L’agence de Notation financière PBR Rating, initiée et parrainée par le Conseil Bancaire et Financier, et qui a, pour vocation la publication d’études et de recherches économiques contribuant à la transparence et à l’efficience de l’information financière pour l’ensemble des intervenants économiques, nationaux ou internationaux sur le marché tunisien, a, dans le cadre de son programme d’analyse prospective sectorielle au profit des établissements financiers, exposé les perspectives d’évolution des différents secteurs d’activités sur les prochains mois.
Ce rapport est basé sur une double méthodologie, économique et économétrique, ayant pour but de sensibiliser les établissements financiers sur les risques et les opportunités de financement de chaque activité économique et de modéliser les mutations à venir en matière de qualité de signature sectorielle.
Le climat des affaires privées actuel ainsi que la situation financière de l’Etat central ne permettent pas d’envisager une reprise économique pérenne et significative sans réformes structurelles majeures (outre les mesures de gestion des finances publiques convenues avec le FMI et dont les premiers effets sont perceptibles dans la LF 2023). Des réformes structurelles, dont la complexité, d’une part, et l’adhésion qu’elle nécessite, d’autre part, supposent un cheminement multidimensionnel sur le moyen et le long terme.
La PBR Rating a mis l’accent sur le coût de la guerre en Ukraine pour l’économie tunisienne (-0.3% de croissance sur l’exercice 2022), et ce au lendemain de la récession renforcée par la pandémie de COVID, ainsi que les secteurs qui ont été les plus touchés en termes de création de valeur.
Une croissance sous la barre de 2%
Sur la sphère macroéconomique, la Tunisie verra sa croissance diminuer sous la barre des 2% (glissement annuel) avec une inflation supérieure à 11.3% en moyenne sur l’ensemble de l’année 2023 (avec atténuation potentielle à partir du T2 2024) et un double déficit (budgétaire et balance de paiement) dont la défaillance, en termes de commerce extérieur, sera le plus grand défi de l’exercice 2023 (avec une pointe estimée à -27 Md TND en fin d’année).
L’endettement et la mobilisation des ressources extérieures seront, également, un défi de taille pour les finances publiques , la LF2023 ayant prévu des volumes d’emprunts extérieurs et intérieurs estimés respectivement à 14,8 Md TND et 9,5 Md TND.
En matière de cartographie sectorielle, PBR Rating a mis en exergue les potentialités dont regorgent le tissu économique tunisien à travers un focus sur un ensemble de facteurs clés pour chaque domaine d’activité : l’agriculture (10% du PIB estimé en 2023) représente l’autonomie et l’indépendance du pays en termes de denrées agricoles et est une priorité nationale à travers le support direct de la production, la mise en place d’une nouvelle carte agricole (tenant compte à la fois des impacts du changement climatique et des besoins en matière d’exportation), la mécanisation et l’efficience de la production…
De plus, l’activité agricole reste une clé pour la gestion de l’inflation et pour la compétitivité d’un certain nombre de chaînes de valeurs de l’économie tunisienne. Il est à rappeler, dans ce cadre, que le déficit estimé de la balance commerciale alimentaire devrait atteindre 2.9 Md TND en 2022 (représentant un taux de couverture de 64%).
En outre, les industries non manufacturières (12% du PIB estimé en 2023) telles que les filières des industries non manufacturières représentent le plus important coût d’inaction de l’ensemble de l’économie tunisienne. L’incapacité chronique en termes d’extraction et de commercialisation des richesses nationales a un impact direct sur la balance commerciale, les déficits énergétiques, les réserves de changes, l’inflation, etc., ainsi que sur les potentielles activités de transformation industrielle à forte valeur ajoutée qui pourraient en découler.
Les leviers de création de valeur
Les industries manufacturières (17% du PIB estimé en 2023) représentent, pour PBR Rating, le potentiel le plus important pour une croissance stable et pérenne pour les prochaines décennies. La modélisation des opportunités sur les marchés internationaux et les capacités à court et à moyen termes de la production locale font que des filières comme par exemple celles des activités mécaniques et électriques, le textile, la production chimique et pharmaceutique, sont des leviers de création de valeur à consolider et à soutenir pour la viabilité de l’économie et de la cohésion sociale en Tunisie.
Une politique d’industrialisation se doit d’être mise en place sur les mêmes orientations économiques présentées plus haut (investissement et exportation) et doit fondamentalement accaparer un volume majoritaire de tout effort d’endettement national à partir des exercices 2023-2024.
Par ailleurs, les services marchands (40% du PIB estimé en 2023) est le premier domaine d’activité de l’économie tunisienne, les services marchands demeurant une locomotive pour la création de valeur, l’emploi et la régulation des réserves de devises. Les défis de transformation et de pérennisation qui se présentent devant une majeure partie des activités du pôle tertiaire tunisien (tourisme, santé, activités financières, transport et logistique, activités numériques, etc.) représentent des opportunités de mutation et de mise à niveau capables d’assurer 1.5% à 2% de croissance en plus pour l’économie nationale sur les 5 prochaines années.








