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Mustapha Ben Jaafar veut un « vrai partenariat » à la tête de l’Etat

Dans une interview au quotidien parisien « Le Monde », Mustapha Ben Jaafar, président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), a estimé que « l’essentiel est de mener la transition démocratique à son terme en créant les meilleures conditions pour l’adoption de la Constitution et l’établissement d’une feuille de route pour les prochaines élections. On doit prouver au peuple tunisien qu’on l’écoute. La troïka estime qu’il faut lancer un message d’apaisement au peuple tunisien, créer un choc positif au sein de l’opinion publique et réaliser un plus large consensus autour du projet gouvernemental. »

« Le moment est propice pour faire le bilan de sa gestion et créer les meilleures conditions pour concrétiser le fonctionnement d’un vrai partenariat. Certaines choses ont bien marché, d’autres non. Il faut que tous les partenaires au gouvernement soient associés dans la nomination de hauts cadres et la définition de la politique générale. Il n’y a pas beaucoup eu d’interaction intergouvernementale », a-t-il ajouté.

Le président du parti Attakatol a souligné la nécessité de « placer des indépendants aux ministères régaliens et donner un encadrement politique à cette formation » rappelant que le mouvement Ennahdha a accepté que des indépendants soient nommés aux ministères régaliens, mais « il faut désormais qu’un accord soit trouvé sur des noms. Il faut trouver des personnes qui, une fois en poste, seront capables de s’opposer à un ordre qu’elles jugent infondé », a-t-il souligné.

Interrogé sur les priorités qui sont actuellement celles de la Tunisie, Mustapha Ben Jaafar a cité la sécurité, la stabilité et une administration neutre qui soit ferme contre la violence d’où qu’elle vienne. « Il est désormais nécessaire de rétablir le dialogue entre toutes les forces politiques car tout le monde a contribué à ce climat de violence », a-t-il affirmé.

Au sujet en fin des retards ayant entaché l’élaboration de la constitution, le président de l’ANC a affirmé que « nous sommes entrés dans une ligne droite qui nous mène vers un vote définitif d’ici fin mai-début juin. Il n’y a pas de véritable date butoir car le vote article par article peut prendre du temps selon qu’il y ait consensus ou non. Des élections générales pourraient avoir lieu en octobre ou novembre. Il y a un consensus sur ce calendrier au niveau des groupes parlementaires. Un dialogue national doit être organisé pour consolider cette feuille de route et l’agenda et assainir le climat politique en général », a-t-il dit.

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