Lorsque le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi (BCE), avant lancé son initiative d’un gouvernement d’union nationale (GUN), il avait bien spécifié la nécessité que les deux organisations nationales (UGTT & Utica) en fassent partie. A défaut, BCE avait même prédit que le GUN (acronyme dont la signification en anglais devient arme à feu) ne tirera même pas sa première cartouche et ne chassera aucun gibier. Tout le monde s’accordait à dire que BCE voulait impliquer les deux frères ennemis socio-économiques, dans les nécessaires actions de sauvetage du pays.
L’UGTT, comme l’UTICA, ont vite compris le jeu «machiavélique» de BCE et vite refusé de s’impliquer. A moins que ce ne soit par calculs politiciens, les deux ont en effet fait faux bond en annonçant à plusieurs reprises qu’elles ne sont pas intéressées par le gouvernement. Les mauvaises langues citeront un dicton tunisien connu à propos d’envie et de refus.
On n’a pas encore entendu que l’organisation patronale ait opposé un quelconque véto contre tel ou tel ministre, de l’ancien ou du prochain gouvernement ou même qu’il ait fait une quelconque proposition de nom à Youssef Chahed pour tel ou tel ministère. Il est cependant de notoriété publique que l’omnipotente organisation syndicale ouvrière, l’UGTT, avait déjà «demandé la tête» d’au moins deux ministres du gouvernement Essid
Reçu mardi 16 août 2016 par Youssef Chahed, le SG de l’UGTT a estimé que «il considère que le changement de certains ministres est nécessaire dans la mesure où, selon lui, ils n’ont été d’aucun apport pour la stabilité économique et sociale dans le pays », rapporte la TAP. Et de citer Abassi qui disait que « il n’est plus possible de traiter avec certains ministères du gouvernement sortant à l’instar des Affaires religieuses et des Finances». Mohamed Khalil et Slim Chaker sont ainsi devenus des «persona non grata» et les deux têtes de turc du moment de l’organisation syndicale qui ne veut pas participer au gouvernement pour ne pas en supporter les responsabilités, mais fait tout et le dit pour en désigner ceux qui lui plaisent et en interdire ceux qui n’auraient pas la fibre UGTT.
Bien avant eux, il y avait eu les ministres de l’Education Jalloul et de la Santé Aïdi que l’actuel chef du gouvernement des affaires courantes n’avait pas publiquement soutenus mais ne les avaient pas non plus renvoyés. Aïdi et Jalloul avaient alors, tous les deux, engagé un bras de fer avec les syndicats UGTT à propos des augmentations salariales. Pour Slim Chaker, il fait depuis quelques temps l’objet d’une virulente campagne de presse, comme pour en faire le «pestiféré» que Chahed devrait éviter alors qu’il a été l’un des rares ministres à prendre quelques mesures, impopulaires mais nécessaires, qui engageaient la Tunisie sur les voies de la réforme, bancaire (avec notamment le choix sur candidatures des DG), fiscale (avec notamment la fiscalité des médecins et des professions libérales) et douanière (avec notamment la baisse des DD pour lutter contre la contrebande).
Faisant feu de tout bois et poussée par ses bases à la défense d’intérêts purement privés, la centrale syndicale se goure lourdement et présente l’actuel ministre des finances, Slim Chaker, comme le mouton noir de l’affaire Stip (Société des industries pneumatiques). Or, cette entreprise qui demande la garantie de l’Etat pour prendre plus de crédits, n’est plus publique puisqu’elle vient d’être rachetée par un homme d’affaires du secteur privé.
Il faut dire que la centrale syndicale ne recule devant rien pour modeler la composition du prochain gouvernement de manière à ce qu’aucun ministre ne puisse dire non à aucune de ses exigences financières quitte à ce que cela soit contre la loi, comme pour ce qu’elle demande du ministre des Finances (Voir notre article).
C’est ainsi que l’UGTT agit pour exclure du choix de Chahed ceux parmi les ministres qu’elle n’aime pas. Reste à se demander si le prochain chef de gouvernement est au courant de telles pratiques et s’il va se laisser dicter ses choix de ministres par l’UGTT et s’incliner, comme ses prédécesseurs, devant ses desideratas ?









je suis fière de notre UGTT
sans eux, les fonctionnaires, et le petit peuple aurait été décimé par les rapaces de ce pays de médiocres