Les données sur le commerce extérieur de la Tunisie durant les cinq premiers mois de l’année 2012 viennent d’être publiées par l’INS. Durant les 5 premiers mois 2012, les exportations se sont accrues de 4,1 % à prix courants et les importations de 14,5 %. Le déficit commercial passe ainsi de 3316 MDT durant les 5 mois 2011, à 4494 MDT pour la même période 2012, soit une augmentation de 35,5 %.
L’évolution montre que le taux d’augmentation des exportations ne cesse de se réduire depuis le mois d’avril, tandis que le rythme d’augmentation des importations ne cesse de s’élever.
En réalité, les exportations baissent pour le deuxième mois consécutif. Et c’est ainsi, -2,5 % durant le mois d’avril comparé à avril 2011 et -2 % en mai 2012 comparé à mai 2011. L’analyse par régime montre que c’est le régime totalement exportateur, qui marque le pas. Ces exportations pour les cinq premiers mois de cette année, que de 1,4 %, contre 20 % à la même période de l’année 2011. Plus grave encore, les importations de ce régime totalement exportateur, reculent de 0,3 % et cela signifie que les exportations de cette partie importante des entreprises offshores, devraient par conséquent baisser au cours des prochains mois.
La portée de ces évolutions, est plus que technique. Indéniablement, la confiance du secteur offshore, semble ébranlée par le tsunami social qui secoue toujours la Tunisie de la Révolution et de la désobéissance civile, avec l’envolée des revendications sociales de toutes parts et l’insécurité qui défie les rapports que lit quotidiennement le président provisoire.
Une évolution géographique à suivre et à interpréter.
L’analyse des résultats du commerce extérieur tunisien pour les cinq premiers mois de l’année en cours, démontre que les exportations ont augmenté, durant toute la période, de 435 MDT, dont près de 300 MDT réalisés sur la Libye. Les exportations (produits agricoles et pharmaceutiques essentiellement) vers ce pays ayant augmenté de 90 % pour des raisons inhérentes à la situation dramatique par laquelle passe en Libye. Par contre, les exportations vers l’Union Européenne, baissent de 4,8 % et particulièrement vers la France où la baisse est de 17,7 %.
Ces baisses, ne sont pas en rapport avec les relations diplomatiques que la Tunisie entretient avec cet espace vital qu’est l’Union Européenne et particulièrement la France qui représente à elle seule plus de 70 % des exportations vers l’Europe. Corrélées avec la réduction des exportations du secteur offshore, ces évolutions n’augurent rien de bon pour l’avenir du commerce extérieur tunisien et les revenus en devises qui en proviennent.
Une correction du tir s’impose, à notre sens, si le gouvernement Nahdhaoui de Hammadi Jbali ne veut pas que le déficit commercial de la Tunisie à laquelle il tient et celle qu’il promettra à ses électeurs, dépasse les 7 et même les 8 % du PIB. Des corrections dans le climat de l’entreprise, pour les entreprises étrangères déjà installées fortement sensibles au climat social et sécuritaire, toujours tendu et pour les hommes d’affaires tunisiens qui ne peuvent pas, comme le leur suggère le ministre Nahdhaoui de la justice, chercher de nouveaux marchés et exporter, par Skype !
Peut-on exporter avec Skype ?
Les exportations baissent, il ne faut pas se le cacher, car les hommes d’affaires sont interdits de voyage, car l’administration devient plus bureaucratique sous l’effet du climat de terreur que sème une justice, elle-même terrorisée par les renvois après la révocation de 81 d’entre eux sans procès, dans les milieux d’affaire, une douane que le gouvernement terrorise par la liste des 61 employés dont 12 cadres accusés de corruption sans qu’il y ait des procès démocratiques et transparents. Elles baissent car les chefs d’entreprises offshores n’ont plus confiance dans un pays, toujours sous état d’urgence. Un pays toujours sans Constitution, avec un gouvernement qui apprend toujours à gouverner et qui voit le complot partout, y compris chez les sociétés internationales de rating. Un pays en totale désobéissance civile où les relations entre gouvernement et syndicat ne sont toujours pas stables et avec un ministère des domaines de l’Etat qui téléguide une confiscation tous azimuts, capable à tout instant de tout confisquer à tout un chacun sans respect des conventions internationales. Le gouvernement Jbali se doit de s’arrêter et au moins de placer, définitivement quelque part, le curseur de ses envies de rupture avec le passé, pour ne pas dire de vengeance !
K.B








