AccueilLa UNETunis-Transport public : Le parcours du combattant !

Tunis-Transport public : Le parcours du combattant !

Il est de la toute première évidence que pour le Tunisien, emprunter un moyen de transport public est une véritable course d’obstacles, et cela dure depuis des décennies sous l’effet d’une flotte qui vieillit à vue d’œil, d’une qualité de service déplorable pour ne pas dire lamentable, d’un déficit abyssal des sociétés de transport public et surtout de l’impuissance manifestée par les pouvoirs publics d’y remédier.

Pourrait-on espérer une petite éclaircie du conseil ministériel restreint que le chef du gouvernement, Habib Essid, a réuni ce mardi, pour sans doute dresser l’état des lieux et probablement esquisser une panoplie de mesures qui soulageraient un tant soit peu les misères faites aux usagers, dont les grèves à répétition et le plus souvent pour des futilités ne sont pas les moindres.

Il y a quand même ce  projet du plan quinquennal (2016-2020) de développement du secteur du transport qui  prévoit 3 scénarios de réforme de ce domaine « tendanciel, moyennement optimiste ou ambitieux», pour reprendre ce qu’a affirmé récemment le ministre du Transport Mahmoud Ben Romdhane. Il est à souhaiter qu’il ne s’agisse pas d’une vue de l’esprit.

Ce projet qui accordera la priorité au transport en commun, reprend, selon ses auteurs,  plusieurs grands projets programmés depuis longtemps mais dont la réalisation a été reportée tels que le raccordement de toutes les régions du pays au réseau de chemin de fer jusqu’aux frontières algériennes et libyennes (liaison ferroviaire trans-maghrébine), le port en eaux profondes à Enfidha, la restructuration de la compagnie nationale TUNISAIR et la libéralisation du transport aérien (open SKY).

Le projet du plan, dont les détails n’ont pas été divulgués, a été soumis samedi, aux directions régionales du transport en vue de recueillir leurs propositions dans ce domaine. «C’est la 1ère étape dans l’élaboration du plan quinquennal.

« Nous voulons avoir une contribution positive active et rapide des directions régionales, laquelle contribution doit tenir également, compte des spécificités de chaque région », a noté le ministre dans une  déclaration aux médias.

Le projet du plan sera élaboré en trois étapes: l’identification des besoins des régions, des politiques et des priorités de développement, la détermination de la stratégie finale de développement du secteur et l’élaboration de la liste des projets à réaliser, a précisé de son côté, le directeur général de la stratégie, des entreprises et des établissements publics Lotfi Mhissen.

Le projet du plan quinquennal de développement (2016- 2020) devrait être soumis début 2016, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Croissance de la demande et saturation des réseaux

Selon une étude faite par deux experts tunisiens et qui garde toute son actualité – les mêmes causes produisant les mêmes effets-, la  dégradation des conditions de circulation dans les noyaux centraux surtout dans les 4 gouvernorats du Grand Tunis et leurs périphéries proches, voire lointaines (surtout du côté des nouveaux quartiers fortement motorisés), est  la conséquence d’une croissance importante de la mobilité suite à l’accroissement des revenus et l’augmentation soutenue du taux de motorisation , de la saturation des réseaux routiers, qui sont difficilement extensibles à cause des contraintes budgétaires et des limites des emprises disponibles. Mais surtout, elle est due à « l’incapacité des moyens de transport collectif à faire face, malgré les efforts d’investissements soutenus, à une demande captive sans cesse croissante.

Il est proposé le développement d’un système de transport multimodal équilibré alliant les qualités et les avantages des transports individuels à ceux des transports en commun en site propre. Cela ne  signifie nullement pas la substitution des transports collectifs aux modes individuels mais plutôt l’instauration d’une politique qui dans le meilleur des cas tendra à freiner la montée prodigieuse des modes individuels. L’exemple même de Tunis et d’autres villes dans le monde permet d’affirmer qu’une politique vigoureuse d’investissements dans des modes performants des transports collectifs permet tout au plus de freiner la détérioration de leur part dans le marché des transports urbains, ce qui constitue en soit un résultat important, eu égard aux défauts de plus en plus grandissants des modes individuels.

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