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C’est ce qu’on appelle vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, une entreprise à hauts risques… A moins d’être sûr à 100% qu’on va le tuer cet ours. C’est la réflexion que nous inspire l’attitude péremptoire du président du Rwanda, Paul Kagame, qui crie déjà sur les toits son triomphe au scrutin présidentiel du 8 août 2017, rapporte Africa News. Il est vrai qu’après avoir tripatouillé la Constitution pour faire sauter le verrou de la limite des deux mandats, ce qui lui a valu les foudres des Etats-Unis, rien ne semble pouvoir stopper Kagame dans son élan vers un troisième mandat, le dernier, promet l’homme fort du pays dans un entretien avec Jeune Afrique. Mais les promesses, dit-on, n’engagent que ceux qui y croient, surtout quand la nouvelle Constitution lui permet, théoriquement, de tenir le pays jusqu’en 2034…

Le président sortant, sûr de son fait, a déclaré en direction de ses détracteurs, du reste peu nombreux, hier vendredi 14 juillet à l’occasion de son premier meeting de campagne électorale :  “Vous pouvez choisir de ne pas entendre la vérité, mais vous ne pouvez pas nier ce que vos yeux vous montrent ici aujourd’hui”. Il a ajouté, devant un public acquis à sa cause : “Prétendre ne pas connaître la volonté exprimée par les personnes lors du référendum serait un mensonge, pas une démocratie”.

Il est vrai que le travail colossal abattu par Kagame pour relever le Rwanda, économiquement et socialement, après le terrible génocide, lui a valu une popularité exceptionnelle sur le continent. Et ce ne sont pas ses deux uniques challengers à la présidentielle qui diront le contraire, eux qui sont plus des faire-valoir pour donner le vernis de la démocratie que de vrais candidats avec une assise populaire capables de bousculer le tout-puissant Kagame. Cependant le revers de ce plébiscite c’est que le chef de l’Etat écrase complètement la vie politique du pays et est régulièrement accusé de dérives autoritaires. Mais ça ne l’empêche pas de dormir…

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Le président iranien, Hassan Rohani, qui repart pour un second mandat, a promis ce samedi 20 mai 2017 de tenir ses engagements en faveur d’une société plus libre et d’une économie plus résiliente, rapporte l’agence Reuters. Il a fait ces promesses durant la campagne électorale, ce qui lui a probablement valu, assez facilement d’ailleurs, un deuxième ticket des électeurs. Ces derniers, notamment les plus jeunes, se sont sans doute dit qu’avec lui ils avaient peut-être plus de chances de toucher du doigt leur rêve.

L’Iran est un grand pays“, a dit le président sur son compte Twitter. “C’est vous les vrais vainqueurs de l’élection. (…) Je tiendrai les promesses que je vous ai faites.”

A noter que Rohani a été reconduit à la tête du pays dès le premier tour, avec 57% des voix, ce qui conforte l’élan de réformes qu’il a impulsé durant son premier mandat. Son principal challenger, le conservateur Ebrahim Raisi, le poulain de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution, n’a récolté qu’un plus de 38% des suffrages.

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Les chefs d’Etat africains, manifestement très soulagés, ont salué très énergiquement le triomphe d’Emmanuel Macron à la présidentielle française, le 07 mai 2017. Le soir-même, certains dirigeants africains ont adressé leurs félicitations au nouvel occupant du palais de l’Elysée. Les autres se sont rattrapés le lundi 08 mai. Mais ce qu’on a remarqué, pour les uns et les autres, c’est que le ton des messages, pour le coup, a rompu avec la traditionnelle tiédeur des félicitations d’usage pour emprunter des formules plus engagées, plus fortes, une preuve de plus que le scrutin français n’était pas du tout ordinaire. En effet il y avait en face le Front national, de Marine Le Pen, avec ses idées d’extrême droite où les Africains n’ont pas beaucoup de place. Et s’il y en a une, c’est certainement pas la plus bonne. Le Pen a réalisé la prouesse de s’attirer les votes de près de 11 millions de Français, c’est le double de ce qu’avait fait son père, Jean-Marie, en 2002 face au président sortant Jacques Chirac. La France n’est pas passée loin d’un grand bouleversement politique, et ses partenaires aussi, un peu comme ce que vivent en ce moment les USA avec l’arrivée de Donald Trump. Les chefs d’Etat africains se sont peut-être dit que le couperet est passé très près, trop près et que ça méritait quelques déclarations passionnées, pour une fois différentes du langage diplomatique feutré habituel…

Jeuneafrique.com a compilé les réactions. Le président sénégalais, Macky Sall, a été un des premiers du continent à faire part au candidat d’En Marche! de sa joie de le voir occuper le fauteuil de François Hollande. Sall lui a envoyé ses voeux de «plein succès» dans son nouveau costume de chef d’Etat. Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, lui a emboité le pas.

Le chef de l’État malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a adressé à Macron ses félicitations «vives et chaleureuses“. Même tonalité chez le président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui en a rajouté une bonne louche en parlant d’une «grande victoire du peuple français et de la démocratie».

Même le président burundais, Pierre Nkurunziza, pourtant sur le banc de la communauté internationale pour son entêtement à garder le pouvoir au-delà de la limite fixée par la Constitution – deux mandats – et pour les atrocités qu’il a provoquées, y est allé de son petit mot en qualifiant la victoire de Macron de «méritée».
Même son de cloche chez le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui a évoqué une «brillante victoire» et tend la main pour une consolidation des liens économiques.

L’homme fort du Cameroun, avec lequel la France a tissé «des relations étroites et confiantes dans de nombreux domaines, forgées par l’histoire et une longue amitié qui ne s’est jamais démentie», a également réagi. Paul Biya souhaite que Macron s’active pour le «maintien de l’amitié entre [les] deux pays” et “l’ouverture de nouveaux horizons à leur coopération».

Le président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, n’était pas en reste. Il s’est fendu d’un long texte sur la page officielle de la présidence pour dire ceci, en résumé : «sous votre impulsion, la France renforcera davantage son soutien à la Tunisie afin de l’aider à réussir le pari de la démocratie et du développement économique et social». Il a magnifié “la fidélité de la France à ses valeurs traditionnelles de liberté, d’égalité et de fraternité».

L’Algérie avait déjà craqué pour Macron suite à ses déclarations, en février dernier, à Alger, sur la longue colonisation française (1830-1962), qu’il a qualifiée de «crime contre l’humanité». Le président Abdelaziz Bouteflika l’a félicité pour son «élection bien méritée», ajoutant que les citoyens français avaient «distingué un ami de l’Algérie».

Le roi du Maroc, Mohammed VI, est également conquis par le jeune président de 39 ans. «Votre élection couronne votre parcours politique, indique-t-il dans une dépêche de l’agence officielle MAP. C’est aussi un hommage rendu à vos hautes qualités humaines et intellectuelles par le peuple français qui, fidèle aux nobles valeurs qui fondent l’identité de votre pays, a fait le choix du progrès, de l’ouverture et de la confiance en l’avenir ».

Le président du Djibouti, Omar Guelleh, a clos ce festival de «chaleureuses félicitations». Il a agrémenté son texte en ces termes : «Nul doute que le pragmatisme politique qui vous caractérise et la maîtrise des dossiers que vous avez si habilement démontrée vous seront de précieux atouts dans la conduite des affaires de votre pays».

Bref, les chefs d’Etat africains n’ont pas boudé leur plaisir ! Par contre silence embarrassé, pour le moment, du côté du Tchad dont le président, Idriss Déby Itno, a été le seul du continent à recevoir, en mars 2017, la candidate du Front national…

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Un communiqué de l’ambassade de France en Tunisie, publié ce lundi 8 mai 2017, nous donne un autre éclairage sur le scrutin historique à bien des égards qui a propulsé le candidat d’En Marche!, Emmanuel Macron, au palais de l’Elysée, dimanche 07 mai 2017. Le texte indique que Macron a été choisi par 7129 électeurs sur 7862, contre 460 voix pour Marine Le Pen, ce qui donne à l’ancien ministre des Finances de François Hollande un score affolant de 93,94% des votes en Tunisie (6.06% des suffrages exprimés pour Le Pen).

A noter qu’il y a eu 54 bulletins nuls et 219 bulletins blancs. Autre indication de taille : il y a 16.834 inscrits sur les listes électorales françaises en Tunisie, ce qui signifie qu’un peu plus de la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés. L’abstention a donc été deux fois plus forte que dans l’Hexagone, aux alentours de 25%, un record pour un deuxième tour depuis l’élection de 1969…

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Marine Le Pen, candidate du Front national à l’élection présidentielle, qui, comme on le sait, n’a pas la réputation de porter les immigrés dans son coeur, ne s’est pourtant pas démontée il y a quelques jours à Paris en recevant les membres du “Collectif des Africains”. Elle a même fait son petit effet en déclarant que si elle est élue demain dimanche 07 mai 2017, elle affectera 0,7% du PIB français à la “coopération avec l’Afrique”, rapporte jeuneafrique.com. Promesse d’une candidate qui a très peu de chances de voir le jour, Le Pen ayant elle-même très peu de chances d’être élue, notamment après sa piètre prestation télévisée du 03 mai 2017, face à Macron, de l’aveu même de ses proches ? Bon, pour le moment ça reste une promesse électorale, même si, comme l’a dit Charles Pasqua, les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

«Les États africains sont abandonnés, l’aide au développement a drastiquement diminué. Je m’engage à consacrer, avant 2022, 0,7% de la richesse française à la coopération avec l’Afrique», a déclaré Le Pen face au collectif. «0,7%, c’est à peu près 15 milliards d’euros, bien plus importants que les 400 millions d’euros actuellement attribués en réalité au développement avec l’Afrique», a ajouté la candidate du Front nationale (FN). « Nous veillerons à la bonne utilisation », a-t-elle déclaré devant une cinquantaine d’activistes.

Et comme cette rencontre ne pouvait pas s’achever sans que Marine Le Pen soit titillée sur les accusations de racisme et de xénophobie, le “Collectif des Africains” a mis les pieds dans le plat. La candidate du FN, droite dans ses bottes, aurait rétorqué c’est une «accusation mensongère», elle affirme qu’elle n’a aucune animosité vis-à-vis des Africains. «Ne croyez pas les oiseaux de mauvais augure qui ne font, par leurs mensonges, que préserver leur rente en manipulant les Africains de France et les Français d’origine africaine», aurait-elle déclaré. «Ils feraient mieux de regarder le bilan désastreux de leur politique», aurait-elle lancé, en taclant «la Françafrique».

Et quand on l’interpelle sur des pays où des scrutins ont été émaillés d’irrégularités, comme le Gabon, Le Pen botte en touche et use volontiers de la langue de bois en mettant en avant la «souveraineté» des nations africaines, se refusant à toute «ingérence» ou «clientélisme», et s’engage, si elle est choisie par les électeurs, à «aider, pousser, insuffler, influencer pour que des élections libres puissent avoir lieu».

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Il faut croire qu’Emmanuel Macron, ex-ministre des Finances de François Hollande et candidat à la présidentielle, fait peur. En effet d’après son équipe de campagne, des parties non encore identifiées s’en prennent à celui qui sera très probablement le prochain occupant du palais de l’Elysée, en piratant massivement et de manière “coordonnée” ses données personnelles et celles de son mouvement, En Marche! Ces informations volées ont déjà fait le tour des réseaux sociaux, copieusement ébruitées par des électeurs dits proches de l’extrême droite, qui n’ont sans doute pas digéré la cuisante défaite de leur candidate, Marine Le Pen, lors du débat télévisé du 03 mai 2017, face à Macron, qui visiblement maitrisait mieux ses dossiers.

Les « boîtes mail personnelles et professionnelles de plusieurs responsables du mouvement » ont été piratées, a indiqué l’équipe de campagne de Macron. Ce samedi 06 mai 2017, la commission de contrôle de la campagne électorale a invité médias et « citoyens » à ne pas publier ces documents internes. Pas sûr qu’elle soit entendue. Mais ce qu’il faut savoir, pour les récalcitrants, c’est que la diffusion de telles informations peuvent leur valoir des poursuites judiciaires..

La commission a tenu une réunion ce samedi matin pour « faire le point sur les suites de l’attaque informatique qu’a subie l’équipe de campagne de M. Macron », précise-t-elle dans un communiqué.

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A quelques jours du second tour de la présidentielle, le 07 mai 2017, la tension monte dans les deux états-majors en lice – ceux de Emmanuel Macron, étiqueté centre gauche et Marine Le Pen, à l’extrême de la droite – et la France est dans l’expectative. Car une chose est certaine : Le pays aura de toute façon un chef d’Etat atypique, que ce soit Macron, que tous les sondages déclarent vainqueur mais qui n’a pas un appareil politique derrière lui – un parti – ou Le Pen, dont les idées étaient jusqu’il y a quelques années sur le banc de la société. Les choses ont beaucoup changé depuis. Reste le très improbable projet politique et économique du Front national, lequel d’ailleurs vient de subir un sérieux lifting avec la reculade sur un point phare : La sortie immédiate de la zone euro dès que le FN s’emparera des rênes du pouvoir. Marine Le Pen s’est enfin résolue à se ranger derrière ce que les experts disaient depuis belle lurette : La France ne peut pas se défaire aussi facilement de la monnaie européenne commune, sous peine de faire imploser son économie. Il faut croire que cette prise de conscience, tardive certes, a été appréciée par les citoyens, selon les derniers sondages, rapportés M6infos

D’après ces enquêtes, Macron a toujours les faveurs des électeurs, mais l’écart prédit entre lui et la candidate du FN, déjà moins important qu’en 2002 entre Jacques Chirac et le père de Marine, Jean-Marie Le Pen (Chirac a été réélu avec 82,21 % des voix et 17,79 % pour Le Pen), s’amenuise davantage. Macron est désormais crédité de 59% des voix contre 41% pour Marine Le Pen, d’après un sondage réalisé par Kanter Sofres-OnePoint pour le compte du Figaro et de LCI sorti ce mardi 02 mai 2017. La semaine dernière, on en était à 61% d’intentions de vote pour le candidat d’En Marche et 39% pour la candidate du FN. Que s’est-il passé depuis ? Et bien Macron continue d’intéresser les électeurs de droite et de gauche, avec des ralliements en hausse, sauf dans la niche des déçus de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon. Seuls 49% des électeurs de Fillon devraient se déporter sur lui, certes c’est 5 points de plus que dans l’enquête réalisée juste après le premier tour, précise l’institut, mais c’est loin d’être un raz-de-marée. En tout cas pas suffisamment pour se mettre définitivement à l’abri d’une mauvaise surprise ce 07 mai face à Marine Le Pen. C’est un peu mieux avec les électeurs de Mélenchon, qui seraient 52% à choisir la carte Macron.

Mais, on ne le répétera jamais assez : Ce sondage reste une photographie du moment, d’ici dimanche prochain les choses peuvent muter, notamment après le débat de demain mercredi 03 mai 2017 dans la soirée, en direct, entre les deux candidats, une joute qui en a fait trébucher plus d’un dans l’histoire de la vie politique française…

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C’est bien l’Institut russe des études stratégiques (RISS), piloté en personne par le président Vladimir Poutine, qui a mis au point une stratégie pour orienter le cours de l’élection présidentielle américaine, en faveur de Donald Trump. L’agence Reuters tient ça de 7 responsables américains, dont trois sont encore en place.

Les sources ajoutent que les suspicions des agences de renseignement américaines sur la main de la Russie dans la présidentielle du 8 novembre 2016 s’expliquent en fait par des documents élaborés par cet institut.
Le premier document, qui est passé entre les mains des plus hautes autorités russes dès juin, suggère au Kremlin de diligenter une campagne de propagande sur les réseaux sociaux pour inciter les Américains à opter pour un président acquis à la cause de Moscou, ce que de toute façon n’est pas la démocrate Hillary Clinton…

Le deuxième document, qui a été élaboré en octobre et a été consulté par les membres éminents du gouvernement russe, met le doigt sur toutes les retombées négatives d’un probable triomphe de Mme Clinton. En conséquence il recommande de mettre le paquet sur des rumeurs de fraude électorale pour discréditer le système américain et entacher l’image de la démocrate, une technique jugée plus efficace que la propagande frontale en faveur de Trump…

Les agences de renseignement américaines n’ont jamais confirmé ou infirmé ces éléments. Quant à Poutine, il a toujours nié, catégoriquement, avoir manipulé l’élection américaine. Pas plus tard que ce jeudi, la présidence russe a redit que ces révélations n’étaient pas crédibles.  “Je ne sais rien de tout cela. Tout ce que je puis dire c’est que sept sources anonymes ne valent pas une vraie source”, a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Quant au directeur du RISS, Mikhaïl Fradkov, il a botté en touche en parlant de “conspirationnistes” qui, selon lui, “ignorent la réalité au profit de leurs fantasmes préférés”…

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L’ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est porté candidat à la présidentielle du 19 mai malgré l’avis contraire du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, a rapporté mercredi l’agence Isna.

On rappelle qu’en septembre 2016, Ahmadinejad avait annoncé qu’il ne serait pas candidat après une intervention du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, le dissuadant de l’être. Le guide avait affirmé qu’il fallait éviter une bipolarisation nocive dans le pays.

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Avec Marine Le Pen à sa tête, le Front national, qui continue de rejeter l’étiquette de parti d’extrême droite, même si ses postures sur l’immigration, l’islam, l’économie, le social disent le contraire, n’a jamais été aussi proche du palais de l’Elysée. La fille du fondateur du parti, Jean-Marie Le Pen, a su “ennoblir” des idées qui sentaient le souffre et effrayaient une frange de la population qui tient aux dorures du politiquement correct. Et la mayonnaise a pris. A tel point que le physicien Serge Galam, qui avait réussi le tour de force de prédire le triomphe de Donald Trump à la présidentielle américaine dès l’été 2016, alors que personne ne pariait un dollar sur le républicain, s’est penché sur le phénomène Le Pen. D’après lui ses chances de remporter le scrutin d’avril-mai 2016 ne sont pas négligeables…

Quand le spécialiste des systèmes désordonnés, qui a intégré le Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences Po), parle on l’écoute. Dans un billet publié le 26 mars sur le site de Libération, il a fait savoir que l’”abstention différenciée” pourrait être favorable à la candidate du Front national. Serge Galam a accordé un entretien à franceinfo sur cette trouvaille qui affole les états-majors des concurrents de Marine Le Pen. Interview :

Franceinfo : Le “plafond de verre”, selon vous, est-il toujours efficace pour empêcher Marine Le Pen d’accéder au pouvoir ? 

Serge Galam : Le “plafond de verre”, c’est ce “bouclier” qui empêche le Front national d’accéder au pouvoir. Il explique le fait qu’à chaque fois, ou presque, qu’un candidat du FN franchit le premier tour, dans notre système électoral, il perd au second. Et notamment à la présidentielle. Pourquoi ? Parce que l’ensemble des partis de droite et de gauche refusent toute alliance avec ce parti. Dès qu’un candidat du Front national est en lice, il y a une mobilisation des électeurs pour l’empêcher de passer, ce qu’on a appelé “le front républicain”.

Mais, aujourd’hui, il y a deux facteurs nouveaux. D’une part, s’il n’a jamais franchi la barre des 50% au second tour, le FN a tendance à augmenter ses scores aux élections. D’autre part, une fraction de l’électorat en a assez de se déplacer aux urnes pour voter “contre”. En 2017, l’élection de Marine Le Pen à la présidence de la République reste très improbable. Le sondage le plus favorable que j’ai vu pour elle la créditait de 45% des voix au second tour, contre 55% à François Fillon. Contre Emmanuel Macron, elle obtiendrait 40%. Mais “improbable” ne signifie pas “impossible”, en raison d’une mobilisation qui s’est érodée.

C’est ce que vous appelez “l’abstention différenciée” ?

Oui, c’est à ce moment-là qu’intervient l'”abstention différenciée”. Les électeurs qui ont l’intention de voter Marine Le Pen veulent vraiment voter pour elle, et ils se déplaceront. Dans l’hypothèse d’un second tour où le FN serait présent, une part substantielle des électeurs déclarent qu’ils n’iront pas voter pour François Fillon ou pour Emmanuel Macron, mais uniquement contre Marine Le Pen. Et beaucoup ne le feront pas. Une partie d’entre eux va se dire : “C’est trop dur pour moi de voter pour François Fillon, même contre Marine Le Pen”. L’aversion sera si forte qu’ils n’iront pas.

D’autres, pour d’autres raisons, vont tenir un raisonnement analogue à l’égard d’Emmanuel Macron. Chaque candidat ayant des chances de se qualifier au second tour “désactive” ainsi des électeurs potentiels. On peut donc supposer que l’abstention, par rapport aux intentions de vote, sera moindre pour Marine Le Pen que pour son adversaire au second tour.

Et là, vous sortez votre calculette, avec une formule pour mesurer le taux d'”abstention différenciée”… et les chances de Marine Le Pen de gagner ?

Oui. Si les électeurs de Marine Le Pen se mobilisent fortement, et ceux de son adversaire nettement moins, elle peut gagner. Il faut bien comprendre qu’elle peut gagner, même avec des intentions de vote inférieures à celles de son adversaire, s’il y a un fort écart entre les taux de participation pour l’un et pour l’autre. Pour un taux donné de participation pour Marine Le Pen, on peut calculer le taux d’abstention pour son challenger qui lui permet de gagner. J’ai mis au point une formule mathématique pour le calculer.

Prenons un exemple avec une participation globale de 79% au second tour et 44% d’intentions de vote pour Marine Le Pen. Si 90% des personnes qui indiquent vouloir voter pour elle le font réellement, et que 70% de ceux annonçant qu’ils voteraient pour son concurrent le font réellement, elle obtient une majorité de 50,25%. Autrement dit, il existe un seuil de participation critique pour son challenger. Si celui-ci ne l’atteint pas, Marine Le Pen peut gagner.

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A l’heure où presque tous les sondages donnent la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, en tête du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, l’ambassadeur de France au Japon, Thierry Dana, prend clairement ses distances avec l’extrême droite, rapporte l’AFP. Dans une tribune qui sera publiée dans l’édition du journal Le Monde de demain jeudi 09 mars 2017, l’ambassadeur a fait savoir qu’il lui était impossible de “servir” Le Pen si elle gagnait la présidentielle. Thierry Dana pose là un acte qui pourrait faite tache d’huile dans le milieu très réservé et feutré de la diplomatie.

“Si les éléments de la tragédie française qui se mettent en place devaient conduire à son élection, je me placerais en réserve de toute fonction diplomatique”, a écrit l’ambassadeur.  Ce dernier a apostrophé Mme Le Pen en ces termes : “La France est conquérante et vous voulez en faire un pré carré. La France est généreuse et vous voulez en faire une boutique repliée sur elle-même. La France est créative et votre vision sent le rance”.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a réagi en affirmant que “ce n’est pas le rôle d’un ambassadeur” de prendre position de la sorte, mais que les fonctionnaires ont la possibilité de faire valoir le “droit de retrait”. Une façon implicite d’appuyer cette sortie et de tacler la présidente du FN, que rien ne semble ne semble pouvoir stopper…
Quant au ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, il a invité les diplomates à s’astreindre au “devoir de réserve et au principe de neutralité”.
“Dans un contexte de montée du populisme, il convient de garder son sang-froid, sauf à prendre le risque de contribuer à alimenter la démagogie dirigée contre les fonctionnaires (…) En tant que citoyen, chacun pourra peser, selon ses convictions et en exerçant son droit de vote, sur un choix essentiel pour notre pays”, a indiqué Ayrault.

Thierry Dana doit normalement être réaffecté cet été, pour une destination inconnue, mais il a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne s’y rendrait pas, “la mort dans l’âme (…), plutôt que de servir la diplomatie du Front national”. Il pourrait faire des émules a en croire la réaction de l’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, sur Twitter : “Très beau texte de mon homologue à Tokyo”. A ajouter à ce que disent de nombreux diplomates, qui se posent de “vraies questions” et ne sont “pas du tout” certains de pouvoir cohabiter avec un exécutif d’extrême droite…

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C’est toujours la pagaille et le flou absolu dans le camp de la droite française, à quelques semaines du premier tour de la présidentielle (avril 2017). La champion des Républicains, François Fillon, qui a terrassé tous ses adversaires à la primaire, cerné à présent par les juges pour une affaire d’emploi fictif, ne veut toujours pas jeter l’éponge. Il a redit le dimanche 05 mars 2017 sa volonté d’en découdre avec ses adversaires à la présidentielle, malgré les appels insistants pour abandonner la course, où il est donné perdant par les sondages. Le hic c’est que le mieux placé pour remplacer au pied levé Fillon, Alain Juppé, maire de Bordeaux et grandissime favori avant la primaire qui lui a été fatale, a asséné ceci ce lundi 06 février, provoquant le désarrois chez les militants : “Je confirme une bonne fois pour toutes que je ne serai pas candidat à la présidence de la République“.

L’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, lui aussi battu lors de la primaire, est entré dans la danse pour tenter d’infléchir les positions de Fillon et Juppé. Mais il y a un os, et pas des moindres : Le missile envoyé par Juppé ce matin depuis son fief. “Au lendemain de notre primaire (…) François Fillon, à qui j’avais immédiatement apporté mon soutien, (…) avait un boulevard devant lui, je lui ai renouvelé ce soutien à plusieurs reprises (…). Son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique l’ont conduit dans une impasse”, a déclaré le maire de Bordeaux. La réunion de conciliation part mal…

Sarkozy a envoyé ce communiqué ce matin : “Face à la gravité de la situation (…) chacun a le devoir de tout faire pour préserver l’unité” (…) “C’est dans cet esprit que je propose à François Fillon et à Alain Juppé de nous réunir pour trouver une voie de sortie digne et crédible à une situation qui ne peut plus durer et qui crée un trouble profond chez les Français“. Sarkozy a l’intention de demander à Fillon de s’effacer et de désigner “lui-même un successeur”. Pas sûr qu’il soit entendu…

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On n’y est peut-être pas encore, mais ça en prend le chemin, le principal intéressé faisant, officiellement, son entrée sur la scène politique, ou arène devrait-on dire, ce mois de février avec la création de son parti, qu’il fignole en réalité depuis qu’il a quitté la Kasbah en 2014. Le fait est que, même si les autres formations politiques n’en laissent rien paraitre, l’arrivée de Jomâa dérange, inquiète, terrorise même des partis dont les intentions de vote pour les prochains rendez-vous électoraux côtoient les bas fonds, synonymes de défiance pour des formations qui gouvernent tout de même, tant bien que mal – plus mal que bien – et de sanction pour un bilan plus que contrasté, pour le moment. Dans cette atmosphère délétère, Jomâa, à la popularité insolente et dont le bref passage à la direction des affaires du pays a laissé aux Tunisiens un souvenir plutôt bon, ne peut que faire tache, enfin aux yeux de ses futurs adversaires, entendons-nous bien, car pour ce qui est des citoyens, la cause est entendue. L’ex-secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Houcine Abassi, désormais débarrassé de son devoir de réserve, nous a donné une idée de l’accueil qui sera réservé à l’ancien Premier ministre : Froid, glacial même…

Abassi, qui pour le moment a écarté toute idée de se lancer dans le bain politique (il lorgne la présidence du Conseil national du dialogue social, moins mouvementée et qui aura un droit de regard, et plus encore, sur toutes les affaires importantes du pays, une sorte de gouvernement bis), n’a pas tardé à se lâcher. Bon on ne peut pas le soupçonner d’être en service commandé, le bonhomme étant, par essence, un électron libre, mais, étrangement, le premier à faire les frais de sa liberté de ton est Mehdi Jomâa. On ne peut pas complètement exclure le fait qu’une démolition en règle de l’image du chouchou des sondages pourrait lui valoir un renvoi de l’ascenseur de la part des partis au pouvoir, notamment Nidaa Tounes et Ennahdha, quand il s’agira de l’adouber pour piloter le Conseil du dialogue social. Tout est possible. En tout cas le mardi 31 janvier 2017 dans l’émission “Het Ess7i7”, sur Nessma TV, l’ex-patron de l’UGTT n’a pas raté Jomâa. Questionné à son sujet, il a d’abord indiqué que c’est lui qui avait soumis son nom pour remplacer le nahdhaoui Ali Laârayedh, en janvier 2014. Ensuite il a affirmé qu’il le “regrette” parce qu’il ne croyait pas que Jomâa allait “mélanger les choses, il a failli faire échouer le dialogue national” en voulant se présenter à l’élection présidentielle de 2014, a confié Abassi, avant de préciser : “Il ne me l’a pas dit à moi directement, mais il l’a dit à un des membres du Quartet du dialogue national alors que j’étais à l’étranger. Je suis revenu précipitamment (…) et je l’ai informé qu’il devait s’en tenir à la feuille de route qu’on avait élaborée”.

D’autres, en premier le principal intéressé, auraient pu dire qu’il avait la vocation précoce en jetant un oeil plus qu’intéressé sur le fauteuil du palais de Carthage, en n’ayant aucune formation politique derrière lui, ce qui revient à se suicider, politiquement!

A la question de savoir s’il est allé trop vite en besogne en proposant Jomâa, l’ex-leader de la centrale syndicale a déclaré : “Non, je ne me suis pas précipité en le choisissant (…) A l’époque, il était ministre de l’Industrie, il a su bien gérer ses dossiers loin des tensions politiques. Il n’était soumis à aucune pression partisane, et encore moins à Ennahdha qui était majoritaire au gouvernement (…). C’était une personne que j’ai considéré comme digne de confiance pour gérer la prochaine étape (…). Malheureusement il m’a déçu (…) car il a voulu participer au scrutin présidentiel. Or s’il l’avait fait, il devait quitter son poste de chef gouvernement, et s’il démissionnait c’est tout le gouvernement qui tombait, et si c’était le cas, il n’y aurait pas eu d’élections”, a conclu Abassi…

L’arroseur arrosé

Il y a peu, interviewé par Jeune Afrique, Jomâa avait tiré copieusement sur toute la classe politique tunisienne, l’accusant d’être responsable de tous les maux du pays. Il avait eu la dent très dure. Mais dans le fond on ne peut pas le lui reprocher, c’est de bonne guerre dans ce microcosme politique où les plus faibles périssent, dévorés par les plus forts. Et surtout c’est pour lui la seule façon de rattraper son retard et faire son trou, vu qu’il s’est mis à la politique dans le tard, après une florissante carrière à Hutchinson (groupe Total). Jomâa n’a pas fait ses gammes en la matière – militantisme de base, structure ou direction d’un parti, député, etc. -, il a tout de suite été parachuté dans les plus hautes sphères de l’exécutif, ce qui d’une certaine façon lui a barré la route de l’apprentissage en politique. Il est condamné, s’il veut demeurer dans cet univers, ce qui semble être le cas, à faire feu de tout bois pour se maintenir dans le haut du panier. Cette situation, incontestablement, le fragilise. En effet à un moment ou à autre, il va se frotter à des individualités fortes, et gérer des hommes et femmes qui en savent un rayon sur la chose politique, en tout cas beaucoup plus que lui. Il risque d’être lassé ou, pire, débordé par les égos surdimensionnées des uns et des autres, les manoeuvres et autres tactiques, sur la seule base des intérêts personnels, comme exactement le triste spectacle offert par Nidaa Tounes.

Technocrate il est, technocrate il restera ? Pour le moment rien n’est moins sûr. Par contre ce qui est sûr c’est que Jomâa va véritablement faire un saut dans l’inconnu, une réalité toute autre que le caractère carré et les certitudes de son monde feutré et rationnel de cadre dans une entreprise. En politique, il faut savoir donner des coups et en prendre. De ce point de vue Jomâa a montré, dans son entretien avec le magazine africain, certaines prédispositions. Mais une capacité à flinguer à tour de bras toute la classe politique ne préjuge nullement de sa faculté à tenir dans la durée. Il en faudra beaucoup plus pour donner la preuve que son incursion sur la scène politique c’est pas “un petit tour et puis s’en va”…

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Le Sénégal hausse le ton et montre les muscles face à un président gambien, Yahya Jammeh, battu à la régulière à la présidentielle de décembre 2016 mais qui s’accroche à son fauteuil, en prétendant qu’il y a eu des irrégularités et qu’il faut organiser un autre scrutin, une attitude dénoncée par la communauté internationale. Augustin Tine, le ministre sénégalais des Forces armées, a déclaré dimanche 25 décembre 2016 sur la RFM, lors d’un déplacement à Fandème, dont il est le maire, que son pays fera ce qu’il faut pour que Adama Barrow, qui a déboulonné Jammeh, prenne officiellement les rênes du pays le 19 janvier 2016. Il a ajouté que le Sénégal est prêt à piloter une intervention militaire, avec l’aval de la Cedeao, pour aller en Gambie veiller sur le passage de témoin à Barrow.

« Le Sénégal est un pays de dialogue, pays de paix. Le message est celui de la Cedeao, celui de l’Union africaine et celui des Nations-Unies. Aujourd’hui que Yaya Jammeh a perdu les élections, et M. Barrow est le président élu, je crois comprendre que le président Jammeh entendra raison et le 19 janvier, il laissera la place au nouveau président élu. C’est la volonté de la Cedeao et c’est la volonté du monde entier. Il doit accepter qu’il a perdu. Naturellement, que l’on fasse pour qu’il puisse se retrouver quelque part et vivre tranquillement sa vie. En tout cas, pour la Cedeao, pour le Sénégal, le président Jammeh a fini son mandat et le 19, il devra partir. Le Sénégal assumera ses responsabilités conformément aux décisions de la Cedeao », a affirmé le ministre des Forces armées.

Jammeh, qui tient le pays d’une main de fer depuis 22 ans, avait agréablement surpris les Gambiens en reconnaissant publiquement sa défaite, et même en félicitant en direct à la télévision son challenger. Puis il a fait volte face en prétextant des fraudes massives qui auraient permis à Barrow de faire la différence. Mardi dernier, il avait réitéré, à la télévision publique, la Grts, sa volonté de garder son fauteuil à la fin de son mandat, le 18 janvier prochain. Son recours est toujours entre les mains de la Cour suprême et sera tranché le 10 janvier prochain, 8 jours avant l’expiration de son mandat. Le timing est donc très serré et la tension à son paroxysme.

On peut aussi penser que pour le Sénégal, envoyer des troupes faire déguerpir Jammeh est une manière de neutraliser une bombe à retardement car personne n’ignore les relations exécrables entre le président sortant et le président sénégalais, Macky Sall, depuis que des Sénégalais ont été violentés et emprisonnés, arbitairement, en Gambie. D’ailleurs Jammeh avait déclaré récemment qu’il n’a aucun problème avec le peuple sénégalais, mais plutôt avec son président, qui gouverne mal ce pays ami et frère. Vous pouvez imaginer la tête qu’a faite Macky Sall en entendant cette critique au vitriol du dictateur de Banjul…

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Jean Ping, challenger du président sortant, Ali Bongo, officiellement réélu à la présidentielle d’août 2016, n’a pas enterré la hache de guerre. Non seulement Ping continue de contester la réélection de Bongo, au terme d’un scrutin émaillé d’irrégularités, de l’avis même des observateurs européens, mais il a promis de prêter serment « bientôt ». C’était hier vendredi 23 décembre lors d’un meeting avec des membres de l’opposition et de la société civile. Il a même appelé la police et l’armée gabonaise à se joindre à lui dans son bras de fer contre Bongo. Le pays risque très gros…

Les choses ne sont guère plus réjouissantes du côté de l’assemblée parlementaire UE-ACP (les pays de l’Union Européenne et de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). Aucun accord sur une résolution concernant le déroulement des élections gabonaises n’a pu sortir des débats. La mission d’observation de l’UE avait qualifié le processus électoral gabonais de « non transparent » et les résultats de « très douteux », mais rien de tangible et surtout permettant de démêler la crise politique n’a été obtenu depuis.

Jean Ping quant à lui est plus actif que jamais sur la scène politique locale et internationale. Dernièrement, il avait même déposé une plainte à la Cour Pénale Internationale, accusant le pouvoir gabonais de « crimes contre l’humanité »…

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Mais qu’est-ce qui fait encore courir le président zimbabwéen, Robert Mugabe, 92 ans ? C’est la question qui nous est venue à l’esprit en apprenant que l’homme qui tient le pays d’une main de fer depuis 36 ans a été adoubé par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, samedi dernier, pour participer à la compétition présidentielle de 2018. Ne nous leurrons pas cependant : Ce scrutin va se dérouler exactement comme les précédents, Mugabe, qui a un punch bluffant pour son âge, va encore écraser ses challengers, du moins d’après les canons officiels, qu’il écrase également…

Le président a tout même mis la forme en marquant son investiture à grand renfort de festivités dans le cadre d’un meeting organisé par son parti à Masvingo, à 300 km au sud-est de la capitale zimbabwéenne, Harare. « Président, vous êtes le principal acteur et tant que vous serez en vie, vous restez l’acteur majeur de l’histoire du Zimbabwe », a solennellement déclaré à l’occasion le leader de la branche des jeunes de la ZANU-PF.

Maintenant que Mugabe a eu les déclarations et les bénédictions d’usage, à sa démesure et que personne n’osait lui refuser, place à une interminable campagne électorale à laquelle les citoyens n’ont aucun moyen d’échapper…

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Rien n’y a fait. Malgré une campagne musclée, dure, avec des angles sur l’immigration, l’islam, le terrorisme et la sécurité que ne renient pas l’extrême droite, l’ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, a été évincé de la course à la présidentielle. Lors du vote d’hier dimanche 20 novembre, dans le cadre de la primaire à droite, les électeurs et sympathisants lui ont préféré son ancien Premier ministre, François Fillon et l’actuel maire de Bordeaux, Alain Juppé, également ancien Premier ministre, tous deux réputés plus modérés. Hier à 23h30, au terme du dépouillement de quasiment tous les bureaux de vote, Fillon a obtenu 44,1% des voix, devant Juppé, 28,4% ; Sarkozy n’a pas pu faire mieux que 20,7%. Il est donc éliminé. La droite française n’aura pas “son” Donald Trump…

Pourtant Fillon vient de très loin ; très peu de gens ont parié sur lui il y a peu, les observateurs et militants n’ayant d’yeux que pour Juppé, étiqueté au centre de la droite et qui prêche une “identité heureuse” de tous les Français, sans distinction, là où Sarkozy défendait énergiquement le principe de la séparation du bon grain de l’ivraie, entendez par là les “mauvais” Français de seconde ou troisième génération moins bien intégrés que leurs parents immigrés. Les électeurs de droite, manifestement, n’ont pas voulu manger de ce pain là. Mais ce qui a surtout pénalisé l’ex-président, ce sont les nombreuses affaires judiciaires qui l’entourent et son manque de crédibilité car son bilan en tant que président est plus que discutable, même si Fillon, en tant qu’artisan de cette politique, doit aussi en assumer la responsabilité. Il semble que les votants d’hier dimanche ne lui en tiennent pas rigueur…

Toutefois tout cela ne préjuge pas de l’issue de la présidentielle en avril 2017, car Fillon, on le sait, même s’il n’est pas exactement sur les mêmes positions que Sarkozy, est sur une ligne plus dure – droite décomplexée, économie de marché, autorité de l’Etat, etc. – que Juppé. D’ailleurs Sarkozy l’a confirmé hier soir : “Les choix politiques de François Fillon sont plus proches (…). Je voterai François Fillon”. Et puis il y a la candidate de l’extrême droite, Marine Lepen, qui est à des niveaux de popularité sans précédent pour le type d’idées qu’elle défend . Les dés ne sont pas jetés…

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Jean-Pierre Elkabbach, journaliste à la radio Europe 1, comme un poisson dans l’eau dans son fameux studio, n’était pas à la fête après sa prestation jugée “piètre” par Le Point hier jeudi 17 novembre 2016 dans la soirée. Celui qui avait malmené le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, le 11 novembre 2016, avec le style qu’on lui connait, fait d’attaques intempestives et de piques dont il a le secret, a été “flingué” à son tour par les par les téléspectateurs. Elkabbach, qui a été coopté par France 2, pour un soir, pour officier en tant qu’arbitre, aux côtés de David Pujadas, dans le dernier débat de la primaire à droite, a été très mal inspiré.

Elkabbach a voulu faire ce qu’il sait faire le mieux : Cogner. Le problème c’est qu’il n’était pas à “la maison” – à la radio -, mais à la télé, à une heure de grande écoute et que les candidats à la présidentielle n’avaient aucune intention de laisser le journaliste vedette… leur voler la vedette. Alors ils ne se sont pas laissés faire, il y a eu de la résistance, poussant Elkabbach dans ses derniers retranchements. Et là c’était le faux pas, le dérapage, que bien sûr n’ont pas raté les 5 millions de téléspectateurs.

Le journaliste n’a pas apprécié le fait que Bruno Le Maire dégaine son argument de campagne phare :  Le “renouveau”, le changement de génération, ou plus simplement la nécessité de céder la place aux jeunes. A 79 ans tassés, Elkabbach a dû prendre cela pour une provocation, et ça il n’aime pas. La provocation c’est plutôt son affaire à lui quand il coince ses invités dans son studio. Alors il l’a fait vertement savoir à Le Maire. D’abord par une question cinglante à propos du renouveau : “Pourquoi ça ne fonctionne pas alors avec vous ?” (un des candidats à droite, le favori d’ailleurs, Alain Juppé, affiche 71 ans). Et là le politicien, qui ne s’est pas démonté, lui a rétorqué : “Je suis candidat à la primaire, ça mérite tout simplement le respect de votre part.” Elkabbach, qui a tenu à avoir le dernier mot, a lancé une flèche : “On en reparlera lundi.”

Cette réplique du journaliste, aux allures de menace, un genre dont raffolent ses auditeurs à la radio, n’a pas du tout été du goût des téléspectateurs, qui ont de suite sauté sur leurs claviers pour le faire savoir. C’est sur Twitter que les réactions ont été les plus violentes. Rien n’a été épargné à Elkabbach. Sa prestation durant la soirée a été descendue en flammes. Même son grand âge a été raillé. Bref, c’était la curée. Ou l’arroseur arrosé….

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Les démocrates américains n’ont toujours pas digéré la défaite cuisante de leur candidate, Hillary Clinton, que, il faut l’avouer, très peu de spécialistes et observateurs ont vu venir. Alors les langues commencent à se délier pour tenter d’expliquer ce cataclysme aux yeux de dizaines de millions d’électeurs… ou de l’exorciser. Le journaliste Ed Klein, qui a déjà pondu un livre sur Hillary Clinton, est revenu, dans le Daily Mail, sur une empoignade entre la démocrate et son mari, Bill Clinton, deux fois président des Etats-Unis, et donc forcément très expérimenté. La passe d’armes entre les deux monstres sacrés de la politique explique bien des choses, et peut-être même la déconvenue de l’ancienne secrétaire d’Etat…

A mesure que l’élection s’approchait, le républicain Donald Trump, restant incroyablement haut dans les sondages durant les derniers jours de la campagne malgré ses nombreuses sorties de route, mettait la pression sur le camp démocrate. Affolés, Mme Clinton et son époux auraient même eu une violente altercation au téléphone à propos de la stratégie de la campagne pour la dernière ligne droite. Ils se sont “hurlé dessus” à tel point que Bill, très remonté contre Mme, aurait balancé son téléphone du haut de son balcon, dixit Ed Klein.

L’explication de ce coup de sang, toujours selon le journaliste : Mme Clinton était déboussolée par sa campagne qui patinait, du fait surtout de l’affaire explosive des mails confidentiels qui transitaient par un serveur privé. Alors que pour Bill, les raisons de la colère étaient plus profondes. L’ancien président a remis en cause l’orientation stratégique de la campagne de sa femme qui, d’après lui, commettait une grosse erreur en négligeant l’adhésion de la classe ouvrière de la Rust Belt, un électorat, il faut le souligner, qui a été décisif dans le triomphe de Trump.

“Bill a tellement rougi de colère pendant sa conversation avec Hillary que j’ai eu peur qu’il ait une crise cardiaque”, a confié à Klein un des plus proches conseillers de l’ancien Président.
“Bill disait que le fait d’attaquer Trump constamment pour ses défauts faisait plaisir à l’équipe d’Hillary et aux médias, mais que ce message ne résonnait pas chez les électeurs, particulièrement dans la Rust Belt. En campagne, Bill se présentait toujours comme l’homme qui ressentait votre douleur, mais Hillary avait l’image de quelqu’un d’énervé contre son ennemi, pas quelqu’un qui tendait la main et essayait d’améliorer la vie de la classe ouvrière blanche. […] Bill a également dit que beaucoup d’afro-américains avaient été profondément déçus par les résultats de huit ans d’Obama. Malgré de plus en plus de dépense sociale, les noirs n’avaient pas avancé économiquement, et la criminalité entre noirs détruit leurs communautés. Il disait qu’Hillary aurait dû aller dans les quartiers chauds de Chicago pour condamner la violence.” Hillary aurait dû écouter son époux, qui en sait un rayon sur tout ça, en tout cas beaucoup plus qu’elle.

La démocrate a surtout pêché par excès de confiance, préférant écarter son mari pour montrer à la face du monde qu’elle pouvait y arriver toute seule, comme une grande. Et bien elle a eu tort. “On ne l’écoutait pas, et ça le rendait fou de rage. […] Il m’a dit dès octobre qu’Hillary et ses conseillers étaient en train de se planter”, a affirmé le journaliste.

Bill soutenait que les conseillers d’Hillary, surtout Robby Mook (directeur exécutif de campagne) et John Podesta (président de l’organisation de campagne) étaient “sourds” à la détresse économique de millions d’électeurs de la classe ouvrière. En guise de réponse, Hillary a superbement ignoré les alertes de son époux, et lui aurait même balancé à la figure qu’il “était trop vieux et déconnecté de la réalité” pour lui être d’une quelconque utilité. Elle aura beaucoup de temps pour méditer sur ses erreurs d’appréciation, qui ont pétrifié le monde entier en offrant un boulevard à l’imprévisible Trump…

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Encore un président africain qui va être la risée du monde entier, au moment où les principes de la démocratie gagnent du terrain, même dans cette Afrique qui a longtemps fait de la résistance. Cette fois c’est le président de la Gambie, un petit pays anglophone niché dans le ventre du Sénégal, qui fait l’actualité. Tristement. En effet le fantasque Yahya Jammeh, qui fait fréquemment les gros titres pour ses débordements récurrents, parfois sanglants, s’est mis en tête de rempiler pour la course à la présidentielle, dont le top départ sera donné le 16 novembre 2016, pour une élection à un seul tour calée pour le 1er décembre 2016 et que Jammeh, une fois de plus, va à coup sûr remporter. Pour la cinquième fois !

Malgré le tolet, les critiques, les quolibets, le président sortant, presque comme un candidat lambda, a déposé son dossier de candidature, a rapporté l’AFP. “Peu importe ce que les gens disent de moi, je n’en suis pas touché”, a lâché un Jammeh sûr de son fait, après avoir sacrifié au rituel à la Commission électorale indépendante.
Il en a profité pour dévoiler un bout de son programme de campagne électorale, dont les promesses phares sont une éducation et des soins de santé gratuits pour tous. Bon, ça reste des promesses, auxquelles peu de gens croient mais qu’il faut écouter religieusement. On ne mégote pas sur les paroles du dictateur, c’est dangereux…

“Je n‘écoute personne parce que je sais ce qui est important. C’est entre moi et Dieu. On veut écouter tout le monde, et satisfaire tout le monde, et on finit par satisfaire des méchants. Faites ce qui est juste, assurez-vous de ne satisfaire que Dieu le Tout-Puissant”, a ajouté le président sortant devant un public acquis à sa cause, forcément…

A signaler que l’homme fort du pays va se présenter au scrutin sous la bannière de l’Alliance pour la réorientation et la construction patriotique. Deux autres candidats lui feront face : Adama Barrow, adoubé par une coalition de l’opposition et Mama Kandeh, ex-membre de l’APRC, pour le compte du Congrès démocratique de Gambie, un parti qui a vu le jour il y a peu. Mais ils feront de la figuration, tout au plus amuseront la galerie, Jammeh tenant le pays d’une main de fer et écrasant complètement la vie politique depuis son accession au pouvoir en 1994, par un coup d’Etat. Sa première élection, officiellement, date de 1996. Depuis il est réélu très confortablement. Et il y a des chances que ça dure encore longtemps…

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