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lourdeurs administratives

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Selon les résultats d’une enquête réalisée en 2017 par la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT), en partenariat avec la fondation One To One et présentée ce jeudi 15 mars 2018 à Tunis, en présence du chef du gouvernement, Youssef Chahed et plusieurs hauts responsables, 30% des petites et moyennes entreprises sont menacées de faillite car elles n’ont pas pu réaliser un bénéfice net, alors que 35,6% des PME n’ont pas recruté en 2017 pour inadéquation des profils.

S’agissant de l’environnement des affaires, 59,1% des PME ont été menacées par la concurrence informelle, plus précisément 65,9% d’entre elles sont localisées dans le gouvernorat           de Sfax, dont 63,2% opérant dans le secteur industriel.

La même étude a démontré que 45% des PME souffrent encore de l’impact de la situation en Libye. Par ailleurs 24,3% du total des PME interrogées ont travaillé principalement pour l’export en 2017, ciblant plusieurs marchés : la France, l’Italie, l’Algérie, l’Allemagne, la Belgique, la Hollande, le Maroc.

Sur un autre volet, 39,3% des sondés ont déclaré que leurs chiffres d’affaires ont connu une hausse en comparaison avec l’année 2016.

Pour la gestion des PME industrielles, 60% des chefs d’entreprise gèrent par eux-mêmes la fonction commerciale et 22,7% gèrent les finances en 2017.

L’étude a, en effet, relevé que 45% de ces entreprises ne peuvent travailler sans verser des pots-de-vin. 50,3% des managers d’entreprise ne pensent pas pouvoir travailler et gagner sans recourir à la corruption.

 De même, 33,7% des entreprises ont recours aux crédits de gestion et 38,8% ont déposé des demandes de crédit en 2017 ; notons que 33,5 des chefs d’entreprise passent plus d’une heure par semaine avec le banquier.

En ce qui concerne la performance, 63,1% des PME n’ont pas réussi à lancer un nouveau produit au cours de l’année 2017, toutefois 54,6% ont affirmé leur volonté de lancer plusieurs services en 2018.

D’après la même étude, 54,9% des PME ont procédé  à une évaluation du personnel par la hiérarchie en réunions individuelles, représentant un taux d’évaluation moyen de 7,6%.

En outre, les problèmes de santé des employés et les transports publics sont les principales causes de l’absentéisme dans les PME (58,6% et 29%).

Concernant les procédures administratives, 27,6% des entreprises interrogées souffrent de blocages avec l’administration fiscale et 21,4% avec la douane.

A noter que l’enquête a également relevé que 65,3% des chefs d’entreprise, essentiellement les exportateurs, sont optimistes pour l’avenir de leurs entreprises.

«MIQYES» est un baromètre de la santé de la PME en Tunisie établi sur la base d’une enquête auprès d’un échantillon de 500 PME des 24  gouvernorats de la Tunisie et opérant dans les divers secteurs, notamment l’industrie, les services, le commerce et l’agriculture. L’étude porte sur la santé de ces PME en mettant l’accent sur l’accès au financement, le capital humain, l’accès aux marchés et le climat des affaires en général.

L’enquête a ciblé les premiers responsables et les directeurs généraux des entreprises en activité. Elle s’est articulée autour d’un certain nombre d’axes, notamment l’évolution de la situation au sein des PME en relation avec la productivité, la création d’emplois et la gestion des ressources humaines, les bénéfices réalisés, l’accès aux marchés internationaux, la baisse des rendements et l’impact de l’environnement, de l’investissement et des affaires. Elle a cerné en outre les difficultés que rencontrent les PME dans leurs relations avec l’administration, notamment les services de la douane, l’administration fiscale et le système bancaire…

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Le président de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie, (Conect), Tarek Cherif, a annoncé ce jeudi 15 mars 2018  lors de la conférence nationale “2e édition MiQYES santé de la PME en Tunisie” qu’entre 2005 et 2016, environ 4319 entreprises ont fermé, engendrant ainsi la perte de 250 mille emplois (ce qui fait 400 fermetures et 25 mille emplois détruits par an).

Sur un autre volet, le président de la Conect a affirmé que de  nombreuses difficultés pèsent lourdement sur le paysage économique du pays, essentiellement l’augmentation du phénomène de l’économie parallèle, la contrebande et la lenteur des procédures administratives.

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Baddredine Ouali, président de la Fondation Tunisienne pour le Développement, qui, paradoxalement, doit son retour et sa réussite dans le numérique à un licenciement en France, a fait sensation au Forum Tunisie-France, ce jeudi 1er février 2018, en évoquant le nerf de la guerre : L’argent. Ou plus précisément le financement. Il a mis les pieds dans le plat en déclarant que la Banque Centrale de Tunisie (BCT) est “la meilleure prison du pays“. Fortement applaudi par l’assistance, à deux reprises, il a pointé du doigt, dans le deuxième panel “Réussir ensemble aujourd’hui, Accompagner le succès“, la BCT, qu’il a qualifiée de structure mortifère qui achève littéralement les investisseurs, s’ils ont la chance de survivre aux tracasseries administratives.

Ouali a éclairé que la Tunisie a un formidable vivier de compétences et regorge de talents, notamment dans le domaine du numérique. Il ajouté qu’il est possible de repousser toutes les limites en s’appuyant sur ces ressources de haut niveau mais que la difficulté à accéder à des financements casse la dynamique. Il a affirmé que sans les banques internationales et panafricaines (BAD), lui et ses collègues entrepreneurs ne trouveraient jamais d’oxygène pour monter leurs projets. Arnaud Ventura, président de Microcred, a corroboré ces propos, en ajoutant que le problème du financement est un handicap lourd pour l’économie tunisienne, laquelle a pourtant tout ce qu’il faut pour se hisser à des paliers supérieurs. Il a dit qu’en Tunisie il y a ceux qui sont dans le système, qui ont des relais pour trouver des sous et ceux qui en sont exclus et n’ont par conséquent aucun moyen de financer leurs projets..

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Huit chefs de Petites et Moyennes Entreprises (PMEs) sur dix estiment que l’administration est le principal frein au développement de leurs sociétés, selon une étude réalisée par l’institut de sondage tunisien One to One auprès de 550 responsables et chefs des PMEs.
Intervenant, au cours d’un débat intitulé “Réforme de l’administration, enquête auprès des PME Tunisiennes” organisé, jeudi, par le CJD (Centre des Jeunes dirigeants), Youssef Meddeb, directeur général du bureau “One to One” de sondages et d’enquêtes a souligné que les résultats de l’enquête ont révélé la détérioration de la qualité des services administratifs présentés aux PMEs et que le taux de satisfaction des services publics dans les domaines de la numérisation, la transparence des procédures, la gouvernance et la qualité des services ne dépasse pas 58%.

L’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI) a occupé la première place en terme de transparence des procédures, suivi de l’Agence de Promotion de l’Investissement Agricole (APIA) qui a également occupé la première place en ce qui concerne l’efficience des services présentés aux sociétés industrielles.
Les recettes des finances ont occupé le troisième rang vu qu’elles ont adopté le système de paiement en ligne des impôts et la première place en terme de numérisation des services.
Le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX) a occupé le premier rang concernant les services d’accueil et la BCT (Banque Centrale de Tunisie) a occupé la même place en ce qui concerne la rapidité de l’exécution du service.

L’étude a dévoilé que 51% des enquêtés ont exprimé leur mécontentement quant aux services municipaux, tandis que 52% sont insatisfaits des services de la douane, qui freinent le développement des PMEs.
Selon l’enquête, 24% des responsables et chefs d’entreprises ont déclaré qu’ils ont été appelés à payer des commissions illégales dans les opérations d’importations et d’exportations et environ 20% de ces entreprises ont reçu des demandes de pots-de-vin dans le domaine des marchés publics.
En outre, 15% des entreprises enquêtées se sont vues demander des pots-de-vin lors des opérations de contrôle économique.

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La chose devient un leitmotiv, il est donc peut-être temps de s’y intéresser, de la regarder de plus près, et surtout de voir les voies et moyens pour mettre fin à ce qui semble être le poison qui tue doucement mais sûrement l’économie tunisienne. Ameuter les investisseurs du monde entier – Tunisia 2020 -, consigner ces promesses de milliards et ensuite s’asseoir tranquillement pour regarder ces investissements s’engluer dans les méandres mortels des lourdeurs administratives, tout ça pour ça ! La Tunisie, et ce sera peut-être la dernière fois, a touché au coeur les investisseurs lors de la Conférence internationale, balayant leurs dernières réticences à porter à bout de bras un pays qui s’ingénie à ne pas décoller depuis sa Révolution, ou plutôt révolte (car elle n’a pas encore muté en un vrai progrès social, politique et économique). Mais si la fenêtre de tir qui s’offre au pays n’est pas opportunément exploitée, il est illusoire de songer que le pays aura pareille occasion de vaincre ses démons.

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, a été le premier à prendre son bâton de pèlerin pour, de manière crue, pointer du doigt la nocivité des procédures administratives qui poussent l’illogique jusqu’à étouffer dans l’oeuf toute velléité de changer le destin de ce pays. Abdelkefi l’a dit pour Tunisia 2020, dont on ne verra les retombées, au mieux, qu’en 2018, à cause justement de ces procédures administratives. Son conseiller, Eymen Errais, vient de le redire dans des termes très explicites dans un entretien avec l’Agence TAP. Il est peut-être temps d’écouter ces voix. Pendant qu’il est encore temps…

L’élan de Tunisia 2020 a fait pschitt

“Il faut activer les projets d’investissements publics en Tunisie, bloqués non pour une question de financement, mais en raison de la lenteur des procédures administratives. Si nous continuons sur cette lancée et que le retard s’accentue, ceci pourrait engendrer la perte de plusieurs dons dont les promesses ont été faites lors de la Conférence de l’investissement “Tunisia 2020″, mais aussi la perte de la confiance des parties donatrices” a souligné Eymen Errais.
Le responsable a convenu de l’existence d’un réel problème concernant la mise en oeuvre d’environ 135 projets publics d’une valeur de 25,5 milliards de dinars, programmés lors de la conférence Tunisia 2020, malgré le parachèvement des études de plusieurs d’entre eux et la mobilisation des financements nécessaires pour leur réalisation.
“Malgré toutes les conditions propices à la réalisation des projets publics programmés (69 projets prêts à la réalisation immédiate), un nombre très limité seulement de ces projets ont été réalisés à cause de la lenteur des procédures administratives et la complexité des lois tunisiennes, outre les problèmes fonciers auxquels font face certains projets”, a-t-il souligné.
Le conseiller a cité à titre d’exemple le projet du pont de Bizerte, dont la réalisation ne pourra démarrer qu’au cours du 1er trimestre de l’année 2018, alors que toutes les conditions pour sa concrétisation sont réunies: mobilisation de financements d’une valeur de 600 millions de dinars, octroyés par la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Banque Européenne d’investissement (BEI) et achèvement de l’étude du projet. Il a expliqué cette situation par la lenteur des procédures prévues par le décret réglementant les marchés publics. En effet, il y a obligation de lancer cinq appels d’offres pour ce projet, ce qui nécessite plusieurs mois.”.

D’après Errais, “nous ne pouvons réaliser actuellement qu’un petit nombre de projets, dont celui de l’hôpital de Sbiba (Kasserine), mais nous oeuvrons à la réalisation d’environ 20 projets au cours de cette année, à travers plusieurs mécanismes dont l’accélération de l’adoption de la loi d’urgence économique, soumise à l’ARP et comportant dans sa première version, 17 articles. Cette loi permettra de surmonter la complexité des procédures administratives, d’accorder les autorisations nécessaires et de réunir toutes les structures concernées pour prendre les décisions d’une manière rapide, afin d’éviter la difficulté des déplacements entre les différents ministères.
La loi prévoit aussi, la mise en oeuvre des projets publics à travers les accords de gré à gré ou l’organisation de consultations restreintes entre les parties concernées pour réaliser les projets dans des délais courts.

Avancer ensemble, ou périr

“La Tunisie passe par une situation qui nécessite la prise de décisions urgentes et la promulgation de lois audacieuses” a-t-il indiqué, considérant que “la lenteur des procédures administratives et l’exigence de multiples autorisations favorisent l’augmentation des abus, contribuent à la propagation de la corruption et rendent plus difficile l’attraction des investisseurs.
Il a ajouté qu’il faut resserrer les rangs des Tunisiens, bannir le régionalisme et comprendre que le lancement de réformes dans une région bénéficiera à une autre. Il a fait savoir que la plupart des ouvriers dans les usines du gouvernorat de Monastir sont originaires du gouvernorat de Kasserine et que près de 80% de ceux qui travaillent dans la région de Agareb (gouvernorat de Sfax) viennent de Sidi Bouzid.

Il convient de rappeler qu’un comité de pilotage et de suivi des projets de la conférence “Tunisie 2020”, composé de représentants permanents du ministère du Développement, de la présidence du gouvernement et du ministère des Affaires étrangères, se réunit chaque mardi et fait participer à ses travaux les représentants d’autres ministères, en cas de besoin.
Ce comité vise la réalisation des projets signés lors de la conférence de l’investissement, tenue les 28 et 29 novembre 2016, et dont la valeur s’élève à 15 milliards de dinars. Il œuvre par ailleurs, à la concrétisation de projets pour un montant de 19 Milliards de dinars.

Les projets publics programmés lors de la conférence 2020 sont classés en trois catégories. La première catégorie concerne 69 projets prêts à l’exécution immédiate, moyennant une enveloppe de 11,7 Milliards de Dinars. Le financement de ces projets et les études sont déja finalisés.
La deuxième catégorie porte sur les projets dont la réalisation ne peut pas se concrétiser immédiatement malgré la disponibilité du financement, parce que les études ne sont pas encore achevées. Le nombre de ces projets s’élève à 29 avec un coût total de 7,7 Milliards de Dinars. La troisième catégorie concerne la réalisation de 37 projets, encore au stade de conception ou d’idée, pour un montant de 6 Milliards de Dinars.

Par ailleurs, Errais a souligné que le ministère du Développement a envoyé récemment plusieurs correspondances aux donateurs dont le fonds saoudien pour le développement (FSD), le fonds Koweitien pour le développement économique arabe, la Banque africaine de développement (BAD), le fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque islamique de développement, pour la concrétisation des promesses faites lors de la conférence de l’investissement “Tunisia 2020”, relatives aux projets dans le secteur public.

Au sujet de l’investissement dans le secteur de l’enseignement supérieur, le responsable a indiqué que le département du développement œuvre en collaboration avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à réaliser une étude de faisabilité pour permettre aux investissements étrangers dans ce domaine, de dépasser la participation fixée à 35%. Il a expliqué que l’objectif est d’ouvrir des perspectives à l’investissement étranger dans le secteur de l’enseignement supérieur et d’attirer les grandes universités qui ont manifesté de l’intérêt pour la Tunisie, à l’instar de l’université américaine d'” Harvard “, afin que la Tunisie devienne un hub de l’enseignement supérieur en Afrique.
Il a souligné que la fixation d’un taux de 35% pour la participation des étrangers dans les projets de l’enseignement supérieur, sous prétexte de protéger ce secteur, est de nature à entraver son
développement.

Par ailleurs, Errais a passé en revue un ensemble de projets publics programmés dont la réalisation d’un tronçon de l’autoroute reliant Tunis à Jemna dans le cadre du projet Tunis/Kairouan/Sidi Bouzid/Gafsa (avec un coût de 1200 Millions de Dinars) outre les projets de renforcement des réseaux de distribution du gaz naturel entre Mourouj et Msaken (coût 450 MD) et de la ligne ferroviaire numéro 6 reliant Tunis à Kasserine (250 MD).

S’agissant de l’investissement étranger, le conseiller a indiqué que malgré la difficulté de la conjoncture aux plans national et international, les investissements extérieurs ont atteint 2145 millions de dinars en 2016 (10 mois) dont 47% dans le secteur de l’énergie, 38% dans les industries manufacturières, 14% dans les services et 1% dans l’agriculture.

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Le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, s’est livré à un exercice de vérité sur le plateau de Sofiene Ben Hamida, sur Nessma TV, ce mardi 7 février 2017. Beaucoup de sujets, pour la plupart économiques, épineux pour certains, ont été passés au crible…

Pour commencer, Abdelkefi a déploré la vitesse avec laquelle plusieurs projets sont réalisés, qu’il a qualifiée de très lente. Il a illustré son propos par les 85 millions de dollars de dons que l’Arabie saoudite a, généreusement, accordé à la Tunisie. Sauf que le projet n’a toujours pas démarré. Même “les études n’ont pas encore été faites”, a lâché le ministre, avant d’ajouter, dépité, visiblement excédé, que “la notion du temps n’existe pas dans ce pays ».

Ensuite il a jeté son dévolu sur les caisses de compensation, très gourmandes, trop même, en deniers publics ; cette année, 800 millions de dinars ont été décaissés pour résorber le déficit de ces fonds, a souligné Abdelkefi . « Jusqu’à quand ces caisses resteront déficitaires ? » a-t-il dit. Nous lui posons la question, en sachant que c’est lui qui est aux manettes, et que s’il n’a pas la réponse, et les décisions fortes qui vont avec, Africanmanger ne sait pas qui peut les avoir !

Quand on lui demande « pour l’avenir comment envisagez-vous le rôle de l’Etat ? », il rétorque « redéploiement de la puissance » publique. « L’Etat ne dispose pas de beaucoup de moyens et ne peut être partout ! Il doit, principalement, légiférer, mettre en place l’infrastructure et prélever les impôts. Il faut élaguer, faire place nette ! Il faut aussi que l’Etat sorte de certains secteurs où sa présence n’est pas nécessaire », a affirmé le ministre. Quels secteurs ? Se désengager, chiche, mais jusqu’à quel point ? Pour quels objectifs chiffrés ? Là encore, comme plus haut, ce qu’on attend de sa part, vu la fonction qu’il occupe, ce sont des réponses, et des décisions, si ce n’est pas trop demander…

Le ministre de l’Investissement a également “fait escale” sur le port en eaux profondes d’Enfidha, qui prend des allures de vieux serpent de mer. D’ailleurs Abdelkefi l’a reconnu. « Il faut réactualiser les études qui ont été faites. C’est un mégaprojet et c’est pour ça qu’il va prendre un peu de temps, car on n’a pas le droit à l’erreur », a-t-il argué.

S’agissant du développement régional, il a affirmé que des montants conséquents ont été décaissés, mais l’instabilité sociale, les problèmes fonciers et des obstacles administratifs sont un puissant frein, ce qui fait que seule une petite partie de ces sommes a été dépensée. Par exemple « sur les 1200 Millions de dinars qui ont débloqués pour la région de Sidi Bouzid, seuls 500 MD ont pu être utilisés. Ce qu’il faut comprendre c’est que l’investisseur a besoin que les routes ne soient pas coupées », a asséné le ministre. On aurait pu lui répliquer que pour cela, il faut que la puissance publique, dont il est un éminent représentant, fasse en sorte, puisqu’elle en a la force et le mandat, que les routes ne soient pas coupées, comme le chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’avait promis…

Par ailleurs le ministre a fait savoir que cette semaine, une rencontre a été organisée avec les partons des sociétés off-shore du gouvernorat de Bizerte. « Nous projetons de développer le port, pour augmenter son débit. Car les carnets de commandes de ces sociétés sont aujourd’hui pleins ». Une bonne nouvelle ! Il faut d’autant plus s’en délecter que les trains qui arrivent à l’heure sont rares en ce moment…

Le clou de la sortie du ministre c’est sans doute sa conclusion : il a déclaré, à la stupéfaction générale, qui en dit long sur l’état d’esprit qui prévaut au sein du gouvernement, que les réformes doivent être impulsées par le gouvernement et sous la supervision de son chef, Chahed. « Pour moi, ce n’est pas chaque ministre qui doit faire des réformes dans son ministère, de manière individuelle ».

S’il n’avait pas soulevé ce lièvre, on aurait cru que tout était calé à ne niveau et que ça passe comme le ministre le veut, comme c’est le cas dans tous les gouvernements dignes de ce nom dans le monde. Mais voilà, puisque Abdelkefi en fait état, et de cette manière, cela signifie qu’il y a un gros problème dans la maison Chahed et que la chose mérite qu’on s’arrête un moment.

On apprécie à sa juste valeur l’intervention du ministre, pour le paquet d’indices et d’informations qu’elle nous apporte sur la marche des affaires publiques ; il commence d’ailleurs à être coutumier du fait. Le seul hic c’est qu’il en parle comme s’il n’avait aucune responsabilité dans ces ratés et dysfonctionnements, alors qu’ils ont justement été désignés pour agir et corriger ce qui devait l’être. Vous nous direz que le chantier est colossal dans cette Tunisie post-révolutionnaire, où presque tout est à faire, ou à refaire, et que le ministre a raison de mettre tout le monde devant ses responsabilités. Mais cette façon qu’il a de pointer du doigt les choses qui vont de travers, avec ce détachement, est assez symptomatique de ce qui se passe actuellement dans le pays : Des incantations, des voeux pieux, quid des actions ? Rien, ou pas grand chose. Sauf que quand c’est un responsable de son calibre qui le dit, c’est tout simplement inacceptable.

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La quatrième Matinale de l’association Alumni IHEC Carthage, ce jeudi 5 janvier 2017 à Tunis, a été marquée par une étrange confession, ou plutôt plainte, du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi. En effet lors de cette rencontre, sous le thème “L’après Tunisia 2020 : La nouvelle donne des investissements dans le pays”, le ministre a pointé du doigt les lourdeurs administratives qui vont plomber les projets ficelés lors de la conférence internationale sur l’investissement. “Face à la lourdeur des procédures administratives, je pense que le plus clair serait fait à partir de 2018 et les premiers coups de pioches sont prévus pour les prochaines années”. On ne peut pas être plus évasif… et plus désespérant !

Abdelkefi a beau marteler que “la Conférence Tunisia 2020 était sans aucun doute une réussite”, que “l’argent a été mobilisé dans de bonnes conditions”, qu’il faut garder espoir et voir l’avenir en rose, tout de même ces déclarations font tâche…

A noter que la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, a fait le déplacement ce matin. Elle a dû, comme toute l’assistance, être effrayée par la sortie du ministre.

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