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Souleymane LOUM

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Au grand malheur des partisans de Nabil Karoui, qui caracole toujours en tête de tous les sondages – pour la présidentielle et les législatives -, les carottes semblent être cuites pour le fondateur de Nessma TV. Je ne parle pas ici de son destin judiciaire, je ne me le permettrai pas, c’est l’affaire des juges, je parle de son destin politique. Du moins dans l’immédiat. En effet le businessman – certains parmi ses accusateurs diraient affairiste -, dont on a découvert les talents pour la mise en scène – ça sert en politique ! – lors de son premier passage au pôle judiciaire financier, est très mal embarqué pour son agenda électoral. Vu le paquet de charges que la justice lui a mis sur le dos, et sachant que la justice a un temps qui n’a rien à voir avec le temps médiatique ou le temps politique, Karoui en a pour un moment avant d’être définitivement sur son sort, qu’il soit relaxé in fine ou condamné. Et d’ici là il y a de fortes chances que tous les dés électoraux soient jetés, même si BCE lui fait la fleur de refuser d’avaliser l’amendement de la loi électorale, ce qui est du reste très peu probable…

Karoui a bien compris la délicatesse de la situation, ce qui explique sans doute qu’il ait appelé le président de la République, Béji Caïd Essebsi (BCE), à ouvrir la voie d’une consultation populaire -référendum – pour trancher sur la question de ces fameux amendements qui l’empêchent de prendre part à la course électorale. Entre temps il y a ce sondage de Sigma Conseil qui dit que la majorité des citoyens rejettent le tripatouillage de la loi électorale. Ça tombe bien pour Karoui. Sauf qu’entretemps aussi il y a les ennuis judiciaires, et ils sont très gros. On voit mal comment, même si BCE met son véto sur les amendements, le candidat Karoui pourrait interrompre ses meetings et autres démonstrations médiatiques pour aller causer avec le juge. C’est techniquement impossible et moralement condamnable.

Les “orphelins” de Karoui sont leur pire menace

Les adversaires de Karoui – Youssef Chahed, Rached Ghannouchi et compagnie -, quoi qu’ils en disent, avaient certainement des arrière-pensées politiques quand ils ont mis en branle l’appareil législatif pour contre-carrer les plans de l’homme d’affaires, mais il est très probable que ce dernier aurait fait la même chose s’il était à leur place. En politique les coups de ce type ne sont pas des crimes, loin de là, c’est même un mode de survie presque unanimement admis par les coutumes de ce milieu très spécial. Si on ne le comprend pas on n’a pas sa place dans ce monde impitoyable. Par contre les concurrents de Karoui auraient tort de penser que le fait de l’éjecter leur assure le sacre aux rendez-vous d’octobre et novembre 2019. Les enquêtes d’opinions, qui leur sont très défavorables et l’insignifiante mobilisation aux municipales partielles du Bardo sont là pour leur rappeler qu’ils n’ont rien à gagner dans la disparition de Karoui…

Avec un tel niveau de désenchantement, il est plus que probable que les voix de “l’ex-patron” de Nessma TV iront soit aux candidats qui se seront maintenus – Kaïs Saïed, Abir Moussi, etc. -, soit iront gonfler les rangs des abstentionnistes, déjà très garnis à en croire les enquêtes. Mohsen Marzouk, le leader de Machrouu Tounes, théoriquement un allié du chef du gouvernement, est tellement effrayé par l’impopularité croissante de Youssef Chahed et le mauvais décollage de Tahya Tounes qu’il a demandé, le 12 juillet 2019 sur Express FM, au locataire de la Kasbah de quitter immédiatement les lieux pour limiter les dégâts, pour ne pas que les citoyens lui collent tout ce qui ne va pas dans le pays. Un conseil qui a très peu de chances d’être suivi par Chahed et qui de toute façon vient trop tardivement…

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L’effervescence autour de la maladie du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), est retombée. Bon, il y a les messages et télégrammes de ses pairs étrangers qui continuent de tomber – dernièrement le roi du Maroc, le président turc, le Premier ministre du gouvernement d’union nationale libyen, le président du Conseil des ministres italien… -, mais on est loin de l’agitation de cette folle journée du 27 juin 2019 où la non moins folle rumeur avait enflammé les esprits : “le président de la République est décédé“. L’affaire a même commencé à prendre dans les journaux étrangers. Elle commençait à devenir incontrôlable. Du côté de la présidence de la République, à part un communiqué laconique sur le fait qu’il n’en est rien et que l’état de BCE est stationnaire, on s’est bien gardé de sortir la moindre photo du président entouré de ses médecins – ça viendra plus tard -, pour apporter la preuve qu’il est bien en vie. On peut soupçonner le staff de Essebsi d’avoir laissé monter la sauce, d’avoir certains oiseaux de mauvais augure s’enfoncer en dissertant sur le décès du président, pour mieux contre-attaquer avec des clichés sur un BCE fringuant, posant fièrement aux côtés de ses toubibs. Les images chocs, il n’y a que ça de vrai en politique ! Pour le reste, les enseignements de cette affaire sont nombreux…

D’abord il y a l’éveil presque miraculeux du chef de l’Etat; pour quelqu’un qui était donné pour mort, le terme de miracle n’est pas trop fort. Cette affaire a même valu à BCE un élan de sympathie, une compassion et une popularité qu’il n’avait pas connus depuis belle lurette. Cela lui a certainement fait beaucoup de bien, lui qui avait oublié le goût des bonnes opinions dans les sondages. Il ne lui reste maintenant qu’à gérer le reste de son mandat, très tranquillement et surtout se garder de jouer les empêcheurs de tourner en rond, pour se retirer sur la pointe des pieds – sortir par la grande porte diraient certains -, puisque sa maladie vient de balayer les derniers doutes sur sa capacité à rempiler pour un second mandat. Que laissera celui qui a tout fait pour mériter le glorieux statut de digne successeur de Bourguiba ? Et bien il laissera un champ de ruines…

Que des perdants

D’abord Ennahdha, un mouvement qui a perdu sa belle assurance suite à une avalanche de sondages de tous bords qui ne lui prêtent plus le premier rôle. Les islamistes sont tellement déboussolés que la fille du leader, Rached Ghannouchi, s’est enhardie à des calculs politiques d’un très mauvais goût suite à ce qu’elle a pris pour la disparition physique du chef de l’Etat et qu’elle a relayée sur les réseaux sociaux. Une affaire fâcheuse qui ne soignera pas la cote du mouvement qui fait au mieux 15% dans les intentions de vote pour les législatives, là où elle trônait avec au moins 30% il n’y a pas si longtemps. Les temps sont durs pour Ghannouchi et compagnie, au point qu’ils sont tentés de se rabattre sur l’ancien président Moncef Marzouki, pas au meilleur de sa forme dans les enquêtes d’opinions.

Ensuite il y a les héritiers de BCE, en premier son fils, Hafedh Caïd Essebsi, qui a littéralement saccagé le parti, Nidaa Tounes, avec un morcellement qui semble presque gravé sur le marbre, et un point de non retour qui a été franchi et que Essebsi n’a plus la force de corriger. Il avait promis de reprendre en main sa création, de rassembler tout le monde et d’organiser des élections internes tout ce qu’il y a de plus démocratiques. C’était sans compter sur son déclin physique et le calendrier très serré qui nous a déjà, de fait, plongé dans l’effervescence électorale sans qu’on sache si la situation sera meilleure après octobre et décembre 2019. Certains, beaucoup même, prédisent le pire…

Enfin il y a le fils prodige, Youssef Chahed, qui a profité de la guerre imbécile que lui faisait le fils biologique du chef de l’Etat pour prendre son destin en main et tailler la route tout seul. Pour l’instant ça ne lui réussit guère, à en croire les sondages, et il se pourrait que l’aventure tourne court très prochainement. En attendant il fait ce qu’il peut, fait feu de tout bois, mais il y a toujours cette impression qu’il verse de l’eau dans un récipient troué de partout, la Tunisie étant devenue un océan de problèmes, et ce n’est pas de sa faute très objectivement

C’est tout cela que BCE laissera. Un pays qui pourrait, dans quelques mois, tomber dans les bras d’un gloubi-boulga de candidats dits anti-système et indépendants, qui ne seraient pas du sérail. Le chef de l’Etat doit certainement y songer, au crépuscule de sa vie politique. Il doit aussi certainement penser à ce parti, Nidaa Tounes, qu’il n’a pas su ou voulu sauver, à ces tas de rendez-vous manqués, à ce pays qu’il aurait certainement pu mieux servir, même s’il lui a indéniablement rendu de grands services, notamment après le départ précipité de Ben Ali. Essebsi et ses satisfactions, ses remords, ses regrets; à côté la Tunisie et ses ennuis, très gros. C’est le seul horizon qui se présente à nous en ce 10 juillet 2019…

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On a vu Ennahdha, à travers un communiqué émis le 20 juin 2019, parader suite à ce qui lui semblait être une victoire : Le vote des amendements de la loi électorale. Le mouvement a même congratulé pour cela les députés, qui auraient rendu je ne sais quel service à la jeune démocratie. Ennahdha a eu tort de s’exalter, car l’affaire est loin d’être pliée. Mis à part le long tunnel du combat constitutionnel, qu’un groupe de députés a déjà ouvert, il y a les retombées politiques, lesquelles sont porteuses de sacrés dégâts pour un pays déjà très instable socialement et politiquement. La Coalition nationale et Tahya Tounes, le parti du chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’ont d’ailleurs bien compris et se sont bien gardés de claironner sur les toits le dit triomphe au Parlement. Le chef de l’Etat s’est engagé, à plusieurs reprises, à ne pas mettre des bâtons dans les roues du processus démocratique, et il l’a prouvé en s’écartant pour laisser passer le gouvernement qui lui avait été imposé par Chahed; il l’a prouvé également en évitant toute démarche pour changer le régime politique alors qu’il en a une très forte envie. Cette fois aussi il pourrait signer ce qu’on lui demande de signer, sans moufter, ou très peu, mais cela ne signifie pas la fin des ennuis…

Le ver est dans le fruit, et il est gros

Quoi qu’il en soit et quoi que fassent l’Instance provisoire de contrôle de la constitutionnalité des lois et le président de la République, le ver est dans le fruit et les problèmes sont devant nous, gros comme une montagne. Nabil Karoui, Abir Moussi et tous ceux que ces amendements pourraient écarter de la course électorale sont devenus des pépins depuis que les députés ont eu la mauvaise idée de laisser dormir ces textes dans leurs tiroirs, depuis janvier 2019. Faire le boulot à quelques mois des élections, dans un contexte où les sondages sont très bons pour les prétendants et très mauvais pour la majorité en place, peut difficilement passer pour autre chose qu’un artifice pour éliminer des candidats.

Le combat de Ghannouchi pour la survie

Jusqu’à la veille du fameux vote à l’ARP, Karoui, dans une enquête d’opinions, distançait largement ceux qu’il qualifie de tenants du système. C’est peut-être ce qui explique l’exaltation de Ennahdha, comme si elle avait écarté un gros danger qui plane sur les islamistes. Il est vrai que la fin tragique de Mohammed Morsi n’est pas de nature à rasséréner ses frères tunisiens et leur rappelle que pour eux il n’est jamais bon de perdre le pouvoir. Même si Rached Ghannouchi n’est pas Morsi et l’Egypte n’est pas la Tunisie. Le président d’Ennahdha sait très bien que les voix des partisans de Karoui n’iront pas à Ennahdha si le fondateur de Nessma TV est disqualifié, mais pour lui à ce stade ce qui compte c’est de neutraliser ces électeurs, de faire en sorte qu’ils sortent du jeu et qu’ils n’exécutent pas le vote sanction qu’ils brandissent. Ghannouchi se contenterait même d’un second rôle, d’une abstention forte, l’essentiel étant de rester dans le cercle décisionnaire…

Les calculs de Ayari et compagnie

Ceux qui s’agitent pour faire sauter ces amendements eux rêvent d’y rentrer, dans ce cercle décisionnaire. Ne nous leurrons pas, tout ce bruit s’explique pour certains par la défense des idéaux de la démocratie, certes mais la plupart sont mus par des enjeux beaucoup moins avouables. Pour Yassine Ayari et les autres, Karoui c’est la bonne carte pour bousculer l’ordre établi et exister enfin aux côtés de l’ogre Ennahdha et des autres, voire même les supplanter. Cette montée des candidats dits anti-système que personne n’a vu venir et qui terrorise les ténors en place est une chance pour ceux que ce régime parlementaire a laissé sur le côté. Et dans une logique de renvoi d’ascenseur qui est le lot de la politique, et pas uniquement en Tunisie, soutenir Karoui pourrait être payant.

Nidaa se tait, pour une bonne raison

Enfin à côté de la joie de Ghannouchi il y a l’étrange silence de Nidaa Tounes. Pas un mot depuis le vote de ces amendements, alors que Néji Jalloul avait clairement fait comprendre que Karoui était un des leurs, et même un des dirigeants du parti et qu‘il pourrait tout à fait être leur poulain pour la prochaine présidentielle. Vous me direz que les nidaïstes sont très préoccupés en ce moment par leur opération de réunification et qu’il y a très peu de place pour autre chose, mais ça n’explique pas tout. Il se peut aussi que Nidaa soit en train de se dire qu’il n’est peut-être pas très prudent de mettre tous ses oeufs dans le panier Karoui et qu’il faut se laisser une marge de manoeuvre pour pouvoir bifurquer vers un autre candidat. En attendant on temporise et on observe, le temps que la situation se décante et que l’affaire des amendements soit définitivement tranchée…

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Il s’est passé 3 jours depuis la dernière livraison de Sigma Conseil, une éternité dans un pays où il se passe et se dit des choses tous les jours, que dis-je, toutes les heures. Nous avons attendu le temps de la maturation, pour ne pas passer à côté d’un commentaire, d’une analyse, bref d’une réaction au dernier baromètre des équipes de Hassen Zargouni. Rien n’est venu. Silence de mort. Rien à voir avec la curée qui a suivi le précédent sondage, où commentateurs et personnel politique étaient tombés à bras raccourci sur Sigma, avec une violence inouïe que rien ne justifiait et sur laquelle nous nous étions interrogés . Cette fois rien, personne ne moufte, pas même celui qui avait crié le plus fort, parce que se disant le plus lésé par l’enquête : Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha. Certes une autre étude, faite par une autre boîte, livre des conclusions différentes de celle de Zargouni, mais ce qu’il est important de souligner ici c’est qu’une enquête de ce type n’est rien d’autre qu’une photographie du moment, et que les choses peuvent muter d’une semaine à une autre. Donc personne n’a tort ou raison dans cette affaire. C’est ce que n’avaient pas compris Ghannouchi et les autres, et c’est pour cela qu’ils râlaient aussi bruyamment. Ils se sont bien gardés de monter au front cette fois…

Les raisons du mutisme

Il y a des facteurs d’explication du silence assourdissant des politiciens face aux récents sondages, rien à voir avec les dernières curées, des explications qu’on peut presque toucher du doigt. Le désenchantement et la défiance populaires sont devenus tellement prégnants que bientôt le travail des sondeurs sera “has been“, pour savoir ce que les Tunisiens pensent de ceux qui les dirigent, de ce qui est fait pour soi-disant faire leur bonheur, il faut juste faire un petit tour dans la rue et tendre l’oreille, d’où que vienne la parole. Plus besoin des recettes alambiquées des sondeurs, de tout ce déploiement logistique, aller au marché ou dans n’importe quel café suffit amplement pour sonder l’humeur des citoyens. Et elle est très mauvaise en ce moment, les politiques le savent très bien…

Certains, notamment les islamistes, s’étaient offusqués de voir certaines formations politiques dégringoler de près de 15 points dans les sondages d’une semaine à une autre. Les dernières enquêtes établissent les mêmes faits, même si l’ordre est différent, mais peu importe in fine, ce qu’il est important de retenir c’est que dans les deux derniers baromètres il y a une tendance lourde : Ceux qu’on appelle les ténors, Ennahdha, Tahya Tounes et Nidaa Tounes, dans une moindre mesure, ne jouent plus les premiers rôles. Et aucun de leurs émissaires si prompts à prendre d’assaut Télés et Radios ne s’en plaint cette fois. La cause semble entendue, et il est très improbable que les dits poids lourds de la scène politique locale puissent inverser la tendance en moins de 4 mois.

Ils l’ont perdu de vue, ça peut leur être fatal

L’amendement de la loi électorale, goupillé par le gouvernement et donc forcément par Tahya Tounes, un projet applaudi par Ennahdha et dont certains disent qu’il est taillé pour briser net Nabil Karoui – c’est surtout lui qui le clame haut et fort -, n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie tunisienne. Quand une affaire de ce type est ébruitée jusqu’en France, c’est qu’il y a un problème. Mais là n’est pas notre propos ici et maintenant, ce qui nous étonne surtout c’est que certains partisans de Youssef Chahed et Ghannouchi puissent penser qu’ils ont quelque chose à gagner dans le fait de couper la tête de Karoui. Si c’est pas le patron de Nessma TV ce sera un autre, finalement peu importe celui que le contexte mettra à la disposition des électeurs, l’important c’est que les citoyens dénichent quelqu’un pour porter leur colère. S’ils sont privés de Karoui, ils se rabattront sur quelqu’un d’autre. Ou au pire des cas resteront à la maison le jour du vote. Une chose est sûre : Ces voix n’iront ni à Ennahdha, ni à Tahya, ni à Nidaa…

A voir la mine radieuse de Chahed lorsqu’il inaugurait la petite merveille de Borj Al Amri, signée par des compétences tunisiennes, on se dit qu’il n’a pas voulu lâcher la Kasbah pour cela. Revendiquer les réalisations, presque jusqu’aux élections, pour étoffer un bilan qui peine à convaincre. Sauf qu’à force de se cramponner à son fauteuil sont venus entre temps les mauvais chiffres de la croissance, qu’il s’est pris en pleine poire. C’est très embêtant, très mauvais pour ses petites affaires, et ce n’est pas le langage très politique et très diplomatique du FMI qui va gommer dans la tête des Tunisiens cette impression, à tort ou à raison, que tout va mal dans le pays. Si la Tunisie allait bien, elle ne se ferait pas distancer par tous ses voisins pour l’investissement direct étranger; certes les choses vont mieux à ce niveau, mais pas suffisamment pour corriger les indicateurs macroéconomiques. C’est à cela que les partisans de Chahed doivent penser, au lieu de miser sur la démolition de Karoui laquelle de toute façon ne réglera aucun des problèmes du chef du gouvernement.

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Pendant que le syndicat de l’Enseignement supérieur IJABA campe sur ses positions, au risque de s’attirer les foudres de la justice pour avoir perturbé les examens et confisqué les notes des étudiants; pendant que les universitaires affiliés à l’UGTT perdent patience et songent sérieusement à se radicaliser comme IJABA pour cause d’engagements du ministère qui tardent à se matérialiser, le ministre, Slim Khalbous, bouge plus que jamais, au risque de donner le tournis à ses administrés. On l’a vu du côté de Rome, en Italie, ce lundi 10 juin 2019, pour prendre part à la quatrième édition de la Conférence des Ministres de la Recherche, de l’Innovation et de l’Enseignement Supérieur des pays du dialogue 5+5. La Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, la Libye, Malte, l’Italie, la France, l’Espagne,le Portugal, l’Union du Maghreb Arabe, l’Union pour la Méditerranée et l’Union Européenne y étaient également. Du beau monde quoi. Pour quels résultats, mis à part des envolées lyriques et des déclarations passionnées pour la recherche, l’innovation, la coopération, etc. ? Et bien pas grand chose…

D’emblée Khalbous a planté le décor en mettant le curseur “sur le rôle actif de la Tunisie dans la promotion et la dynamisation des partenariats et des échanges entre les pays de cet espace de coopération multilatérale grâce à l’excellence des relations bilatérales qu’elle entretient avec chacun de ses membres”, rapporte la TAP. Le ministre dit vrai. La Tunisie en fait beaucoup, le problème c’est que ses voisins de peuvent pas en dire autant. Si les Marocains et les Algériens en faisaient autant que les Tunisiens pour être au niveau “de la proximité culturelle, historique et géographique” dans l’espace maghrébin, ce qui est fait dans le cadre de la coopération autour de la recherche se verrait nettement mieux. Mais que voulez-vous, cette affaire est victime des mêmes écueils qui ont empêché l’Union du Maghreb Arabe (UMA) de décoller. Alors il faudra repasser. Tout le monde admet que “la coopération et la complémentarité (…) sont (….) vitales et urgentes, notamment en matière de recherche scientifique et d’enseignement supérieur afin de mettre en commun les efforts et de partager les expériences grâce notamment à la mobilité d’étudiants et de chercheurs“, mais poser des actes dans ce sens, c’est une autre histoire…

Par ailleurs Khalbous a souligné “la participation active de la Tunisie aux principaux programmes européens de mobilité et de financement de la recherche et de l’innovation dont notamment, Erasmus+, Prima et H2020“. Sauf que ces dispositifs, et c’est d’ailleurs clairement la volonté affichée et assumée de la France d’Emmanuel Macron, sont devenus des détecteurs et aspirateurs de talents qui font que les étudiants tunisiens sont de plus en plus enclins à rester en Europe. C’est un gros problème mais qui ne semble pas gêner outre mesure les autorités tunisiennes, qui n’y voient que des demandeurs d’emplois en moins, et donc des problèmes sociaux en moins, passant à côte du potentiel de développement que la Tunisie perd dans ces départs massif de compétences. Si les ambitions d’une nation se mesurent aux soins dont on entoure les futures élites, alors le pays du jasmin est mal barré…

Enfin il y a le mimétisme vis-à-vis des programmes européens, qu’on copie littéralement sans broncher, aidés en cela par les subventions de l’Union européenne qui arrosent des universités tunisiennes tirant le diable par la queue. Aux dernières nouvelles, à en croire les aveux du ministre de l’Enseignement supérieur lors du 60ème anniversaire de la Faculté du 9 Avril, le programme européen le plus célèbre du moment, le LMD (Licence-Master-Doctorat), ne fonctionne pas en Tunisie. La mayonnaise ne prend pas. Et pourtant on continue de plus belle, on fonce, sans doute parce qu’on est allé trop loin, parce que tout cela a eu coût, parce qu’on ne sait pas comment refaire le chemin inverse et si d’ailleurs il est possible techniquement de revenir sur nos pas. Compliquée cette affaire. Mais elle n’est pas la seule, tout le dispositif de formation, du primaire à l’université, pose problème. Et ça, objectivement, ce n’est pas la faute du gouvernement Youssef Chahed, c’est une responsabilité complexe liée à des choix, des mauvais choix, faits il y a des années et à une qualité de la formation des formateurs qui baisse inexorablement. C’est pour ça que ces questions, aussi essentielles soient-elles, n’avaient pas leur place à la grand-messe de Rome, et c’est pour ça que Khalbous les a soigneusement zappées. Mais qui peut raisonnablement le lui reprocher ?

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L’Afrique, on en parle beaucoup et de plus en plus en Tunisie. Il est unanimement admis, ou presque, que l’avenir du pays du jasmin se jouera aussi sur son continent, son prolongement naturel aux innombrables opportunités et ressources. Du côté de Tunis on l’a d’ailleurs très bien compris, ce qui explique que les autorités se soient empressées de parapher l’accord de la mise en place de la ZLEC (Zone de Libre-échange continentale). Mais il ne suffit pas de signer un document, aussi important soit-il, pour rompre avec des décennies d’immobilisme, de léthargie diplomatique et même de dédain pour un continent qui ne faisait les gros titres que pour ses guerres, ses maladies, ses présidents à vie, sa corruption endémique, son sous-développement chronique, sa misère persistante en dépit de ses immenses richesses, etc. Le fait que le Parlement tunisien traine les pieds pour ratifier l’accord de la ZLEC, en total décalage avec le gouvernement, est bien la preuve qu’il faudra du temps pour dégeler les mentalités. Faire le grand saut ne se déclame pas, ça se travaille ! Toutefois il y a, tout de même, quelques bonnes nouvelles, l’adhésion au méga marché du COMESA en est une, la dernière initiative du FONDS TASDIR+ et de TASTE TUNISIA en est une autre.

Le patronat tunisien, notamment TABC, piloté par Bassem Loukil, se plaint régulièrement de la mollesse des autorités tunisiennes sur le continent africain quand les Marocains filent à 300 km/h,  même les puissances étrangères s’y battent et les chefs de ces Etats n’hésitent pas à mouiller eux-mêmes la chemise (le président chinois Xi Jinping, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron…). En Tunisie aussi on se mobilise, avec les maigres moyens à disposition, mais tout de même. Une opération commune très intéressante est montée actuellement, par le FONDS TASDIR+ et TASTE TUNISIA, pour propulser la filière Agriculture-Agroalimentaire et les secteurs qui leur sont liés en Afrique. Mais là pour le coup la Tunisie a bien travaillé son affaire en ciblant 5 grands marchés sub-sahariens : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya et le Nigeria, annonce le CEPEX.

Des poids lourds, des vrais

Le Cameroun a certes de gros problèmes politiques en ce moment, et la rébellion des régions anglophones gronde avec son lot d’accrochages sanglants avec l’armée; mais c’est aussi un pays qui a du pétrole et un énorme potentiel agricole avec son climat exceptionnel. Ce gros producteur de cacao a aussi un gros souci de transformation de ses produits, l’industrie agroalimentaire tunisien a donc une belle carte à jouer.

La Côte d’Ivoire est également un morceau très intéressant. Ce poids lourd ouest-africain, dont le taux de croissance flirte régulièrement avec les 10% ces dernières années, offre moult possibilités aux opérateurs et industriels tunisiens. En effet la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao et troisième pour le café, présente les mêmes tares structurelles que le Cameroun : Le manque criant de structures de transformation des produits agricoles. C’est une bataille que les autorités ivoiriennes, adossées sur la confortable trésorerie de l’Etat, ont déjà engagé et la Tunisie, en vertu de son offre très variée, y a toute sa place. C’est pas pour rien que le groupe Ben Yedder – les Cafés Bondin – a pris racine en Côte d’Ivoire depuis 2017 et entend y rester, y prospérer.

La RDC vaut le détour aussi. C’est un pays dont la stabilité politique est régulièrement mise à l’épreuve, mais des atouts il en a. Son sous-sol cache toutes sortes de richesses très peu ou très mal exploitées. Le nouveau président a de grandes ambitions, il aura sans grandes difficultés tous les financements dont il a besoin pour ses chantiers mais il lui faudra des alliés qui ont du savoir-faire pour exécuter les programmes. C’est ce qui explique l’appétit du groupe Loukil pour ce pays. Les autres groupes tunisiens ont intérêt à tirer sur le fil…

Enfin il y a le Kenya et le Nigeria, que la Tunisie a très peu prospectés économiquement mais ça va changer vu que le Kenya est un ténor du COMESA, que la Tunisie vient de rejoindre. Le Kenya a une solide croissance économique et ses startups se portent comme un charme. Là aussi la Tunisie a une grande marge de progression. Quant au Nigeria, il est certes la première puissance économique du continent, grâce à ses immenses ressources pétrolière mais c’est aussi l’un des pays d’Afrique les plus mal lotis pour l’industrialisation et les technologies. Vu que la Tunisie est membre observateur de la CEDEAO, à laquelle appartient le Nigeria, les deux nations ont beaucoup de choses à se dire et à faire. Cela dépendra surtout de la capacité des autorités tunisiennes à aller vite et bien pour transformer l’essai. Donc une affaire à suivre, de très près, car elle peut changer des tas de choses pour une Tunisie qui cherche un second souffle depuis le 14 janvier 2011.

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Le bouillonnement, le magma, des mouvements, partout, dans tous les sens, mais rien qui permette de dessiner des tendances nettes dans la perspective des prochaines élections. Aux dernières nouvelles, Nabil Karoui, qui n’a pas digéré le coup porté par la HAICA et qu’il attribue mordicus au gouvernement, a décidé de se jeter dans la mêlée électorale. Gonflé à bloc par les sondages, il se verrait bien au palais de Carthage et pourquoi pas déléguer quelqu’un pour celui de la Kasbah. Bref, tenir tout le pays quoi. A peine parti, le patron de Nessma reçoit déjà les premières salves, et il y en aura beaucoup d’autres, de toutes parts, puisqu’il s’est clairement positionné contre le système, tout le système. Du côté de Nidaa Tounes, du moins la faction Sofiene Toubel – il faut bien l’appeler comme tel -, on s’apprête à célébrer le retour du “fils prodige”, Mohsen Marzouk. Il a fait un bout de chemin avec son Machrouu Tounes, mais comme la mayonnaise n’a jamais vraiment pris, la sagesse lui dicte de retourner au bercail. En attendant la reformation du “Nidaa historique“, annoncée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi (BCE) et sur laquelle travaillerait son ex-chef de cabinet, Selma Elloumi. Du côté de Tahya Tounes, le parti du chef du gouvernement, Youssef Chahed, on festoie autour du mariage avec Al Moubadara de Kamel Morjane. Mais est-ce que tous ces mouvements vont dans le bon sens ? Est-ce que la recomposition de la famille centriste et progressiste est dans l’air du temps ? Assurément non.

Il a du plomb dans l’aile

Le Front progressiste, on en parle depuis un petit moment, tous les partis du centre et de la gauche dire modérée ayant compris que c’était la seule solution pour tenir le choc face à la formation monolithique Ennahdha. Mais une chose est de reconnaitre la pertinence d’une démarche, une autre est de la mettre en branle, surtout dans cette Tunisie post-révolutionnaire qui marche sur la tête. Un Front progressiste, oui, mais comment ? Qui va rejoindre qui ? Qui  va accepter de se mettre sous la coupe de qui ? Telles sont les questions, très épineuses. In fine cette affaire sera une question de leadership, d’égo, rien d’autre; c’est sur ça que cela va se jouer car les programmes de tous ces partis sont au fond les mêmes, ce sont des querelles de personnes qui expliquent la brouille. Mais les combats de coq l’électeur lui s’en moque, ce qu’il voit ce sont des joutes puériles, stériles, futiles qui ont plutôt tendance à l’inciter à rester à la maison le jour de l’élection ou à se déplacer pour un vote sanction. Les prochains scrutins en prennent le chemin…

La musique qu’on entend, dans la famille dite progressiste, reste celle de la division, de la cacophonie. Et c’est terriblement inquiétant pour l’équilibre des forces politiques à quelques mois des élections. Il y a bien des pôles qui sont en train de se structurer, autour de Nidaa Tounes et de Tahya Tounes, mais rien qui préfigure un seul bloc centriste et progressiste pour affronter les islamistes. Aux dernières nouvelles, d’après le vice-président d’Al Moubadara, Mohamed Ghariani, les nidaïstes font leur petite cuisine dans leur coin sans en référer aux partisans de Chahed. Idem pour ces derniers, qui restent dans leur zone de confort et voudraient bien voir tous les autres, dont Nidaa Tounes, les rallier sans qu’ils lèvent le petit doigt. Grossière erreur ! Abdzelaziz Kotti a bien invité publiquement le chef du gouvernement à chapeauter le “Nidaa historique”, mais dans sa tête c’est Chahed qui doit les rejoindre, avec armes et bagages, et pas le contraire. Effectivement comment imaginer que le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, après tout ce qu’il a fait en 2013-2014 pour déloger la Troïka, autorise les siens à dissoudre le parti qu’il a bâti dans Tahya Tounes ? Du côté de Chahed aussi comment imaginer qu’il ait tant mobilisé ses amis dont certains ont quitté Essebsi pour lui – Slim Azzabi notamment – pour ensuite se retourner et leur dire ‘Vous êtes bien gentils mais je retourne chez mon mentor‘ ? On en est là…

L’avertissement, très sévère

Quand le président de la République avait tendu la perche à Chahed, au congrès de Monastir, Azzabi avait rétorqué que c’était trop tard. Tard, ça l’est encore plus presque deux mois après. Mais le problème c’est comment Tahya Tounes peut raisonnablement envisager son avenir immédiat avec seulement Kamel Morjane à ses côtés, sans Nidaa Tounes ou le peu qui en reste. Compliquée cette affaire, et la cuisante défaite aux municipales partielles de Souk el-Jedid est là pour le leur rappeler. Avec la victoire – très modeste mais victoire quand même – d’Ennahdha, Tahya comme Nidaa ont eu une nette idée des dégâts que provoque la division. Mais surtout les partisans de Chahed ont pu tester les limites de la popularité de leur champion. Sévère avertissement. Pour ce qui est de Nidaa, ils sont habitués aux revers, avec un parti au fond du trou, qui n’a plus rien à perdre et ne peut que se bonifier. C’est surtout pour Tahya, qui doit faire ses preuves, qu’il faut s’inquiéter…

Après la débâcle de Souk el-Jedid, Hatem El Euchi, très mauvais perdant, s’en est pris, sur sa page Facebook, aux “hypocrites” qui disent publiquement être derrière Tahya Tounes mais ne se déplacent pas pour aller voter. Il aurait mieux fait de se mettre de suite au travail pour voir comment éviter d’autres déconvenues aux prochaines élections. De ce point de vue, la posture de Ghariani, exprimée sur Mosaïque FM le 28 mai 2019, est plus constructive et plus réaliste; lui dit que Tahya deviendra un grand parti mais pas dans l’immédiat. Le problème c’est ce qu’il faut faire maintenant, dans quelques mois, avec qui s’allier pour ne pas perdre la face aux prochains scrutins. Et là force est de reconnaitre que l’équation reste entière.

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Les ministères de la Santé et du Commerce mettent le paquet sur le contrôle sanitaire et économique en ce mois de Ramadan. Bon, on le comprend, le mois saint étant le pic de la consommation, donc forcément les commerçants véreux en profitent un maximum pour fourguer tout ce qu’ils peuvent, puisqu’en face les acheteurs se jettent sur tout. De plus, ils se posent peu de questions sur la provenance et les conditions de conservation de ce qu’ils achètent, la méfiance passant bien après la nécessité de ramener le maximum de choses à la maison pour calmer une faim qui est plus dans la tête que dans le ventre. Les filières de distribution peu scrupuleuses, et elles sont de plus en plus nombreuses, le savent et s’en donnent à coeur joie. Ce week-end aussi il y a eu un festival de saisies, et les consommateurs ont bien de la chance que ces aliments archi dangereux pour leur santé n’atterrissent pas dans leurs assiettes…

Une quantité de plus d’une tonne de volailles a été saisie dans un abattoir anarchique à Sidi Hssine (gouvernorat de Tunis) lors d’une opération de contrôle effectuée par les agents du contrôle économique de Tunis, des vétérinaires et agents de santé et de sécurité de la région de Tunis, selon le directeur régional du commerce de Tunis, Yaser Ben KHalifa.
Dans une déclaration à l’agence TAP, Ben Khalifa a indiqué samedi 25 mai 2019 que les poulets sont abattus dans cet abattoir d’une manière discrète et dans des conditions d’hygiène insalubres en plus de l’utilisation d’eaux de puits non contrôlées. Le propriétaire de l’abattoir anarchique a été arrêté sous ordre du ministère public.

La “récolte” a été bonne également du côté de Bizerte, où quelques 56 infractions économiques et de santé ont été relevées par les services de contrôle conjoint de Bizerte, à l’issue d’une campagne de contrôle élargie, menée vendredi 25 et samedi 25 mais 2019, a indiqué le chef de la brigade régionale de la police municipale de Bizerte, Adel Ben Tahar.
Le responsable a précisé que les services de contrôle conjoint de Bizerte, lesquels regroupent des représentants de la police municipale, des unités de sécurité et des équipes de contrôle de santé et économique, ont ciblé les marchés et les espaces commerciaux ouverts au public.
Selon la même source, les services compétents de contrôle sont parvenus, aussi, à réaliser 17 opérations de saisie de produits périmés et d’origine inconnue. Ils ont, de même, proposé la fermeture de 2 boulangers pour non respect des règles d’hygiène.

Le directeur de l’hygiène publique au sein du ministère de la Santé,  Mohamed Rabhi, a confié à Africanmanager, mercredi 22 mai 2019, que 40 visites d’inspection sanitaire ont été effectuées depuis le début du mois de Ramadan. Il a ajouté que lors de ces opérations de contrôle, 27 tonnes de produits alimentaires périmés ont été saisis et 103 locaux commerciaux ont été fermés. Mais ces prises, aussi impressionnantes soient-elles, sont l’arbre qui cache la forêt. Que penser de cette masse de produits hautement dangereux qui passent sous le nez des autorités, lesquelles n’ont pas assez d’équipes pour surveiller tout le monde ? Et quid du reste de l’année où les contrôles sont moins fréquents ? Ce qu’il faudrait c’est avoir les effectifs qu’il faut et les motiver assez pour qu’ils soient sur le terrain tout le temps, toute l’année. La santé des citoyens le vaut bien…

S.L./TAP

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Al Moubadara, de Kamel Morjane, a été le premier à sauter le pas pour fusionner avec Tahya Tounes, le parti du chef du gouvernement, Youssef Chahed. En attendant les autres, surtout Al Baddil Ettounsi, piloté par Mehdi Jomaa et Machrouu Tounes, animé par Mohsen Marzouk. Cela fait un bail que Slim Azzabi, le chef de file de Tahya Tounes (en attendant que Chahed veuille bien descendre dans l’arène…), a ébruité des pourparlers avec ces deux-là, mais il ne se passe rien depuis ! Il faut dire aussi que Marzouk, un véritable OVNI sur la scène politique tunisienne – mais il n’est pas le seul -, est coutumier des négociations qui s’éternisent, qui squattent les gros titres des journaux plus que de raison pour finir en pétard mouillé. On se rappelle de son mariage avec Nidaa Tounes annoncé en grande pompe en août 2018, des noces qui sont finalement tombées à plat. Et Marzouk remet ça avec le Nidaa de Sofiene Toubel… Mais cette fois les choses devraient être différentes avec Tahya Tounes, pour la simple et bonne raison que ni lui ni Chahed n’ont le choix. C’est cela ou le péril de la division, des forces disparates et émiettées qui ne permettent à aucun parti dit progressiste d’émerger et d’exister face à l’ogre Ennahdha, et encore moins prétendre à jouer les premiers rôles dans la direction des affaires du pays. Même les islamistes ont compris tout le bénéfice qu’ils peuvent tirer d’un front progressiste fort en face d’eux et avec eux.

Il faut écouter Jelassi

Ennahdha, on le sait, est la meilleure de la place pour les contorsions, le double langage, la duplicité et autres joyeusetés de ce genre. Mais quand un de ses dirigeants, Abdelhamid Jelassi, déclare publiquement, le 22 mai 2019 sur Mosaïque FM, que le mouvement aimerait voir un solide partenaire pour gouverner avec lui, pour le coup il faut le croire. Sur cette affaire, plus question de double langage. Ennahdha, même auréolée par les prédictions des sondages pour les prochaines législatives, sait pertinemment qu’elle ne pourra pas piloter seule la très agitée Tunisie post-révolutionnaire. Le cuisant échec de la Troïka est là pour rappeler aux islamistes qu’il faut condamner cette porte et qu’il faut y aller avec les autres pour ne pas subir de nouveau la fronde de la rue, celle qui les a éjectés du pouvoir en 2014. Alors si Rached Ghannouchi et compagnie se mettent subitement à entonner la chanson du front progressiste autour de Chahed, ce n’est certainement pas par bon sentiment, c’est le fruit d’une stratégie dictée par la logique implacable des rapports de force dans le pays. Vous y ajoutez l’abstention aux prochains scrutins, qui pourrait être forte, vous obtenez tous les ingrédients d’un pouvoir qui sera de toute façon fragile, régulièrement mis à l’épreuve et qui devra en permanence prouver sa légitimité. Et Ennahdha, qui a été échaudée par les tempêtes de 2011-2014, n’a aucun intérêt à tester de nouveau les limites de sa popularité…

Jebali ne fera pas illusion

Pourtant la tentation de faire cavalier seul est toujours là pour les nahdhaouis, en la personne de Hamadi Jebali, l’ancien chef du gouvernement de la Troïka, qui n’a jamais caché son envie de s’asseoir sur le fauteuil de Habib Bourguiba. Mais ne s’installe pas au palais de Carthage qui veut. Jebali, même avec le costard d’indépendant qu’il veut se tailler, ne fait pas illusion : Il sera toujours le candidat d’Ennahdha. Le soutenir publiquement ? Pourquoi pas a dit cette dernièrement, mais elle l’a dit mollement, comme elle l’a dit pour le soutien de Kaïs Saïed ou Youssef Chahed. Le fait est que Ennahdha, qui n’a pas de poulain pour la présidentielle en dépit des efforts surhumains de Ghannouchi pour l’être (le sourire étincelant qu’il s’est offert, la cravate, etc.), temporise et attend de voir dans quel sens va tourner le vent. En attendant chaque jour avec sa déclaration, chaque jour avec son candidat, et d’ici les élections il y en aura un sacré paquet ! Mais ce dont on est certain c’est que pour rien au monde les islamistes ne risqueraient de s’aliéner l’actuel chef du gouvernement. Leurs relations étaient déjà très bonnes avec les postes très vue que Chahed leur a offerts dans son équipe, elles le sont encore plus depuis que Ennahdha a pesé de toute sa masse de 68 élus pour faire passer le gouvernement au Parlement. Alors pas question d’émettre des signaux négatifs en direction du locataire de la Kasbah qui reste, très objectivement, la meilleure carte d’Ennahdha pour une présidentielle qui n’est pas sa priorité mais sur laquelle il faut, tout de même, peser de tout son poids pour des tas de raisons (le contrôle de la diplomatie, de l’Armée…)

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Pour ceux qui en doutaient, l’Union européenne ne lâchera pas sur l’ALECA, elle harcèlera la Tunisie jusqu’au bout pour qu’elle signe, au plus vite, l’accord. Les moyens de pression dont dispose l’UE pour faire plier la “petite” Tunisie qui a eu l’outrecuidance de rechigner : L’argent, le nerf de la guerre. Le pays du jasmin en manque cruellement et justement son premier partenaire économique, l’UE, en a et en donne, en tout cas plus que les pays amis et frères du monde arabe, pour moult raisons. Mais les Européens aussi ont besoin de la Tunisie pour offrir des débouchés à leurs produits pour lesquels le marché commun de l’UE, aussi vaste soit-il, commence à être un peu étroit. Eh oui, il ne faut pas se leurrer, c’est une affaire éminemment économique, il n’est pas question de philanthropie, d’aide sociale ou de bons sentiments ! Les autorités tunisiennes freinent des quatre fers pour le moment, en s’adossant sur les rapports des experts sur les conséquences désastreuses, pour la Tunisie, de la ratification en l’état de l’ALECA, des rapports alarmants confortés par l’étude récente de l’OTE. Mais quoique promette le chef du gouvernement, Youssef Chahed, la Tunisie ne pourra pas tenir longtemps face à la pression de la diplomatie et aux Millions d’euros des Européens. Et on l’a nettement perçu lors de la visite du ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, les 16 et 17 mai 2019 à Bruxelles.

Les chèques et le reste

Jhinaoui a annoncé la signature d’un accord entre la Tunisie et l’UE pour impulser l’inclusion économique, sociale et politique des jeunes tunisiens. Concrètement les Européens ont lâché 60 Millions d’euros pour financer le programme “EU4Youth“. L’ISIE se frotte les mains également avec un chèque additionnel de 2 Millions d’euros pour l’aider à organiser les élections de 2019. Mais il y a eu ça aussi : “Nous avons confirmé notre souhait de développer davantage les relations économiques et commerciales entre l’UE et la Tunisie, en poursuivant les négociations sur un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA). L’ALECA aidera la Tunisie à diversifier son économie, à accroitre sa compétitivité et à développer ses exportations auprès de l’UE, qui est son plus grand partenaire commercial“,  indique la déclaration conjointe. Décidément, l’ALECA n’est jamais loin, et l’UE a l’art de l’évoquer en le mettant dans la même phrase que le statut de partenaire numéro 1 de la Tunisie, comme une sorte de petit rappel pour les plus optimistes, les autres diront avertissement subliminal ou carrément chantage…

La corde au cou

Le même communiqué dit aussi ceci : “Nous avons convenu de l’importance de maintenir notre commerce bilatéral aussi fluide que possible, exempt d’obstacles et barrières. L’Union européenne a noté l’annonce de la décision des autorités tunisiennes de lever dans les meilleurs délais les mesures commerciales mises en place en novembre 2018. La Tunisie a pris note du commentaire de la partie européenne que ces mesures ont un impact sur les produits européens“. Voilà, il faut le savoir : Les dirigeants tunisiens ont pris des engagements, qui de fait engagent aussi les citoyens. Des clameurs, des cris on en entendra prochainement, beaucoup, que ce soit de la part des agriculteurs, des industriels ou des experts tunisiens, mais encore faut-il que la Tunisie ait les moyens de son indignation. Quand on fait à peine 1,1% de croissance, il faut autre chose que les prédictions surréalistes de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement pour tenir la dragée haute à son premier partenaire commercial, premier donateur, premier investisseur, etc.

L’Ambassadeur de France avait averti

On ne savait pas que le partenariat Tunisie-UE n’était pas assez visible, on pensait qu’il était solidement imprimé dans toutes les têtes, surtout en terre tunisienne et que les liens avec l’Europe n’avaient nul besoin de promotion. C’est pourtant ce qui a été clairement demandé lors de la visite de Jhinaoui à Bruxelles : Faire un travail de pédagogie auprès des opinions publiques respectives pour magnifier la coopération entre la Tunisie et l’UE. Mais très vite on en vient au coeur du sujet : il s’agit surtout de valoriser à la face des citoyens tunisiens tout le bien que l’UE leur fait. C’est donc ça, exactement comme l’avait asséné l’Ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre D’Arvor, devant le ministre tunisien du Commerce, Omar Béhi et un parterre de décideurs. Ni plus, ni moins. On en a maintenant la preuve : L’agitation et les rebuffades des Tunisiens devant l’ALECA ne passent plus. L’UE prend encore des gants pour signifier à la Tunisie son irritation, mais la patience des Européens a des limites…

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Un communiqué du ministère tunisien de la Justice, émis samedi 11 mai 2019, fait état de la libération provisoire, mais sous un strict contrôle judiciaire, de Belhassen Trabelsi, frère de Leila Ben Ali. Ainsi en a décidé, jeudi 9 mai 2019, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Et pour que celui qui symbolise à lui tout seul toute une époque ne file pas entre les doigts de la justice française, ses passeports lui ont été retirés, on l’a contraint à garder la même adresse et il est obligé d’aller régulièrement rendre visite aux services français en charge de son contrôle. C’est costaud comme dispositif, mais le dossier le vaut largement. En effet on est au-delà des chefs d’inculpation de la justice, “blanchiment en bande organisée, recel, usage et complicité de faux documents administratifs“, presque des broutilles au regard de ce que représente Trabelsi pour une Tunisie qui a encore maille à partir avec les démons du passé. Alors se pose de nouveau la question lancinante de l’extradition du beau-frère de l’ancien président déchu. On a appris, dans le même communiqué, que la justice française tranchera avant la fin du mois prochain. Reste à gérer le retour de l’ex-homme d’affaires – affairiste diraient certains -, des affaires d’ailleurs qui lui valent ses déboires avec son pays. Mais un retour problématique à bien des égards.

Il faudra montrer patte blanche pour l’avoir

Les autorités tunisiennes ont beau arguer “leur pleine confiance en l’indépendance et la neutralité de la justice française pour une bonne application de la règle de droit” et elles ont beau avoir les meilleures relations du monde avec la France, il leur faudra quand même donner la garantie aux autorités françaises que les droits de Trabelsi seront respectés et qu’il aura un procès équitable. La France, “pays des droits de l’Homme“, dit-on, ne peut pas en exiger moins, ses propres citoyens ne l’accepteraient pas. Alors la Tunisie devra montrer patte blanche pour récupérer Belhassen. Et une fois qu’elle l’a elle devra prendre en main un dossier explosif, bien plus que celui du neveu de Leila Ben Ali, Imed Trabelsi, sur qui la justice s’est acharnée comme elle pouvait mais sans que cela calme l’élan vengeur de certains ou simplement que cela apaise une nation traumatisée par des décennies de dictature. Mais Belhassen c’est autre chose, c’est du lourd, avec des affaires plus importantes et qui impliquaient plus de monde. Donc le risque de déflagrations est beaucoup plus grand…

Un dossier très chaud

Si les autorités tunisiennes arrivent à mettre la main sur le frère de Leila Ben Ali, ce serait assurément un trophée pour divertir une population qui attend toujours les promesses de la Révolution et qui n’en goutte pour le moment que les affres, ce qui explique d’ailleurs que de plus en plus de gens regardent dans le rétroviseur et que Abir Moussi ait cette cote de popularité. Politiquement ça sera payant pour le gouvernement d’obtenir le rapatriement de cet homme, mais le temps de l’enchantement ne durera pas, évidemment. Par ailleurs Belhassen Trabelsi connait du monde, il a mouillé dans son business un paquet de personnes et ne se taira pas lors de son procès. Il parlera, il déballera. Et une fois ouverte la boîte de Pandore, il faudra passer derrière et faire le ménage.Il faudra avoir le courage de le faire, autrement toute cette affaire pourrait se retourner contre les autorités en place, dont la cote de confiance s’est déjà sérieusement érodée alors que les élections se profilent.

Une épreuve de plus

La Tunisie s’est très mal dépatouillée avec la Réconciliation nationale. Si ailleurs la chose a été très bien négociée, comme en Afrique du Sud ou au Rwanda, ici en Tunisie les passions vengeresses et le manque de clairvoyance ont tout fait capoter. Le processus n’a pas été conduit proprement, entre les contradictions de la population, les desseins inavoués des uns et les calculs des autres. Bref, l’affaire a manqué de sincérité, de franchise et a été polluée par des manoeuvres où l’intérêt national était la dernière des préoccupations. C’est ce qui explique les bisbilles entre l’IVD (Instance Vérité Dignité) et la Justice, avec au final une Justice transitionnelle qui n’a pas apporté au pays la potion pour cimenter la nation après la main de fer de la dictature et orienter tous les citoyens vers les mêmes objectifs. Et le retour de Belhassen Trabelsi est à coup sûr une épreuve de plus pour un pays qui a déjà tant de mal à gérer ses nombreux dossiers…

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La fête fut belle, pas une tête qui dépasse, aucun couac, en tout cas pas publiquement; aucune fausse note dans les médias ou ailleurs depuis le Congrès électif de Tahya Tounes. Personne n’en a dit du mal depuis près d’une semaine. C’est incroyablement long, une éternité même dans ce pays qui bouillonne et où il ne se passe pas un jour sans qu’on tombe à bras raccourcis sur quelqu’un, sur quelque chose, sur n’importe quoi ! Incontestablement le démarrage du parti du chef du gouvernement, Youssef Chahed, est une réussite. Vous me direz aussi que dans cette médiocrité politique ambiante, il suffit juste d’éviter les erreurs et errements de Nidaa Tounes et de calquer la légendaire discipline d’Ennahdha pour que le curseur soit mis au bon endroit. C’est le cas, pour le moment, avec Slim Azzabi comme chef d’orchestre. L’homme avait des ambitions, et n’a pas quitté le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE) et fait toutes ces réunions avec les députés de la Coalition nationale pour jouer les seconds couteaux. Il voulait être servi, c’est son droit, ses partisans lui ont donné ce qu’il voulait en en faisant leur chef de file, en attendant Chahed. Donc “tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes”. Enfin, pour l’instant, car des ombres au tableau il y en a.

Le problème Chahed

Le chef du gouvernement a choisi de demeurer à la Kasbah pour maquiller le plus possible son bilan, qui pèsera lourd, ou pas, face aux électeurs. Pour le moment cette stratégie est loin d’être payante, à en croire la descente aux enfers de sa cote de popularité. Les intentions de vote à l’élection présidentielle, le concernant, suivent la même tendance;  et c’est pire pour les législatives, d’après les dernières enquêtes. Chahed, puisqu’il a décidé de rester à la Kasbah le plus longtemps possible, devra trinquer, pour ce qu’il fait ou ne fait pas mais aussi pour tous les ratés des autres depuis la dite Révolution. Il peut revendiquer et même s’arroger le bon, mais aussi et surtout le moins bon. C’est injuste mais c’est ainsi. Ce sont les règles du jeu, et Chahed les a acceptées quand il s’est installé à la Kasbah, et encore plus quand il a commencé à nourrir des ambitions politiques…

BCE était beaucoup mieux loti en 2013, quand il a monté Nidaa Tounes. Certes il n’a jamais joué dans la même catégorie que Chahed et a beaucoup mois fait que lui; Essebsi avait la charge du pays pour à peine quelques mois (27 février 2011-24 décembre 2011, 9 mois 27 jours exactement), avec pour mission de conduire la transition, et pas la montagne de réformes qu’a lancées Chahed. Et quand il est revenu solliciter les électeurs en 2014, ils se sont rappelés son bilan plutôt honorable, avec un pays qui avait des allures de paradis par rapport aux difficultés de maintenant que doit se coltiner Chahed. Le travail de BCE, même sommaire, lui a suffi pour faire la différence lors des premières vraies élections générales et libres de l’histoire de la Tunisie. L’actuel chef du gouvernement n’aura pas cette chance. Lui va rester au pouvoir plus de 3 ans (depuis le 27 août 2016), il aura donc un bilan épais et devra le défendre face à des électeurs qui ont la dent dure contre tout et tout le monde, beaucoup plus qu’en 2014.

Condamnés à s’entendre

Quand le président de la République a bâti Nidaa, le terrain politique était beaucoup plus dégagé et l’agenda beaucoup moins compliqué : Faire mieux que la Troïka. Ce qui était presque un jeu d’enfant, au vu des horreurs, à tous les niveaux, qu’avait commises Ennahdha et compagnie. Il suffisait juste de s’engager, la main sur le coeur, à faire le contraire de ce qu’avait fait le trio de l’époque pour emporter l’adhésion des citoyens. Alors BCE ne s’est pas fait prier, et ça a marché. Par ailleurs il était l’un des rares à revendiquer le label progressiste, et c’est ce discours que les Tunisiens, surtout la gente féminine, voulaient entendre à ce moment précise après les inquiétantes dérives de la Troïka, que le pays n’a toujours pas soldées d’ailleurs. Chahed par contre a affaire à une rude concurrence, une myriade de 217 partis politiques; quant au label progressiste il n’est plus opérant puisqu’ils sont une pléthore à le brandir. Alors le chef du gouvernement devra inventer autre chose…

Nidaa Tounes va mal, très mal, le parti est même en lambeaux, mais il n’est pas mort. On ne sait pas ce qui en restera mais il en restera quelque chose à coup sûr, et ces vestiges reviendront. C’est un problème supplémentaire que devra gérer Tahya Tounes. Avec cette défiance populaire qui monte et l’abstention que tous les sondages prédisent forte, c’est le pire des scénarios que devra affronter Chahed. Manifestement il devra faire le deuil de la majorité parlementaire forte dont il rêvait et devra se résoudre à partager ce qu’il y aura, un très maigre paquet prédit-on, avec Nidaa et les autres, voire bâtir une coalition avec eux, si Azzabi achève son oeuvre dans ce sens. Chahed devra peut-être même faire ce que certains de ses partisans, notamment Leila Chettaoui, ont beaucoup reproché à Nidaa Tounes, au point de le quitter : Pactiser avec les islamistes et gouverner avec eux. Leila Chettaoui, une théoricienne de la première heure de Tahya Tounes mais qu’on ne voit et n’entend plus, très étrangement…

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On ne peut pas devenir maitre dans un art quand on n’a pas été disciple. La Tunisie continue de faire le difficile apprentissage de la démocratie et tente, tant bien que mal (plus mal que bien, pour le moment), de devenir le premier pays arabe à briller en la matière. Mais sa classe politique, qui hélas apprend en même temps que les citoyens, ne facilite pas la tâche. Pas un jour, une heure sans que les Tunisiens ne reçoivent en pleine poire les sorties de route de leurs “élites” politiques, autant de mauvaises nouvelles qui s’ajoutent à l’inflation, les grèves, les inquiétudes quant à l’avenir, etc. Des Tunisiens qui pourraient le faire payer très cher aux politiciens en s’abstenant massivement aux prochaines élections. Et ils ont été copieusement servis ces derniers jours avec une grosse anomalie chez Al Badil Ettounsi, la série noire qui continue chez Nidaa Tounes et une étrangeté du côté d’Ennahdha, pour ne citer que ceux-là…

Parachutage chez Jomaa

Faouzi Elloumi, un des ténors de Nidaa Tounes, a quitté la barque de manière fracassante. Mais ce qui l’est encore plus c’est comment il a atterri : à Al Badil, chez Mehdi Jomaa, sur le fauteuil de président du Bureau politique, directement, sans autres formalités ! Bon, personne ne doute des qualités personnelles de Faouzi Elloumi, de sa capacité à donner un coup de fouet au parti de Jomaa lequel, il faut le reconnaitre, a un mal fou à taper dans le coeur des électeurs. Mais ce parachutage est tout de même très étrange. En effet si c’est le président du parti qui a imposé ce choix, c’est grave; si les dirigeants du parti en ont décidé ainsi, c’est tout aussi problématique. En effet il est d’usage que ce type de poste soit confié à un militant de la première heure, qui a roulé sa bosse au sein du parti, s’est battu pour lui… Bref, c’est un poste qui se mérite, et ne s’offre pas de cette façon, comme on donne un gros cadeau de bienvenue. La chose n’est pas normale, elle surprend, choque même à certains égards, et assurément alimente la défiance populaire et le pessimisme ambiant. Nidaa Tounes avait aggravé son cas en procédant à un parachutage de la sorte, en installant Slim Riahi, de l’UPL, au secrétariat général, après la greffe entre les deux partis. On connait la suite…

Des nouvelles de Nidaa

En parlant de Nidaa Tounes, le parti est toujours plongé dans le psychodrame du Congrès de Monastir. Le parti traine comme un boulet, trop lourd, ses 2 Comités centraux, avec leurs deux présidents, le fils du chef de l’Etat, Hafedh Caïd Essebsi et le président du groupe parlementaire de Nidaa, Sofiene Toubel, chacun avec son secrétaire général, Néji Jalloul pour Essebsi et Abdelaziz Kotti pour Toubel. Un grand foutoir qui n’a que trop duré. Et maintenant les deux camps communiquent par communiqués interposés, et personne ne sait comment cette affaire finira. Et le fondateur du parti, Béji Caïd Essebsi, ne moufte toujours pas. Il est vrai que c’est plus difficile de tailler dans le vif quand la main risque de frapper son propre fils. Inutile de s’attarder sur le fait que cette affaire fait tache, qui s’ajoute aux autres, à quelques mois des élections. On ne s’explique pas comment Jalloul, qui pourtant en sait un rayon, s’est laissé embarquer dans cette sombre affaire. Puisque les élections des présidents des Comités centraux font l’objet de recours, il fallait avoir la sagesse de ne pas tremper dans cet imbroglio et d’attendre que les litiges soient tranchés, que le droit soit dit et que les deux belligérants soient départages. Au lieu de cela le patron de l’ITES a foncé tête baissée en s’affichant avec Essebsi fils. Quelle tête fera-t-il quand l’affaire sera arbitrée en faveur de Toubel ? En politique certaines erreurs sont des fautes majeures qui peuvent être fatales pour une carrière.

Une invention signée Ennahdha

On connaissait les morts qui votent, mais des morts qui font des dons à un parti c’est nouveau ! Du reste nous allons être un peu plus prudents, cette affaire n’ayant pas encore livré tous ses secrets (c’est le travail de la Cour des comptes). Mais ce qu’on peut dire en l’état c’est que l’explication très saugrenue du porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, donne à l’affaire un caractère surréaliste. En effet il s’est borné à dire qu’il s’agissait d’erreurs dans les numéros de carte d’identité des donateurs. Des erreurs sur un nombre aussi grand, enfin de qui se moque-t-on ?? Tenter de faire passer les vessies pour des lanternes est une preuve de plus du manque de considération des acteurs politiques pour les citoyens. A force de balancer n’importe quoi à la face des Tunisiens et que finalement tout cela ne révulse plus grand monde à part les observateurs et autres analystes, ces Messieurs/Dames se disent que ça aussi ça peut passer, surtout quand c’est lâché par un parti que presque tous les sondages annoncent vainqueur aux prochaines législatives. Quand les électeurs prendront l’habitude d’utiliser la seule arme qui vaille dans une démocratie, la carte d’électeur, les politiciens cesseront de leur parler comme l’a fait Khemiri.

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Une délégation de businessmen s’est rendue en Arabie saoudite les 21 et 22 avril 2019, sous la houlette du ministre du Commerce, Omar Béhi. Pas moins de 25 hommes d’affaires, de moult secteurs, étaient du voyage, c’est pas peu ! Une affaire pourtant qui n’a pas fait grand bruit dans les médias, et pour cause : les Tunisiens, à part des promesses et des voeux pieux, n’ont rien ramené. Pour avoir droit aux gros titres, il en faut beaucoup plus. La Tunisie attendait beaucoup de ce déplacement, déception à l’arrivée, même si la diplomatie et le pari sur l’avenir empêchent les autorités tunisiennes de dire les choses comme nous les disons. Pourtant même le ministre saoudien du Commerce et de l’Investissement n’a pas caché le fait qu’il y ait, tout de même, un gros problème entre Tunis et Riyad, et a émis le souhait d’avoir “des solutions aux obstacles entravant l’accès des services et des investissements entre les deux pays frères”. Mais le fait n’est pas nouveau. Quand le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, a débarqué en Tunisie, la seule qui a osé l’accueillir alors qu’il était vilipendé un peu partout dans le monde entier (à cause de l’affaire Khashoggi), il n’avait pas lâché les billets non plus. Bon, les choses se sont un peu mieux passées quand le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a visité le prince saoudien, mais on est loin du niveau du potentiel entre les deux pays. Et les raisons de cette panne il faut les chercher ailleurs : Le printemps arabe…

La fièvre révolutionnaire tunisienne avait littéralement terrorisé les chancelleries arabes, et elles avaient de bonnes raisons de l’être vu la manière avec laquelle ils administrent leurs citoyens : le bâton pour la population, la carotte pour s’acheter le silence et la collaboration des élites. Et c’est ainsi dans tout le monde arabe, ou presque. Alors quand ça s’agite du côté de la Tunisie avec une contamination possible dans tous ces pays où les droits des citoyens sont confisqués, c’est forcément une mauvaise nouvelle pour les dirigeants arabes. Mais là vu que le printemps arabe a été stoppé net, partout sauf en Tunisie (la Libye se débat dans une crise sanglante sans fin; en Syrie le maitre des lieux a été requinqué par la Russie et il est même question de le réintégrer dans la Ligue arabe; l’Egype est retournée sous le giron d’un “dictateur éclairé” qui file allègrement vers la présidence à vie…), les leaders arabes ont quelques bonnes raisons de jubiler. Et si en plus cette “petite” et insolente Tunisie, qui leur a donné tant de frayeurs et des salves de leçons de démocratie, va mal, politiquement et économiquement, et sollicite ces mêmes dirigeants arabes peu fréquentables, ils ne boudent pas leur plaisir !

La démocratie et la prospérité, surtout pas !

La Tunisie a développé un certain art dans sa capacité à soutirer de l’argent à ses bailleurs, le FMI en sait quelque chose. Mais là en l’occurrence pour les pays “amis et frère” du Golfe, il ne s’agit point de demander l’aumône, mais des investissements, ce que la Tunisie est en droit d’espérer vu le niveau de ses compétences et les opportunités qu’elle offre. Et les Tunisiens se démènent pour convaincre. ça marche pas, ou si peu. Tout le monde se souvient du tour de passe-passe du Qatar lors de la Conférence sur l’investissement, en 2016, où le pactole qui avait été annoncé avait finalement servi à rembourser des dettes, contractées avec le même Qatar. Bref, un montage financier un peu compliqué où le bénéfice pour la Tunisie a été infime. Idem pour le Sommet arabe à Tunis, où la fête fut belle, avec son lot d’amabilités, de belles phrases, de formules compassées, de démonstrations de compassion, mais rien à se mettre sous la dent, ou presque. La cause semble être entendue pour les pays arabes les plus riches : Aider la Tunisie oui, mais pas trop. Juste de quoi survivre, vivoter. Car si jamais le berceau du défunt printemps arabe arrivait à avoir et la démocratie et la réussite économique, ce ne serait pas bon pour les petites affaires des leaders arabes. Si ça marche en Tunisie, les citoyens de tout le monde arabe pourraient avoir une furieuse envie d’adopter le modèle, et ça c’est la dernière que souhaitent leurs dirigeants.

Vous me direz aussi qu’investir dans un pays – la Tunisie – qui rechigne à retourner au boulot depuis la dite Révolution, qui fait grève partout et tout le temps, et dont l’avenir politique est pour le moins incertain n’est pas non plus une sinécure. Oui, certes, mais la France le sait mieux que tout le monde et pourtant elle investit ! L’Italie aussi investit en Tunisie et y a de grands projets, l’Espagne également… Les pays arabes “amis et frères” pourraient et devraient en faire de même, en principe ! Mais si ces mêmes nations étaient capables de faire preuve de compassion, il y a longtemps que les Palestiniens auraient eu leur Etat. Il aurait suffi, il y a des décennies, de geler la production de pétrole pour quelques jours, histoire de tordre le bras au grand-frère américain d’Israël, pour que toutes les concessions soient possibles. Et pour les pays arabes ça n’aurait été qu’un tout petit sacrifice dans un train de vie fastueux. Ce n’est jamais arrivé, et la Palestine tend toujours la main à ses frères arabes pour quelques sous, pour une subsistance de plus en plus compliquée. La Tunisie aussi attend toujours le grand soir, de la part de ses “frères arabes”, qui ne viendra jamais.

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Les militants attendaient autre chose que ce qu’on a vu et entendu au Congrès électif de Monastir et dans les coulisses, pour finir en apothéose dans la capitale avec cette étrange élection des membres du Bureau politique (BP). Passons sur le caractère pléthorique, obèse de ce dernier, pas moins de 32 membres – de bonnes migraines en perspective lors des délibérations ! -, il y a surtout l’art et la matière qui heurtent les moeurs dans les démocraties en bonne santé et portent un coup sévère à la morale publique. Ce n’est pas ça qu’avait promis la direction de Nidaa Tounes aux militants, ce n’est pas la rupture qu’ils attendaient après un chapelet de psychodrames qui ont saigné le parti et fait fuir un paquet de cadres et partisans. Les horreurs de Monastir ont été dénoncées par les militants et même un dirigeant du parti, cela a même fait l’objet d’une plainte, déposée au Comité central de Nidaa Tounes, pour invalider la désignation (et non ‘élection’, puisque cela s’est passé en petit comité, avec des petits arrangements entre amis) des membres du BP. Mais voilà, cette affaire a été gérée comme l’a été le choix des nouveaux leaders du parti : à la hache. Incontestablement, Nidaa a raté là un rendez-vous pour amorcer son renouveau et retrouver un peu de crédibilité. C’est une très mauvaise affaire pour le parti, mais aussi pour Tahia Tounes…

Marché de dupes et foire d’empoigne

En voyant les déboires dans lesquels se débat son ancien parti, on se dit que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a bien fait de refuser la proposition de son mentor, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, de retourner à Nidaa Tounes. De toute façon BCE comme Chahed savaient pertinemment que la chose était de l’ordre de l’impossible. D’abord parce que le chef du gouvernement touche presque du doigt le rêve de bâtir lui-même sa légende et salive déjà. Comme exactement Essebsi du reste en 2013, quand il a monté de toutes pièces Nidaa Tounes. En politique ce n’est pas une tare et encore moins un crime que d’avoir des ambitions personnelles, et BCE en faisant cette offre, qui était plus un appât pour casser la dynamique de son ex-poulain qu’autre chose, en était parfaitement conscient. Le projet de Chahed n’est envisageable que s’il s’éloigne du terrain déjà miné par le fils du chef de l’Etat, Hafedh Caïd Essebsi.

Si BCE avait vraiment voulu que Chahed rentre au bercail, il aurait tendu la perche il y a des mois, tout au moins des semaines, en tout cas bien avant la grand-messe de Monastir. On n’invite pas un tel convive, qui vient forcément avec sa bande (Slim Azzabi, Leila Chettaoui et les autres), au dernier moment, quand tout le monde est à table et que les jeux sont faits, tous les postes importants presque dispatchés. Qu’allait faire le chef du gouvernement à Nidaa Tounes alors que le Congrès électif était déjà dégoupillé et que les ténors se bousculaient, déjà, pour avoir les meilleures places ?? Rien à part compter les points et constater la violence des coups échangés. Ridha Charfeddine, qui était en charge de l’organisation de cette affaire, a eu raison de fuir, pour ne pas y laisser sa chemise et sa réputation avec. Neji Jalloul, qui a participé à ce micmac et avait même son fauteuil dans ce BP bizarre, s’est certes retiré tardivement, mais au moins il l’a fait avant qu’on l’y oblige en annulant la séance de cooptation entre potes.

Tahia tiendra-t-il ses toutes ses promesses ?

Certains, surtout parmi les supporters de Chahed, pourraient se dire que toute cette agitation fait les affaires du locataire de la Kasbah et qu’il n’a qu’à se baisser pour en ramasser les fruits, vu que Nidaa et Tahia pêchent dans les mêmes eaux, l’électorat est le même, l’idéologie et les programmes sont les mêmes et que les seules différences sont des querelles de personnes, des divergences de forme. Bref, pas grand chose in fine. Mais en réalité c’est beaucoup plus compliqué que cela. Tous ces mauvais bruits pourraient démoraliser, démobiliser et pousser les électeurs de Nidaa, et donc de Tahia, à rester chez eux, en se disant que de toute façon ils sont “tous pourris”, une musique qui monte dans les salons de thé, les cafés, les lieux de travail, la rue. Chahed n’a rien à gagner dans la maladie de Nidaa, au contraire tout cela nourrit la défiance populaire et l’abstention, qu’on prédit forte aux prochains scrutins.

Les promoteurs de Tahia Tounes nous ont promis une autre façon de faire de la politique, de réconcilier les citoyens avec la politique… Bref, de réussir là où Nidaa Tounes a échoué. Mais ces slogans, très jolis sur le papier, sont plus faciles à scander qu’à concrétiser. Il ne faut pas perdre de vue le fait que les moules de Bourguiba et de Ben Ali n’ont pas fabriqué beaucoup de démocrates; pour nous tous, citoyens comme dirigeants, la chose démocratique est encore une nouveauté, et même une étrangeté à laquelle on s’essaie, qu’on tente de dompter, pour l’instant très maladroitement. Changer le fonctionnement interne des partis politiques, avec tous ces égos surdimensionnés, ces gros appétits pour le pouvoir et ses honneurs, c’est carrément kafkaïen. Alors les promesses de Tahia Tounes, on les jugera sur pièces.

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On nous cache tout, on nous dit rien. Plus on apprend plus on ne sait rien”. Nous n’avons pas trouvé mieux que ce célèbre refrain du non moins célèbre chanteur français Jacques Dutronc pour parler du flou artistique qui prévaut actuellement sur la scène politique tunisienne. On n’y voit rien, absolument rien, à quelques mois des élections. Même les sondages se contredisent. Et la photo entre le président de la République, Beji Caïd Essebsi et son ex-poulain (et peut-être futur, de nouveau !), le chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’illustre parfaitement. Voilà deux hommes qui se tiraient dans les pattes il y a encore quelques semaines et qui se faisaient une féroce guerre interposée, dans une bataille de tranchées animée par des collaborateurs chargés de faire de ce que les deux têtes de l’exécutif ne peuvent pas s’autoriser publiquement. Et que dire de l’attaque du 20 mars. Et au finish ils posent ensemble, avec des mines réjouies. Très déconcertant ! Bon, on pourra arguer que les circonstances – le Sommet arabe durant lequel une ribambelle de chefs d’Etats et dirigeants ont défilé à Tunis – exigent que les deux têtes de l’exécutif fassent au moins semblant d’accorder leurs violons, mais il y a une autre raison objective qui explique cette détente apparente : Entre temps BCE a eu la confirmation que son ex-protégé lui dégagera la voie, et même l’appuiera, pour avoir un second mandat.

C’était écrit !

Le Sommet arabe de Tunis, c’était celui du chef de l’Etat, il était vraiment dans son élément, il y en avait que pour lui. Le chef du gouvernement, pour le coup, a été confiné dans un rôle de figuration, sagement assis derrière BCE. C’est normal somme toute, on était dans le jardin de ce dernier, le théâtre de la diplomatie, des incantations, des voeux pieux, des prières, sur la Palestine, parfois contre Israël, pour un monde arabe plus solidaire, pour une planète meilleure… Bref, rien qui soit dans les attributions du chef du gouvernement. Mais le BCE qu’on a vu c’est aussi le candidat de Nidaa Tounes à la présidentielle, confirmé en même temps que le Sommet par son fils, le vrai patron du parti – hélas diraient certains -, Hafedh Caïd Essebsi. Bon, BCE candidat de son parti ce n’était un secret pour personne, la seule petite inconnue c’est s’il a vraiment envie de rempiler et surtout à quel moment il l’officialisera. Mais à voir le mal qu’il se donne pour faire le vide autour de lui, jusqu’à dénier à son adversaire le droit de désigner un candidat, il y a très peu de doutes sur son envie d’en découdre encore en 2019.

Chahed, depuis le début, s’est engagé à se ranger derrière le chef de l’Etat s’il décidait de briguer un second mandat, et il l’a redit dernièrement. On peut croire qu’il ne se dédira pas et qu’il tiendra parole. Pour la bonne et simple qu’il ne pourra pas se renier dans quelques mois, trop risqué politiquement. Les trahisons ça paye rarement en politique. L’ancien Premier ministre français Edouard Balludur, enhardi par les excellents sondages, s’était mis en tête de trahir son mentor, Jacques Chirac. Au final sa cote de popularité se dégonfla comme une baudruche et il n’accéda même pas au deuxième tour de la présidentielle de 1995, et c’est Chirac qui fut élu. Nicolas Sarkozy lui aussi piétina Chirac pour passer, il passa en 2007 mais n’eut pas droit à un deuxième mandat présidentiel. L’autre raison, peut-être la meilleure, pour laquelle Chahed ne veut pas du fauteuil de BCE c’est que se contenter d'”inaugurer les chrysanthèmes“, nommer les ambassadeurs et les cadres de l’Armée, se balader aux quatre coins du globe au nom de son pays, c’est trop peu pour quelqu’un, très jeune qui plus est, qui a goûté à l’adrénaline et à l’excitation de la Kasbah.

Allez, un peu de politique-fiction

Pour que le job de chef de l’Etat soit vraiment intéressant pour Chahed, il faudrait qu’il ait plus de pouvoir, un projet qui trotte justement dans la tête de l’actuel président, et ce n’est certainement pas pour céder sa place de suite à quelqu’un d’autre avant d’avoir goutté un peu de la puissance de Habib Bourguiba ! Chahed pourrait aussi, s’il gagnait la présidentielle de cette année, proposer à ses électeurs un référendum pour renforcer son assise et élargir son costard constitutionnel. Mais pour cela il faudrait qu’il ait un bilan assez étoffé et probant pour que les citoyens acceptent de lui confier toutes les clés de la maison, ou presque. Cependant c’est pas gagné pour ce qui est du bilan. Et puis il y a l’obstacle BCE…

Le chef du gouvernement pourrait aussi, si son ex-mentor décide de se cramponner à Carthage, choisir la voie moins risquée des élections législatives, tenter de gagner ce scrutin et se bâtir une majorité au Parlement pour se préparer plus de prérogatives présidentielles, après BCE. Mais il faudra que sa majorité soit assez large pour ne pas être stoppé net par Ennahdha, qui est comme un poisson dans l’eau dans ce système qu’elle s’est bâti et profite de tous les attributs du pouvoir sans ses inconvénients, et qui ne bougera sur la question du changement du régime pour rien au monde. Bref, pour faire ce que Recep Tayyip Erdogan a réussi à faire (changer le modèle démocratique en s’octroyant des pouvoirs jugés démesurés par beaucoup), il faudrait que Chahed soit très costaud politiquement. Mais au rythme où vont les choses, à en croire les sondages, les meilleurs comme les mauvais, c’est mal parti. Jusqu’à ce qu’il nous apporte la preuve du contraire, Chahed n’est pas Erdogan, et la Tunisie c’est pas la Turquie !

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On ne peut pas comprendre la véhémence des propos du président de la République, Béji Caïd Essebsi, mercredi 20 mars 2019, si on ne revient pas sur le dernier baromètre politique de Sigma Conseil. Dans cette enquête, qui reste ce qu’elle est (une photographie du moment et non un état de fait figé qui scelle l’issue des élections), le parti bâti par le chef de l’Etat, Nidaa Tounes, reste, tout de même, incroyablement haut pour les législatives en dépit de toutes ses promesses non tenues depuis 2014. Certes pour ce qui est des chances de BCE à la présidentielle, c’est pas brillant, toujours à en croire ce sondage, mais les jeux sont loin d’être faits quand on voit les mouvements qui s’opèrent actuellement sur la scène politique et qui vont monter crescendo à mesure qu’approche la joute électorale.

Ça ne mange pas de pain !

Face à un chef de gouvernement, Youssef Chahed, qui était manifestement dans ses petits souliers et qui faisait par moments la tête des mauvais jours, BCE s’en est donné à coeur joie. Devant un parterre de personnalités qui étaient obligées de l’écouter religieusement, ou tout au moins de faire semblant, le président de la République a attaqué sec avec les mauvais indicateurs de l’économie et tiré tous azimuts, sur la classe politique mais surtout sur Chahed. Des tirs qui ne mangent pas de pain, d’autant plus que celui qui les décoche n’a aucune responsabilité dans ce qui va de travers dans le pays, en vertu d’une Constitution qui le réduit à portion congrue, ce dont il s’est plaint d’ailleurs et veut corriger, mais aussi parce que le chef du gouvernement a remanié son équipe sans son consentement, ce dont aussi il s’est plaint à la face de Chahed. Faire cavalier seul, comme l’a fait ce dernier, c’est très bien quand ça marche et quand on peut en revendiquer tous les lauriers, mais on ne vous rate pas quand ça coince. Et justement ça coince en ce moment, donc ça ne pouvait pas rater : BCE en a copieusement profité pour malmener son ex-protégé.

Vendeur de rêve, sans plus ?

Cette Constitution qui ne donne pas assez de pouvoir au chef de l’Etat, qu’Ennahdha a faite à sa mesure et qu’elle refuse catégoriquement de changer, BCE rêve de la changer, dit-il. On ne voit pas comment il s’y prendrait (vu le timing, avec un éventuel référendum à quelques mois des élections ou le passage par l’ARP face à un parti majoritaire qui freine des quatre fers), mais l’affichage suffit pour le moment, amplement. La ficelle est là, très grosse, trop peut-être, sous nos yeux, et BCE ne pouvait pas la manquer : l’économie est en panne, et pourrait aller beaucoup mieux si le président de la République avait plus de pouvoir. Pourtant, objectivement, rien n’est moins sûr que cette promesse subliminale du chef de l’Etat, mais on le sait, quand ça va mal les vendeurs de rêve ont plus de chances de prospérer.

Ce que nous dit ce sondage

Un Nidaa Tounes à 20% des intentions de vote aux législatives face à Ennahdha créditée de 24,7%, cela signifie que les électeurs de gauche n’ont pas disparu comme par enchantement, cela veut dire que les anti-islamistes, ceux qui se sont mobilisés par dizaines de milliers en 2013, tous les jours, devant le Parlement du Bardo pour exiger que la Troïka décampe sont bien là, très attentifs. Seulement avec les errements et les reniements de Nidaa Tounes, surtout son compagnonnage avec Ennahdha, pas question de redonner un blanc-seing au parti du chef de l’Etat. Les militants attendent un certain nombre de garanties, et le Congrès électif des nidaïstes apportera la première salve de réponses, notamment avec les choix de personnalités qui seront faits pour piloter le parti. La mauvaise nouvelle pour Tahya Tounes, le parti de Chahed, d’après le même sondage, c’est qu’il n’a pas profité des déboires de Nidaa pour siphonner ses partisans et le mettre définitivement à terre…

Le chef du gouvernement paye sans doute son image un peu brouillée et les bruits selon lesquels lui et Ennahdha c’est un peu la même famille. Il paye aussi son choix de rester à la Kasbah le plus longtemps possible, pour maquiller son bilan dans la perspective de la campagne électorale mais aussi pour que personne ne puisse lui “voler” ses réalisations, toujours en cours. Le hic c’est que de la sorte il rate des mois précieux pour marquer de son empreinte son parti, le façonner mais surtout incarner une image et un leadership qui à eux seuls pèsent lourd sur la cote de popularité. Il se refuse pour le moment à être le chef de Tahya Tounes, mais il ne pourra pas retarder encore longtemps cette échéance. Les mauvais sondages le lui rappelleront…

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L’enquête sur la mort tragique de 11 nouveaux-nés au centre d’obstétrique et de néonatologie de l’hôpital La Rabta, les 7 et 8 mars 2019, est allée très vite. La directrice générale de la Santé au sein du ministère de la Santé, Nabiha Borsali Falfoul, a fait savoir au journal télévisé de la chaîne publique Wataniya 1 ce samedi 9 mars 2019 que l’administration d’un sérum contaminé a provoqué un choc septique qui a été fatal aux bébés.

Dans la journée, le témoignage poignant des parents, qui ont confié qu’ils avaient reçu la dépouille de leurs nourrissons dans des cartons, avait fait un tollé dans les réseaux sociaux et les appels à la démission du ministre de la Santé, le Professeur Abderraouf Cherif, avaient commencé à fuser. Il a fini par rendre son tablier dans la soirée. A noter qu’avant sa démission, le ministre auprès du chef du gouvernement, chargé des relations avec les Instances constitutionnelles et la Société civile et des Droits de l’Homme, Mohamed Fadhel Mahfoudh, l’avait invité, sur sa page Faceboook, à prendre ses responsabilités. De toute façon s’il ne l’avait pas fait il est très probable que le chef du gouvernement, qui a viré des tas de responsables pour beaucoup moins que ça; l’aurait débarqué pour éviter que tout le gouvernement soit éclaboussée par cette sombre affaire. N’empêche que ce drame de grande ampleur restera tout de même une tache sur la santé publique, au-delà de nos frontières…

 

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A quelques mois des élections, même les observateurs les plus avisés y perdent leur latin. Il est vrai que la scène politique est d’une incroyable complexité depuis que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a été débarqué par son parti, Nidaa Tounes, étiqueté à gauche et au centre, et qu’il a dû se bâtir une nouvelle majorité avec les islamistes et les députés de la Coalition nationale. Un scénario inédit, ubuesque diraient certains, mais dont la Tunisie post-révolutionnaire, adepte de toutes les expérimentations, s’accommode. Comme elle s’accommode des étranges relations entre Nidaa Tounes et Ennahdha, avec leur relation qu’on croyait indéfectible mais dont le divorce a été officiellement annoncé il y a quelques mois, par Nidaa. Pourtant cela n’a pas empêché le chef de file de ce dernier, le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), de se rendre chez le leader des islamistes, Rached Ghannouchi. Un revirement spectaculaire que Néji Jalloul, cadre de Nidaa Tounes, a eu le plus grand mal à expliquer. Mais en la matière la dernière sortie de Béji Caïd Essebsi (BCE) n’est pas mal du tout !

Le flou artistique, en attendant BCE

Beaucoup ont vu dans la rencontre entre HCE et Ghannouchi un rapprochement dicté par un problème commun : Chahed. HCE aurait été mu par sa détestation du chef du gouvernement, qu’il cache mal et Ghannouchi par sa méfiance vis-à-vis d’un allié dont on connait encore très mal les ambitions et les véritables motivations. Sauf qu’après cette réunion qui a fait beaucoup jaser, des députés de Nidaa Tounes sont allés signer une pétition qu’ils ont déposée au Tribunal de première instance de Tunis pour exiger une enquête sur l’appareil secret d’Ennahdha. Le dit rapprochement Nidaa-Ennahdha a du plomb dans l’aile, d’emblée. Mais les islamistes ont également apporté la démonstration qu’ils restent les maitres dans l’art de la duplicité, de ventiler leurs oeufs dans plusieurs paniers, en disant haut et fort quelques heures à peine après l’aparté avec HCE qu’ils soutiennent le gouvernement de Chahed, l’ennemi juré de ce dernier. Conclusion : ce fut coup pour coup, 1 partout, la balle au centre. Mais Nidaa a un avantage, que n’a ni Tahya Tounes ni Ennahdha : BCE.

Un retour fracassant ?

Dans sa sortie d’hier, à la tonalité que l’on n’attendait guère, on a retrouvé le virtuose qui avait électrisé les militants, militantes surtout, en 2014 et était parvenu à déboulonner une Troïka chancelante, finie politiquement et qui attendait le coup de grâce. Mais cette fois il n’est plus question de ressortir les vieilles recettes, les vieux missiles contre des islamistes qui représenteraient le danger suprême. Trop éculée comme stratégie, personne ne goberait à nouveau ces arguments, surtout après que le président de la République a pactisé et gouverné avec Ennahdha. Alors Essebsi, qui sait que les citoyens en ont soupé des bisbilles, divergences et divisions d’une classe politique discréditée jusqu’à la lie, a inventé autre chose : “Unité nationale”, “la patrie avant les partis“, “égale distance entre les partis“, “neutralité absolue”, et d’autres slogans qu’il manie avec une extrême dextérité. Il installe déjà dans les têtes qu’il pourrait être le président de l’Unité nationale. Bien imaginé non ? Du reste c’est un job qu’il connait bien, puisque c’est ce qu’il faisait jusqu’à ce que son fils l’embarque dans sa guerre contre Chahed et jusqu’à ce qu’ils décrètent, ensemble, la fin de la lune de miel avec Ennahdha.

Chahed devra faire avec

BCE n’a pas un bilan à travailler, comme le chef du gouvernement, qui lui est contraint de se cramponner le plus longtemps possible à son fauteuil pour maquiller les réalisations qu’il va présenter aux électeurs. Le chef de l’Etat lui est libre, totalement, et n’a de compte à rendre à personne, ou presque, depuis toujours, par la magie de cette Constitution laquelle de ce point de vue présente des avantages. En plus il va profiter de la vitrine du Sommet des leaders arabes pour briller à la face des Tunisiens, ce qu’il a d’ailleurs commencé à faire en supervisant les préparatifs de la méga rencontre. Car dans cette affaire, ce n’est pas le chef du gouvernement qui sera le plus sous les projecteurs, mais bien celui de l’Etat. C’est ainsi. Jusqu’à la prochaine “revanche” de Chahed. Une chose est certaine : Les couteaux sont de sortie, déjà et les stratèges qui affinent les tactiques des uns et des autres sont déjà en action…

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Les promesses non tenues, c’est la maladie congénitale de Nidaa Tounes. On peut y ajouter d’autres variantes : les Rendez-vous manqués, les Virages ratés, etc. Bref, c’est toute cette bouillabaisse indigeste, surtout auprès des militants de la première heure, qui a valu à la formation bâtie par le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi (BCE), sa descente aux enfers. Et on est loin de voir le bout du chapelet des promesses non tenues ! La dernière en date est l’éviction de l’instance dirigeante en place, pilotée par le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), pour laisser BCE reprendre les rênes, jusqu’au Congrès électif. Rien n’a été fait, jusqu’ici. Le ménage n’est toujours pas fait à quelques semaines de ce rendez-vous capital, théoriquement. A ce stade il est légitime pour ceux dont le coeur bat encore pour BCE et Nidaa Tounes de craindre le pire…

Un vieux serpent de mer

Entre Nidaa et les promesses non tenues c’est une vieille histoire, presque depuis la naissance du parti. En fait ça a commencé exactement dès le lendemain de la victoire de Essebsi aux élections de 2014. Alors que le président de la République avait fait une campagne d’une rare violence contre les islamistes et leur projet de société qu’il a présenté comme funeste, avec les assassinats politiques et moult attentats qui ont émaillé le règne de la Troïka, il tourne casaque pour bâtir une coalition avec les islamistes, au motif qu’il ne dispose pas d’une majorité assez confortable au Parlement. Une frange non négligeable des militants pur jus ne lui ont jamais pardonné ce qui était à leur yeux une trahison, une forfaiture, et beaucoup ont déserté les rangs depuis. Le livre des malentendus entre l’état-major de Nidaa et les partisans ne s’est pas refermé depuis. Jusqu’à ce que BCE décide, contre toute logique, de se laver les mains des affaires intérieures de son parti, pour le laisser entre les mains destructrices de Essebsi fils. On connait la suite…

Nidaa Tounes, plus que jamais, apparait comme un malade qui refuse ostensiblement d’ingérer le médicament qui va le sauver, préférant à la place une lente décrépitude. Ce qui se passe au sein de cette formation défie toute logique. Alors qu’on nous promet un Congrès depuis des années, 2016 exactement, le seul rendez-vous capable de sauver ce qui reste des meubles, voire même requinquer le parti, certains se démènent pour faire capoter le congrès. Ceux-là même qui n’ont aucune once de popularité – vous les identifierez très aisément – et qui craignent le face-à-face avec les militants-électeurs. Résultats des courses : Jusqu’ici on n’a aucune date précise pour ce congrès, on sait juste qu’il aura lieu le mois prochain, ce qui est déjà un exploit pour HCE et compagnie.

Comme tout cela finira ?

Pendant ce temps BCE est de tous les combats (avec l’opposition, contre son chef de gouvernement; avec les avocats qui refusent de montrer patte blanche, un jeu très dangereux pour la Tunisie; pour l’égalité homme-femme dans l’héritage; aux côtés de Hamza Belloumi, face aux obscurantistes…), tous les combats sauf celui qu’il doit mener en premier : Sauver son parti. Il n’en parle pas, jamais, en tout cas pas publiquement et s’il est en train de s’activer dans les coulisses ça ne doit pas être assez efficace pour que ça s’ébruite. Aux dernières nouvelles le parti n’allait pas bien, quant à son avenir politique et celui de son fondateur, ils sont tout aussi mystérieux. HCE, par qui tous les problèmes sont arrivés, est toujours en place, solidement installé, encore plus depuis que Slim Riahi a débarrassé le plancher.

Si vous voulez savoir comment tout cela va finir, et bien c’est simple : Tahia Tounes et Ennahdha, sans se forcer ni être particulièrement brillants, ont toutes les chances d’être aux premières loges aux prochaines élections. Il est très probable que les deux formations se neutraliseront avec un score de près de 30% chacune, moins peut-être, ce qui ramené au paquet des votants et à la forte abstention qui se profile privera les deux partis d’une adhésion populaire assez forte pour transformer en profondeur le pays. Mais cela suffira à leur bonheur, puisque cela suffira pour gouverner, gouverner mal mais gouverner quand même. Quid de Nidaa Tounes ?? Et bien si le sursaut n’intervient pas très rapidement, on ira le chercher dans les bas fonds…

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