AccueilLa UNE53 jours après le 25: R.A.S, ou «Ras-le-bol d’Attendre Saïed»!

53 jours après le 25: R.A.S, ou «Ras-le-bol d’Attendre Saïed»!

On avait presque poussé un ouf de soulagement en entendant avant-hier le chef de l’Etat cadrer la rencontre avec ses amis par les experts du droit constitutionnel, et dire que « il s’agit de la situation politique en Tunisie, et les solutions qui respectent la loi, existent », comme s’il allait enfin annoncer à ce moment-là cette solution miracle, et mettre fin à l’attente de tout un peuple. Mais cela était avant qu’il ne bifurque de nouveau pour répondre à ceux qui l’accusent d’être un putschiste et de s’en énerver jusqu’à enlever son masque sanitaire.

  • Rabâcher, cela finit souvent par générer l’effet contraire 
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Et c’est pendant deux minutes (les 18 minutes trente du discours auraient été suivies par presqu’un million de facebookeurs qui ont laissé derrière eux presque 40 mille commentaires et réactions) qu’il tente, à nouveau et pour la énième fois pendant 53 jours, d’expliquer l’objet et les causes de sa ruade dans les brancards, à ses amis parmi les constitutionnalistes devant lesquels il enfonçait une porte ouverte, comme il l’avait fait aux Américains, aux Européens, aux pays de la région qui le comprennent sans lui donner raison et demandent pourtant la suite.

A croire qu’il ne semble pas en être lui-même assez convaincu pour passer à autre chose et aller de l’avant dans son projet. Au contraire, il nous semble même convaincu, à force de rabâcher devant tous et devant personne que ce n’est pas un coup d’Etat, qu’il n’est pas encore arrivé à convaincre grand monde, hormis ses fans des réseaux sociaux qui insultent tous ceux qui se hasarderaient à critiquer leur idole. Et à force de rabâcher la même question du coup du 25 juillet, Kais Saïed donnerait presque l’impression qu’il ne croit pas lui-même en ce qu’il défend !

Ce faisant aussi, le chef de l’Etat tunisien ne faisait en fait qu’hystériser, un peu plus chaque jour, le débat sur la question de sa prise en main de tous les pouvoirs en Tunisie. Et il reste ainsi, depuis le 26 juillet, pris dans une spirale d’essorage d’un débat, qu’il ne veut pourtant plus public, sur la question des mesures d’exception.

Ceci, alors qu’il aurait pu mettre fin à tout ce débat en annonçant le nom du chef du gouvernement et son équipe, ou au moins sa feuille de route pour mettre le pays à l’abri de tout retour en arrière, au lieu de laisser tout le monde plongé dans les manuels de géographie, chacun présentant sa propre carte.

Entretemps, Kais Saïed prend son temps, perd du temps, le sien et de toute une économie, et donne le temps à ceux qu’il dénonce et vilipende de se réorganiser, et de lui chercher des pouilles à travers les failles de son dispositif qu’on ne fait qu’imaginer, et nourrit enfin un sentiment diffus de ras-le-bol d’attendre que Saïed se décide à dire au reste de la population qui ne le soutient pas aveuglément, sans pour autant le renier, où est-ce qu’il compte la mener et à quelle sauce économique elle sera mangée.

  • Voici le chef de gouvernement que Saïed chercherait : Lui-même

Devant ses amis constitutionnalistes, dont un ancien nominé pour le fauteuil de la Kasbah et qui travaillerait chez la Ligue des Etats Arabes, il délivre son prône. « Ils commencent maintenant à parler du gouvernement. Il était possible d’en constituer un depuis le 26 juillet 2021. Mais est-ce un problème de gouvernement, ou de politique de gouvernement ? Si on a besoin d’un gouvernement, on pourra le faire dans les minutes qui suivent et revenir au point de départ. Le problème est plutôt dans la politique qui sera suivie par le gouvernement ». Le chef de l’Etat pourrait avoir raison, mais est-ce avec des constitutionnalistes qu’il compterait élaborer cette politique, changer peut-être de schéma de développement et préparer la feuille de route et le plan de travail du prochain chef de gouvernement ? Où sont alors les économistes dans cette réunion ? et pourquoi nommer alors un chef de gouvernement qui ne sera qu’un simple premier ministre, simple coordinateur de l’action gouvernementale que concevrait le chef de l’Etat et veillerait simplement à son application la personne à choisir pour le fauteuil de La Kasbah ?

Manifestement, le chef de l’Etat tunisien qui rappelait qu’avec le début de l’ère Bourguiba, il n’y avait pas de ministre mais de simples secrétaires d’Etat, cherchait un Saïed-bis, ou un clone de Saïed pour le poste de chef de gouvernement. Ou au moins, un chef qui ne serait qu’un simple commis de l’Etat.

  • Et alors qu’on blablate sur la constitution, l’Egypte de l’ami Sissi rafle tout en Libye

Et alors que le chef de l’Etat vitupère toujours sur ses ennemis politiques, sur le gouvernement, et blablate sur la constitution, ce qu’il en a fait et ce qu’il voudrait en faire, les voisins et économies semblables à la Tunisie avancent et récoltent les marchés dans la nouvelle Libye. Et c’est le porte-parole officiel du gouvernement libyen, Mohamed Hamouda même, qui l’affirme : les entreprises égyptiennes ont remporté l’écrasante majorité des projets de la reconstruction libyenne.

Il y a eu conclusion d’un protocole d’accord sur de projets à réaliser par des entreprises égyptiennes en Libye.  La Libye et l’Égypte l’ont  en effet signé mardi dernier aux fins de la  mise en œuvre d’une série de projets dans les villes libyennes entre une coalition de sociétés égyptiennes et le Département du développement et de l’évolution des postes de direction du gouvernement d’unité nationale (GNU). « La présence du GNU au Caire est un message de reconnaissance des efforts de l’Égypte en Libye », a déclaré Dbeibah qui était le même jour en Tunisie. Pour sa part, le Premier ministre égyptien a confirmé l’existence d’un programme de formation pour les cadres libyens dans tous les domaines, y compris la sécurité, l’électricité et les communications. Dans le cadre de cet accord, les entreprises égyptiennes contribueront également à la mise en œuvre et au développement de projets d’infrastructure en Libye. La Tunisie qui comptait relancer son économie à travers la Libye, n’aura ainsi que ses yeux pour pleurer, l’insouciance de Kais Saïed vis-à-vis  de la chose économique et de  la mise en place du gouvernement, et son seul souci de la constitution sont  à déplorer. Elle vivra, dans la démocratie à la Saïed, d’amour et d’eau fraîche !

Kais Saïed a certes fini par rouvrir la frontière avec la Libye. Mais trop tard et les dés sont désormais jetés pour les projets avec la Libye !

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