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Tunis :«Le taux de participation des jeunes au second tour restera invariable», affirme Kaies Saied

Pour Kaies Saied, professeur en droit constitutionnel, le discours des deux candidats à la présidentielle devrait évoluer vers une autre étape de la responsabilité que chacun d’entre eux veut atteindre. Car, ce genre de discours contribuerait certainement à la division du pays, confronté à plusieurs défis. Encore, les acteurs politiques devraient avoir recours à la Constitution pour la formation d’un nouveau gouvernement, sinon l’impact serait néfaste sur l’application de la constitution dans l’avenir. Interview

Quelle lecture faites-vous des discours de deux candidats au second tour des Présidentielles à la lumière du climat de tension créé dans certaines régions notamment celles de Sud?

Ma lecture pourrait être marquée par une certaine « tension » sachant que l’enthousiasme dans ce type de campagne électorale est naturel et même habituel. Cependant, je pense que cette « tension» ne pourrait que provoquer des cas similaires dans la rue et même atteindre des niveaux plus dangereux.

Je pense que le discours de deux candidats devrait évoluer vers une autre étape de la responsabilité que chacun d’entre eux veut atteindre. Toutefois, ce que nous sommes en train de constater aujourd’hui pourrait s’aggraver dans les prochains jours et il pourrait même atteindre des niveaux plus préoccupants surtout lors de la proclamation des résultats de deuxième round des élections présidentielles.

D’ailleurs, je pense que ce genre de discours contribuerait certainement à la division. Il s’agit bien évidement d’un phénomène dangereux pour l’Etat tunisien, mais aussi pour les citoyens.

Chaque candidat doit assumer ses responsabilité envers le peuple tunisien sur la base eu égard au fait qu’il s’agit de Tunisiens quelles que soient leurs allégeances politiques ou leurs appartenances régionales.

Et pour les taux de participation au vote ?

Il est inutile de parler des taux de participation pour ce candidat ou l’autre dans cette phase. Car, l’important est de préserver les plans électoraux pour chacun.

Que pensez-vous de deuxième round des élections ?

Je ne veux pas entrer dans ce dossier. Cependant, je peux vous assurer que mon avis reste tributaire de la participation des Tunisiens.

Dans ce cadre, il est important de noter que ce taux de participation n’a pas cessé de régresser d’un rendez-vous électoral à un autre.

Pour quelle raison ?

C’est clair. Les Tunisiens n’ont pas une confiance dans l’institution politique de manière générale. La participation a enregistré un recul considérable par rapport aux élections d’octobre 2011 avec moins d’un million d’électeurs. Même constat pour les échéances présidentielles qui ont aussi enregistré une telle baisse par rapport aux élections législatives.

A mon avis, les Tunisiens ont adressé plusieurs messages à la classe politique de façon générale.

Qu’en est-il de la réticence des jeunes ?

Une question importante se pose dans ce sens : pourquoi l’intérêt s’est concentré sur une classe sociale « plus âgée » alors que la révolution était conduite par des jeunes ?

La réponse est simple : les jeunes tunisiens ont abandonné les partis politiques car ils sont convaincus que leurs discours n’apportent pas une réelle solution à leurs problèmes.

Ce taux de participation va-t-il évoluer pendant le deuxième tour ?

Je pense que le taux de participation des jeunes ne connaitrait pas une évolution étant donné qu’ils n’attendent plus rien des partis politiques. Mais, il n’empêche que tout pourrait changer en cas de survenance d’événements particuliers. Encore, on pourrait estimer une telle amélioration lorsque la compétition sera de plus en plus forte.

Moncef Marzouki a invité son adversaire à un débat télévisé. Cette demande a été rejetée par Béji Caïd Essebsi qui y a vu un « combat de béliers ». Qu’en e pensez-vous?

Chaque candidat a le droit d’inviter son adversaire pour un débat télévisé. C’est l’une des traditions connues dans les pays avancées. Mais chacun a ses positions et ses visions. Il est important de noter que chaque position quelle que soit sa place a des antécédents précis.

Et pour la formation d’un nouveau gouvernement sachant que Marzouki a envoyé une lettre à Béji Caïd Essebsi lui demandant de former le futur gouvernement. Une demande qui a suscité la polémique dans les milieux politiques ?

La meilleure solution est de retourner au texte de la Constitution. Il est à rappeler que l’article 89 de la constitution est mis en application et ce sur la base des dispositions transitoires. Cet article stipule que dans un délai d’une semaine à compter de la proclamation des résultats définitifs des élections, le président de la République charge le candidat du parti politique ou de la coalition électorale ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, de former le gouvernement, dans un délai d’un mois, renouvelable une seule fois. En cas d’égalité du nombre des sièges, la nomination s’effectue selon le nombre de voix obtenues.

Donc, cet article est déjà mis en application depuis 21 novembre, date de l’annonce des résultats définitifs des élections législatives.

A mon avis, la solution se trouve dans la Constitution, et la polémique suscitée ces derniers temps aurait certainement des effets sur l’application de la constitution dans la période à venir.

Wiem Thebti

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