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Souleymane LOUM

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Samir Wafi, qui animait l’émission “Liman Yajroo Fakat” sur Al Hiwar Ettounsi, devra chercher du boulot ailleurs quand il sortira des griffes de la justice. En effet une lettre recommandée datant du 22 juin 2017 a été envoyée par Cactus Prod à Wafi, après autorisation du juge commissaire, pour lui signifier que son contrat, lequel s’achève ce 30 septembre, ne sera pas renouvelé, d’après Mosaïque FM. La société n’a donc pas souhaité attendre que la justice tranche définitivement l’affaire de la plainte pour escroquerie qui a valu à l’animateur son arrestation…

Wafi, qui travaille dans la boîte depuis octobre 2015, ne sera pas aussi bien loti qu’en 2016. En effet après sa condamnation à 3 mois de prison, pour les mêmes raisons, escroquerie et chantage, sur la personne de l’homme d’affaires Hamadi Touil, il avait pu tranquillement regagner l’équipe de Sami Fehri, comme si de rien n’était. Cette fois il semble que Cactus Prod ait décidé de prendre ses distances avec l’encombrant animateur…

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Les Tunisiens se plaignent, mais à voir le pain qui est gaspillé tout au long de l’année, la nourriture déversée dans les poubelles pendant le mois de Ramadan et les tonnes de nourriture que les restaurants et les grandes surfaces jettent au quotidien, on se dit que le pays n’a pas faim, loin de là. Même s’il est indéniable que la crise sévit, notamment depuis quelques années et que tout ce gaspillage alimentaire est l’arbre qui cache la forêt. La revue stratégique sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Tunisie, élaborée par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), nous aide à voir plus clair dans cette affaire.

Les résultats de ce document, présentés hier mercredi 14 juin 2017 à Dar Dhiafa, à Carthage, par l’universitaire et expert à l’ITES Karim Ben Kahla, indiquent que le pays figure à la 53ème position sur 113 s’agissant de l’indice de sécurité alimentaire en 2016. La Tunisie s’offre même deux places depuis 2012. L’étude conclut que l’offre alimentaire ne pose pas de problème, le pays affiche même un score de 56.7 points sur 100, 57.4/100 pour la disponibilité de l’alimentation et 62.2/100 pour la qualité. Pourtant, paradoxe suprême, l’importation de produits alimentaires est en hausse et pèse jusqu’à 9,2% dans le total des importations du pays. Les céréales se taillent la part du lion, 43% dans le volume global des importations alimentaires, viennent ensuite les huiles végétales, puis les sucres et dérivés.

L’épée de Damoclès

Mais le pays fait face à des dangers qui planent sur sa sécurité alimentaire, dont les effets du changement climatique et la dégradation des ressources naturelles, en premier l’eau. Pour rappel, la Tunisie occupe une inquiétante 33ème position mondiale pour le risque imminent de pénurie d’eau d’ici 2040, d’après le rapport de World Resources Institute. Le document indique le risque affolant de perdre plus de 80% des ressources d’eau non renouvelables.

A ajouter aux autres problèmes criants : dégradation de la qualité et de la fertilité des sols et de la terre, vulnérabilité à l’érosion et désertification (possibilité de perdre 50% des surfaces cultivables d’ici 2050), fragmentation des propriétés et hausse du ratio de dépendance aux importations de céréales (à peu près 60%).

S’agissant de l’accès à l’alimentation, le rapport fait état des soucis des groupes vulnérables du fait des obstacles économiques et monétaires, dont les plus saillants sont l’inflation et le recul du pouvoir d’achat, la dépendance aux importations et la croissance économique molle.
Parmi les franges les plus vulnérables à l’accès à l’alimentation il y a, évidemment, les habitants des zones rurales, ceux des zones du Centre-Ouest et du Nord-Ouest et les femmes et les enfants, notamment les femmes rurales, à la tête de familles monoparentales.

Le document indique également d’autres risques pour la santé liés à la nutrition, malgré cette apparente abondance. Grosso modo les Tunisiens mangent mal, selon les experts ; ces derniers soulignent, dans le rapport, que 46% de la population est en surpoids et 29% souffrirait d’anémie.

Le gaspillage alimentaire a également été évoqué, en tant que facteur menaçant la sécurité alimentaire. Le document précise qu’environ 16% du pain acheté atterrit dans les poubelles, viennent ensuite les produits à base de céréales (10%), les légumes (6,5%), les fruits (4%), le lait et ses dérivés (2,3%) et les viandes (2%).

Les solutions

Les rédacteurs du rapport recommandent aux autorités de mettre sur orbite sans tarder un plan national multisectoriel pour assurer une alimentation saine, de mettre le paquet sur des spots publicitaires pour éveiller les consciences sur les ravages de l’alimentation et du gaspillage, de revoir en profondeur les fondements de la pédagogie agricole et de donner plus de poids à l’entrepreneuriat agricole.

Il est également question de monter en gamme dans la formation d’une main d’œuvre agricole spécialisée (plutôt que généraliste), de doper l’innovation agricole, de remettre au goût du jour les techniques ancestrales (le bio), de prendre soin et de mieux valoriser les ressources en eau et en sol et de donner un coup de fouet aux systèmes de production.

Certes la liste de ce qu’il faut faire est très longue, mais c’est à ce prix que la Tunisie, moins gâtée par la nature que ses citoyens ne le croient, échappera à l’épée de Damoclès suspendue à sa tête…

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Journée faste pour la Tunisie. Après l’annonce du décaissement de 377 millions de dollars US (900 millions de dinars tunisiens) de la part du FMI, au titre de la 2e tranche du crédit (2,9 milliards $), laquelle va être versée à la BCT dès demain mardi 13 juin, c’est au tour de l’Allemagne de débourser. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a indiqué, rapporte la TAP, qu’un accord de partenariat a été paraphé ce lundi 12 juin 2017, à Berlin, entre la Tunisie et l’Allemagne, à l’occasion de la conférence internationale du G20 Africa Partnership, qui s’achève demain. Le document stipule que Berlin accordera à Tunis une aide supplémentaire de 300 millions d’euros…

On a également appris que l’accord prévoit un dispositif d’appui des finances publiques tunisiennes. Jhinaoui a aussi confié que l’Allemagne a consenti une nouvelle ligne de financement destinée aux petites et moyennes entreprises…

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La messe est presque dite. Après lui avoir donné les clés de l’Elysée, les Français accordent une écrasante majorité à Emmanuel Macron au 1er tour des législatives. La République en marche (LREM), avec ses 32 % des suffrages, rafle toute la mise, ou presque. Des projections en sièges Ipsos/Sopra Steria, ce dimanche 11 juin 2017 dans la soirée, créditent le parti du chef de l’Etat de 415 à 455 députés, sur 577. Autant dire un véritable raz-de-marrée, qui laisse aux autres formations des miettes. Un véritable séisme politique en perspective, le second en quelques semaines, après la fulgurante ascension de Macron qui a profondément bouleversé la vie politique et redistribué toutes les cartes, au point de pousser des ténors des anciennes majorités – des Républicains et du Parti socialiste – à courir derrière une investiture LREM…

Derrière le bulldozer LREM, les autres partis ont fait comme ils ont pu, c’est-à-dire pas grand chose. L’alliance Les Républicains-UDI obtient à peine 21,2 % des voix (projection de 70 à 110 sièges), le Front national n’a pas pu faire mieux que 13,9 % (projection de 1 à 5 sièges), la France insoumise 10,9 % (projection de 8 à 18 sièges, PCF inclus), et l’alliance Parti socialiste-PRG 10 % (projection de 20 à 30 sièges). Voilà, Macron et son armée d’élus, pour la plupart d’illustres inconnus, s’apprêtent à mettre la main sur tous les leviers du pouvoir. Un plébiscite rarement vu dans l’histoire politique de la France. Le record de 1958, année où 310 nouveaux élus avaient obtenus leurs tickets pour l’Assemblée nationale, devrait tomber avec Macron. Certes c’est une situation éminemment dangereuse pour la prochaine majorité dans la mesure où elle aura les coudées complètement franches pour dérouler son programme et ne pourra par conséquent s’abriter derrière aucun écueil pour justifier un échec. Mais ça c’est le verre à moitié vide. La partie pleine c’est que Macron a monté son parti il y a à peine plus d’un an, dans un scepticisme général, pour  ne pas dire les railleries. Obtenir ces résultats en si peu de temps relève du miracle !

Reste que la démocratie française souffre, avec près d’un électeur sur deux qui n’a pas daigné se déplacer pour aller voter. Cette masse tapie dans l’ombre, ce gros paquet qui a boudé, Macron pourrait très vite le retrouver sur son chemin s’il n’arrive pas à redresser la France, exactement comme les citoyens ont pourri le mandat de François Hollande, lui interdisant ne serait-ce que l’idée d’un second quinquennat. Macron devra assurer, convaincre, réussir. Le niveau de son succès lui barre la route d’un mandat à minima. Il pourrait ne pas se relever, la retraite politique forcée et anticipée de Hollande est là pour le lui rappeler. Mais on est encore loin de ce scénario. Dans quelques semaines, si les Français confirment au 2ème tour des législatives, Macron devra commencer à tenir ses engagements de campagne, en invitant les parlementaires à proroger l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre 2017, à attaquer le projet de loi sur la moralisation de la vie publique et le projet de loi permettant, enfin, au gouvernement de réformer le droit du travail par ordonnances, un énorme dossier économique et social qui sans doute provoquera une bronca de la part des syndicats. Le 1er vrai test pour l’agitateur de la scène politique de l’Hexagone…

Première publication : 12/06/2017

Finalement l’absence du souverain marocain, Mohammed VI, n’a en rien changé le cours des choses : la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, qui regroupe 15 Etats) a répondu Oui, comme on pouvait s’en douter, à la demande d’adhésion du royaume. L’annonce a été faite hier dimanche 04 juin à Monrovia, au Liberia.

Le dossier du Maroc était sur la table depuis février dernier, et c’est une suite logique au grand retour du royaume, en janvier 2017, dans le bercail de l’Union africaine. Mohammed VI a raté l’événement, préférant, sagement, rester à la maison pour éviter de se retrouver nez à nez avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui était également invité au sommet et qui se livre ces derniers temps à un lobbying très intense sur le continent africain, où décidément les puissants du monde se bousculent, tous à part peut-être Donald Trump, pour le moment. Mais l’essentiel était ailleurs. Il est dans les symboles, les mots qui ont accompagné cet accord de principe : Les dirigeants ouest-africains ont «exprimé un soutien général pour la demande du royaume du Maroc, compte tenu des liens forts et multidimensionnels qu’il entretient avec les États membres», a confié à l’AFP une source diplomatique marocaine de haut rang. «Il y a eu un très large soutien : de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Sénégal, de la Sierra Leone, de la Gambie, du Burkina… », a indiqué le diplomate, avant d’ajouter : «Six mois après le retour du Maroc à l’UA, le Maroc fait son entrée à la Cedeao», et que «l’Afrique de l’Ouest sera un acteur clé des relations interafricaines, et des défis du continent».

On a appris au passage que Mohammed VI avait été convié au prochain sommet de l’organisation, au Togo en octobre prochain. Et cette fois on peut être sûr qu’il ne fera pas faux bond à ses pairs du continent…

Maintenant la suite : Les chefs d’Etat ont «chargé la Commission d’examiner les implications d’une adhésion du royaume du Maroc au regard des dispositions des traités de la Cedeao et de soumettre ses conclusions» au prochain sommet de l’organisation, d’après le texte. «La séquence politique (de l’adhésion du Maroc) vient de s’achever. Elle ouvre la voie à une séquence juridique qui doit rendre cette adhésion effective. Viendra ensuite une séquence technique, où il faudra négocier secteur par secteur», a expliqué le diplomate marocain.

La Tunisie et la Mauritanie sur les starting-blocks

La Mauritanie a également fait de l’activisme lors de ce sommet, pour obtenir un accord d’association avec la CEDEAO. Mais on lui aproposé mieux : Une adhésion pleine et entière. Inespéré pour la Mauritanie, qui avait claqué la porte de l’organisation en 2000, préférant s’atteler à la grande Union du Maghreb arabe (UMA), avec l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie. On sait ce que l’organisation est devenue depuis, poussant ses membres à faire des clins d’oeil appuyés aux autres organisations africaines lesquelles elles se portent comme un charme…

L’autre attraction de la rencontre c’était la Tunisie. Le berceau du printemps arabe, après avoir mis un pied dans le COMESA, lorgne du côté de la CEDEAO. Sa demande de statut d’observateur a été agréée par les dirigeants ouest-africains, sous réserve de quelques vérifications d’usage : la Commission de la Cedeao va s’assurer de la conformité avec les règles en la matière, mais ça devrait être une simple formalité. Toutefois la démarche de la Tunisie apporte la preuve, pour ceux qui en doutaient, que le pays voit de plus en plus son avenir en Afrique, après s’être égaré dans les chimères de l’Union euro-méditerranéenne que le péril sécuritaire et terroriste a éloignées pour un bon bout de temps…

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La Tunisie, tous les rapports scientifiques sérieux le disent, sera durement impacté par les effets du réchauffement climatique. Le pays a déjà connu ces dernières années des épisodes de sécheresse qui ont frappé rudement le secteur agricole à un niveau rarement atteint, sans perler du stress hydrique qui fait que les Tunisiens ont moins de mètres cubes d’eau (450 m3 d’eau par an et par Tunisien en 2015, indique un rapport de World Resources Institute) que la moyenne des autres habitants de la planète. Tout cela fait que pour la Tunisie l’accord de Paris était comme une bouée de sauvetage. Le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, avait déclaré il y a quelques mois que cet accord inédit lie de fait tous les États et permet de situer les responsabilités en faisant en sorte que les pays qui ne sont pas responsables du réchauffement climatique bénéficient de transfert technologique et de financement des projets de la part des pays pollueurs. Le principe du pollueur payeur quoi, qui s’applique déjà aux entreprises dans les nations avancées. Mais voilà, tout ça c’était avait le coup de canif du président américain, Donald Trump, dans le contrat qui lie les pays de la planète, dont le sien, évidemment…

Trump, après avoir administré un camouflet à ses partenaires du G7 et passé un savon à ses alliés de l’OTAN, vient tout bonnement de faire un pied de nez aux 144 pays qui ont ratifié l’accord de Paris pour, enfin, prendre les mesures énergiques qui se doivent afin de sauver l’humanité des périls qu’engendre le réchauffement climatique. Le président de la première puissance et de la première économie du monde, laquelle d’ailleurs a acquis ce statut en polluant massivement la planète avec son industrie, vient de se dérober face à ses responsabilités en se retirant du seul accord capable de freiner un tant soit peu la dégradation avancée de notre environnement à cause des gaz à effet de serre. Sans la bonne volonté du plus gros pollueur du globe, cet accord, paraphé par Barack Obama en décembre 2015 dans le cadre de la COP21, a-t-il encore un sens ? L’Union européenne et la Chine veulent y croire, elles qui viennent de marteler leur appui à ce texte sans précédent, après la défection des USA. Mais rien ne nous garantit à ce stade que l’agende de Paris tiendra après l’ahurissante décision de Trump, à laquelle le président français, Emmanuel Macron, n’a pas voulu croire au sommet du G7, pariant sur un minimum de bon sens du président américain, une fois qu’il aura regagné Washington. Le républicain avait demandé quelques jours de réflexion, ce qui en soi était déjà étonnant vu que les USA avaient paraphé, et avec enthousiasme, ce texte. Mais qu’il l’enterre, c’est au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer…

Les retombées, forcément négatives

Mouakher avait fait savoir que tous les État sont astreints à une contribution à hauteur de 28%, rappelant que l’accord entre en vigueur une fois que 55% des États l’ont adopté, sachant que 80 Etats l’ont déjà ratifié.
Il avait indiqué que les propositions mises sur la table par la Tunisie pour obtenir 20 milliards de dollars ne sont pas toutes claires mais que le ministère fera de son mieux pour décrocher plus de subventions pour l’adaptation du secteur agricole au phénomène du changement climatique. Toutefois il avait indiqué que ce pactole n’est pas acquis et qu’il faudra de toute façon que la Tunisie ponde des projets bien définis, prioritaires et finançables pour voir la couleur de cet argent. Autre annonce du ministre, et de taille : Une administration chargée du dossier climatique sera mise sur pied. Mais que va rester de tout cela après ce que vient de faire Trump ? Nul ne le sait. S’il n’y avait pas urgence en matière de décisions rapides et courageuses pour contenir la hausse des températures à un niveau soutenable, pour l’homme comme pour la nature, on se dirait qu’après tout Trump, tout au plus, ne restera que 8 ans à la tête des USA (2 mandats de 4 ans) et qu’il y aura possibilité par la suite de rebâtir ce qu’il a cassé, avec son successeur, mais là ça presse…

Dans son plan national soumis aux Nations-Unies en marge de la COP 21, la Tunisie se donnait pour ambition de « réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs (énergie, procédés industriels, agriculture, forêt et autres utilisations des terres, et déchets) de manière à baisser son intensité carbone de 41% en 2030 par rapport à l’année de base 2010 ». Le pays dispose déjà d’un levier important pour atteindre ses objectifs : Le plan solaire tunisien (PST). Ce plan, d’après le ministre, a toutes les chances d’obtenir la totalité des financements, dans le cadre de l’accord de Paris. Idem pour les autres programmes dans le domaines des énergies renouvelables. Mais là, encore une fois, c’était avant le coup de massue administré à la planète par Trump…

La démolition de l’héritage d’Obama, par Trump, est à ce prix. Il a commencé son “oeuvre” avec la réforme du système de santé d’Obama (“obamacare”), a poursuivi son entreprise de destruction avec un décret sur l’immigration qui lui a valu l’inimitié d’une partie de la planète, et maintenant le climat. Le souci c’est que les premiers “chantiers” de Trump ont certes une portée nationale et internationale, mais c’est sans commune mesure avec le revirement à 360 degrés sur l’accord de Paris lequel lui a des répercussions sur l’avenir de l’humanité toute entière. C’est tout de même une autre dimension !

Avec cette décision, l’occupant de la Maison Blanche met les Etats-Unis dans la liste noire des nations qui se sont braquées contre l’accord de Paris, avec la Syrie et le Nicaragua, seuls contre tous. Mais je ne suis pas sûr que ça empêche Trump de dormir…

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Le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a démenti l’information selon laquelle l’audition des juges du pôle économique et financier par la commission des finances de l’ARP, sur des affaires de corruption, prévue ce mercredi, aurait capoté à cause de la lettre d’invitation qui n’aurait pas été envoyée. Le texte que nous avons reçu dit ceci :

“la lettre d’invitation des juges du pôle judiciaire économique et  financier pour audition auprès de la commission  des finances de l’ARP a bien été envoyée à son destinataire par le bureau d’ordre de l’Assemblée des Représentants du Peuple, qui en a reçu décharge”.

 

 

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Incontestablement, il est trop tôt pour se prononcer sur l’entreprise de démolition de la corruption enclenchée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, très courageusement du reste – témérairement disent certains – au regard des reculades en la matière de toutes les équipes qui se sont succédé à la tête du pays depuis le départ précipité de Ben Ali. Je dis bien bien toutes, sans exception, quoi qu’en disent les uns et les autres. D’abord parce que l’affaire est complexe car c’est un serpent à mille têtes, au bas mot, ensuite parce qu’on n’est jamais certain des résultats. Quand bien même tout ce beau monde est pris, placé derrière les barreaux, il faut ensuite asseoir les poursuites judiciaires sur des dossiers à charge bien bétonnés, avec des preuves solides pour s’assurer que les prévenus passeront un très long séjour carcéral. Autrement c’est le discrédit qui est jeté sur tout l’appareil étatique et le mal qui en résulterait en termes de signal émis en direction de l’impunité deviendrait alors plus grand que le remède qu’on a tenté d’appliquer. Mais toutes ces incertitudes, tous ces points d’interrogation, tous ces périls, la classe politique n’a pas attendu qu’ils se dissipent un tant soit peu et encore moins les retombées pour tenter de revendiquer la paternité de l’action de Chahed, contre la corruption et en faveur de la salubrité publique. Ici et là, des voix s’élèvent, déjà, pour tenter de voler la vedette à un Chahed que pourtant beaucoup, dont Chafik Jarraya lui-même, présentaient comme un simple chef de gouvernement d’apparat, incapable d’affronter les vrais maux de la Tunisie…

Le premier à sortir du bois a été l’ancien chef du gouvernement Mehdi Jomaa. Le chef de file d’Al Badil s’est fendu d’une intervention sur Jawhara FM, le 25 mai 2017, pour dire ce que, selon lui, il n’a pas voulu ébruiter en 2014 pour ne pas compromettre la transition politique dont il avait la charge après l’éviction de la Troïka : Il avait fait arrêter 6 barons de la contrebande. A l’en croire, le papa de cet élan qu’on attribue à Chahed c’est donc lui. Ce lundi 29 mai 2017, c’est au tour du parti de Chahed, Nidaa Tounes, de gêner aux entournures son poulain en attribuant la paternité de cette entreprise au président de la République, Béji Caïd Essebsi. Cela en fait beaucoup des pères, subitement ! Pourtant lors de son discours du 10 mai 2017, ce que l’occupant du palais de Carthage a surtout défendu c’est la nécessité pour les manifestants de déguerpir des sites de production, au risque d’avoir l’armée à leurs trousses. Mais puisqu’il y a de petits signes de succès dans cette guerre contre la corruption, alors les politiciens font ce qu’ils savent si bien faire : La récupération !

Cela faisait des mois que l’entourage de Chahed tentait de convaincre l’option publique qu’il se tape chaque jour des tas de dossiers sur le fléau qui gangrène le pays. On avait même entendu parler de dizaines de dossiers déjà transmis à la justice, par les soins de Chahed “himself” (en personne). On a également entendu Chawki Tabib, le président de l’INLUCC (Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption) crier sur les toits que de grosses têtes allaient tomber et que ça allait secouer le pays. Mais comme on ne voyait rien venir, l’opinion publique avait commencé à s’impatienter, et même à être sceptique sur la volonté des pouvoirs publics de ferrailler contre le mal. Ce qui explique la stupeur des citoyens quand les premiers coups sont tombés. C’est ce qui explique aussi l’aura qui entoure actuellement l’artisan de ces frappes, Chahed, plébiscité, à un niveau sans précédent, par l’opinion publique. Et ça c’est un placement en or pour son avenir politique…

Une vraie rampe de lancement!

La popularité du chef du gouvernement est sans doute sa meilleure carte pour son avenir politique. Avec cette exposition, jusqu’à l’international, il devient difficilement accessible pour ses détracteurs. Il n’y a pas meilleur bouclier, pour un homme politique – car il en est devenu un, de fait, de manière fulgurante -, que l’opinion publique. Or Chahed l’a dans sa poche en ce moment. Pour combien de temps ? Trop tôt pour le dire. Cela dépendra de sa capacité à aller au bout de son chantier titanesque. Les débuts sont bons, excellents même, inespérés à beaucoup d’égards, mais encore faut-il parvenir à transformer l’essai en débarrassant le pays de la gangrène de la corruption. La grande d’abord, avant tout. Pour la petite, plus insidieuse et plus difficile à éradiquer, ça viendra plus tard, peut-être, surtout avec les générations futures. Enfin si Chahed maintient le cap et si son successeur poursuit dans la même dynamique. Et ceux d’après car ne nous leurrons-pas, il faudra un paquet d’années pour voir le bout du tunnel…

Des ‘si’ il y en a beaucoup, je le reconnais, pour que Chahed grave son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la deuxième République tunisienne. Mais, indéniablement, il tient le bon bout. Même ses soutiens, Nidaa Tounes et Ennahdha en tête, après un silence lourd aux premières heures des coups de pied dans la fourmilière, ont fini par se rallier, du moins officiellement – mais avaient-ils le choix ? – à la cause de Chahed. Ce dernier, même si son épée s’approche trop près des cercles politiques, est devenu trop populaire pour qu’on ose le contrer publiquement. Beaucoup trop dangereux, surtout à quelques mois des prochaines échéances électorales. Le chef du gouvernement a été bien désigné, avec une ovation rarement vue au Parlement. Voilà qu’il joint à cela une forte adhésion populaire là aussi rarement vue, et pas qu’en Tunisie, mais même dans les démocraties de la planète. Cela fait de Chahed sans doute le chef de gouvernement le plus difficile à affronter, pour ses ennemis et aussi pour ses amis aux dents longues. L’ex-ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul, était parvenu à s’immuniser contre le venin de ses détracteurs en se drapant avec la popularité qui lui avait conférée des réformes courageuses. Mais à la différence de Jalloul, Chahed lui on ne peut pas le rayer d’un simple trait, fût-il par une décision paraphée par le président de la République. L’affaire était déjà corsée, malgré les bruits dernièrement sur son éviction imminente du fait de son entêtement à ne pas se courber devant ses parrains, elle l’est encore plus depuis qu’il s’est installé dans le coeur des Tunisiens. Que ses adversaires, déclarés ou tapis dans l’ombre, aillent maintenant l’y déloger…

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C’est sans aucun doute l’un des virages les plus délicats à négocier pour l’exécutif tunisien. C’est à travers la gestion de la crise à Tataouine, plus même que tous les autres défis du moment, que le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi et celui du gouvernement, Youssef Chahed, gagneront leurs gallons de patrons de l’exécutif. Ou les perdront. Définitivement. Au-delà de la crispation sociale dans une région, c’est l’avenir de tout un pays qui se joue là, sous nos yeux. L’heure est grave, et là pour le coup ce n’est pas un artifice langagier, elle l’est vraiment. De ce qu’on a entendu, pour le moment, la situation est inextricable. Elle a même tendance à empirer, avec le décès d’un manifestant survenu ce matin du lundi 22 mai 2017, dans des circonstances floues pour le moment. Le ministre de l’Emploi, Imed Hammami, lui parle d’une bousculade qui aurait été fatale à Anouar Sekrafi, piétiné par la foule qui cherchait à échapper à l’épais nuage de gaz lacrymogène lâché par les forces de l’ordre. Alors que c’est un tout autre son de cloche à Jawhara FM, qui évoque la main, involontaire, des forces de l’ordre, ou plus précisément un de leurs véhicules qui aurait écrasé le malheureux. Même conclusion du site d’informations jeuneafrique.com. Ce qu’on sait pour le moment c’est que les résultats de l’autopsie n’ont toujours pas été dévoilés, épaississant davantage le mystère autour de cette tragédie…

Après le tour de vis décrété par le président de la République, le 10 mai 2017, excédé par les mouvements de protestation qui bloquent les sites de production depuis le départ de Ben Ali, il fallait s’attendre à ce que la tension atteigne son paroxysme. Un incident de ce type était inévitable, car on était sûr que les manifestants allaient, d’une manière ou d’une autre, tester les limites de cette réorientation majeure depuis la révolution. Tournant décisif, prise de conscience, retour de l’Etat de droit, application pleine et entière de la loi… Vous l’appelez comme vous le voulez, une chose est sûre : Les événements de Tataouine vont dicter le tempo de la direction du pays. Pour les chefs de l’exécutif – BCE et Chahed -, ça passe ou ça casse.

L’ordre a un prix, très lourd

Depuis cette fameuse journée du 14 janvier 2011, les institutions ont été jaugées, sous toutes les coutures, par une jeunesse en colère, souvent à juste titre, mais rarement avec la justesse qu’il faut, confondant souvent liberté et anarchie, droit et droit absolu, revendications légitimes et désidératas à satisfaire immédiatement. L’autorité de l’Etat est sans cesse bousculée, piétinée, bafouée ces dernières années. Patiemment, pendant trop longtemps peut-être, les responsables ont laissé faire, préférant s’accommoder de ce qui tout de même tue l’économie à petit feu et donne une piètre image de la Tunisie. Alors qu’à côté, au Maroc par exemple, ce sont des environnements sans aucun nuage que les autorités offrent aux investisseurs, qui ne se font pas prier pour rappliquer.

Pourtant les gouvernements, toux ceux qui se sont succédé depuis le départ précipité du dictateur, n’ont pas manqué de générosité face à une jeune intraitable, aux yeux de laquelle rien ne trouve grâce. Il y a quelques jours, à Kamour, ce sont des milliers d’emplois qui ont été lâchés pour acheter la paix sociale. En vain, manifestement. Avant cela il y a eu les concessions faites aux sit-inneurs du champ pétrolier Sidi El Kilani, à Mahdia ou celles de la compagnie pétrolière franco-britannique Perenco à El Golâa, à Kébili, etc. Ce qu’on veut dire par là c’est que l’Etat à chaque fois, après avoir épuisé toutes les voies de la raison en invitant les jeunes à patienter, a cédé, presque systématiquement, repoussant toujours au lendemain les décisions difficiles, lourdes de conséquence, il faut le reconnaitre. Avec les incidents de ce lundi les autorités, dos au mur, ont enfin réagi, durement, à la mesure du péril qui guette le pays, en plus des autres batailles à mener (terrorisme, contrebande, corruption, incivilités, pollution environnementale, bataille de la croissance économique, de la relance…). Le président de la République et le chef du gouvernement ont fait un grand pas vers le retour de la prévalence de la loi et de l’ordre. La pression populaire à Tatouine et ailleurs sera forte, elle l’est déjà, on verra si le nouvel édifice ébruité et vendu un peu partout après la sortie de Essebsi tiendra…

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Après moult soubresauts et atermoiement, le président de l’Instance indépendante supérieure des élections (ISIE), Chafik Sarsar, a tiré sa révérence. Enfin il va assurer l’intérim jusqu’en juillet 2017, mais on peut considérer d’ores et déjà – d’ailleurs ceux qu’il administre seront les premiers à le faire, en prenant leur aise – qu’il est enterré. Et même pas en première classe ! Pourtant ses états de service méritaient mieux, malgré le fait qu’ils soient un peu ternis par le rapport explosif de la Cour des comptes (CC) sur les dérives au sein de l’instance. Sarsar a officiellement annoncé son départ, définitif, hier mercredi 17 mai 2017, sans que ça fasse un pli. Enfin si, un peu, trop peu au regard du poids dans la vie publique de l’institution qu’il pilote. Le futur ex-président de l’ISIE va aller peupler le cimetière post-révolutionnaire déjà rempli de personnalités qui, il y a peu, étaient indispensables, pour paraphraser la célèbre citation de l’homme d’Etat français Georges Clémenceau (né en 1841 et décédé en 1929). Il va rejoindre l’ex-ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul, l’ex-ministre des Finances, Lamia Zribi, l’ex-ministre de la Fonction publique, Abid Briki, etc., dont les noms, il n’y a pas si longtemps, étaient sur toutes les lèvres. Qui parle d’eux à présent ? Quasiment personne. L’anonymat, surtout dans un pays qui a perdu la boussole, n’a jamais été efficace dans son travail d’ensevelissement des personnes et de leurs épopées.

Il est vrai aussi que le principal intéressé, Sarsar, s’était très mal dépatouillé avec son affaire. Au départ il avait suscité l’intérêt, et même le soutien, d’une bonne partie de l’opinion publique en faisant état de pressions, insoutenables, sur les épaules des membres de l’ISIE et de manoeuvres pouvant torpiller la jeune démocratie. En conséquence il avait décidé, le 09 mai 2017, de se saborder – démissionner – pour alerter les citoyens. Puis à peine quelques heures après, patatras, il fait savoir qu’il est retourné au travail, comme si de rien n’était. Il fait pire le lendemain en déclarant que, après mûre réflexion, il ne faut plus parler de pressions et qu’il a annoncé sa démission juste pour obtenir des garanties et des conditions de travail convenables, pour le bien de la nation. Avouez qu’il y a mieux en matière de clarté et de transparence ! Le lendemain, le 10 mai, Sarsar se fait presque tancer publiquement par le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, pour avoir osé quitté le navire, en pleine tempête. BCE en rajoutera une louche dans la confusion en affirmant que le président de l’ISIE lui avait promis des pourparlers et qu’il était encore possible d’éviter la démission. On connait la suite…

On file du mauvais coton

Pour une fois, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’est pour rien dans cette hécatombe au sein de l’ISIE, à quelques mois des élections municipales. Les membres de l’instance et le microcosme politique qui gravite autour, pour les intérêts que nous savons, se sont débrouillés tout seuls, comme des grands, pour atomiser Sarsar. Jusqu’au bout, les membres de l’instance, pour d’obscures raisons, lui ont bien savonné la planche, allant jusqu’à boycotter la dernière réunion du Conseil censée pourtant éteindre l’incendie. Jusqu’à hier mercredi, Sarsar déclarait, sur RTCI, au matin, qu’une réunion de la dernière chance était prévue dans la journée et qu’on pouvait encore sauver les meubles, pour peu que ses collaborateurs acceptent d’entériner les 4 nouveaux axes qu’il propose et qui sont censés toiletter l’instance, notamment après la sortie calamiteuse, pour l’ISIE, de la CC. Mais il faut croire que les membres de l’instance n’ont pas voulu de la version ‘Sarsar chevalier blanc de la vertu et de la morale publique’, et par conséquent n’ont rien fait pour le retenir. Au contraire, on a entendu, dans la même journée, qu’un vice-président lui avait déjà été collé. Chronique d’un enterrement annoncé, pour Sarsar. Pourtant ce qu’il proposait était très séduisant sur le papier, notamment le fait de bétonner les ordinateurs de l’ISIE pour éviter les intrusions partisanes durant les scrutins ou de mettre de l’ordre dans la manière de gérer les deniers publics.

On n’aura pas d’explications sur l’étrange conduite des membres de l’ISIE face à ces propositions qu’ils auraient dû agréer les yeux fermés s’ils s’agitaient uniquement pour le bien du pays, pas plus d’explications sur le lâchage de leur chef, comme on n’en aura non plus sur la tiédeur de la CC qui a fini par quasiment blanchir les dérives au sein de l’ISIE, en les qualifiant de simples erreurs de gestion et non de malversations ou détournements de fonds publics, qui auraient pu valoir aux indélicats de l’ISIE des explications devant le juge, voire pire. Et là aussi, comme pour le départ de Sarsar, les étranges conclusions de la CC n’ont pas fait de vagues, encore moins indigné les citoyens. Indignez-vous ! a théorisé le Français Stéphane Hessel, dans un fameux essai qui a fait le tour de la planète en 2010, inspirant tous les révoltés de la terre. Et bien il semble qu’en Tunisie la capacité d’indignation – face à tous les trains qui n’arrivent pas l’heure, ratés et autres injustices – ait atteint ses limites. Les citoyens ont en ce moment les yeux braqués sur les prix, notamment à l’approche du Ramadan, et on peut les comprendre vu le niveau de l’inflation. Après on parlera de l’Aïd el-Fitr, en abondance, puis cap sur le farniente de l’été. Ensuite on bascule dans la rentrée scolaire, avec sa cohorte de dépenses qui assomment les ménages, après vient l’Aïd el-Kébir…. Ainsi de suite. Un cycle infernal qui ne laisse pas beaucoup de place à autre chose, fût-il un sujet de la plus haute importance qui engage le devenir de toute une nation. La Tunisie file du mauvais coton…

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Gonflé à bloc par le statut de ténor continental du Sénégal, que vient de conforter le FMI en classant le pays parmi les 6 “champions de la croissance” en Afrique en 2017 et 2018, le président Macky Sall s’est épanché sur son destin, celui de ses concitoyens. Le moins qu’on puisse dire est que la confiance règne !

Le chef de l’Etat a commencé par affirmer, le dimanche 14 mai 2017, que le pays a tout ce qu’il faut pour entrer dans le cercle des grands producteurs de gaz, au regard des estimations de ses ressources. Il en est persuadé : Le Sénégal n’attendra pas 2035 pour atteindre l’émergence, comme le prévoit le PSE (le Plan Sénégal Émergent), un paquet de méga programmes – 8 grands chantiers au total – budgétisés en grande partie et portés à bout de bras par son initiateur, Macky Sall.
«Aujourd’hui, il est établi que nous avons des ressources énormes en gaz. Nous avons aussi du pétrole. Nous attendons seulement les derniers développements pour avoir des évaluations. Ce qui est évalué est suffisant pour faire du Sénégal une province gazière», a déclaré le président lors d’une rencontre avec des responsables et des promoteurs économiques de la Plateforme pour l’émergence et la citoyenneté, rapporte senego.com. Il a affirmé que le pays est en mesure d’atteindre l’émergence avant l’échéance fixée, 2035, car les projections du PSE n’avaient pas pris en compte les énormes quantités de pétrole et de gaz enfouies dans le sous-sol.

«J’ai décidé, parce que moi je vais partir en 2024, c’est mon vœu, mais avant cela, cette activité [exploitation et exploration du pétrole et du gaz] sera encadrée. Les ressources, leur destination, l’usage seront tout à fait maîtrisés», a-t-il ajouté, en direction d’une partie de la société civile qui agite le spectre de la malédiction du pétrole si le Sénégal ne mène pas impeccablement sa barque.

Le président est revenu sur le sujet polémique des énormes sommes englouties par la prospection, sans résultats. Il a confirmé que plus de 500 milliards de francs CFA avaient été injectés dans la recherche, en vain, à part les maigres résultats des puits de Gadiaga et Diamniadjo.

La recherche pétrolière est une activité sérieuse régie par le Code pétrolier de 1983. Il définit tout le cadre d’intervention. Rien n’est fait au hasard, personne ne peut s’amuser sur les conventions pétrolières. Aucun gouvernement», a asséné Sall.
«Il faut que le débat soit sérieux, sincère, qu’il tienne la route. Ensuite, quand on dit que le Sénégal a perdu des milliards, que personne ne nous a payés dans les transactions, c’est parce qu’on ignore comment fonctionne l’exploration pétrolière. On ignore ce que dit la loi. Comme dans tous les pays, l’exploration pétrolière est une activité risquée (…), elle est défiscalisée“, a indiqué le chef de l’Etat.

Le FMI apporte de l’eau au moulin de Sall

Les dernières prévisions du FMI tablent sur une croissance de 6,8% en 2017 et 7% en 2018. L’institution financière explique cette embellie par la stabilité politique au Sénégal, les excellents résultats du secteur agricole grâce aux subventions étatiques massives, notamment pour le riz, dont les Sénégalais sont très friands, qui pèse très lourd sur la balance commerciale et par conséquent dévore les devises étrangères.

Le FMI salue aussi les gros investissements, dans le cadre du PSE, faits dans les infrastructures : aéroports, autoroutes, chemins de fer, centrales électriques, routes… Le rapport met en avant l’emblématique TRE (Train express régional), d’un coût de 867 millions d’euros, qui va changer le visage de la capitale, Dakar et du futur deuxième pôle administratif du pays, Diamniadjo, qui va accueillir 15 ministères dès 2018 ainsi qu’une pléthore d’installations industrielles et commerciales.

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Le secteur des hydrocarbures est malade, c’est un fait. Malade de la baisse drastique des permis d’exploration et d’exploitation. Malade de la fonte des cours mondiaux du brut. Malade de la contrebande. Etc. Désemparée, la ministre de l’Energie, des Mines et des Énergies renouvelables, Hela Cheikhrouhou, est montée au front dernièrement pour exposer les malheurs d’un secteur qui a contribué jusqu’à 3 milliards de dollars au budget de l’Etat en 2009-2010. Mais ça c’était la belle époque. Aujourd’hui, en 2017, on ne parle plus que d’un “maigre” – enfin toutes proportions gardées – 1 milliard de dinars versés par les sociétés pétrolières au Trésor public (à noter que c’est le cas pour 80% des revenus de ces sociétés). Le coup de gueule de la ministre traduit le désarroi d’un département qui fait front également sur les mines – avec une production de phosphate instable du fait des débrayages et sit-in incessants -, elle traduit la panique des sociétés pétrolières qui voient leurs recettes fondre comme neige au soleil, le naufrage des stations-services qui ferment par dizaines du fait de la montée de la contrebande…

La sortie de la ministre a aussi certainement à voir avec le fait de prendre les citoyens à témoin, comme pour dire : Regardez mon secteur il va mal, en voici les raisons, mais je n’y suis pour rien, les coupables ce sont les contrebandiers. Par les temps qui courent, cette tactique est de bonne guerre. Avec un chef de gouvernement, Youssef Chahed, qui ne se sépare jamais de son sabre et qui est prompt à décapiter les responsables, on n’est jamais trop précautionneux. Et ce d’autant plus que le bruit de l’éviction imminente de Cheikhrouhou était monté dernièrement. Certes cette musique s’est un peu estompée, du moins pour le moment, mais les problèmes du secteur des hydrocarbures eux demeurent. Hassan Zargouni, le directeur de Sigma Conseil, vient d’exposer sur sa page Facebook les résultats d’une enquête qui donne une nette idée sur le mal qui ronge le secteur. Accrochez-vous !

À quand le bout du tunnel ?

Photo du jour : Le trafic de carburant en Tunisie en chiffres.
1- 30% du marché du carburant est accaparé par le marché noir, soit 1 million de m3 par an ;
2- Le circuit parallèle en matière de vente de carburant, de la logistique à la distribution, fait travailler entre 4000 et 5000 personnes ;
3- Les revenus quotidiens des jeunes vendeurs, non déclarés et non sécurisés, sur les routes est de 100 dinars en moyenne par jour ;
4- Le rapport de prix entre le carburant vendu dans le circuit parallèle et le carburant vendu dans les stations de services brandées est de 2 fois et demi (2.5) inférieur ;
5- Près de 65% d’acheteurs occasionnels, attirés par le prix et 35% d’acheteurs convaincus par l’intérêt exclusif d’acheter le carburant chez les vendeurs aux bords des routes par solidarité, proximité et parfois défiance vis-à-vis de la “chose” officielle ;
6- Près de 400 millions de dinars par an de manque à gagner (impôt non récupéré) pour l’Etat ;
7- Il existe quatre catégories d’intervenants dans la chaîne de distribution du carburant de contrebande : Les gros bonnets ou gros poissons (une douzaine) ; des grands contrebandiers (des centaines) ; des petits revendeurs (des milliers) et bien sûr les citoyens acheteurs ;
8- Un cas de mortalité ou de morbidité par jour suite à des actions diverses liées à l’activité de contrebande de carburant (incendies, explosions, hold-up…) ;
 9- Un benchmark récent : Le Bénin a cessé récemment d’être un Etat structuré avec l’apparition du trafic de carburant, petit à petit la gangrène a touché l’ensemble des principaux marchés (alimentaires, électroménagers, tabac, vélos, motos, médicaments, textiles habillement, …) au point où les mafias sont devenues plus fortes que l’Etat, qui a été mis à genou“.

Bon, le Bénin va un peu mieux depuis l’arrivée de l’homme d’affaires Patrice Talon au pouvoir, mais pour le reste les conclusions de Zargouni sont, de manière criante, d’actualité. Et on ne voit pas encore le bout de cette affaire. Il y a bien l’accord signé dernièrement pour assécher le gros business des contrebandiers, mais faire rentrer dans les rangs quelqu’un qui ramasse en moyenne 100 dinars par jour ne serait pas chose aisée. Avec les unités qui seront mobilisées pour sécuriser les sites pétroliers et leurs abords, les autorités n’auront pas grand monde sous la main pour aller débarrasser les routes des contrebandiers. Sans parler du trou que ça va faire dans la sécurisation des zones urbaines, où le péril terroriste et la petite délinquance guettent. Par ailleurs il faut être conscient du fait que sécuriser les sites pétroliers ne réglera qu’une partie du problème ; si en bout de course le business des contrebandiers est toujours aussi florissant sur les routes, on n’aura gagné la bataille qu’à moitié…

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Les chefs d’Etat africains, manifestement très soulagés, ont salué très énergiquement le triomphe d’Emmanuel Macron à la présidentielle française, le 07 mai 2017. Le soir-même, certains dirigeants africains ont adressé leurs félicitations au nouvel occupant du palais de l’Elysée. Les autres se sont rattrapés le lundi 08 mai. Mais ce qu’on a remarqué, pour les uns et les autres, c’est que le ton des messages, pour le coup, a rompu avec la traditionnelle tiédeur des félicitations d’usage pour emprunter des formules plus engagées, plus fortes, une preuve de plus que le scrutin français n’était pas du tout ordinaire. En effet il y avait en face le Front national, de Marine Le Pen, avec ses idées d’extrême droite où les Africains n’ont pas beaucoup de place. Et s’il y en a une, c’est certainement pas la plus bonne. Le Pen a réalisé la prouesse de s’attirer les votes de près de 11 millions de Français, c’est le double de ce qu’avait fait son père, Jean-Marie, en 2002 face au président sortant Jacques Chirac. La France n’est pas passée loin d’un grand bouleversement politique, et ses partenaires aussi, un peu comme ce que vivent en ce moment les USA avec l’arrivée de Donald Trump. Les chefs d’Etat africains se sont peut-être dit que le couperet est passé très près, trop près et que ça méritait quelques déclarations passionnées, pour une fois différentes du langage diplomatique feutré habituel…

Jeuneafrique.com a compilé les réactions. Le président sénégalais, Macky Sall, a été un des premiers du continent à faire part au candidat d’En Marche! de sa joie de le voir occuper le fauteuil de François Hollande. Sall lui a envoyé ses voeux de «plein succès» dans son nouveau costume de chef d’Etat. Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, lui a emboité le pas.

Le chef de l’État malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a adressé à Macron ses félicitations «vives et chaleureuses“. Même tonalité chez le président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui en a rajouté une bonne louche en parlant d’une «grande victoire du peuple français et de la démocratie».

Même le président burundais, Pierre Nkurunziza, pourtant sur le banc de la communauté internationale pour son entêtement à garder le pouvoir au-delà de la limite fixée par la Constitution – deux mandats – et pour les atrocités qu’il a provoquées, y est allé de son petit mot en qualifiant la victoire de Macron de «méritée».
Même son de cloche chez le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui a évoqué une «brillante victoire» et tend la main pour une consolidation des liens économiques.

L’homme fort du Cameroun, avec lequel la France a tissé «des relations étroites et confiantes dans de nombreux domaines, forgées par l’histoire et une longue amitié qui ne s’est jamais démentie», a également réagi. Paul Biya souhaite que Macron s’active pour le «maintien de l’amitié entre [les] deux pays” et “l’ouverture de nouveaux horizons à leur coopération».

Le président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, n’était pas en reste. Il s’est fendu d’un long texte sur la page officielle de la présidence pour dire ceci, en résumé : «sous votre impulsion, la France renforcera davantage son soutien à la Tunisie afin de l’aider à réussir le pari de la démocratie et du développement économique et social». Il a magnifié “la fidélité de la France à ses valeurs traditionnelles de liberté, d’égalité et de fraternité».

L’Algérie avait déjà craqué pour Macron suite à ses déclarations, en février dernier, à Alger, sur la longue colonisation française (1830-1962), qu’il a qualifiée de «crime contre l’humanité». Le président Abdelaziz Bouteflika l’a félicité pour son «élection bien méritée», ajoutant que les citoyens français avaient «distingué un ami de l’Algérie».

Le roi du Maroc, Mohammed VI, est également conquis par le jeune président de 39 ans. «Votre élection couronne votre parcours politique, indique-t-il dans une dépêche de l’agence officielle MAP. C’est aussi un hommage rendu à vos hautes qualités humaines et intellectuelles par le peuple français qui, fidèle aux nobles valeurs qui fondent l’identité de votre pays, a fait le choix du progrès, de l’ouverture et de la confiance en l’avenir ».

Le président du Djibouti, Omar Guelleh, a clos ce festival de «chaleureuses félicitations». Il a agrémenté son texte en ces termes : «Nul doute que le pragmatisme politique qui vous caractérise et la maîtrise des dossiers que vous avez si habilement démontrée vous seront de précieux atouts dans la conduite des affaires de votre pays».

Bref, les chefs d’Etat africains n’ont pas boudé leur plaisir ! Par contre silence embarrassé, pour le moment, du côté du Tchad dont le président, Idriss Déby Itno, a été le seul du continent à recevoir, en mars 2017, la candidate du Front national…

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Quand l’annonce du lifting de l’équipe de Youssef Chahed est tombée, ça ne nous a pas étonné. D’abord parce nous l’avons ébruité ici même, dès le 16 février 2017, sur la base d’informations que la garde rapprochée du chef du gouvernement avait pris soin, et nous insistons sur ce point, de souffler à l’oreille des journalistes de Jeune Afrique. Ensuite parce qu’on voyait bien, avant même notre article, que l’idée de débarquer le désormais ex-ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul et l’ex-patronne des Finances, Lamia Zribi, démangeait fortement Chahed, pour moult raisons. La première étant, c’est notre hypothèse, du moins pour Jalloul, de faire une offrande à l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour acheter une non moins hypothétique paix sociale sans laquelle aucun programme de réformes, de relance économique ne tient la route une seconde, notamment dans les régions où on a beaucoup de mal à venir à bout de l’éruption sociale. Mais Chahed a dû temporiser, et même reculer à certains moments car éjecter Jalloul, un poids lourd, au sein du gouvernement – son ministère a le budget le plus gros -, aux yeux de l’opinion publique et dans son propre parti, n’a pas été chose aisée. Elle ne l’est toujours pas quelques jours après ce fracassant remaniement, au regard des déflagrations médiatico-politiques de cette affaire, en Tunisie et même en France. Encore une mauvaise publicité pour notre pays.

Par ailleurs le chef du gouvernement a été contraint de retarder les échéances car Jalloul est coriace. Le bonhomme, en fin communiquant et stratège qu’il est, s’est drapé avec sa popularité pour ameuter les médias, arguer de son bon droit à mener des réformes sur lesquelles tous ses prédécesseurs ces dernières décennies se sont cassés les dents et a même osé lier son sort à celui de Chahed : Je suis venu avec lui, je partirai avec, grossièrement traduit. Et dernièrement, plus combatif que jamais, il a redit qu’il avait l’intention de rester à son poste au moins jusqu’en 2019, date des élections générales. Tout cela pour dire qu’il a vendu chèrement sa peau, avec un boucan d’enfer, gênant Chahed jusqu’au bout et l’obligeant à sortir du bois, à découvert, pour l’immoler publiquement. Une manoeuvre très habile, très loin de la docilité de l’ancien ministre de la Santé, Saïd Aïdi, qui a accepté, sans livrer bataille, de mettre sa tête sur le billot pour être sacrifié par Chahed, pour les mêmes raisons que Jalloul : Une improbable paix sociale, avec la même organisation, l’UGTT. L’histoire se répète…

Mais à y regarder de plus près, cette issue était prévisible. Le bras de fer entre Jalloul et les syndicats a été long, violent ; néanmoins même au plus fort de la crise, alors que tout le monde guettait son apparition pour soutenir son ministre, Chahed ne l’a jamais fait, du moins publiquement. L’attente devenait lancinante. Et quand Chahed a daigné en parler, lors de son entretien avec la télévision nationale, le 16 avril 2017, c’était pour dire «c’est moi qui l’ai nommé, c’est moi qui le renverrai, dans un jour, dans un mois ou dans une année». A partir de ce moment les choses étaient pliées, c’était juste une question de temps. Et les réactions plus que timorées de son parti, qu’il partage avec Jalloul, Nidaa Tounes, confortent le chef du gouvernement dans ses choix, aussi discutables soient-ils. A part les cris d’orfraie de Hafedh Caïd Essebsi et de Borhen Bsaies, petits cris du reste, qui plus est sur leurs pages Facebook, Nidaa Tounes n’a pas moufté face à l’éviction de l’un des siens, et pas des moindres. Et les militants, abasourdis, médusés, sans doute émoussés par toutes les tuiles qui leur sont tombées sur la tête depuis le retrait de Essebsi père, regardent ça sans broncher, hagards, groggy, tétanisés. Mais c’était sans compter sur la pugnacité de Jalloul, qui a distribué des coups après son lâchage par son état-major. Et ce ne sera pas son dernier coup de sang…

Les intouchables, et les autres…

Jalloul est monté au front pour dire tout haut ce que beaucoup de responsables de son parti chuchotent ou se disent derrière les murs : Chahed n’a pas osé s’attaquer aux poulains du mouvement Ennahdha, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Zied Ladhari et le ministre de l’Emploi, Imed Hammami. Pourtant les motifs ne manquent pas, notamment pour le premier. Bon, nous n’allons pas lui mettre sur le dos, à lui tout seul, l’épineux problème du déficit de la balance commerciale de la Tunisie, ce serait malhonnête intellectuellement, mais on s’autorise à dire que Ladhari n’a jusqu’ici sorti de son chapeau aucune piste, et encore moins des solutions pratiques, pour stopper l’hémorragie. Et quand il a fait une sortie dernièrement, c’était pour défendre, une énième fois, les produits turcs, responsables en grande partie des malheurs de la Tunisie. Quand on ose crier sur les toits que la Turquie a une vraie stratégie commerciale et que ses produits sont compétitifs, car de qualité et pas chers, alors qu’on ne peut pas en dire autant pour ceux de la Tunisie, cela mérite, à tout le moins, d’être convoqué par le chef du gouvernement pour être recadré. L’ex-ministre des Finances elle l’a été, et même plus, suite à sa sortie sur le glissement du dinar. On voit bien la différence de traitement !

Idem pour le ministre de l’Emploi. Certes lui aussi on ne peut pas lui coller tous les malheurs du pays en la matière, les emplois dépendant du redécollage de l’économie, du réveil de tous les secteurs, mais on a au moins le droit de dire qu’il ne brille pas particulièrement par sa capacité à imaginer des solutions pour les chômeurs. Il y a bien “le Contrat de la Dignité”, dont il ne cesse de faire, très ardemment d’ailleurs, la promotion, mais primo ce plan n’est pas sorti de sa tête, secondo de toute façon il ne suffira pas à soigner un mal endémique. Il en faudrait des tonnes des programmes de ce type, les caisses publiques n’en ont pas les moyens, et le tissu entrepreneurial privé est trop laminé pour absorber les vagues de diplômés. Mais, encore une fois, Hammami n’est pas responsable de tout cela, ce que nous cherchons à dire c’est qu’il n’y a pas plus de raisons objectives de le maintenir au gouvernement que Jalloul ou Zribi. Pourquoi ces derniers ont été éjectés alors que Chahed ne pipe pas mot sur Hammami et Ladhari ? La réponse est à trouver dans la déliquescence avancée de Nidaa Tounes et, à contraroio, dans la cohésion, du moins apparente, de son compagnon, Ennahdha…

Un contexte politique chaotique

Nidaa Tounes, sorti majoritaire des dernières législatives, il faut le rappeler, s’est tellement mal débrouillé, à coups de querelles intestines et du fait de l’absence criante de leadership éclairé, que son socle parlementaire s’est étiolé, au point de se faire damer le pion par Ennahdha. Résultat des courses : Le parti que les électeurs avaient éjecté par la porte est revenu par la fenêtre. Et il ne s’est pas contenté de cela, il revendique désormais haut et fort la majorité, au Parlement et ailleurs, et donc clame son droit à dire son mot sur les grandes orientations qui président aux destinées du pays. Il s’est même autorisé à siffler la fin des velléités de Chahed en affirmant qu’il n’y aurait pas un autre remaniement en juin, sans doute parce qu’il pressent que le couperet du locataire de la Kasbah pourrait s’approcher de trop près de ses poulains, Ladhari et Hammami. Le chef du gouvernement va-t-il se plier à cette quasi injonction de l’état-major d’Ennhdha ? On verra bien, en attendant les nidaïstes sont en train de tester, douloureusement, toutes les limites d’une coalition de partis au pouvoir et découvrent, chaque jour un peu plus, que leurs dirigeants sont pieds et poings liés devant les nahdaouis. La preuve en est la cour assidue que fait le président de la République, Béji Caïd Essebsi, au leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, pour qu’il bénisse son très controversé projet de réconciliation économique et financière.

La médiocrité de certains dirigeants de Nidaa Tounes n’a d’égal que leur acharnement à couper toutes les têtes qui pourraient faire de l’ombre à Essebsi fils. L’ancien secrétaire général du parti, Mohsen Marzouk en sait quelque chose. Le sort de Jalloul nous fait dire qu’il n’incommodait pas que Chahed, il est aussi un problème pour les siens, qui l’ont regardé “périr” sans lever le petit doigt. Mais, si on veut faire un peu de prospective, les électeurs pourraient se rappeler du seul ministre qui est venu avec un programme de réformes et qui a commencé à le dérouler avec une rapidité stupéfiante, au point de désarçonner les enseignants, plus habitués à un train de sénateur et à des pratiques que personne n’a osé contester jusqu’ici (les cours sups dans les arrière-cours et les garages, par exemple). Nidaa Tounes est actuellement un champ de ruines et tout porte à croire, si le changement de cap n’intervient pas très rapidement, que les prochaines échéances électorales seront une hécatombe pour le parti, surtout en présence d’alternatives comme Badil de Mehdi Jomaa. S’il ne doit en rester qu’un, à Nidaa Tounes ou ailleurs, ce pourrait bien être celui qui a refusé un portefeuille ministériel alors que l’usage veut, en Tunisie ou même dans d’autres démocraties, qu’on accepte le poste avant même de savoir de quoi il s’agit, si on ne fait des pieds et des mains pour l’avoir, même si on n’y est pas utile et si on n’en a pas la carrure…

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A quelques jours du second tour de la présidentielle, le 07 mai 2017, la tension monte dans les deux états-majors en lice – ceux de Emmanuel Macron, étiqueté centre gauche et Marine Le Pen, à l’extrême de la droite – et la France est dans l’expectative. Car une chose est certaine : Le pays aura de toute façon un chef d’Etat atypique, que ce soit Macron, que tous les sondages déclarent vainqueur mais qui n’a pas un appareil politique derrière lui – un parti – ou Le Pen, dont les idées étaient jusqu’il y a quelques années sur le banc de la société. Les choses ont beaucoup changé depuis. Reste le très improbable projet politique et économique du Front national, lequel d’ailleurs vient de subir un sérieux lifting avec la reculade sur un point phare : La sortie immédiate de la zone euro dès que le FN s’emparera des rênes du pouvoir. Marine Le Pen s’est enfin résolue à se ranger derrière ce que les experts disaient depuis belle lurette : La France ne peut pas se défaire aussi facilement de la monnaie européenne commune, sous peine de faire imploser son économie. Il faut croire que cette prise de conscience, tardive certes, a été appréciée par les citoyens, selon les derniers sondages, rapportés M6infos

D’après ces enquêtes, Macron a toujours les faveurs des électeurs, mais l’écart prédit entre lui et la candidate du FN, déjà moins important qu’en 2002 entre Jacques Chirac et le père de Marine, Jean-Marie Le Pen (Chirac a été réélu avec 82,21 % des voix et 17,79 % pour Le Pen), s’amenuise davantage. Macron est désormais crédité de 59% des voix contre 41% pour Marine Le Pen, d’après un sondage réalisé par Kanter Sofres-OnePoint pour le compte du Figaro et de LCI sorti ce mardi 02 mai 2017. La semaine dernière, on en était à 61% d’intentions de vote pour le candidat d’En Marche et 39% pour la candidate du FN. Que s’est-il passé depuis ? Et bien Macron continue d’intéresser les électeurs de droite et de gauche, avec des ralliements en hausse, sauf dans la niche des déçus de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon. Seuls 49% des électeurs de Fillon devraient se déporter sur lui, certes c’est 5 points de plus que dans l’enquête réalisée juste après le premier tour, précise l’institut, mais c’est loin d’être un raz-de-marée. En tout cas pas suffisamment pour se mettre définitivement à l’abri d’une mauvaise surprise ce 07 mai face à Marine Le Pen. C’est un peu mieux avec les électeurs de Mélenchon, qui seraient 52% à choisir la carte Macron.

Mais, on ne le répétera jamais assez : Ce sondage reste une photographie du moment, d’ici dimanche prochain les choses peuvent muter, notamment après le débat de demain mercredi 03 mai 2017 dans la soirée, en direct, entre les deux candidats, une joute qui en a fait trébucher plus d’un dans l’histoire de la vie politique française…

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Ce que fait le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en ce moment c’est bien. C’est même très bien, indéniablement. Seuls les esprits grincheux s’en plaignent, et il y en a dans cette Tunisie post-révolutionnaire où rien ne trouve grâce aux yeux de certains. Mais que voulez-vous, il faut du tout pour faire un monde, c’est encore plus valable dans un pays qui s’essaye à la démocratie. Etre au chevet de Sfax pour booster le développement régional, rappliquer à Kerkennah pour tenter d’éteindre le feu qui a pris depuis des mois et paralyse l’économie de l’île, dépêcher des troupes au Kef et à Tataouine pour calmer la grogne des habitants, personne de censé ne s’en plaindrait. On a trop brocardé la propension, presque naturelle, des dirigeants à se barricader dans leurs tours d’ivoire pour ne pas avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaitre que Chahed est sur la bonne voie quand il prend la direction des gouvernorats. Il l’avait fait dernièrement à Ben Guerdane et Tataouine, et les habitants ne s’en étaient pas plaints. Et pour cause : à chaque fois que Chahed bouge, il amène dans ses valises un paquet d’annonces et mesures qui viennent souvent à bout des plus récalcitrants, du moins dans l’immédiat. Le problème c’est que l’effet d’annonce ne dure qu’un temps ; une fois ces promesses encaissées, digérées, la population en redemande d’autres, avec l’exécution rapide en plus. C’est ce qui a fait que le feu a repris à Tataouine récemment. Le “tout, tout de suite” est certainement la doctrine la plus partagée dans les régions, et il n’est pas facile de faire lâcher le morceau aux citoyens…

Et pourtant c’est cela la clé du succès des programmes de développement régional : forcer les populations à patienter, à temporiser, comme exactement ce fut le cas de toutes les nations développées, pourtant ravagées par les déflagrations de la deuxième guerre mondiale il y a à peine un peu plus de 70 ans. Les Français, les Allemands, les Anglais, les Japonnais aussi manquaient de tout et travaillaient nuit et jour, tenaillés par la famine, pour bâtir l’avenir de leurs enfants. Et ils y sont parvenus, à merveille. C’est cette réalité qu’il faut marteler à la face des Tunisiens, jusqu’à ce que ça rentre, même dans les têtes d’une minorité, cela suffira largement pour remorquer la majorité rétive. C’est comme ça que ça s’est passé dans les pays avancés, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas en Tunisie. La notion de développement est d’abord éminemment mentale, une affaire qui découle de la culture, de la pédagogie de masse, et non un truc naturel, biologique, qui aurait quelque chose à voir avec les gênes.

Le serrage de vis se fait attendre

Chahed tenait le bon bout dans son explication de texte à la télévision nationale dernièrement. Il avait raison de dire que les possibilités de l’action publique, des caisses publiques, sont limitées, qu’il ne faut pas s’attendre à des miracles et que ce qui doit être fait le sera, mais que ça va prendre du temps. C’est exactement ce qu’il faut dire, sauf que ce n’est pas ce qu’il fait quand il va voir les gens dans les régions. Pourtant ce face à face, avec cette ferveur populaire qui l’accueille souvent, cette bienveillance des populations sont le moment idéal pour faire oeuvre de pédagogie et inviter les citoyens à la patience, aux sacrifices. Comme l’avait dit aux Américains le président John Fitzgerald Kennedy lors de son mémorable discours inaugural, le 20 janvier 1961, il n’y a pas si longtemps finalement : “ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays“. On a vu les résultats par la suite. Laisser passer ce rapport direct aux populations sans glisser ces messages est un énorme gâchis, qui plus est qui se paye cash, avec une incompréhension qui fait le lit de la contestation, plus tard.

Le souci avec les annonces c’est le signal qui est envoyé aux citoyens. Un mauvais signal. Chaque fois les populations vont attendre de vous des mesures, comme si vous aviez une baguette magique, alors que, comme l’a bien dit Chahed, le miracle n’est pas tunisien en ce moment. Par ailleurs quand vous lâchez quelque chose pour une région, les autres montent au front, pour exiger la même chose. Cela devient vite un cercle vicieux de promesses qui donnent le tournis, irréalisables, mais qui vous lient et vous empêchent d’avancer. Sauf dans une fuite éperdue en avant, où il n’y a point de salut, ni pour le chef du gouvernement, ni pour les citoyens, ni pour la nation…

Mais il y a un autre danger, tout aussi grand : Chahed ne se résout toujours pas à user légitimement de la force publique pour arracher des pans de l’économie à ceux qui les prennent en otage. Et il l’a redit ce vendredi à propos de la crise de Petrofac. Il avait pourtant promis, avec brio lors de son discours d’investiture, qu’il ne laisserait jamais des protestataires bloquer des routes, occuper des sites de production, bref paralyser une activité économique. On avait reproché à son prédécesseur, Habib Essid, son inaction face à ces formes de protestation qui étouffent l’économie et terrorisent les investisseurs, Chahed ne s’est pas encore décidé à faire ce qu’il faut. Pourtant, on le sait, cette démocratie qu’on est en train de construire n’interdit en rien que la loi soit appliquée, dans toute sa rigueur, dans pareil cas, au contraire. Dans les pays occidentaux, où pourtant les principes de liberté sont sanctifiés, bloquer indéfiniment une route, pour quelque motif que ce soit, c’est tout simplement inconcevable. Non pas que ça ne se fait jamais, il y a bien des tentatives, mais ce sont les pouvoirs publics qui ne laissent pas faire. Et pourquoi ce qui est valable aux USA, en Allemagne, en France, etc., ne l’est pas en Tunisie ?

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Nous sommes incapables de dire si les rumeurs de démission ont été lâchées à dessein par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pour lancer un appel à l’aide face à ce que tous les observateurs, même les moins avisés, ont constaté : Chahed est désespérément seul face aux soubresauts d’une jeunesse exigeante et qui n’a pas conscience des limites des caisses publiques. Mais il n’est pas certain que son intervention d’hier dimanche 16 avril 2017 à la télévision nationale ait mis du plomb dans la tête des protestataires, manifestement ce ne sera pas le cas non plus pour les partis politiques qui l’ont adoubé, à en croire l’étrange communiqué d’Ennahdha ce lundi 17 avril 2017 après la sortie de Chahed.

Quand Chahed a convoqué les signataires du Pacte de Carthage, récemment, c’était certes pour faire le point sur les réalisations de son équipe 6 mois après son intronisation, mais c’était surtout pour que chacune des parties renouvelle son engagement à naviguer à ses côtés. En d’autres mots à le soutenir, fermement et publiquement. Raté puisqu’après cette grand-messe, chacun est retourné à ses occupations, dont la plus saillante, pour les partis politiques, est l’étripage mutuel et le pugilat dans les médias, très loin des intérêts suprêmes de la nation et des citoyens. Après le bruit sur la démission de Chahed, le démenti formel de sa garde rapprochée et le constat de la solitude de l’occupant de la Kasbah, exactement comme l’avait été son prédécesseur, Habib Essid, on avait cru que les soutiens officiels de Chahed – Nidaa Tounes et Ennahdha en premier – allaient se ressaisir et se ranger résolument et sincèrement derrière leur poulain. Mais quand le mouvement de Rached Ghannouchi dit dans son texte qu’il “comprend ces revendications et ces protestations et considère qu’il s’agit des acquis de la Révolution, de la dignité qui inciteront le gouvernement et les partis politiques à soutenir les régions et les catégories qui n’ont pas bénéficié du développement”, on se dit qu’on est loin du soutien franc et massif.

Un ami de Chahed qui ne lui veut pas que du bien

Encore plus déboussolant pour ce pays, qui manque déjà de cap clair et encore plus usant pour les nerfs de Chahed, il y a cet exemple frappant du double discours, dans le même communiqué : “le mouvement Ennahdha réitère sa compréhension pour ces protestations” mais “appelle les citoyens à préserver cet acquis à travers le respect de la loi et les activités de l’institution publique”. Comme exemple de clarté il y a mieux ! Voilà une phraséologie qui ne fait que brouiller les cartes et le message dans la tête des jeunes. Cela n’aide en rien le travail de Chahed. Idem quand le texte dit : “Nous incitons le gouvernement à réagir d’une manière positive concernant les revendications des protestataires, ce qui permettra de trouver des solutions concrètes”, alors que Chahed s’est échiné à marteler qu’il n’avait pas une baguette magique et que les ressources de l’Etat était limitées…

Et que dire de la théorie du complot, qui déjà fait beaucoup de dégâts sur la place publique, avec ces déballages explosifs tous les jours dans les médias, sans jamais, et c’est la loi du genre, désigner nommément les coupables. “Le mouvement Ennahdha a remarqué ces derniers temps qu’il y a une tentative visant à affecter le climat de consensus politique que connait notre pays et ce depuis la réunion de Paris entre Beji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. Ce consensus a protégé notre pays et son expérience démocratique contre une guerre civile et un renversement du pouvoir, comme cela s’est passé dans un pays frère”. Le pays frère c’est l’Egypte, pays dont d’ailleurs les milieux financiers disent le plus grand bien en ce moment et qui emprunte sur le marché de la dette très facilement, ce à quoi ne peut pas prétendre la Tunisie. Mais le plus grave, c’est de souffler sur les braises et d’entretenir l’idée qu’il y a des complotistes partout, tapis dans l’ombre. En procédant ainsi, on explose le peu de vernis de cohésion nationale qu’il y a et on sème la méfiance mutuelle dans la tête des citoyens. Très corrosif pour le travail de rassemblement des Tunisiens, vers un même idéal.

Au secours, la théorie du complot revient!

“Ceux qui visent la politique de consensus ce sont des parties qui ont divers agendas politiques mais ils ont le même objectif. Certains d’entre eux n’ont ni des solutions, ni des suggestions, ils veulent juste profiter des situations difficiles dans le pays, notamment dans certaines régions”. Mais qui précisément ? Là, encore une fois, Ennahdha en a trop dit, ou pas assez. Si des dossiers bien ficelés, des informations crédibles existent, alors il faut les transmettre illico à la justice, à défaut de les exposer sur la place publique. Cela rendrait un grand service à Chahed et au pays. C’est ça ou alors on se tait. Mais on ne lâche pas des propos incendiaires de ce type sans aller au bout de sa démarche. C’est proprement irresponsable et archi dangereux. Mais en Tunisie tout passe en ce moment, hélas, les citoyens étant anesthésiés par toutes les tuiles qui leur tombent sur la tête au quotidien, du fait notamment d’une classe politique en-dessous de ce qu’on attend d’elle…

Quand le mouvement Ennahdha déclare, dans le même communiqué, “qu’il œuvre davantage afin de protéger le pays contre le terrorisme, le crime, pour le renforcement des réformes, la tenue des élections municipales dans les délais qui ont été fixés” et qu’il lance “des initiatives afin de réaliser les attentes du peuple au niveau du développement, de l’emploi, de la santé, de l’enseignement”, on peut être sûr qu’on tient là un des axes des campagnes pour les prochaines échéances électorales. Mais en fait, à la décharge d’Ennahdha, Nidaa Tounes aurait très bien pu pondre cet argument, comme beaucoup d’autres points de cet étrange communiqué qui souffle le chaud et le froid. Et c’est justement ça le drame de la Tunisie actuellement : Les partis politiques, au pouvoir comme ceux qui aspirent à y être, ont chacun un agenda qui est souvent très loin des besoins et demandes des citoyens, guettant le faux pas fatal de Chahed pour se placer. Ce dernier devra, très certainement, sortir du bois prochainement pour une autre explication de texte. Et surtout poser des actes qui indiquent clairement la cap. Ce qu’il a dit hier, et qu’il pensait sans doute, on peut lui en faire crédit, ne sera en rien suffisant pour ramener tout ce beau monde à la raison…

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Le bruit de la démission a couru, lâché par l’ex-président du parti social libéral, Mondher Thabet. Il est monté suffisamment pour que la présidence du gouvernement ait été contrainte de sortir du bois pour démentir le départ imminent de Youssef Chahed. Thabet disait le chef du gouvernement laminé par sa tâche colossale mais surtout par l’absence criante de soutien des partis politiques qui l’ont adoubé, à commencer par le sien, Nidaa Tounes, dont les dirigeants passent tellement de temps à se tirer dans les pattes qu’il ne leur en reste plus pour aider qui que ce soit, encore moins la nation. La garde rapprochée de Chahed a beau démentir, fût-ce avec la plus grande véhémence du monde, le malaise est là, perceptible, sous nos yeux, avec cette agitation sociale qui gronde dans les gouvernorats, ces innombrables demandes dont la Tunisie n’a pas les moyens, ces secteurs économiques générateurs de ressources budgétaires qui tournent désespérément au ralenti, cette classe politique qui pollue la tête des citoyens et leur plombe le moral en rivalisant de déclarations fracassantes chaque jour que Dieu fait dans les médias de masse – télés, radios… Bref, ce ne sont pas les motifs de blues et de vague à l’âme qui manquent pour le chef du gouvernement. Alors démissionner, peut-être pas tout de suite, mais rien ni personne ne pourra nous faire croire que Chahed n’y songe pas en ce moment même, comme le ferait tout être normalement constitué face à l’impossibilité d’avancer dans une telle mission…

C’est un fait : Chahed est seul, désespérément seul face à l’immensité de sa tâche. Quand on entend les responsables des partis de la coalition gouvernementale, c’est souvent pour des questions domestiques, des querelles intestines de bas étage qui n’améliorent en rien la situation du pays, au contraire elles l’enfoncent en accentuant la sinistrose ambiante. La même classe politique avait collé des griefs, pour la plupart fallacieux, à l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid, emballé tout ça, pesé et acheminé vers le Parlement pour une exécution en règle. Le “coupable” avait beau tenter de se défendre, très mollement certes, les choses étaient pliées d’avance. Il fallait coller tous les malheurs de la Tunisie à cet homme pour ensuite le livrer à la vindicte populaire. Evidemment la pilule était trop grosse, et très peu de citoyens l’avalèrent. Mais peu importe, les gens étaient tellement groggy et dans une telle léthargie – ils le sont encore d’ailleurs – que toute manoeuvre politique, aussi grossière soit-elle, pouvait passer. On connait la suite. Des mois après, est-on en mesure de dire que la Tunisie a gagné au change, avec Chahed à la place de Essid ? Rien n’est moins sûr. On a même l’impression que les choses ont empiré, que le pays est encore plus difficile à administrer, que les citoyens sont plus rétifs à tout ordre social, à la nécessité de retourner au travail, de respecter les lois, que les clignotants des finances – notamment la dette publique, le déficit budgétaire, la balance commerciale – sont encore plus écarlates…

Mais pour pouvoir établir la responsabilité de Chahed dans cette déconfiture avancée de l’Etat, il aurait fallu qu’il eût toutes les cartes en main, ou à tout le moins que les formations politiques qui l’ont chaudement acclamé le jour de son investiture au Parlement lui eussent apporté un soutien franc et massif. Force est de constater que le patron de l’exécutif, jusqu’ici, n’a eu ni les unes, ni l’autre. C’est ce qu’il cherchait en convoquant les signataires du Pacte de Carthage, dernièrement, pour faire le point sur ses réalisations en 6 mois d’action gouvernementale. Le moins qu’on puisse dire est que les résultats qu’il escomptait ne sont pas au rendez-vous. En lieu et place c’est empoignades à volonté et crêpages de chignon dans la prétendue élite dirigeante. Usant pour les nerfs des citoyens et de celui qui a été désigné à la tête. Et avec les municipales qui se profilent, il n’est pas certain que la raison prévale dans les prochains mois. Pour le plus grand malheur de Chahed et de tous les Tunisiens…

Il reste, pour se battre, résolument?

Du démenti formel du départ imminent du locataire du palais de la Kasbah nous avons retenu ceci : Il n’a pas renoncé au combat, du moins selon les déclarations. Comme aussi n’a pas renoncé le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, qui n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour aller prêcher la bonne parole, que ce soit en Tunisie ou à l’étranger. Il l’a fait le mercredi 12 avril 2017 dans la soirée sur le plateau de Myriam Belkadhi, sur Al Hiwar Ettounsi, en déclarant que les pressions qui s’exercent sur le gouvernement sont tout à fait compréhensibles et que celui qui ne peut pas les endurer n’a qu’à rester cloitré chez lui. Le plus souvent quand Chahed et Abdelkefi parlent, ils trouvent des oreilles attentives. Ce fut par exemple le cas à la Conférence sur l’investissement. La Tunisie avait su se vendre à merveille. Le problème c’est que depuis elle a eu du mal à embrayer. Le projet de loi sur le plan quinquennal de développement vient à peine d’être voté, après des mois d’atermoiement ; la loi d’urgence économique, qui sommeille à l’ARP depuis septembre dernier, n’a pas encore eu ce bonheur, alors que, paradoxe suprême, les sous dont cette loi est censée organiser la dépense sont déjà en partie dans les caisses de la Tunisie !

Quand Chahed a été plébiscité par les siens et les autres à l’Assemblée des représentants du peuple, il avait enfiévré son auditoire, et les citoyens qui le regardaient à la télévision, avec un discours de haute facture et des engagements à la hauteur des besoins du pays. Son diagnostic a été infaillible et les remèdes qui vont avec également. Il avait mis la barre très haut, et on en avait souligné les dangers. Des mois après son état des lieux est toujours d’actualité, et on attend les solutions qu’il préconisait. Vous nous direz, certes, qu’en quelques mois on ne peut pas régler les problèmes qui n’ont pas pu l’être en plusieurs années. Soit, mais encore faut-il que les citoyens aient vraiment l’impression qu’au moins les chantiers sont sur les rails, à défaut d’avoir des résultats immédiatement. Or le bât blesse à ce niveau. Nous prendrons deux exemples, pour faire court. Chahed avait promis, le jour même de son investiture, qu’il ne tolérerait pas que les routes soient bloquées par des protestataires, pour quelque motif que ce soit. C’est exactement ce qui se passe actuellement à Tataouine, sans que les autorités ne lèvent le petit doigt. Ici, comme ce fut le cas avec Petrofac et d’innombrables autres sit-in, le gouvernement transige, négocie, flanche, pour finalement capituler. Idem pour la lutte contre la corruption, jusqu’à ce que le secrétaire général de l’UGTT, pourtant officiellement un allié (signataire du document de Carthage), monte au front pour tacler Chahed et les deux partis qui lui servent de soi-disant soutien, Nidaa Tounes et Ennahdha.

Une chose est sûre : Le pays attend encore son équipe de combat qu’on lui a promise le 27 août 2016. De la combativité, dans la durée, ce n’est pas une mince affaire, mais Youssef Chahed a pris les rênes du pays en toute connaissance de cause. Et puis ce n’est pas faute de l’avoir averti sur l’ampleur du travail. Alors maintenant que le jus est tiré, il faut le boire…

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La nomination de Bruno Tshibala Nzenzhe au poste de Premier ministre n’a pas calmé l’opposition congolaise. D’ailleurs elle va organiser une marche pacifique le lundi 10 avril 2017 pour protester contre la désignation de cet ancien dirigeant de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS).

Olivier Kamitatu, un homme politique congolais, a réagi ainsi sur Twitter : “Le choix de Tshibala est un pied de nez à la Cenco, à l’Accord du 31/12, et à tout le peuple congolais”, rapporte africanews. D’après lui, cet accord stipule que le Premier ministre doit sortir des rangs du Rassemblement, or Bruno Tshibala Nzenzhe a été éjecté de l’UDPS quelques jours avant sa nomination. Il a par ailleurs remis en cause la légitimité du fils d’Etienne Tshisekedi, Félix, qui a été propulsé à la tête de l’opposition après le décès de son papa le 1er février dernier, à l’âge à 84 ans. Georges Kapiamba, avocat et défenseur des Droits de l’homme, est du même avis : “Il a méprisé l’accord du 31/12/2016 et la volonté populaire pour nommer Bruno Tshibala…!”

Le porte-parole du camp au pouvoir, Lambert Mendé, comme on pouvait s’y attendre, ne voit pas les choses de la même façon. D’après lui le président Kabila “a exercé son pouvoir discrétionnaire sur la base de la liste présentée par le rassemblement de l’opposition.” Cette dernière nie en bloc. François Muamba, ancien compagnon de Kabila qui est passé du côté du rassemblement de l’opposition, a déclaré que le chef de l’État congolais “s’est mis en dehors de l’accord du 31 décembre en choisissant un candidat parmi une branche dissidente de l’opposition inféodée au pouvoir”.

La marche protestataire a été confirmée par le député Martin Fayulu. Les partis vont boucler leur rassemblement devant le palais présidentiel, où on peut être certain qu’une pléthore d’agents des forces de l’ordre les attendront.

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Les citoyens et les dirigeants de ce pays ne l’ont pas oublié, pas en si peu de temps : La corruption fait partie des phénomènes qui avaient gangréné la Tunisie au point de braquer les populations contre le régime de Ben Ali, notamment la famille de son épouse Leila Trabelsi et d’autres clans qui avaient mis la main sur tous les leviers de l’économie, très souvent après des manoeuvres douteuses, voire frauduleuses. On en connait l’issue, un fameux 14 janvier 2011. Le souci c’est que depuis le fléau de la corruption a essaimé, s’est propagée à grande échelle et s’est infiltrée dans les méandres de l’administration, dans tous les recoins du monde des affaires, alors que la Révolution promettait des lendemains meilleurs en matière d’assainissement des pratiques. Le réveil est brutal, violent. Oh ce ne sont pas les annonces et dispositifs de combat contre le fléau qui manquent. De ce point de vue il y a foison : on peut citer le portail pour dénoncer les faits de corruption, l’arsenal législatif pour protéger les informateurs, les gesticulations et initiatives du chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui avait déclaré il y a peu qu’il dévore au quotidien les dossiers qui assaillent son bureau, avant de les transmettre à la justice, mais il y a surtout la très emblématique Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), pilotée par le très sémillant et passionné Chawki Tabib, ex-bâtonnier de l’Ordre national des avocats. Le seul hic avec le chevalier blanc de la vertu et de la morale publiques, c’est que son organisme a du mal à dépasser le stade du simple symbole de la lutte contre la corruption…

De Tabib, dont la probité et la rectitude morale n’ont jamais été mises en doute, nous connaissons les sorties enflammées et le langage de vérité, au nom de la noble cause qu’il défend. Le problème c’est que son combat, de son propre aveu, ne donne aucun résultat tangible pour le moment, du moins très peu. En tout cas pas au niveau où on l’attendait. La faute à qui ? Aux autorités, certainement, dont la volonté en la matière reste encore à prouver. Quid des dossiers explosifs qui figurent dans le menu journalier de Chahed ? Qu’en fait la justice ? Pas grand chose, manifestement. Récemment on avait cru que ça commençait à pulser, enfin, avec la mise en route de l’équipe de choc anti-corruption du chef du gouvernement. Mais il faut dire qu’on n’a pas eu grand chose à se mettre sous la dent depuis cette annonce, à part le limogeage du DG de Promosport…

On attend encore les retombées des dossiers que Chahed dit avoir filé à la justice. Comme on attend les développements de la sortie fracassante de Tabib dernièrement, avec cette grosse affaire de corruption qui allait faire tomber de grosses têtes, notamment à la Douane où, d’après le président de l’INLUCC, la pratique des enveloppes qui s’échangent sous les tables des cafés est monnaie courante. On peut aussi y ajouter le déballage très médiatique de l’ex-ministre de la Fonction publique, Abid Briki, viré peu avant sa démission pour avoir trop crié sur les toits que des opérateurs doivent des sommes folles au Trésor public, sans que les autorités, encore elles, ne lèvent le petit doigt pour recouvrer ces montants dont le pays a cruellement besoin. On pense également à la sortie musclée de Lazhar Akremi, qui avait parlé de corruption au sein de la direction de Nidaa Tounes, des propos qui lui avaient valu une convocation devant le juge… Bref les chantiers ouverts sur la place publique sont nombreux, mais on n’en voit pas le bout judiciaire pour le moment. Le verra-t-on prochainement ? Rien n’est moins sûr. En attendant le gouvernement multiplie les démarches, pour tenter de donner des gages à une opinion publique de plus en plus sceptique, voire désabusée, d’où cette musique du “tous pourris” qui commence à monter, dangereusement…

Tabib renvoie Chahed dans les cordes

Le président de l’INLUCC vient de retoquer le projet de loi sur la mise en place d’une instance de la bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Pour lui le compte n’y est pas, et le projet porterait même les germes d’un gros danger car, d’après Tabib, il coupe les ailes de l’instance et sape son indépendance en la mettant sous la coupe du pouvoir judiciaire, sans aucun nouvel outil à sa disposition, du genre possibilité de faire des perquisitions, de saisir et de contrôler des dossiers transmis à la justice, histoire de s’assurer, entre autres, que certains éléments ne vont pas passer à la trappe, permettant à de gros poissons de passer entre les mailles du filet…
Tabib a été auditionné ce mercredi 06 avril 2017 par la commission d’organisation de l’administration et des affaires des forces armées au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Et il a dit ses vérités : “les prérogatives de l’instance énoncées par ce projet de loi sont honorifiques et non compatibles avec la Constitution”. Dans un communiqué repris par le site officiel de l’ARP, il exige que “les critères de nomination du président de l’instance et ses relations avec le pouvoir exécutif” soient clairement libellés. “Il est inadmissible d’examiner le projet de loi avant de se décider sur le projet de loi cadre des instances constitutionnelles”, a-t-il ajouté.

Tabib verrait d’un bon oeil un article supplémentaire pour arbitrer le choc frontal entre l’instance et les autres organes indépendants, et que l’INLUCC soit dotée de prérogatives plus en phase avec les pouvoirs que lui a donnés la Constitution, qu’elle ait la possibilité de suivre les dossiers qu’elle soumet à la justice, que ses membres soit protégés et qu’ils aient un accès libres aux archives pour bien faire leur travail.
Il se pose également des questions sur la multiplication des candidatures pour chaque poste, jusqu’à 8 au lieu de 4, une décision qui, selon lui, provoque un dangereux glissement vers les “quotas et à l’aggravation des problématiques”.

Le problème avec la corruption c’est ce que ça induit dans la tête des citoyens. Il n’y a rien de plus démobilisateur et révoltant pour un peuple que le sentiment d’impunité pour une certaine catégorie de personnes. C’est, entre autres, ce qui a valu à Ben Ali son séjour en Arabie saoudite. Exil doré certes, mais exil quand même, avec ce tragique sort de devoir finir ses jours loin de sa patrie. Et ça les gouvernants actuels en sont parfaitement conscients, ça les terrorise même, qu’ils l’avouent ou non. Le souci c’est que pour le moment ils ont du mal à se dépatouiller avec le phénomène de la corruption, et les résultats tardent. Et chaque jour qui passe, c’est plus de crédibilité qui s’étiole. Tabib n’avait pas tort en affirmant, et en le répétant, que la corruption risque de bousiller les fondements de l’Etat et de la jeune démocratie…

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