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Les grâces présidentielles derrière l’augmentation du crime en Tunisie, dixit Tarek Belhaj Mohamed

De nombreux sociologues et experts sécuritaires ont, à maintes reprises, annoncé que la criminalité en Tunisie a augmenté d’une manière notable surtout après la Révolution du 14 Janvier 2011. Selon eux, la criminalité constitue invariablement l’une des principales sources de préoccupation locale. La prévention n’est donc pas seulement l’affaire de la police , mais concerne toute la société.

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De récents chiffres publiés par le ministère de l’intérieur et relayés par de nombreux supports médiatiques, estiment que le taux de criminalité en Tunisie est en forte augmentation.

En 2013, le nombre des crimes enregistrés a été de l’ordre de 129 mille, contre 134 mille crimes en 2014,soit une augmentation de 5738 crimes, donnant 350 crimes par jour et 14 crimes commis par heure.

Les crimes du vol occupent la première place avec 50 mille crimes enregistrés en 2014 suivis par les crimes de violence avec 39 mille affaires.

Dans une déclaration accordée à Africanmanager, le sociologue Tarek Belhaj Mohamed nous a affirmé que « Chaque révolution sociale est toujours précédée par une révolution culturelle ». Cette révolution, selon lui, se transforme en libération sociale donnant lieu à des instincts débridés. Et l’expert d’ajouter que l’augmentation du phénomène des crimes en Tunisie n’est qu’un symptôme latéral de la dynamique de la révolution.

D’après le sociologue, la faiblesse des institutions tunisiennes et le dérapage social demeurent un cadre propice incitant les délinquants et criminels à poursuivre leurs activités criminelles (vols, violences, meurtres…). Il souligne que les grâces présidentielles essentiellement au cours de dernières années, sont derrière l’augmentation du crime en Tunisie.

Comment le Tunisien perçoit-il le phénomène ?

Les études sur le sujet de la perception du Tunisien de la criminalité ne sont pas actuelles. Un sondage d’opinion élaboré du 25 au 28 mars 2013 par « Tunisie Sondages » a révélé que 47,1% des Tunisiens estiment que la montée ressentie de la criminalité traduit l’incapacité du gouvernement à maitriser la situation sécuritaire du pays. Le même sondage, a montré que la montée de criminalité s’explique selon 66,7% des Tunisiens par le sentiment d’impunité ressenti par les malfrats vu l’insécurité et la lenteur de la justice. 49,5% pensent que les grâces accordées aux prisonniers est derrière ce phénomène.

Pour ce qui est des solutions à envisager, l’enquête a révélé que 62,3% des personnes sondées préconisent la tolérance zéro au niveau du jugement des coupables, afin de servir d’exemple et de dissuader les récidivistes, alors que 51% des sondés s’opposent à la grâce accordée aux criminels condamnés par le président de la république.

Lutter contre les crimes : oui, mais comment ?

Selon les sociologues, les crimes en général qui ont leur origine dans la société constituent aujourd’hui une menace pour la communauté et demandent à être combattus à tout prix. Et dans cette lutte, les médias doivent être impliqués davantage et collaborer avec les Forces de sécurité afin de mettre l’accent sur l’augmentation du phénomène, mettre à nu ses origines et informer le public sur les efforts mis en œuvre pour le combattre, sachant que la façon la plus efficace et la moins coûteuse de prévenir le crime, c’est d’intervenir tôt pour aider aussi bien ceux qui risquent de devenir des contrevenants que les victimes potentielles.

Nadia Ben Tamansourt

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