Le gouvernement tunisien se dirige vers une nouvelle hausse des prix du carburant, d’autant plus que la situation énergétique actuelle est entachée d’une instabilité due à plusieurs facteurs nationaux et internationaux.
La guerre russo-ukrainienne, qui a éclaté fin février, a provoqué une raréfaction des approvisionnements, et les prix internationaux ont continué de grimper, portant, fin octobre, le prix du baril à 106 dollars.
En effet, la situation énergétique en Tunisie est considérée comme critique surtout avec la pénurie des produits pétroliers qui a poussé les autorités à puiser dans le stock stratégique du pays pour couvrir la demande, en particulier à la lumière de la pénurie persistante des approvisionnements et du retard de leur arrivée en Tunisie ainsi que de la forte augmentation des coûts de transports internationaux.
C’est pourquoi les prix devront de nouveau augmenter dans les prochains jours en application du mécanisme d’ajustement automatique, afin que le gouvernement puisse sécuriser l’approvisionnement du marché local en carburants dans la foulée changements internationaux et de la hausse des taux de consommation nationale face à la faiblesse du produit national brut.
Depuis le début de cette année, la Tunisie a augmenté les prix du carburant à 4 reprises, la première en février, la deuxième en mars, la troisième hausse le 14 avril et la quatrième le 18 septembre 2022.
Indicateurs d’exploration en baisse
Les indicateurs du secteur de l’exploration et de la production d’hydrocarbures en Tunisie montrent une diminution du nombre moyen de permis de recherche de 52 en 2010 à 26 en 2016 et 19 actuellement, entraînant une diminution du nombre de puits d’exploration, de découverte et de développement.
La réduction du nombre de puits de développement entraîne une réduction de la production, et il existe actuellement 57 concessions et 19 autorisations d’exploration et de découverte.
Par ailleurs, le déficit énergétique a atteint environ 50 % au niveau national, ce qui signifie que plus de 50 % de la quantité d’énergie actuellement consommée, qu’elle que soit sa provenance ,du gaz ou des produits pétroliers, sachant que le taux d’aggravation du déficit annuel est de 10 %, et dans le cas où la demande se poursuivrait à la même cadence avec l’absence de nouvelles découvertes, le déficit énergétique atteindra 80 % d’ici 2030.
La production nationale de produits pétroliers en Tunisie est actuellement estimée à environ 35 000 barils par jour, et la consommation de produits pétroliers est d’environ 90 000 barils par jour. En revanche, la production de la Société tunisienne des industries de raffinage est de 32 000 barils par jour.
Soutien budgétaire élevé
D’autre part, en raison de la flambée des cours internationaux, de la forte demande et de la faiblesse de la production nationale, le budget alloué pour soutenir le secteur de l’énergie est passé à 8,2 milliards de dollars, dépassant le budget d’investissement public estimé à 7,7 milliards de dinars.
En outre, l’augmentation d’un dollar par baril coûte à l’État 140 millions de dinars, ce qui a poussé le gouvernement à approuver une augmentation des prix du carburant en septembre dernier, selon une précédente déclaration du directeur général des hydrocarbures, Rachid Ben Dali.
A cet effet, les besoins de financement de produits pétroliers (carburant, gaz naturel et électricité) ont été fixés à 5200 millions dinars, dans la loi de finances pour l’année 2022, mais en raison de la hausse du prix du baril de pétrole, les besoins ont doublé pour atteindre 10 200 millions dinars.
Rappelons que le volume des subventions aux carburants établi dans le budget 2022 était de l’ordre de 2900 millions de dinars, sauf qu’il a atteint 8 milliards de dinars et a plus que triplé.
Nouvelles procédures
Selon les données transmises à l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie s’emploie à réduire le déficit énergétique en prenant un certain nombre de mesures d’accompagnement pour réduire la consommation de carburant et s’orienter vers les énergies alternatives, en redoublant d’efforts pour rationaliser la consommation d’énergie à tous les niveaux (ménages, logement et secteur des transports, bâtiments et automobiles).
Il sera également orienté vers l’encouragement à l’acquisition des voitures électriques, l’exonération des droits de douane et l’attribution d’une subvention en cas de remplacement d’une voiture classique par une autre électrique (une subvention d’environ 10 000 dinars octroyée par le biais du Fonds pour la transition énergétique), en plus d’informer les familles et de permettre aux groupes vulnérables de bénéficier des avantages du programme social PROSOL-ELEC, de promouvoir l’utilisation des chauffe-eau solaires, de renforcer l’isolation des toitures des habitations, et d’assurer la poursuite des campagnes de sensibilisation.
Selon les mêmes données, une campagne de distribution des lampes économes d’énergies (4 lampes par famille) aux groupes sociaux bénéficiaires de l’aide énergétique de l’État sera bientôt lancée, en plus d’informer les entreprises à travers la réalisation d’audits énergétiques, la promotion de la production combinée d’énergie et la simplification des procédures et des délais pour bénéficier des interventions du Fonds la transition énergétique en adoptant la digitalisation.
Parmi les autres mesures qui seront mises en œuvre figurent la simplification des procédures, l’accélération de la mise en œuvre de projets d’autoproduction d’électricité à partir des énergies renouvelables et la mise en œuvre des programmes spéciaux pour des secteurs spécifiques tels que l’agriculture, la pêche et le tourisme.
La consommation d’énergie sera également rationalisée dans tous les secteurs grâce à la maintenance préventive de la flotte de transport et à l’utilisation des nouvelles technologies de communication
De même, il est question de sensibiliser aux avantages de la conduite économique et encourager les agriculteurs à utiliser l’énergie solaire pour pomper l’eau.
Dans le secteur de la pêche, des efforts seront déployés pour encourager l’utilisation d’équipements économes en énergie. Il est, également, prévu que des systèmes de contrôle de la consommation de carburant seront mis en place dans le secteur public.









fin octobre, le prix du baril à 106 dollars!!!
Le baril (Brent ou WTI) n’as jamais dépassé les 100 $ en septembre ni en octobre.
Par contre le Brent a clôturé à 84.06 $ le 26 Septembre