La Tunisie scelle mercredi son adhésion officielle au COMESA

La Tunisie scelle mercredi son adhésion officielle au COMESA

par -

La Tunisie scellera demain mercredi 19 juillet son adhésion officielle au Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (COMESA). Ce sera à Lusaka, capitale de la Zambie où se tiendra le Sommet des chefs d’Etat et des gouvernements des pays membres de cette zone douanière de l’Afrique orientale et australe.

Finalement, c’est le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui qui apposera la signature de la Tunisie au bas de l’acte consacrant son adhésion. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed qui devrait s’envoler ce mardi après-midi à cette fin vers la capitale zambienne, ne s’y rendra pas, retenu par les derniers développements de la scène politique en Tunisie, selon des sources informées.

En adhérant au traité du Comesa, la Tunisie rejoindra simultanément les institutions financières, techniques, semi-indépendantes et indépendantes du Comesa. Le marché commun compte aujourd’hui neuf institutions (dont une banque, un institut monétaire ou encore une agence d’investissement régionale), deux agences spécialisées et un organe judiciaire (Cour de justice), basés dans différents Etats membres.

Déjà le ministre du Commerce, Omar Béhi avait représenté la Tunisie aux travaux de préparation du sommet de Lusaka. Passant en revue le parti que la Tunisie sera en droit de tirer de cette adhésion, il a expliqué qu’elle sera en mesure « d’impulser ses exportations vers des destinations autres que les marchés traditionnels européens, et ce dans le cadre de l’effort déployé par le gouvernement tunisien pour équilibrer la balance commerciale ». La Tunisie est également devenue membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce qui constitue, avec le COMESA, un marché de consommation de plus de 700 millions de consommateurs.

Un PIB de 1,2 trillion de dollars

En fait, le PIB de la région du COMESA est estimé à environ 1,2 trillions de dollars, se classant ainsi comme le plus grand des groupes commerciaux dans le monde avec une valeur des importations annuelles de près de 170 milliards de dollars et des exportations de 120 milliards de dollars.

« Les échanges dans le cadre de ce marché, qui regroupe 19 pays africains, ont dépassé 4 500 milliards de dollars », selon le secrétaire général du COMESA Sindiso Ngwenya. Un montant qui devrait s’élever à « 6 000, voire 7 000 milliards de dollars » dans les années à venir, calcule-t-il.

Cette adhésion au « bloc régional le plus grand d’Afrique », dont la demande avait été acceptée lors du sommet des États-membres d’octobre 2016, témoigne de la volonté de la Tunisie de consolider ses échanges avec le reste du continent africain. L’objectif étant la libéralisation du commerce intérieur et un marché plus concurrentiel à l’étranger, via notamment une union douanière lancée en 2009.

Des règles de conformité avec le marché

Outre la Tunisie, le COMESA accueillera un autre nouveau membre, la Somalie. Moyennant quelques modifications ou adaptations à prévoir dans leurs législations respectives notamment sur les règles douanières et de libre circulation des biens et des personnes, les deux pays devraient se conformer à la Charte de ce marché de 475 millions de consommateurs.

Pour cette organisation souvent critiquée pour son immobilisme, l’entrée des deux pays lui permet d’élargir son marché au-delà de son espace géographique naturel après que plusieurs pays d’Afrique centrale en ont claqué la porte. A la faveur de la fraîcheur apportée par les nouveaux entrants, le Comesa devrait sans doute réviser la création de son union douanière commune, de son visa unique et le renforcement de la zone monétaire avec son projet de monnaie unique, souligne la « Tribune Afrique ».

D’autres pays africains pourraient également rejoindre ce marché qui reste « ouvert », a estimé le secrétaire général du Comesa , indiquant que « des négociations sont actuellement en cours avec l’Algérie ».

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire