Khaled Chelly, Directeur Général de Tunisair Express estime que « l’ouverture brusque et non réfléchie du ciel pourrait entraîner la disparition du pavillon national d’autant plus que ce genre de décision pourrait porter préjudice à une économie déjà en berne ».
« Oui pour l’open sky dans un horizon de 5 ans, mais ceci reste tributaire de la restructuration de la compagnie nationale en lui fournissant les mêmes outils nécessaires d’une concurrence légale», a-t-il dit dans une interview accordée à Africanmanager avant de rappeler que les négociations ont démarré en Tunisie en 2007 et que la date prévue pour l’ouverture du ciel était en 2010 et ce, dans le cadre d’un partenariat entre Tunisair et l’Union Européenne (UE) avant d’être reportée pour 2011 puis pour 2012 et 2013 en raison de la révolution.
Un travail de 5 ans, mais pourquoi ? Sur cette question, il a indiqué qu’ il faut savoir que les autorités européennes ont scindé la question de l’open sky en deux phases. A commencer par la signature d’un accord horizontal qui stipule l’élimination de la désignation par nationalité de la compagnie avant de la remplacer par une autre européenne. Sitôt cette démarche achevée, les parties concernées entameront les négociations relatives à l’open sky ou la libération de l’espace aérien.
« Toutefois, on ne peut pas actuellement signer l’accord horizontal et ouvrir notre ciel pour toutes compagnies sans pour au préalable compléter l’accord global », a fait savoir le Dg de Tunisair Express.
En effet, cet accord prévoit des garde-fous en termes d’équilibre économique entre les compagnies aériennes, pour ne pas mettre en péril les compagnies de l’un et de l’autre. Il comporte entre autres la mise à niveau de tout le système de l’aviation civile en Tunisie, en termes de réglementation, de contrôle aérien, d’aéroports et de service.
C’est pour cette raison, a noté Chelly, que la réalisation de cet objectif nécessite au minimum un travail de quelques années. Et d’invoquer les difficultés confrontées par une compagnie nationale d’autant plus qu’elle n’est pas compétitive par rapport à un pavillon européen déjà rodé et solide.
D’après Khaled Chelly, l’open sky est devenu un engagement et en tant qu’opérateur, on va s’incliner devant une décision politique. De même, la Tunisie devrait tirer profit de l’expérience marocaine qui a débuté en 2001, et ce, dans le cadre global de préparation.
Les Marocains rappelle-t-on, ont commencé les pourparlers en 2006 avant d’achever tout ce package ces derniers temps.
La position du directeur général de Tunisair Express vient à un moment où la ministre du Tourisme, Salma Elloumi Rekik a annoncé lors de son passage sur Mosaique fm que l’open Sky entrera en application très prochainement.
Elle a mis l’accent sur l’importance de cette expérience et les avantages qui peuvent en découler soulignant que « pour Tunis-Carthage, l’open Sky c’est dans quatre ans ».









On bride l’économie de la Tunisie en la refermant à la concurrence internationale, c’est la même chose pour tout commerce et industrie qui se cramponnent dans la médiocrité derrière les barrières douanières.