Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a appelé, vendredi, à une révision des politiques publiques et des choix économiques afin de faire face aux difficultés que connaissent plusieurs secteurs et services publics.
Dans un discours prononcé à l’occasion du 69e anniversaire de la Fête de la République et diffusé sur la page officielle de l’UGTT, Selmi a souligné la nécessité de promouvoir davantage l’investissement et d’engager des réformes dans les entreprises publiques plutôt que de recourir à leur cession partielle ou totale.
Selon le secrétaire général de l’UGTT, la baisse du pouvoir d’achat, la hausse du coût de la vie, la dégradation des services publics et les difficultés touchant notamment les secteurs de la santé, de l’éducation, des transports, de l’électricité, de l’eau, des médicaments et des caisses sociales traduisent une crise profonde qui nécessite une révision des politiques publiques et une clarification des responsabilités.
Il a estimé que faire porter aux fonctionnaires et aux agents publics la responsabilité des dysfonctionnements et des crises accumulées ne contribue ni à établir la vérité ni à résoudre les problèmes, soulignant que ces derniers ne définissent pas les politiques publiques ni les priorités d’investissement, mais subissent, à l’instar de l’ensemble des citoyens, les conséquences de la crise.
Réaffirmant l’attachement de l’UGTT à la préservation des entreprises publiques, le responsable syndical a appelé à leur réforme afin qu’elles continuent à jouer leur rôle au service des citoyens et de l’économie nationale.
Selon lui, la sortie des crises actuelles passe par une vision fondée sur l’investissement, la modernisation et une réforme effective des structures publiques.
Selmi a également indiqué que l’UGTT propose une vision nationale fondée sur le dialogue, la production et la justice sociale. Cette approche comprend notamment la protection de l’État social, le redressement des entreprises publiques, la réforme des caisses sociales, l’instauration d’une plus grande justice fiscale, la lutte contre la corruption et les situations de monopole, ainsi que l’encouragement de l’investissement productif et d’un développement équilibré entre les régions.
Le secrétaire général a, en outre, estimé que la gestion des affaires publiques sans concertation suffisante avec les organisations nationales et les composantes de la société civile ne favorise pas la résolution des difficultés économiques et sociales.
Dans ce contexte, il a appelé à renforcer le dialogue et la consultation afin d’aboutir à des solutions consensuelles.
À l’occasion de la fête de la République, Selmi a rappelé que cette commémoration constitue une opportunité de réaffirmer l’attachement de la Centrale syndicale aux valeurs fondatrices de la République tunisienne, notamment la liberté, la justice et l’État de droit.
Il a souligné que ces principes impliquent le respect des droits et des libertés, l’équilibre entre les pouvoirs ainsi que la reconnaissance du rôle des organisations nationales indépendantes et de la société civile dans la consolidation de la stabilité du pays.
L’UGTT a, en outre, réaffirmé sa disposition à contribuer à l’élaboration de solutions « réalistes » en coopération avec les différentes forces nationales et les institutions de l’État, tout en réitérant son attachement à la défense des libertés syndicales, du dialogue social et de la justice sociale.
Services publics : l’UGTT appelle à des réformes structurelles et à davantage d’investissement
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