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Tunisie : La transition est aussi énergétique !

Face à une détérioration du solde énergétique découlant d’une relative stagnation des ressources énergétiques nationales et une augmentation ininterrompue de la demande énergétique, les initiatives se multiplient de manière à rassurer l’utilisation de l’énergie. L’objectif étant de réduire, d’une part, le déficit énergétique qui a atteint 1,6Mtep et qui risque de dépasser 6%Mtep, en 2030 et de réussir la transition énergétique en Tunisie, d’autre part.

Un défi qui peut être relevé compte tenu la politique volontariste menée par les parties concernées, depuis des années, dans le but ultime de répondre aux nouveaux besoins des citoyens, à savoir l’amélioration durable de la qualité de vie, la création d’emplois ainsi que le développement des régions les plus démunies.

Ladite politique œuvre à rationaliser l’utilisation de l’énergie. Chose qui ne pourra se faire qu’à travers le renforcement de la stratégie d’efficacité énergétique.

Efficacité énergétique, levier de la réussite transition énergétique

C’est dans ce contexte que l’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME), a organisé une conférence nationale, ce jeudi 20 juin, pour jeter les bases d’une réflexion sur le rôle que pourrait jouer l’efficacité énergétique en tant que levier incontournable de la réussite transition énergétique.

Pour l’ensemble des intervenants présents à cette occasion, l’important,aujourd’hui, est d’élaborer une vision de long terme pour mieux affronter la transition énergétique. Pour Nidhal Ouerfelli, secrétaire d’Etat chargé de l’Energie et des Mines, le changement d’orientation s’impose, donc, pour assurer un développement économique sobre en énergie et en carbone.

Comment se présente le paysage énergétique ?

Un avis partagé par Néjib Osman, directeur à l’ANME, compte tenu des lacunes confrontées. En effet, le paysage énergétique est marqué par deux principales contraintes. Le premier obstacle, d’ordre physique, est lié également à l’évolution de la consommation avec un niveau des ressources en hydrocarbures qui s’est situé entre 6 et 7Mtep, alors que le second est lié à l’impact de l’augmentation des prix.

Autre facteur, celui de la subvention énergétique, considéré comme un fardeau pour l’Etat et qui est passé de 550MD, en 2010, à 1536MD, en 2011, pour atteindre les 2700MD, en 2012, représentant ainsi 10,6% du budget de l’Etat et 4% du PIB. L’économie tunisienne, selon Nejib Osman, est de plus en plus exposée non seulement à l’évolution des prix de l’énergie, mais aussi à des taux de change du dollar, monnaie à laquelle est libellé le baril.

Dans pareille situation, la refonte du système énergétique s’avère une nécessité surtout avec l’existence des marges de main d’œuvre très importantes, étant donné que 20% des gisements énergétiques ne sont pas encore mobilisés dans le monde, particulièrement en Tunisie.

Pour ce faire, une étude a été lancée par l’ANME aux fins d’un plan d’action 2013-2030 qui consiste à déterminer les objectifs de « réalisations physiques » plausibles.

La facture énergétique sera-t-elle améliorée ?

Dévoilant les axes clés du plan d’action, Néjib Osman a noté qu’il devrait se traduit par une amélioration de la facture énergétique, à hauteur de 16 millions de dinars, une économie d’environ 8 milliards pour le budget de l’Etat.

Les décideurs devront, dans ce sens rendre l’efficacité énergétique plus accessible en mettant en place des mécanismes et des incitations encourageantes. Il s’agit également de la restructuration du Fonds National de Maîtrise de l’Energie qui devrait porter sur les ressources pour mieux soutenir les programmes de maîtrise de l’énergie ainsi que les modes d’intervention qui devraient être assouplis et élargis à d’autres instruments de soutien.

De même, la régionalisation d’efficacité énergétique figure comme étant une mesure stratégique qui pourrait être un moyen pour favoriser la promotion de l’emploi. Dans le même cadre, le système centralisé et pyramidal devra évoluer vers un système laissant une place importante à une économie d’énergie à l’échelle des territoires et une substitution énergétique.

Avec l’adoption de ces mesures, les économies d’énergies seraient générées à raison de 30% sur la période 2013-2016 s’élevant à 16,5Mtep et 70% sur la période 2017-2020. Le bâtiment serait le premier contributeur à ces résultats avec 8Mtep, soit 49% des économies générées.

Grâce au plan d’action, les réductions d’émissions cumulées s’élèveraient à 43,9MtCO², soit 5,5MtCO² des réductions annuelles moyennes des émissions de GES.

Wiem Thebti

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