Le rideau est donc tombé sur l’ultime épisode des élections présidentielles, les deux candidats ayant été sentencieusement départagés par le verdict des urnes, le vainqueur, Béji Caid Essebsi est en route pour le palais de Carthage qu’aura quitté son malheureux concurrent Moncef Marzouki qui y a pris ses quartiers, trois ans durant.
Ainsi le « provisoire » qui a un peu trop duré cède la place au « durable », c’est-à-dire à l’institutionnel qui trouve racine dans la Constitution de 2014, fondatrice de la 2ème République tunisienne.
Le dimanche 21 décembre 2014 est une date qui passera à la postérité comme étant celle du jour de l’élection, au suffrage universel direct, libre et transparent, du premier président de la République de la Tunisie post-révolution, le solide octogénaire Béji Caied Essebssi.
Malgré les menaces terroristes, les manœuvres de certains partis politiques connus par leur discours haineux, les menaces de bain de sang proférées par certaines personnes proches d’un parti proche de l’un des candidats à la présidentielle et les tentatives d’intimidation, la Tunisie a bel et bien relevé les défis en réalisant l’exploit inédit dans le monde arabe de s’offrir un président issu des urnes, et en s’engageant dans une vraie nouvelle voie, celle de l’authentique exercice démocratique, des libertés dûment garanties et peut-être, sur le chemin de la croissance économique et du développement.
L’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) a officiellement proclamé, lundi, et plus tôt que prévu, les résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle du 21 décembre, lesquels rejoignent grosso modo et nettement avec plus de précision qu’au premier tour, ceux des estimations de sortie des urnes.
Béji Caied Essebssi (BCE) a obtenu 55.68%, soit 1731529 voix des tunisiens contre 44.32%, soit 1378513 voix, pour son rival Mohamed Moncef Marzouki (MMM).
L’écart entre les deux concurrents n’était pas remarquable, ce qui voudrait dire que la Tunisie vivait une bipolarisation aigue, précédée d’un discours séparatiste Nord- Sud qui aurait pu provoquer une « guerre civile ». Mais grâce à la sagesse de nos aînés et à la médiation des personnalités les plus influentes, on a réussi à éviter de justesse ce drame.
Les nombre des électeurs ayant participé à ce scrutin a été de 3189672 sur un nombre total d’environ 5.3 million de citoyens inscrits, soit un taux de participation de 60.11% (59.04% dans le territoire tunisien et 27.14% à l’étranger).
Le second tour a enregistré une baisse considérable du taux de participation en comparaison avec le premier tour de la présidentielle qui a atteint 64.4% en Tunisie et 29.68% à l’étranger.
Le nombre de bulletins nuls a été de 50585 et celui des bulletins blancs de 28755.
Le taux de participation le plus élevé a été enregistré dans le gouvernorat de Ben Arous avec 72,8 %, alors que le taux le plus faible l’a été dans celui de Sidi Bouzid (centre du pays) avec seulement 43,10 % contrairement à celui du premier tour qui a marqué son apogée dans la circonscription de Tunis1, soit 61.6% alors que le moins élevé à Gafsa, soit 41.3%.
Ce qui est remarquable, c’est que les régions du Nord ont conservé leur marge d’avance sur le reste de la Tunisie quant à la participation à ces échéances majeures et primordiales dans l’histoire de la Tunisie.
En observant la carte de la répartition des voix des électeurs tunisiens, on remarque que 11 régions du Nord ont voté en faveur de BCE contre 10 lors du premier tour de la présidentielle puisque Siliana était de gauche en faveur de Hamma Hammami.
Dans le même contexte, 4 régions du Centre ont voté en faveur du nouveau président avec un taux de participation très élevé qui a même dépassé les 70% dans la circonscription de Monastir enregistrant une hausse d’une seule circonscription, Siliana, par rapport au premier tour du 23 novembre dernier.
En outre, et ce qui est surprenant, c’est le basculement de 7 circonscriptions en faveur de l’ancien président MMM, qui a gardé son même territoire qu’au précédent tour de la présidentielle.
La réussite du scrutin présidentiel est, certes, la cerise sur le gâteau quant à l’instauration de la démocratie en Tunisie, mais a marqué involontairement la division de la carte géographique de la Tunisie en 2 parties : le Nord et le Sud.
Issam








