AccueilAfriqueMozambique : Une série d'assassinats politiques en moins d'une semaine

Mozambique : Une série d’assassinats politiques en moins d’une semaine

Mais qu’est-ce qui se passe au Mozambique ? C’est la question qu’on peut se poser suite à la série d’assassinats politiques dans un temps très court. Trois cadres du parti au pouvoir et de l’opposition, au moins, ont été exécutés au Mozambique en moins d’une semaine, a fait savoir hier mardi 1er novembre la police, selon l’AFP. Une affaire qui tombe au plus mal puisque justement le gouvernement et l’opposition étaient en train de négocier pour enterrer la hache de guerre.

Arao Chiguemane et Antonio Macurreia, les représentants locaux du Frelimo, le parti aux manettes depuis l’indépendance en 1975, ont été tués samedi à Mutua, dans le centre du pays, par une « une dizaine de bandits armés de la Renamo [ le parti de l’opposition, NDLR] », a affirmé le porte-parole de la police lors d’un point de presse à Maputo.
« Ils ont été enlevés, séquestrés et tués. Un troisième homme, qui a été blessé, a réussi à fuir et a confirmé que les bandits se revendiquaient de la Renamo », a-t-il ajouté.

L’opposition a également payé un lourd tribut

Réplique presque immédiate des partisans du parti au pouvoir. En effet quelques heures à peine après le meurtre des deux responsables du Frelimo, Juma Ramos, le leader de la Renamo à l’Assemblée provinciale de Sofala, également au centre du pays, tombe sous les balles de deux individus non identifiés à Beira, la deuxième ville du pays, à à peine quelques dizaines de km de la première tuerie, a indiqué le porte-parole de la police.

D’après la Renamo, un quatrième homme, Luciano Augusto, un ancien guérillero et membre du parti, a aussi été liquidé dans son domicile à Gurué (au nord) jeudi dernier.

Les accusations fusent, des deux côtés

Les deux camps se jettent des accusations à la figure suite à ces assassinats. « Les escadrons de la mort du Frelimo [le parti au pouvoir, NDLR] sont les responsables » de ces meurtres, a déclaré hier mardi le porte-parole du parti de l’opposition. Il fait allusion à des milices gouvernementales qui écument les fiefs de l’opposition pour débusquer et exécuter les fidèles de la Renamo.

Même son de cloche du côté du Frelimo et du gouvernement, qui soutiennent que la Renamo est responsable des assauts dans le centre du pays qui bloquent presque toute l’économie de la région. A signaler que la Renamo, principal organe de l’opposition, était un groupe rebelle très actif durant la guerre civile au Mozambique (1976-1992) ; elle a rompu la trêve en 2013 en signe de protestation contre le Frelimo, qui a la main sur tous les leviers du pouvoir.

En tout cas cette série de meurtres a immédiatement plombé les discussions entre le gouvernement et la Renamo, organisées dans depuis fin mai dans la capitale, avec la participation de médiateurs internationaux. Le dialogue, qui déjà peinait à avancer, a été gelé pour quinze jours. Il faut dire que le meurtre de Jeremias Pondeca, l’un des négociateurs de la Renamo le 8 octobre dernier à Maputo, avait porté un coup presque fatal aux négociations…

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