Néji Jalloul, ministre de l’Education, a annoncé à Africanmanager qu’un Livre blanc sera publié prochainement comportant les grandes orientations de son département en ce qui concerne les réformes du système éducatif. Le ministre a, sur un autre volet, nié toute crise entre son département et la partie syndicale. Interview :
Que pensez- vous de récente la crise qui a éclaté entre votre ministère et la partie syndicale ?
Je vous assure qu’il n’y a aucune crise entre le ministère de l’Education et le syndicat national de l’enseignement de base.
C’est une affaire de primes qui demeure en suspens, vu qu’elle ne relève pas des compétences du ministère. D’autre part, les négociations se poursuivent entre le gouvernement et les dirigeants de l’UGTT au niveau de la commission 4+4 afin de trouver la meilleure solution et remédier à cette situation.
Je saisis cette occasion pour vous souligner que les questions relatives aux primes et aux majorations salariales ne concernent pas le ministère de l’Education. D’ailleurs, un accord a été conclu entre le gouvernement et l’UGTT pour renvoyer cette affaire.
Les Tunisiens doivent donc comprendre que la majorité des points ont été débattus au sein de notre département, à savoir la formation, la question des horaires, à l’exception de la question salariale qui est l’objet d’un accord conclu entre le gouvernement et la partie syndicale.
Est-il possible de trouver une solution à cette question avant la prochaine rentrée scolaire ?
Contrairement aux rumeurs ayant circulé ces derniers temps portant sur une éventuelle escalade de la part de la partie syndicale, je n’ai rien vu de tel.
La preuve en est qu’une réunion est prévue au cours de cette semaine pour examiner les préparatifs relatifs à la nouvelle rentrée scolaire. Mais s’ils n’arrivaient pas à un tel accord, ils seraient libres. Toutefois, on s’emploie à trouver une solution. C’est important surtout qu’on ne pourrait jamais diriger le ministère sans avoir le consensus nécessaire.
Comment vous envisagez la nouvelle rentrée scolaire ?
La nouvelle rentrée scolaire sera normale.
Quelles sont les principales failles au niveau du secteur éducatif ?
Le système éducatif fait face à une crise profonde. Il est confronté à plusieurs lacunes comme l’infrastructure, le recrutement des formateurs, jugé arbitraire. Ajoutons à cela l’horaire administratif. D’autres problèmes sont liés au système d’évaluation, j’ai nommé le manque des équipements pédagogiques, la pénurie de laboratoires et de salles d’animation culturelle sans oublier les problèmes de coefficient qui nécessite une révision profonde.
C’est pour cette raison qu’on est en train de résoudre ces problèmes dans le cadre du « Mois de l’école ».
Quelles sont les mesures prises pour réformer le secteur éducatif?
Je vous rappelle que cette initiative consiste en la mise en œuvre d’un programme exceptionnel de rénovation, de restauration et de maintenance des établissements éducatifs dans les différentes régions du pays. On a dépensé jusqu’à ce jour plus de 200 millions de dinars au profit de 1200 établissements éducatifs, sachant que le nombre total est de 4000.
On a encore besoin d’une somme de 600 millions pour relever ce défi, et c’est pour cette raison qu’on est en train de conjuguer les efforts avec les hommes d’affaires et d’autres acteurs pour atteindre cet objectif.
Egalement, on a lancé le dialogue national depuis quelques mois, dans le cadre de la réforme du système éducatif, et ce, en coordination avec l’ensemble des instituteurs, les parties concernées, les parents et les élèves. Plus de 5000 ateliers ont été organisés.
A ce titre, plusieurs commissions communes entre l’UGTT et les composantes de la société civile sont en train de travailler pour publier prochainement un livre blanc. Ce dernier comportera les grandes orientations du ministère de l’Education en ce qui concerne le programme de réforme. Ce libre blanc sera présenté au grand public.
En quoi consistent les grandes lignes de la réforme ?
Au départ, il est important de noter que le système éducatif est changeant et mon intérêt est d’améliorer la qualité de l’éducation.
L’une des réformes adoptées par notre département afin de résoudre la crise qui secoue le secteur éducatif en Tunisie est la suppression du taux de 25% calculé sur la moyenne annuelle et qui vient en renfort en cas de moyenne défaillante obtenue au Baccalauréat.
Les épreuves du Baccalauréat reprendront le rythme naturel selon les normes internationales. Encore, notre département a décidé d’organiser les concours nationaux de la sixième année et de la neuvième année de base. Autre reforme, elle concerne la modification des horaires et de la durée des cours dans les écoles. De même, les vacances d’hiver et de printemps seront d’une semaine au lieu de quinze jours alors que la semaine bloquée sera abandonnée. S’agissant des enseignants, ces derniers vont suivre des formations avant d’entrer en fonction. Car, le but ultime est d’améliorer la qualité de l’enseignement.








