AccueilLa UNERien que 900 000 familles éligibles aux transferts financiers directs

Rien que 900 000 familles éligibles aux transferts financiers directs

Près de 80% des Tunisiens ont besoin des subventions, et pas seulement les familles concernées par le programme des familles nécessiteuses. C’est ce que clame l’Union Générale Tunisienne du travail, qui affirme, de surcroît,  son  droit d’intervenir sur les plans, politique et économique, compte tenu de l’impact des choix qui y sont associés.

A cet effet, Hfaïedh Hfaïedh, secrétaire général adjoint de l’organisation chargé des affaires juridiques, a livré  le point de vue de l’UGTT  sur la réforme controversée du système de subventions.

La Tunisie a besoin d’un véritable système républicain et un Etat civil qui consacre la démocratie sociale, respecte la liberté d’expression, garantit un équilibre entre pouvoir et institutions, et une cour constitutionnelle élue de manière indépendante. Et chaque Tunisien a le droit de vivre dans un climat démocratique, et profiter d’une économie développée, ainsi qu’un environnement sain.

70% des subventions vont  aux restaurants, cafés et hôtels

La réforme de la politique de subvention ne signifie nullement la  levée des subventions pour ceux qui y sont éligibles, mais une nouvelle philosophie visant à cibler directement les familles dans le besoin.

Toutefois, Hfaiedh a souligné, lors de la réunion de la commission administrative de l’Union régionale du travail de Béja, que selon  ce qui circule,  900 000 familles seulement devraient bénéficier des transferts financiers directs. « Les premiers indices donnent à penser  que 900 000 familles seulement bénéficieront des transferts financiers dans le cadre de la nouvelle approche adoptée par le gouvernement en ce qui concerne le système des subventions », a-t-il indiqué, soulignant que l’Union refuse cette approche.

L’UGTT ne veut point d’une politique « du fait accompli », que  cherche à appliquer le gouvernement. Car 70% des subventions vont  aux entreprises, aux restaurants, aux cafés et aux hôtels », a-t-il affirmé, indiquant que le but est de faire bénéficier l’ensemble des salariés des transferts directs.

La politique du fait accompli ne s’arrêtant pas là, le responsable a, par ailleurs, jeté l’opprobre  sur le gouvernement qui «  a entrepris de créer, et ce, délibérément, des pénuries de certains produits alimentaires tels que le lait et le sucre, et a hausséles prix afin de pousser les citoyens à accepter l’achat de ces denrées, quel qu’en soit le prix ».

Pour rappel, cette révision tant attendue, vise à faire la lumière sur les distorsions liées aux subventions et sur les réformes à introduire pour réduire le coût budgétaire des subventions, garantir la protection et la justice sociale. Dans la loi de finances 2022, l’Exécutif fait montre d’une volonté de passer d’un système de subventions généralisées à un système de ciblage en faveur des ménages nécessiteux.

Quelques chiffres

Selon le récent rapport de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), les subventions des produits alimentaires de base ont permis d’améliorer l’état nutritionnel des ménages démunis, les subventions représentant 20,6% de la valeur totale de leur consommation alimentaire et contribuant à hauteur de 28,6% dans l’apport calorique total et à hauteur de 25,4% dans l’apport protéique total pour ces ménages.

Ces subventions ont, de plus, contribué à réduire de plusieurs points le taux de pauvreté dans le pays.  L’étude a révélé que le système de subventions universelles ne profite pas uniquement aux catégories socio-professionnelles qui ont en le plus besoin, car, 61% des ressources allouées à ces subventions bénéficient à la classe moyenne, 9% aux ménages vulnérables et 7% aux ménages aisés, alors que 23% sont orientés à des utilisations non domestiques.

Une compensation équitable !

La possibilité de réaliser un test en 2023 puis, d’évaluer l’expérience serait  de compenser une partie de la subvention des produits de base captée par les cafés, restaurants et hôtels, en introduisant une taxe solidaire forfaitaire au titre de l’appui aux petits agriculteurs collectée auprès des cafés, restaurants et hôtels, selon  les experts. Ces taxes alimenteront la caisse générale de compensation et la caisse de sécurité sociale et serviront à l’appui direct aux petits agriculteurs et pêcheurs et serviront à  réduire les fuites de subventions vers les cafés, restaurants et hôtellerie et les rediriger vers les ménages pauvres et les petits agriculteurs.

Il s’agit, en outre, de préserver  le pouvoir d’achat des classes pauvres en étudiant les pistes en vue d’augmenter le SMIG et le SMAG dès 2022.

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