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Tunis-Tourisme : Sousse et Bangkok vont vite remonter la pente, affirment les experts internationaux

Sousse voici bientôt deux mois, Bangkok il ya quelques jours, ont vu leur tourisme frappé de plein fouet par des attentats aussi meurtriers que dévastateurs. Une quarantaine de tués ici, une vingtaine là. Le but poursuivi par les terroristes est le même : porter le coup le plus dur à un tourisme florissant, certes à des degrés divers, mais qui représente une manne essentielle pour l’économie.

Alors qu’en Tunisie comme en Thaïlande, l’on s’emploie à panser les blessures et chercher comment faire revenir les touristes en les assurant que tout sera fait  pour que ces tragédies soient les dernières et les ultimes, les experts en tourisme mondial font montre d’une sérénité et d’un optimisme à première vue surprenants mais très régulièrement étayés par la chronique des tragédies qui frappent le tourisme dans le monde. Le plus grand réseau de télévision du Canada « CBC News », vient de se fendre d’une enquête qui apporte beaucoup d’eau au moulin de cette tendance. Il fait observer que « compte tenu de la façon dont les voyageurs internationaux ont répondu à l’histoire de la violence épisodique et des attaques contre les touristes dans d’autres points chauds de voyages internationaux, l’industrie du voyage de la Thaïlande va récupérer ».

« Une fois le choc initial de cet incident tragique est amorti, ce qui est toujours le cas, les touristes vont revenir », a déclaré Stephen Smith, de l’Université de Guelph professeur spécialisé dans la recherche sur le tourisme. « Normalement, le  tourisme est assez résilient », a-t-il assuré. Il en veut pour preuve l’attentat qui a visé la station l’île indonésienne de Bali en 2002. L’incident a fait les manchettes internationales après que 202 personnes, pour la plupart des touristes étrangers, ont été tuées. Il a fallu environ un an pour que l’industrie du tourisme du pays remonte la pente, a rappelé  Smith.

Le cas de Sousse

Une reprise plus rapide est visible dans la station balnéaire tunisienne de Sousse, où un homme armé a ouvert le feu sur un hôtel local en Juin, tuant des dizaines de touristes, relève CBC News qui ajoute que « deux mois plus tard, les plages sont aussi pleines qu’elles l’étaient auparavant », citant les propos Heather Craig-Peddie, vice-présidente de l’Association des agences de voyages du Canada (ACAC), représentant les organismes et les fournisseurs de voyages de détail du pays.

Elle a évoqué ce qu’elle a appelé « un blip court terme », le terme « blip » désignant en anglais  accroc ou anomalie, ajoutant que la durée de ce « blip » dépendra de la façon dont le gouvernement thaïlandais répondra à l’attentat  et des conclusions de l’enquête, comme le souligne d’ailleurs la communauté des experts internationaux du tourisme. «Je ne pense pas que la violence seule puisse  dissuader les  touristes », a déclaré, à cet égard, Craig Johnson, de l’Université de Guelph,  professeur de sciences politiques connu pour ses  recherches en  conflits ethniques. « Le facteur important est de savoir comment le gouvernement réagit, a-t-il précisé. »

Dans le même ordre d’idées, un rapport publié par le cabinet Deloitte sur les voyages et le tourisme, affirme que « le traumatisme de telles attaques reste probablement ancré, mais l’industrie du tourisme et les clients semblent être devenus plus résilients. Selon le rapport de compétitivité 2015 de Deloitte pour le Forum économique mondial, le rythme auquel l’industrie de l’hôtel récupère après les troubles politiques ou un évènement violent a « considérablement diminué » au cours des quinze dernières années.»

Dans le rapport, on peut ainsi lire que le taux de remplissage des hôtels new-yorkais a mis trente-quatre mois à récupérer du 11-Septembre. En comparaison, il a fallu douze mois aux hôtels madrilènes pour retrouver les mêmes taux après les attentats de 2004, et neuf mois aux hôtels londoniens après ceux de juillet 2005. L’attentat de Boston et le meurtre de Lee Rigby à Londres ont, eux, eu un impact limité, selon le rapport.

Le rapport explique qu’il y a eu un changement de mentalité avec «l’émergence d’une culture du « continuer comme avant », en réponse au terrorisme».  L’Organisation mondiale du tourisme avait déjà identifié ce phénomène après les attentats de 2005, en Égypte où 88 personnes avaient été tuées. Elle avait  alors noté que les changements au niveau des activités touristiques avaient été minimes et que la société civile connaît désormais la nature mondiale de ces menaces [terroristes] et a choisi de ne pas y céder.»

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