plus de nombreuses forêts endommagées, que ce soit à Jendouba ou à Tabarka », a-t-il souligné.

Les « chasseurs de terrains » à l’œuvre

« Nombreux sont ceux qui exploitent les biens publics, empêchant, en effet,  l’application des lois et entravant le processus de dissuasion ;  aujourd’hui nous avons cruellement besoin d’une nouvelle législation plus stricte et d’une main de fer contre les contrevenants », a insisté Ben Ghaffar.

Dans ce contexte, le ministère de l’Equipement et de l’Aménagement du Territoire a élaboré des schémas directeurs d’expansion urbaine et d’aménagement des zones sensibles, identifiées comme 19 zones concernées principalement par la bande côtière, ainsi que l’île de Djerba.

Ce que certains ignorent, selon les dires de Ben Ghaffar, c’est que les forêts de l’extrême-nord sont pour la plupart artificielles et ont un caractère protecteur, étant donné que l a région est une zone de dunes de sable mouvants et que ses plantations ont été intensifiées pour y planter des arbres.

L’aggravation du phénomène des attaques menace désormais ces zones  tandis que d’autres zones côtières sont confrontées à la menace de l’érosion marine.

En outre, les entreprises publiques sont en réalité responsables de la détérioration d’un nombre important de routes en zone urbaine, car ces entreprises effectuent délibérément des travaux de réparation et d’entretien de leurs réseaux, et dans la plupart des cas, elles ne procèdent que très rarement au  réaménagement de ces routes.

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