Le marché parallèle, autrement appelé marché noir, est le plus souvent illégal, et sur lequel sont échangés des biens difficiles à trouver sur les marchés formels et agréés, ou simplement interdits par la loi en vigueur. Le prix de ces biens est en général plus élevé que le prix habituel du marché.
Le jeudi 13 octobre 2022 s’est tenue une conférence sur les dérives de ce fléau qui sème le chaos dans les rues de centre-ville, et empêchent les commerces de vaquer à leutr, ainsi que les solutions pour venir à bout des étalages de ces vendeurs à la sauvette qui proposent des produits dont la qualité est douteuse, et ce à des prix défiant toute concurrence.
Cette étude est le fruit d’un travail de recherche scientifique de près d’un an entre enquête de terrain quantitative, qualitative et descriptive, et une analyse de données empiriques par des approches pluridisciplinaires.
Un point de départ afin de réaliser une utopie dont rêvait toute une génération de chercheuses et chercheurs : jeter les bases d’une sociologie tunisienne capable de comprendre et d’expliquer les phénomènes sociaux en Tunisie.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes
97% des vendeurs de la rue d’Espagne ne bénéficient pas de la sécurité > sociale et 82% n’ont pas de compte bancaire, tandis que 55% de l’échantillon interrogé ont exprimé leur pessimisme quant à l’amélioration de leur situation à l’avenir, selon les résultats d’une enquête étude menée par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux sur « le marché de la rue d’Espagne, ou le cursus d’économie de la rue en Tunisie ».
L’exacerbation de l’économie parallèle est le résultat de l’incapacité > de l’État à jouer son rôle de protecteur des propriétaires d’activités commerciales organisées contre cette concurrence inégale. Il a été démontré que la solution injonctive et dissuasive ne limite pas l’incursion de ce phénomène, qui représente aujourd’hui environ 50 % des transactions de l’économie tunisienne.
Le chercheur en droit Adam Mokrani a déclaré dans une déclaration à « African Manager » que l’État est tenu de changer l’approche de la lutte contre le commerce parallèle et d’adopter une approche motivationnelle pour inclure les vendeurs dans l’économie organisée, notant que la loi relative au social et l’économie solidaire adoptée en 2020 n’est pas encore entrée en application, ce qui a certainement empêché l’insertion des commerçants ambulants dans le circuit économique.
La même source a souligné que la poursuite de la prolifération de « l’économie de rue » serait un terrain propice à la montée du crime organisé et les crimes contre l’humanité tels que la traite des mineurs et des enfants…
Selon l’étude, qui a été présentée le jeudi 13 octobre 2022, la majorité des vendeurs sont issus de la région de Kasserine, 62% considèrent leur travail « inoffensif » pour l’économie, tandis qu’environ 84% d’entre eux fuient par les canaux de la migration irrégulière.

Les vendeurs s’expriment
African Manager s’est entretenu avec quelques vendeurs de la rue d’Espagne, qui n’ont pas hésité à dévoiler leur quotidien et décrire leurs dures conditions de travail, soulignant que leur situation financière précaire et leur niveau d’éducation limité les ont poussés à travailler dans le marché parallèle.
L’un d’eux affirme que l’État n’est pas intervenu de la manière adéquate pour améliorer leur situation économique, car la plupart d’entre eux ne bénéficient pas de couverture sociale et n’ont pas de carnet de soins. De plus, il précise que la prospérité de leur commerce est occasionnelle.








