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Les laboratoires étrangers restent en Tunisie, l’industrie des médicaments pèsera 3000 millions DT dans peu d’années

Le ministère de la Santé s’oriente vers la création d’une Agence tunisienne de médicaments, selon Abderrazak Hedhili, directeur du département de pharmacie et des médicaments au sein du ministère de la Santé.

Dans une interview exclusive accordée à « African Manager », il a indiqué  que l’industrie pharmaceutique en Tunisie représente un acquis national et qu’ils sont en train d’œuvrer pour porter les recettes d’exportation à environ un million de dinars.

Concernant la décision de départ de certains laboratoires étrangers de Tunisie, et la situation du stock total des médicaments, il a apporté un certain nombre de précisions.

Hedhili a, en effet, démenti toutes les informations qui circulent autour du départ des laboratoires étrangers de la Tunisie.

« Tout compte fait, 3 laboratoires ont décidé  de changer leurs représentants et de réduire leur nombre dans certains pays, soit de fermer leurs bureaux et de changer la formule de travail au niveau mondial, ne ciblant uniquement pas la Tunisie », a-t-il assuré.

Certains laboratoires ont, dans un premier temps, réduit le nombre de leurs employés au Kenya, en Tunisie, en Biélorussie et en Jordanie.

Cette mesure réglementaire sera appliquée dans un deuxième temps sur un autre groupe de pays, dont l’Egypte, le Maroc et l’Algérie.

Selon lui, l’approvisionnement du marché tunisien en médicaments nécessaires se fera de manière normale, étant donné que la Pharmacie centrale traitera directement avec la société mère basée en Grande-Bretagne en ce qui concerne le laboratoire qui a décidé de quitter la Tunisie au cours du mois de juin 2023, tandis que d’autres laboratoires resteront en place  en Tunisie avec une modification de la méthode de travail.

Bien que  la Pharmacie centrale  doive  faire  face à des problèmes financiers, ceci n’a rien à voir avec le départ de certains laboratoires étrangers.

L’Etat s’emploie à remédier à la situation de la PCT

Par ailleurs, le ministère de la Santé œuvre actuellement à trouver la formule optimale pour remédier à la situation financière de la Pharmacie centrale, qui à son tour n’a pas été en mesure de payer ses dettes.

S’agissant du stock total de médicaments dans les entrepôts centraux, la loi stipule qu’il doit atteindre 3 mois. Et en dépit des difficultés financières, la Pharmacie centrale cherche à approvisionner en  médicaments nécessaires le marché tunisien, et des travaux sont actuellement en cours pour réduire le pourcentage de médicaments manquants, estimé à 8 %.

Concernant les augmentations des prix des médicaments, le responsable a affirmé que ce sujet sera examiné dans la période à venir vu sa corrélation avec le marché mondial.

« Nous comprenons les exigences des industriels pour une augmentation des prix des médicaments, surtout à la lumière de la hausse sensible des prix des matières premières pour l’industrie pharmaceutique qui ont été multipliés par environ 6 face à la baisse du taux de change de la monnaie tunisienne r face aux devises étrangères », a-t-il  souligné.

En réponse à une question concernant le vaccin de Covid-19, le responsable a affirméque la Tunisie est riche en compétences scientifiques qui peuvent fabriquer un vaccin local contre ce virus, d’autant  que la Tunisie a été choisie en février dernier par l’Organisation Mondiale de la Santé parmi six pays africains, à savoir l’Egypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Sénégal et le Kenya pour fabriquer et commercialiser le vaccin ARNm contre le Covid-19.

Le ministère de la Santé est en train d’élaborer des textes législatifs compatibles avec les exigences de l’Organisation mondiale et prépare le terrain pour l’industrie de la vaccination, d’ici 2023, sachant qu’une délégation de l’Organisation mondiale de la santé effectuera une visite pour  faire le point sur  tous les préparatifs  et que la Tunisie a suffisamment de vaccins vacciner tous les Tunisiens, selon ses dires.

La Tunisie fabriquera 80% de ses médicaments d’ici 2030

Il  convient de noter que  l’industrie pharmaceutique s’est considérablement développée ces dernières années, et le secteur comprend aujourd’hui 47 unités industrielles, fournissant environ 9 000 emplois contre 6 000 emplois en 2013.

Au cours de l’année 2021, le marché tunisien a consommé des médicaments pour une valeur de 2 900 millions de dinars.

De plus, la Tunisie couvre 45% de ses besoins en médicaments grâce à l’industrie locale, et ce pourcentage va atteindre 80% d’ici 2030.

L’industrie pharmaceutique est un atout majeur pour la Tunisie, qui exporte des médicaments vers 19 pays, dont des pays européens, et il y a 5 laboratoires tunisiens qui sont dans les mêmes normes que les laboratoires étrangers.

Pour ce qui est de la valeur des exportations pharmaceutiques, elle a été estimée à 280 millions de dinars au cours de l’année 2021, sachant que ce chiffre va être porté à un milliard de dinars. Parallèlement, l’objectif est de développer le taux de production de 15 % par an, et d’augmenter le chiffre d’affaires  à 3000 millions de dinars d’ici 2030, selon Hedhili.

« En effet, ce secteur est une plus-value, et le monopolisation de l’approvisionnement en médicaments par l’Etat via la Pharmacie centrale nous a épargné le « marché noir », et les officines, qui sont au nombre de 2 300 à 2 600, comptent parmi les professions réglementées les plus puissantes en Tunisie », a-t-il  dit.

Abderrazak Hedhili a déclaré qu’il y’a toujours des encouragements pour  nouer  davantage de partenariats avec des investisseurs étrangers et des laboratoires internationaux et que dans ce cadre, il a été décidé de revoir les textes réglementant la profession afin qu’ils soient adaptés et compatibles avec les standards du marché européen.

S’agissant de la durée d’octroi des licences aux investisseurs, elle est soutenue par des procédures de vérification de la qualité des produits pour assurer la santé et la sécurité des consommateurs.

Des travaux sont également en cours pour élaborer un cadre juridique pour l’industrie  parapharmaceutique des compléments alimentaires, et un texte législatif sera publié prochainement, a-t-il annoncé.

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