L’information sur l’installation d’une base militaire américaine dans la région de Haouaria en Tunisie n’a cessé de soulever une grande polémique et susciter la colère des Tunisiens qui s’opposent catégoriquement à l’installation de tels projets en Tunisie. En effet, selon des rapports italiens publiés par le magazine Al Arab dans son numéro du mardi 21 juillet 2015, les autorités tunisiennes auraient donné leur accord afin de recevoir du matériel américain d’écoute en attendant l’installation d’une base militaire américaine à Haouaria qui remplacera la base qui se trouve actuellement à Sicile. Une base militaire qui aura principalement pour mission de faire des écoutes dans la zone méditerranée. Une information confirmée par le journal algérien Aj Fajr, lequel a rapporté dans son numéro de ce jeudi 23 juillet 2015 que le gouvernement tunisien a donnée son accord pour la proposition américaine de transférer sa base militaire de renseignements de Sicile à Haouaria.
En effet, malgré les démentis apportés par la présidence de la République et les responsables sécuritaires tunisiens, Badra Gaaloul présidente du Centre International des Études Stratégiques a confirmé dans une déclaration à Africanmanager qu’il y aura une base militaire américaine en Tunisie.
L’experte en sécurité a, dans le même contexte, expliqué qu’il y aurait une base militaire « non classique », dirigée par des cadres tunisiens sous le contrôle des États-Unis. Cette base aura pour mission de contrôler toute l’Afrique, selon ses dires.
Cette information qui a alimenté la polémique a été démentie par le porte-parole de la présidence de la république, Moez Sinaoui, lequel a affirmé que la Tunisie demeure attachée à la doctrine militaire établie depuis l’indépendance, rejetant catégoriquement l’installation d’une base militaire étrangère sur son sol, précisant que le principe de la Tunisie depuis l’indépendance est de refuser l’installation de ce genre de base en Tunisie.
Il a, dans le même ordre d’idées, expliqué que la question n’a pas été même évoquée lors de la dernière visite du Président tunisien Béji Caïed Essebsi aux États-Unis d’Amérique.
Lassaâd Bouazzi, un Officier retraité de la marine tunisienne, ex-secrétaire Général du Centre euro-maghrébin de recherches et d’études stratégiques (Cemres) a quant à lui fait savoir dans une note rendue publique suite à ces informations qu’aujourd’hui, les États-Unis restent à la recherche d’une base dont le pays d’implantation obéirait à un ensemble de critères bien déterminés à savoir des infrastructures portuaires capables d’accueillir un flux logistique énorme pour soutenir ses opérations et un emplacement stratégique par rapport aux foyers de menaces les plus importantes qui pèsent sur les intérêts de l’Amérique et l’Europe: le nord de l’Afrique et le Sahel.
Parmi les autres critères, Lassaâd Bouazzi a cité les relations traditionnelles avec l’Occident et une ancienne coopération avec l’Otan, précisant que seuls deux pays sont en mesure de remplir ces conditions à savoir Maroc et la Tunisie.
« Ainsi, s’il existait une contrepartie pour le mémorandum d’entente signé entre la Tunisie et les États-Unis d’Amérique, ça serait bel et bien une base pour l’Africom. En politique, il n’y a pas de privilège gratuit, tout est calculé en fonction des intérêts supérieurs des nations. Et lorsque le privilège est accordé par le plus fort au plus faible, généralement les enjeux recherchés sont grands », a-t-il dit.








