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Tunis : Jalloul Ayed éliminé de la course à la présidence de la BAD. Un « coup vache » des Algériens et des Libyens!

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L’amertume est entière

L’amertume est entière, la frustration aussi. Jalloul Ayed, ancien ministre des Finances et candidat de la Tunisie à la présidence de la BAD, n’est plus dans la course. « C’est terminé » a-t-il dit dans un statut publié sur sa page officielle Facebook, relayé en cela par un tweet dans le même sens du ministre du Développement et de la coopération internationale, Yacine Brahim. La déception est d’autant plus grande et vive que le malheureux candidat, contacté par Express fm, a révélé que la Libye et l’Algérie n’ont pas voté en sa faveur.

Ainsi, l’aventure se termine là pour lui comme pour quatre autres postulants qui sont, par ordre de préséance, Samura Kamara de la Sierra Léone, Sufian Ahmed de l’Ethiopie, le Malien Birama Boubacar Sidibé, et Thomas Sakala du Zimbabwé. Il ne reste plus que 3 candidats: Akinwumi Adesina du Nigéria, le Tchadien Bédoumra Kordjé, et la seule dame, Christina Duarte du Cap Vert.

Huit candidats étaient en lice pour succéder à ce poste au Rwandais Donald Kaberuka, qui part après deux mandats de cinq à la tête de cette institution bancaire au service du développement en Afrique. Ce sont Akinwumi A. ADESINA du Nigeria, Sufian AHMED de l’Éthiopie, Jaloul AYED de la Tunisie, Kordjé BEDOUMRA du Tchad, Cristina DUARTE du Cap Vert, Samura M. W. KAMARA de la Sierra Leone, Thomas Z. SAKALA du Zimbabwé et Birama Boubacar SIDIBÉ du Mali.

Le nom du prochain président de la BAD sera connu demain vendredi après que le Conseil des gouverneurs aura terminé d’interroger les candidats restants sur leur vision de la gouvernance de la BAD et du développement économique du continent. Sur ce terrain, d’après un consultant de l’institution panafricaine, “ils resteront certainement sur la ligne tracée par Kaberuka, c’est-à-dire la poursuite de la transformation structurelle de l’Afrique, le financement des infrastructures et le soutien au secteur privé”.

Eliminé par des « tirs amis » voire par la tiédeur du soutien de son pays

Manifestement, Jalloul Ayed a été « trahi » par les pays du Maghreb qui lui avaient promis d’une façon ou d’une autre leur appui, d’autant que, réunis, ils détiennent plus de 16% des voix. De plus, le candidat tunisien a pu bénéficier du parrainage de la Libye et du Maroc. A cet égard, on se perd en conjectures sur la position de l’Algérie qui pèse lourd dans le vote avec 4,21% des voix, le vote étant proportionnel par rapport aux parts possédées dans le capital de la banque, à l’instar du Nigeria, de l’Egypte, et de l’Afrique du Sud qui possèdent respectivement plus de 9%, 5%, et 4,8%des voix. C’est le cas aussi des pays non régionaux actionnaires de la banque comme les Etat Unis, le Japon, l’Allemagne, le Canada, la France et l’Italie qui ont respectivement plus de 6%, 5%, 4%, 3,79%, 3,75%, selon l’état des pouvoirs de vote au sein de la banque arrêté le 30 avril 2015.

Mais le plus lancinant dans cette élimination, c’est que le gouvernement tunisien n’a pas, si l’on ose dire, mis le paquet pour accompagner Jalloul Ayed dans son parcours vers la présidence de la BAD. Qu’il se soit agi du gouvernement de Mehdi Jomaâ ou de celui qui lui a succédé, on n’a pas repéré une quelconque action vigoureuse et rondement menée qui aurait permis au candidat tunisien de se frayer un chemin sûr et décidé vers la succession de Donald Kaberuka, sauf quelques initiatives éparses qui n’ont pas vocation, dans le cas de l’espèce, à aboutir à grand-chose, alors que de « grosses pointures » sont en compétition et qui bénéficient du soutien sans faille des pays de l’Afrique subsaharienne. D’ailleurs, l’expert en relations internationales Abdelmajid Abdelli, cité par TAP, a bien souligné que le profil demeure d’une importance secondaire par rapport aux considérations d’ordre politique qui entrent en jeu lors des élections. Parmi ces considérations, il a mentionné l’appartenance géographique et régionale du pays du candidat, son poids dans l’échiquier de la région, le dynamisme de sa diplomatie et son poids électoral. L’appartenance du candidat à l’Afrique francophone ou anglophone entrent également, en considération.

Dans pareille configuration, il aurait fallu pour le gouvernement tunisien mobiliser mieux et de façon conséquente les voisins maghrébins et mettre au point une vrai stratégie de conquête de la présidence de l’institution économique africaine. En lieu et place, et afin d’accroître augmenter les chances de son candidat à ce poste, le gouvernement tunisien a retiré la candidature de Nidhal Ouerfelli, ancien ministre chargé des dossiers économique pour un poste au sein de la Banque Arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), selon ce qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Taieb Baccouche, Et d’ajouter, comme sûr de son fait que « le candidat tunisien possède des chances réelles».

Le pré-verdict du Conseil des gouverneurs de la BAD ne l’a pas entendu de cette oreille, car une solide candidature à semblable poste ne se fait pas presque dans l’improvisation et surtout la tiédeur et le manque d’enthousiasme du gouvernement du postulant.

Mohamed Lahmar

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