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Kais Saïed à Africanmanager :«Nidaa Tounes doit respecter les délais et désigner un Chef du gouvernement avant mardi»

Le professeur en droit constitutionnel, Kais Saïed a accordé à Africanmanager une interview exclusive, dans laquelle il a appelé le parti ayant la majorité des voix à l’Assemblée des représentants du peuple ( ARP), à savoir Nidaa Tounes à respecter les délais comme le stipule la constitution et annoncer le nom de la personne qui va former la nouvelle équipe ministérielle.

Le constitutionaliste a, en outre, évoqué la marginalisation par la classe politique des difficultés économiques et sociales que vit le pays aujourd’hui. Interview :

Nidaa Tounes n’a pas encore tranché la question du nouveau Chef du gouvernement, Qu’est-ce que vous pensez?

Le président de la République, selon les dispositions de l’article 89 de la nouvelle Constitution, doit charger un candidat du parti ayant la majorité des voix dans l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), de charger la personnalité qui formera le gouvernement dans un délai qui ne dépasse pas une semaine à compter de l’annonce des résultats finaux des élections présidentielles, soit le mardi, 6 janvier prochain.

La personne qui sera désignée par le président de la République et qui pourrait appartenir au parti ayant la majorité des voix dans l’ARP ou autre, doit former le nouveau gouvernement dans un délai d’un mois avec une possibilité de prolongement d’un autre mois pour passer par la suite à l’approbation de l’ARP. De ce fait, le gouvernement doit obtenir la confiance absolue des membres de l’ARP, soit 109 voix.

Toutefois, ni le nom du prochain chef du gouvernement ni celui qui va former l’équipe gouvernementale n’ont été tranchés. On entend parler de plusieurs noms mais en vain. Il semble qu’aucun accord n’ait été encore trouvé, ce qui explique, entres autre, la poursuite des tiraillements politiques entre les partis.

Le parti de Nidaa Tounes doit respecter les délais stipulés dans l’article 89 de la constitution et respecte les interprétations convenues dans le cadre de ladite loi.

L’achèvement du processus électoral en Tunisie, ne veut-il pas dire la fin des tiraillements politiques?

La poursuite des tiraillements restera tributaire des coalitions qui pourraient se nouer entre le parti gagnant et les autres partis politiques avec lesquels il va s’unir, sachant que Nidaa Tounes n’a pas la majorité absolue au sein de l’ARP et il doit de ce fait trouver des partenaires.

Les coalitions peuvent se poursuivre comme elles peuvent être à l’origine d’une crise politique sans précédent.

Mais on peut observer que les tiraillements politiques se poursuivent encore notamment au niveau du choix du prochain chef du gouvernement?

Les tiraillements aujourd’hui ne sont pas autour d’un projet ou d’un ensemble de choix politiques ou économiques mais plutôt autour de la distribution des portefeuilles ministériels. L’approbation du projet de la loi des finances de l’année 2015 avec une majorité confortable étant une preuve parmi plusieurs autres.

Et qu’est- ce que vous pensez de la situation économique et sociale du pays?

La situation économique et sociale du pays se détériore de jour en jour, et les prix des produits de base ne cessent de monter en flèche alors que personne ne s’est intéressé ni à la cherté de vie ni à la classe moyenne qui s’appauvrit de plus en plus .

Pis, personne n’a présenté des solutions qui répondent au moins partiellement à leurs demandes, lesquelles étaient à l’origine des soulèvements populaires qui ont lieu en Tunisie en 2011.

Khadija Taboubi

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