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Abdelkader Boudriga

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Le Dinar tunisien et ses déboires, qui se sont accélérés ces dernières années. Une dépréciation face au Dollar et à l’Euro dont on ne voit pas le bout et que le FMI verrait pourtant d’un bon oeil. Ce n’est pas l’avis de bon nombre d’experts. L’affaire préoccupe, inquiète et prend des allures de drame national, théâtralisé par les communiqués de la Banque centrale de Tunisie et les comptes rendus du Marché interbancaire. Les solutions? Il n’y a en pas 10 mille : La monnaie étant le reflet de la bonne santé d’une économie, cette dernière doit se requinquer pour que la devise nationale aille mieux. Une affaire qui prendra du temps, beaucoup de temps manifestement. Faut-il rester sagement assis en attendant un sursaut économique incertain, dans son timing comme dans son ampleur? L’universitaire et président du Cercle des financiers tunisiens (CFT), Abdelkader Boudriga, pense qu’il faut tout de suite remettre sur la table l’option de l’ancrage du Dinar à l’Euro. Une affaire qui donne des boutons aux nationalistes, mais au point où on en est, l’orgueil est peut-être un luxe que la Tunisie ne peut plus se payer et toutes les voies doivent être explorées. L’économiste Hachmi Alaya défend l’arrimage du Dinar à l’Euro depuis 2015; Walid Belhadj Amor, président du Centre tunisien de veille et intelligence économique (CTVIE), l’a fait avant lui, en 2013; et bien avant Fatma Marrakchi Charfi, dès 2009, c’est-à-dire bien avant que la monnaie nationale connaisse le niveau actuel de dépréciation. Tout cela pour dire que ce dossier est un vieux serpent de mer. Et si cette affaire revient fréquemment, c’est parce que d’autres pays du continent africain le font, avec un certain succès. Alors pourquoi pas la Tunisie?

L’euro a dépassé la barre des 3,300 dinars sur le Marché interbancaire, lors de la séance du 7 novembre 2018. “C’est un dépassement d’une barre psychologique qui était bien prévisible“, a déclaré à l’agence TAP le président du CFT. Il propose l’ancrage provisoire du dinar tunisien à l’euro, pour casser le cercle dangereux dans lequel le pays risque de sombrer.

Le glissement du dinar se poursuit depuis plus d’an et demi (depuis avril 2017), avec un rythme moyen mensuel de 2%. Le franchissement de la barre de 3,3 dinars était donc très prévisible. Tant que les niveaux d’inflation et le différentiel d’inflation avec les pays européens restent élevés, le dinar va continuer de glisser, ne serait-ce que pour assurer la stabilité du taux de change réel et donc une certaine compétitivité de l’économie“, explique-t-il.

Boudriga précise, par ailleurs, que ce franchissement de la barre des 3,3 dinars intervient en dépit du soutien apporté par la Banque centrale au dinar, durant les trois dernières semaines, pour retarder le dépassement de cette barre. A contrario, cet appui de l’Institut d’émission a eu pour effet une nouvelle détérioration des réserves en devises, après leur dernière hausse, il y a deux semaines .
L’universitaire s’inquiète d’autant plus que “rien ne présage jusque-là un inversement de cette tendance, notamment face à l’érosion des réserves en devises, une prévision d’inflation de l’ordre de 7,6%, pour le trimestre en cours, un creusement record du déficit commercial, une détérioration continue de la productivité, et des restrictions imposées par le FMI à la BCT, en matière de soutien du dinar“.

A cela s’ajoute la pression spéculative pratiquée par certains acteurs économiques, qui anticipent la dépréciation, soit en optant pour la dollarisation de leurs actifs, soit pour l’avancement de leurs dépenses et le report de leurs recettes en devises pour bénéficier du différentiel du taux de change“, soutient-il encore.
Et d’ajouter “tous ces facteurs conjugués présagent que la dépréciation va continuer, voire s’aggraver. Je pense que le pays est entré dans un cercle dangereux. Si le rythme actuel de glissement continue, l’euro frôlera, d’ici juin 2019, les 4 dinars. Ce niveau est très dangereux pour l’économie nationale et pour la stabilité du pays“.

Face à la situation actuelle de l’économie, Boudriga pense que “ce rythme de dépréciation ne peut être interrompu, qu’à travers deux mesures exceptionnelles: l’ancrage de dinar à l’euro, ou une dépréciation drastique qui ramène le dinar à sa juste valeur“.

A ce titre, le président du CFT préconise plutôt l’ancrage provisoire du dinar tunisien à l’euro. “Cette mesure permettra de lutter contre l’inflation, en éliminant la partie importée, d’éviter la fluctuation des devises et la spéculation, et de donner de la visibilité aux acteurs économiques dont les schémas de financement ont besoin de stabilité“.

Un ancrage monétaire consiste, pour une Banque centrale, à instaurer un lien fixe entre la monnaie nationale et une devise étrangère ou un panier de devises étrangères, avec une possibilité de fluctuations très limitée par rapport à un cours central.
C’est vrai que cette option a aussi des inconvénients, dont la perte de l’indépendance monétaire – mais cette indépendance est déjà entamée -, un risque de change qui doit être supporté par la Banque Centrale et une impossibilité de soutenir la compétitivité à travers une dépréciation du dinar en cas de grande inflation, mais ces inconvénients restent relativement moins graves que ceux d’un régime flottant, dans les conditions actuelles” conclut-il.

SL/TAP

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L’universitaire et expert financier Abdelkader Boudriga vient de rejoindre le parti Harakat Machrou Tounes (Projet de la Tunisie), rapporte le quotidien « Achourouk ».
Pour rappel, Boudriga est le vice-président du cercle des financiers tunisiens (CFT), membre de la BVMT.

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