Plus intéressées par les noms des nouveaux ministres que par le changement politique que cela pourrait apporter, classe politique et population attendent le prochain remaniement ministériel. Un remaniement que le chef du gouvernement avait lui-même confirmé et annoncé pour après la fin du marathon budgétaire. Un remaniement qu’il avait aussi lié au rendement de ses ministres et son degré de satisfaction de ce rendement. Le doute persiste cependant sur son ampleur et sur le nombre de départements qu’il touchera. Doutes aussi sur l’architecture du prochain gouvernement, ramassée, étendue ou laissée en l’état.
- Gharsalli et Chaker, deux ministres qui resteraient.
Depuis cette annonce officielle du remaniement, les «fuites» de noms et les supputations sont légion. Des supputations qui donnent par exemple le ministère des Finances à l’actuel SG du gouvernement Ahmed Zarrouk. Ce dernier aurait reçu instruction, du chef du gouvernement Habib Essid, parti en visite officielle en Jordanie et au Qatar, d’accompagner Slim Chaker à l’ARP lors des séances de discussion. Et c’est cet accompagnement qui a fait dire à ceux qui font et défont actuellement le gouvernement, que Zarrouk sera ministre des Finances.
Des supputations aussi, qui cette fois reprennent de plus belle, concernant le probable départ de l’actuel ministre de l’Intérieur. Le nom de Najem Gharsalli avait déjà fait polémique lors de la formation du gouvernement Essid. Ce dernier l’a cependant beaucoup défendu, ce qui a fait monter la cote de popularité d’Essid à la Kasbah. Nombre d’observateurs que nous avons contactés estiment ainsi peu probable son remplacement, au vu du bilan de Gharsalli en matière de lutte antiterroriste, surtout après l’avoir défendu et l’avoir libéré de la tutelle de Rafik Chelly et de celle des quelques autres responsables. Il reste aussi à relever l’importance de ce ministère pour Essid qui en faisait partie, une importance qui équivaut à celle du ministère de la Défense dans d’autres pays, ce qui rend très peu probable que le chef du gouvernement en change le premier responsable. Ce faisant, il mettrait le MI aux enchères politiques des prochains marchandages avec les partis de la coalition. Essid prendrait alors le risque inconsidéré que le MI, une des colonnes principales du chapiteau de l’Etat de la 2ème République, tombe dans l’ escarcelle d’un autre parti que Nidaâ Tounes. Cela, d’autant plus que, selon des informations croisées dont nous disposons, ce prochain gouvernement se ferait suivant la formule 4-4-2.
- 40 % Nidaâ et 40 % Ennahdha
Des informations que nous avons pu croiser entre plus d’une source, font en effet état de l’orientation du chef du gouvernement Habib Essid vers la constitution d’un prochain gouvernement, plus politiquement homogène. Le prochain gouvernement devrait ainsi recentrer la prochaine coalition gouvernementale autour des affinités politiques de ses composantes. C’est ainsi, selon nos sources, que le chef du gouvernement, qui aurait, paraît-il, pris enfin conscience des défis notamment sécuritaires qu’affronte la Tunisie et préparerait d’importantes nouvelles mesures dans ce sens, pencherait pour une coalition qui puisse réellement compter sur l’appui de ses principales composantes. On s’orienterait ainsi vers une sortie d’Afek Tounes de Yassine Brahim de la coalition, le retour en force de l’UPL de Slim Riahi et le renforcement de la présence d’Ennahdha dans le gouvernement. Nos sources évoquent même un partage à 40 % des portefeuilles du gouvernement pour Nida Tounes, autant pour Ennahdha et 20 % pour l’UPL. Ce faisant, Essid scellera encore plus la coalition Nidaâ-Ennahdha qu’avait entamée le chef de l’Etat et patron d’Essid, Béji Caïed Essebssi. Impliquant ainsi plus Ennahdha, il aurait les coudées plus franches en matière de gouvernement et de décision, nous indiquent nos sources.








