Tunisie : Il était une fois la «caméra cachée» de Rached Ghannouchi....

Tunisie : Il était une fois la «caméra cachée» de Rached Ghannouchi. Un certain 10.10.2012…!

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De toutes les vidéos du cheikh des Islamistes tunisiens, Rached Kheriji dit Ghannouchi, la seule qu’il est impossible d’oublier est celle de sa rencontre avec les Salafistes. Authentifiée par le cabinet du chef des Islamistes tunisiens dans une déclaration à Reuters, elle est expliquée comme une «tentative de Ghannouchi d’amener les Salafistes à l’action politique pacifique». Elle avait été révélée il y a cinq années jour pour jour.

Ce jour-là, un certain mercredi 10 octobre 2012, le leader du parti islamiste tunisien tombait le masque et appelait les Salafistes à ne pas se précipiter pour ne pas perdre les acquis qui leur ont été donnés par la révolution et de bien se préparer. «Désormais, nous avons plus qu’une mosquée, un ministère des affaires religieuses. Les mosquées sont entre nos mains, donnez-y les leçons que vous voulez, lancez des radios et des télévisions et des Madrasa (…). Les islamistes doivent remplir le pays d’associations, mettre en place des écoles coraniques partout et d’inviter les prédicateurs, car les gens sont encore ignorants de l’Islam», disait-il alors, tançant les islamistes radicaux qu’il recevait. Il dira aussi que «les laïques ont les médias entre leurs mains (…) » que «l’armée et la police, ne sont pas garanties», comme pour leur rappeler que les outils de prise du pouvoir ne sont pas encore entre les mains des Islamistes.

  • Un devoir et une exigence de mémoire

Rappeler cette vidéo est d’abord un devoir de mémoire, pour ne pas oublier que ceux qui ont fait la révolution, contre l’indigence, la pauvreté, la corruption et pour la dignité, avaient failli perdre tout cela et offrir leur sang en pâture aux Islamistes pour qu’ils réalisent le 6ème Califat, comme l’avait appelé de tous ses vœux à Sousse un certain Hammadi Jbali, qui croit toujours en une possible contre-révolution. C‘est ensuite une exigence citoyenne, alors que s’approche de l’échéance électorale des municipales auxquelles se prépare Ennahdha, pour ne pas oublier que la Tunisie avait failli, cette année-là, perdre un modèle de société millénaire et pris la mesure du risque de plonger dans un nouveau modèle sociétal qui n’a jamais été l’objet de sa révolution.

Ne pas oublier aussi que l’actuel modèle sociétal de la Tunisie souffre encore, cinq années après cette rencontre de Rached Ghannouchi avec les Salafistes, du discours fielleux de certains Imams dans des mosquées qui sont encore «Out-of-control». Que les Madrasa, que Kheriji avait appelé à mettre en place, existent toujours et n’ont pas été éradiquées. Ne pas oublier que les Salafistes de «Ansar Acharia» ont été presque derrière tous les attentats que la Tunisie a connus.

Ne pas oublier aussi que beaucoup, sinon la grande majorité des islamistes amnistiés et présentés, lors d’une émission d’une chaîne TV privée qui a désormais pignon sur rue, comme des victimes, ont été retrouvés dans beaucoup de camps terroristes où «ils faisaient du sport» et les attentats ou tentatives d’attentats perpétrés depuis en Tunisie. Ne pas oublier l’affaire «Al Ebdilliya», alors que la Tunisie vit et souffre à l’international du «Baiser-gate». Ne pas oublier enfin que c’est ce courant d’un certain Islam qui est derrière tout le malaise sociopolitique que vit la Tunisie depuis sept ans.

  • Un devoir et une exigence de vigilance

Depuis le parti islamiste d’Ennahdha dit avoir changé. Il se cache derrière ce qu’il appelle l’islam politique. Force est pourtant de constater qu’Ennahdha et ses leaders sont versatiles, maniant à merveille le double langage. Ce parti n’est aussi pas en accord total, en son sein, avec cette nouvelle orientation qui ne tient qu’à la présence physique de Rached Ghannouchi, qui tient toujours le parti par sa bourse. C’est aussi et surtout un parti dont l’essence est l’action secrète et l’obligation de patience dans un environnement qui n’est pas celui qu’il voulait, qu’il refuse et qu’il veut et voudra changer, même dans 100 ans. Comme tous les Islamistes, gente de conviction dans un environnement qu’ils ne contrôlent pas, font acte de «Taqiyya» pour dissimuler leurs desseins et renvoyer la concrétisation de leurs véritables objectifs pour des temps meilleurs.

Avec l’annonce de la candidature très probable de Rached Ghannouchi aux prochaines élections présidentielles de 2019 et les préparatifs d’Ennahdha, tambours et moyens matériels battants, aux prochaines élections municipales, le parti lèvera le voile de la «Taqiyya» pour prendre les rênes d’un pays qui sera alors entre leurs mains, de fond en comble, des municipales, conseils régionaux et jusqu’à l’Assemblée des représentants du peuple. C’est ce risque que rappelle encore cette vidéo d’un homme qui n’a vécu que pour le pouvoir. Il dira ce qu’il voudra, niera, expliquera, tournera en rond et manœuvrera, il n’en aura pas moins le pouvoir comme objectif final et l’instauration de son Islam comme finalité pour lui et son parti !

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