AccueilChiffreTunis : Les biens maudits des Ben ali, invendus et invendables

Tunis : Les biens maudits des Ben ali, invendus et invendables

Les biens des Ben Ali, c’est des sociétés, des comptes bancaires, de l’immobilier, des voitures, des yachts et autres babioles. En faire maintenant l’inventaire supposerait qu’on le sache à la date du 13 mars 2011, lorsque la confiscation leur a tout emporté. Officiellement, c’est 272 Sarl, 106 SA, 25 Suarl (sociétés unipersonnelles) et 285 titres fonciers. On ne trouve rien, sur ces listes officielles des biens confisqués publiés sur le site Internet du ministère des Finances, à propos des comptes bancaires, des voitures, des chevaux et des bateaux.

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Jusqu’ici aussi, la commission de confiscation qui dépend du ministère des Domaines de l’Etat, refuse d’en parler avec franchise et complète transparence et n’a publié aucun rapport sur son activité. Jusqu’ici encore, la commission de gestion des biens confisqués, dépendant, elle, du ministère des Finances, travaille dans un mutisme et une opacité tout aussi incompréhensibles que pour l’autre commission.

– Le cas de l’avion A340 et de BBJ

A quelques exceptions près, la grande majorité de ces biens reste invendue, comme frappée par une malédiction. Des entreprises et d’autres biens du clan, comme les chalutiers, ne trouvent pas acheteurs, car désormais déchus des privilèges qui en faisaient des biens vendables et profitables. Nombre d’autres entreprises de membres du clan Ben Ali, restent depuis 2011 dirigés par des administrateurs judiciaires et ne rapportent plus d’argent.

Le cas le plus maudit de ces anciens biens de Ben Ali, c’est cet avion Airbus A340 acheté par Tunisair et mis à la disposition de l’ancien chef de l’Etat tunisien. Cet appareil avait été acheté et relooké pour l’équivalent de 310 MDT. Depuis 2010, cet imposant avion présidentiel est en parking dans la ville de Bordeaux. Dès septembre 2011, l’avion A340 était déjà annoncé vendu pour quelque 200 MUSD à un homme d’affaires étranger. Depuis, les informations se sont succédé pour alterner ventes et méventes. Entretemps, Tunisair n’a pas cessé de payer des frais de parking et de maintenance. Selon certaines informations, la compagnie aurait jusqu’ici dépensé 6 MDT. Entretemps aussi, la valeur de l’appareil abord duquel Ben Ali n’aurait fait qu’un vol de test, se déprécie de manière continue. D’après un intermédiaire tunisien sur le marché aéronautique, la dernière offre qu’aurait reçue Tunisair ne dépasserait pas les 110 MUSD. Une dernière information faisant état de la vente de l’avion A340 à un particulier privé saoudien, a été formellement démentie par Tunisair.

Mais il n’y avait pas que cet Airbus présidentiel. Il y a aussi cet autre Boeing présidentiel affectueusement appelé le BBJ. Tout comme l’autre, il n’a jamais pu avoir d’acheteur même si quelques uns se seraient présentés, comme cet ancien président africain qui voulait l’acheter pour sa fille. Pour l’un comme l’autre, aucun des gouvernements successifs n’avait voulu prendre la responsabilité d’accepter les trois ou quatre offres parvenues à Tunisair.

– Le cas des voitures de Ben Ali

Il est pourtant clair que la compagnie perdra de l’argent. Il est tout aussi clair que cette vente n’obéira pas aux règles voulues de la «transparence», mais devra même se faire dans le secret des négociations entre 4 yeux. Pour l’instant, les fuites et les médias n’aident pas à cela. Il est pourtant facile, pour Tunisair qui cherche des gros porteurs pour développer le long-courrier et le transport de marchandises, de dépenser 20 MDT, pour que l’A 340 reprenne les allures d’un avion de transport de voyageurs.

L’autre lot maudit des biens de Ben Ali est constitué par la cinquantaine de voitures, des plus grandes aux marques les plus anodines. On ne connaît pas leur valeur exacte. On ne connaît pas non plus leur coût de maintenance. On sait seulement qu’elles ont été confiées à une personne pour en faire vrombir les moteurs de temps à autre et qui a dû parfois faire appel à des techniciens étrangers pour la maintenance. On ne sait pourtant pas si les luxueuses voitures ont peu être vendues et à combien. Et pourtant, cet énorme parc de voitures consomme toujours des deniers publics et parfois même en devises. Le ministère des Finances aurait pourtant pu mettre ces luxueuses voitures à la disposition des présidents, de la République et du Gouvernement, surtout pour leurs invités. Le ministère des Finances aurait aussi pu mettre nombre d’autres voitures à la disposition d’autres ministères. Cela aurait coûté moins pour le budget de l’Etat. Cela conjurera aussi, peut-être, la malédiction !

Ka Bou

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