Les Tunisiens, dans leur quête de nouveaux horizons, et dont la principale destination migratoire est l’Europe occidentale, ont trouvé de nouvelles routes et de meilleurs itinéraires insoupçonnés pour rallier la terre promise, en évitant les couloirs maritimes, compte tenu des risques qu’ils comportent.
La pandémie de COVID-19, les retombées énergétiques et alimentaires de la guerre en Ukraine, le chômage et l’inflation ont poussé les Tunisiens à quitter le pays, sans distinction d’âge ni de sexe ; nombre de ces ressortissants, accompagnés de leurs familles, ne reculent presque devant rien pour atteindre les frontières européennes, rapporte SchengenVisaInfo.com.
La route des Balkans retrouve aujourd’hui sa popularité après avoir été fermée en 2016, et davantage de Tunisiens tentent de rejoindre l’Europe par cet itinéraire. Plus précisément, la Turquie est le point de départ de ces routes où sont organisés et dirigés les réseaux de trafic d’êtres humains, les migrants partant du détroit du Bosphore, traversant la Bulgarie, vers la Serbie ou la Roumanie, et enfin vers la Hongrie ou la Croatie. L’Albanie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine servent également de pays de transit.
Selon les données de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), près de 150 000 personnes sont entrées dans les États membres de l’UE par la route des Balkans depuis le début de l’année, soit quatre fois plus qu’en 2021. Au total, 15 000 personnes sont des migrants tunisiens qui ont utilisé l’une des alternatives migratoires de la route des Balkans, potentiellement la route turco-serbe, comme le montrent les statistiques du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.
Ces mêmes statistiques révèlent qu’à moins de 200 kilomètres de là, sur les côtes italiennes, un nombre voisin de Tunisiens est entré dans l’UE à la recherche d’une vie meilleure. Bien que légèrement plus sûre que la route maritime, l’alternative migratoire terrestre des Balkans est assez dangereuse pour les migrants avec les conditions difficiles du voyage, le risque de violence des réseaux de passeurs et des forces de sécurité, et la possibilité d’être expulsé vers le pays d’origine.
Le « rôle spécifique » de la Serbie
Le président de la République, Kais Saied, a imputé aux causes économiques et sociales l’augmentation des flux u nombre de migrations, bien que plus de vingt ONG tunisiennes aient exprimé leurs plaintes contre les autorités tunisiennes, qui, selon elles, n’ont pas de stratégie en matière de migration.
« Il faut d’abord s’attaquer aux causes économiques et sociales pour éliminer le phénomène de la migration irrégulière avant de s’appuyer uniquement sur une approche sécuritaire », a déclaré le président tunisien.
L’UE tente de s’attaquer au problème, la Serbie ayant un rôle spécifique à jouer. Margaritis Schinas, le vice-président de la Commission européenne, a révélé que la situation frontalière en Serbie contribue à l’explosion post-pandémique de la migration irrégulière. C’est pourquoi Bruxelles a alloué un fonds de 57 millions d’euros à ce pays des Balkans pour qu’il s’attaque à ce problème. La Serbie s’est engagée à veiller à ce que le régime des visas reste du ressort des pays tiers.
Dans le même temps, Belgrade s’est engagé à aligner sa politique en matière de visas sur celle de l’UE-27 « afin de garantir que le régime des visas qu’elle maintient avec les pays tiers ne fasse pas l’objet d’abus », a déclaré Schinas, en mentionnant le Burundi, l’Inde et la Tunisie. Depuis le début de la crise migratoire en 2015, plus de 1,5 million de personnes de 50 nationalités différentes ont traversé le pays, et les centres d’asile ont déjà enregistré plus de 10 millions de nuitées.








