AccueilFinancesTunis : L’actionnaire français pompe-t-il l’UBCI ?

Tunis : L’actionnaire français pompe-t-il l’UBCI ?

La banque UBCI, filiale tunisienne de BNP Paris bas française, faut-il le noter, est à un peu plus de 50 % française. Le reste est entre les mains de familles tunisiennes comme les Bouricha, les Ben Sedrine, les Bouaoudja et autres Riahi et Tamarziste. Mais cela pourrait changer. Selon nos informations en effet, la partie française a reçu, du temps du gouvernement de Hammadi Jbali, l’autorisation de monter dans le capital à hauteur de 52 %. Cela, ne se fera pas dans l’immédiat, mais c’est dans le Pipe.

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La banque, dont l’origine remonte loin dans l’histoire tunisienne. Elle n’est pas des moindres. A témoins le nombre de ses agences qui est de 111. Elle traîne pourtant l’image de petite banque, presqu’une banque qui voit petit, tant elle hésite à prendre des risques. Son résultat s’en ressent. Elle avait réalisé en 2012, un PNB de 126,688 MDT. Certes en hausse par rapport à la 1ère année de la révolution en Tunisie, le résultat net de l’exercice, n’a cependant été, quoique bénéficiaire, d’un petit 12 MDT. Un résultat qui fait jaser, surtout ,après le dernier rapport des deux Commissaires aux Comptes et les remous qu’il a fait dans la dernière AG de la banque. L’effet révolution aidant, quelques langues se délient, pour dénoncer ce que savaient déjà certains administrateurs tunisiens sans oser le «dénoncer» ou au moins demander sa correction.

– Les remarques gênantes des Commissaires aux Comptes !

«Les principales immobilisations incorporelles comptabilisées reviennent à des acquisitions auprès du groupe BNP Paribas et des prestations fournies par la BDSI. Il en est de même pour les frais au titre des prestations informatiques constatées parmi les charges de l’exercice. En 2012, les acquisitions d’immobilisations incorporelles auprès du groupe BNP Paribas s’élèvent à 8,341 MDT, dont 5,007 MDT remontant à l’exercice 2011. Les charges au titre des prestations informatiques fournies par le groupe totalisent 5,011 MDT. Outre le fait que ces acquisitions et prestations n’ont pas obéi à la procédure prévue par l’article 200 du Code des Sociétés Commerciales et l’article 29 de la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 ,relative aux établissements de crédit, les procédures en vigueur au sein de la banque ainsi que les contrats et les factures appuyant ces dépenses ne permettent pas de s’assurer d’une prise en compte adéquate desdites dépenses. Ces procédures ne permettent pas non plus de s’assurer de la bonne application de la convention de séparation des exercices et de la date de départ pour le calcul des amortissements. Compte tenu de ce qui précède, une incertitude pèse sur l’exhaustivité et la réalité des charges d’assistance informatique et des comptes d’immobilisations incorporelles, ainsi que des acquisitions de la période et sur le rattachement des dotations aux amortissements à l’exercice approprié».

C’est en fait cette remarque qui avait fait éclater les discussions, contre l’actionnaire majoritaire, lors de sa dernière AGO ,en juillet dernier ,et qui fait, depuis jaser, accusant indirectement la BNP Paris-bas de puiser dans les résultats de l’UBCI des sommes qui dépassent souvent la partie qui lui revient légalement du résultat net et d’appauvrir ainsi l’UBCI et de rapatrier ainsi d’énormes sommes pour des services que les détracteurs de l’actionnaire majoritaire français, placent généralement entre guillemets.

Cela, d’autant plus, que l’AGO a refusé d’adopter toutes les conventions passées entre l’UBCI et la BNP et même une convention de plusieurs milliers de Dinars, passée entre la BNP et une agence française de sécurité pour assurer la sécurité des quelques expatriés de l’UBCI qui travaillaient en Tunisie lors de la Révolution. Les conventions refusées, n’avaient jamais été passée au CA et cela ne dérangeait personne, ni l’ancien président, ni le reste des membres, pendant plusieurs années.

– … et les réponses du DG Patrick Poupon.

Pour le DG français de l’UBCI, «toutes ces conventions avaient été actées dans les rapports des réunions des précédents Conseils d’Administration». Cela expliquerait peut-être l’utilisation par les CC du mot «par inadvertance» pour évoquer le non passage par l’AGO. Cela n’empêche pourtant pas l’obligation de l’application de la loi et l’adoption de ces conventions par l’AG. Loin d’être dupe, Patrick Poupon évoque les raisons, purement financières, qui étaient derrière le refus par l’AG de juillet dernier de ces conventions. La réticence de l’AG est en effet presque compréhensible à la vue des 5 MDT et plus, comparés aux 12 MDT qui représentent le résultat net de la période. Mais cela s’explique aussi, selon le DG de l’UBCI, par l’importance de la plateforme informatique qui est le Core-système de toute institution financière.

Pour l’instant, selon les informations que nous avons puisées auprès de la direction générale de l’UBCI, la banque a pris acte des remarques des CC. Les conventions ,objet de débat ,ont été retirées. Elles seront reconduites en 2013dans le respect des procédures et de la réglementation en vigueur. De son côté, selon ce que nous a affirmé Patrick Poupon, l’actionnaire majoritaire a remboursé la facture de l’assistance technique, «dans le cadre des discussions pour faire un geste d’ordre économique» vis-à-vis de sa filiale. Les acquisitions informatiques, eux ont été déjà payés depuis 2011 et il n’est pas question de revenir là-dessus. Patrick Poupon est catégorique en tous cas, pour «s’inscrire en faux» contre le fait de dire que la BNP vampirise sa filiale et y pompe indument de l’argent, comme au titre de l’informatique. «A la demande de notre comité permanent d’audit, nous avons effectué un comparatif avec les coûts informatiques des confrères et nous avons découvert que nous ne sommes pas plus chers». En tous cas, pour lui «ce n’est pas des banquiers, des actionnaires ou des commissaires aux comptes, aussi bons soient-ils, qui vont pouvoir porter un jugement » à ce sujet, en proposant que cela soit extériorisé et ce soit la BCT qui s’occupe par exemple d’un tel benchmark. Poupon ne manque pas l’occasion de nous faire remarquer que «plusieurs banques, dont des concurrents, souhaiteraient acheter Atlas », le système d’information de l’UBCI-BNP, en ajoutant ,avec le sourire ,que «il n’est pas à vendre». Pour le DG de l’UBCI, rentabilité de la banque et montant des conventions avec l’actionnaire français n’ont rien de commun. «Le vrai problème de fonds, c’est que l’UBCI ne dégage pas assez de résultat net, pour une question de productivité», selon Patrick Poupon. Mais là, c’est une autre question et qui fera l’objet de notre interview avec le DG de l’UIBCI.

Ka. Bou.

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