A son introduction en bourse, certains observateurs avaient prédit à la compagnie aérienne Syphax un avenir comparable à celui de Batam. Le sort, la mauvaise gestion et la très mauvaise connaissance du secteur du transport aérien par le fondateur, actuellement député, Mohamed Frikha, finiront peut-être par donner raison à ses cassandres. Il faut pourtant bien préciser que Syphax n’est pas sur le marché principal de la Bourse de Tunis, mais sur l’Alternatif, un marché où l’introduction n’obéit pas aux mêmes règles et surtout un marché dont la caractéristique principale est la prise de risque dans une entreprise qui démarre et c’était justement le cas de Syphax Airlines.
Créée en 2011, elle est introduite deux années plus tard en bourse. L’autorisation de création de cette compagnie avait été accordée par un ministre, Salem Miladi, qui deviendra par la suite son PDG avant que le fondateur ne le renvoie quelques semaines après l’introduction en bourse. C’est ensuite le ministre du transport d’Ennahdha, Karim Harouni, qui permettra à l’opérateur qui ne devait voler que sur Sfax d’opérer partout où il voudra, une décision qui participera par la suite au dérapage de Syphax vers les abysses financières qu’elle connaîtra depuis son introduction en Bourse.
L’entreprise avait été toujours déficitaire, mais cela n’inquiétait personne. Sa levée de fonds sur le marché alternatif de la bourse devait la sauver. Il n’en sera rien. La première alerte ne sera donnée qu’en 2014. «A la demande du Conseil du Marché Financier, la cotation du titre Syphax sera suspendue à partir du mardi 18 novembre 2014 et ce, jusqu’à nouvel ordre». Plus tard, le CMF précisera qu’il avait décelé des irrégularités dans les comptes de l’entreprise. Une enquête sera diligentée par les soins du régulateur du marché financier et au moins trois commissaires aux comptes, sans compter ceux du CMF s’y attelleront. Plus de 9 mois plus tard, personne ne sait rien du contenu de cette enquête, sauf que son rapport devrait atterrir sur le bureau d’un juge d’instruction d’ici septembre prochain. Le principal grief du CMF contre Syphax semble cependant être la non-transparence des comtes où les dirigeants n’avaient pas jugé nécessaire de faire état des grandes difficultés que traversait la Syphax. Très prochainement, le CMF devrait publier le bilan de l’exercice 2013 de Syphax en deux colonnes. La première rapportera les faits tels que signalés par l’entreprise. La seconde, rapportera notamment les dettes qui n’y avaient pas été incluses dans la première copie du commissaire aux comptes. Il était pourtant de notoriété que la compagnie avait d’importantes dettes auprès de ses fournisseurs, comme Tunisair, la SNDP ou encore la compagnie TAV. Et c’est en effet l’un de ces fournisseurs, en l’occurrence l’IATA qui déclenchera l’arrêt de l’activité de Syphax. C’est en effet pour non-paiement d’une facture de 40 mille euros, dont le management de la compagnie dit qu’elle n’est jamais parvenue, que l’Association internationale dont le siège est à Montréal. «IATA has suspended Syphax Airlines FS393 with immediate effect… as airline has failed to pay the amount due in relation in to BSP (Billing and Settlement Plan) processing and management», lit-on dans le document envoyé par l’IATA. Un quiproquo qui pourrait s’expliquer, selon des sources très proches du dossier, par les défaillances du système d’information. Un quiproquo d’autant plus incompréhensible que l’IATA, en tant que chambre de compensation, dispose du compte de Syphax et y aurait pu retenir cette somme, somme toute pas trop importante par rapport au volume d’affaire d’une compagnie aérienne. C’est tout cela et les comptes des exercices 2013 corrigé et 2014 définitif, qui devrait faire mardi prochain, l’objet d’une conférence de presse de la direction de Syphax. En attendant, la compagnie est en total arrêt d’activité.
En attendant l’issue de ce dossier, qui deviendra dans un de ses volets une affaire de justice, le dossier Syphax Airlines a deux aspects. Le premier est purement financier et l’autre boursier. Ce dont on est sûr, selon des sources sûres et très proches du dossier, c’est que l’entreprise ne déposera pas bilan. Elle pourrait simplement être déclarée en situation de difficulté financière et demander le bénéfice des prérogatives de la loi 95 qui la mettra momentanément à l’abri de ses créanciers en attendant la décision du juge pour un plan de restructuration. Elle pourrait même continuer à être cotée.
Sur le volet boursier, la suspension de cotation demeure alors que la direction de la BVMT se mure toujours dans le silence. On sait pourtant que la direction de Syphax avait étudié avec le CMF la possibilité d’une OPR (Offre publique de retrait de la bourse). La condition des 95 % du capital entre les mains des fondateurs n’existant pas met de côté, au moins pour l’instant, cette éventualité. Il ne reste alors que la possibilité d’une OPA (offre publique d’achat) qui devra permettre à Mohamed Frikha de racheter le flottant en bourse. Une enveloppe de 5 à 6 MDT serait nécessaire à cette OPA. On nous indique même qu’il s’y serait engagé auprès du CMF, mais aurait été incapable de fournir les garanties bancaires et financières nécessaires à cette OPA. Wait and see !









Tous les richards passent par cette loi pour les renovations de leurs etablissements et autres afin de rester toujours proprio et beneficier de l’argent publique
Œuvrer tous ensemble pour ne pas permettre à ce filou de profiter du système
Syphax est grillée et bien grillée et pour longtemps ! Qui aurait l’idée de voyager avec cette compagnie fantoche ??