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Tunis : Le socle de la protection sociale au service de la lutte contre le terrorisme

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« La mise en place d’un socle de protection social équitable est déterminante pour lutter contre la prolifération du terrorisme et l’adhésion de nos jeunes à des groupes extrémistes ». C’est ce qu’a indiqué le ministre des affaires sociales lors d’un point ...

« La mise en place d’un socle de protection social équitable est déterminante pour lutter contre la prolifération du terrorisme et l’adhésion de nos jeunes à des groupes extrémistes ». C’est ce qu’a indiqué le ministre des affaires sociales lors d’un point de presse organisé ce mardi à la Kasabah.

Le ministre a, dans ce cadre, assuré qu’un programme « rigoureux » sera mis en place afin de réaliser cet objectif. « Notre but est de cibler plus de trois millions de familles tunisiennes, et ce dans le but d’assurer une vie digne et équitable pour tous », a affirmé Ahmed Ammar Younbai qui s’est dit optimiste pour cette orientation, jugée indispensable pour mettre fin à la grogne sociale qui a pris de l’ampleur en Tunisie postrévolutionnaire. Il estime que la pauvreté a augmenté pour atteindre des taux en perpétuelle croissance et toucher une population de plus en plus large.

Les dernières études ont démontré l’échec cuisant de l’ancien système de protection sociale. En effet, 1.6 million de Tunisiens, soit 15,5% de la population tunisienne, vivent en dessous du seuil de pauvreté, et 500 mille d’entre eux n’auraient même pas accès à la nourriture, selon une étude élaborée par la BAD. Ce qui est encore plus choquant c’est que le taux de pauvreté dans les régions intérieures s’élève à 35%, prouvant ainsi que plus d’un Tunisien sur 3 est au dessous du seuil de la pauvreté.

La donne va changer…

« On veut changer la donne en suivant une nouvelle approche basée sur le rapprochement de deux principaux programmes d’assistance sociale, à savoir le programme national aux familles nécessiteuses et le programme d’accès aux soins à tarifs réduits », a assuré le directeur général du Centre de Recherche et d’Etudes Sociales (CRES), Hafedh Bouktif précisant que l’objectif étant de mieux répondre aux attentes de la population.

C’est inéluctable comme orientation, a ajouté Bouktif dans une déclaration à « Africanmanager ». Et pour justifier cette démarche, il indique que la situation de la protection sociale s’est avérée de plus en plus faible et défaillante. Ses faiblesses et les limites de tout le système sont apparues au grand jour, en l’absence d’une réforme intégrale. Il en veut pour preuve le fait que 15% de la population active est privée de protection sociale et que le taux de couverture sociale est nettement moins important pour les couches sociales à faible revenu.

Vers un modèle économique basé sur la justice sociale

Donc, la mise en place d’un tel socle social est important non seulement pour cette population cible, mais aussi pour le pays qui se trouve aujourd’hui en pleine réflexion sur son nouveau modèle de développement qui allierait allocation optimale des ressources et équité sociale. « Notre département place la protection sociale comme une des priorités les plus importantes et un élément qui intervient pour façonner le prochain modèle du développement », a ajouté Bouktif, qui relève que la réalisation de ce challenge est possible dans un pays qui dispose, en comparaison avec d’autres pays, de plusieurs atouts nécessaires dont une stratégie de sécurité sociale.

Notre interlocuteur a, par ailleurs, signalé que plusieurs conditions sont nécessaires pour relever ce défi de taille. Il recommande de faire l’état des lieux de la protection sociale, d’en répertorier les lacunes et d’en dresser les perspectives afin que le socle social soit solide, équitable et humain et réponde aux exigences de la nouvelle étape.

Wiem Thebti

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