Jean Glavany embarrasse la France en évoquant les maladies de Mohammed VI...

Jean Glavany embarrasse la France en évoquant les maladies de Mohammed VI et Bouteflika

Le député français Jean Glavany, ancien ministre de l’Agriculture et ex-directeur de cabinet du président François Mitterrand, a mis l’Assemblée nationale, et donc la France, dans l’embarras en évoquant publiquement le sujet hautement explosif des chefs d’Etat malades ou trop âgés, ou les deux à la fois, du Maghreb. Ces dossiers ont pris beaucoup de place dans un rapport sur la coopération entre l’Europe et le Maghreb, présenté devant la commission des Affaires étrangères du Parlement français le mercredi 18 janvier 2017. Depuis le sujet n’a pas été beaucoup repris, surtout en haut lieu, et pour cause : Ce document, il faut le dire, porte les germes de la discorde diplomatique entre la France et ces pays “amis” – Tunisie, Algérie et Maroc -, alors que les relations traversent déjà une zone de turbulence, notamment entre Paris et Rabat, Paris et Alger. Le risque n’a pas échappé à Elisabeth Guigou, la présidente de la commission, qui a presque tancé l’élu français en lui rappelant que la presse allait se faire l’écho de tout ce qui se dit et qu’il fallait être prudent dans les déclarations. Même la chaîne de télévision publique LCP, qui couvrait la séance, n’en a parlé que deux jours après, relayée lundi 23 janvier 2017 par TSA…

Glavany et les rédacteurs du rapport sont partis de l’idée que l’état de santé préoccupant des présidents tunisien et algérien, Béji Caid Essebsi et Abdelaziz Bouteflika et du roi du Maroc, Mohamed VI, à la tête de pays clés dans les enjeux géostratégiques du moment qui touchent directement l’Europe (sécurité, terrorisme, immigration..), les autorisait à évoquer ces questions que d’aucuns considèrent comme taboues. Enfin tant que ça n’impacte pas trop la direction des affaires du pays. Et ils y sont allés gaiment ! D’abord en évoquant le grand âge de Bouteflika, 80 ans et Essebsi, 90 ans, et ensuite en relatant les incidents de santé qui ont émaillé leur quotidien dernièrement, jusqu’à des détails sur le fait que le président algérien soit perclus dans un fauteuil. Bref des secrets de Polichinelle, mais qu’il était de bon ton de ne pas trop ébruiter pour préserver l’entente cordiale. Glavany a passé outre le “pacte sacré”, un acte aux conséquences incalculables, surtout après ce qu’il a dit sur la maladie de Mohamed VI. Certes il a qualifié le roi de « courageux » et « visionnaire », au regard de son extraordinaire dynamisme et de sa volonté inébranlable de “vendre” partout son pays, notamment en Afrique, mais on est à peu près sûr que ce rapport coup de poing aura des suites, qui viendront s’ajouter au passif déjà lourd entre la France et le Maroc…

Il y a deux ans, les journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent avaient tenté de soutirer des sous au souverain marocain en échange du blocage d’un livre dit explosif sur le roi. Le dossier avait fini devant les tribunaux. Les journalistes avaient été mis en examen pour chantage à l’endroit de Mohammed VI. Les liens entre les deux pays avaient pendant un moment été fortement secoués par cette affaire. La sortie de Glavany risque de réveiller de vieilles blessures…
Il y a eu également des bisbilles entre Paris et Alger, en avril 2016, suite à la fameuse photo du journal français “Le Monde”, qui avait eu la maladresse d’illustrer son article « Panama Papers, l’argent caché des chefs d’État » par Bouteflika, et qui plus est en première page. Le cabinet du président algérien avait aussi porté plainte et l’affaire avait été tranchée par la justice en juin 2016…
Certes dans ces deux épineux dossiers l’exécutif français n’avait jamais été mis en cause, le gouvernement étant même obligé à chaque fois de jouer le pompier de service, en se confondant en explications et excuses. Mais à Rabat et Alger, on commence à être fatigué par les “tirs amis” décochés par les Français…

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