Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont discuté lundi de l’imposition d’une interdiction d’importation sur les produits provenant des colonies israéliennes, suite aux pressions exercées par de nombreux États membres.
« Tout le monde s’accorde à dire que la situation en Cisjordanie est véritablement intolérable », a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, en ouverture d’une réunion à Bruxelles, selon l’AFP.
« Ce qui se passe en Cisjordanie rend de plus en plus impossible la mise en œuvre d’une solution à deux États. »
Plusieurs pays de l’UE, dont l’Irlande, les Pays-Bas et l’Espagne, ont déjà imposé leurs propres restrictions commerciales aux colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, considérées comme illégales au regard du droit international.
Sous la pression exercée sur l’ensemble de l’UE pour qu’elle prenne des mesures, l’exécutif du bloc a présenté la semaine dernière des options pour limiter les échanges commerciaux avec les colonies, y compris une interdiction.
« Les États membres ont formulé de nombreuses demandes concernant l’interdiction du commerce avec les colonies illégales », a déclaré Kallas.
« Voyons si ces options proposées actuellement bénéficieront d’un soutien plus marqué de la part des États membres. »
Des diplomates ont indiqué que le débat qui s’est tenu lundi à Bruxelles ne devrait pas aboutir à des décisions concrètes, mais qu’il permettrait de sonder l’opinion publique quant à un soutien suffisant pour aller de l’avant.
La lenteur des discussions a irrité les pays désireux de limiter les échanges commerciaux, certains diplomates accusant la Commission européenne de faire traîner les choses.
À Bruxelles, les avis divergent quant à savoir si cette mesure nécessiterait l’approbation des 27 États membres ou seulement une majorité pondérée.
Selon des diplomates, l’Allemagne et l’Italie, acteurs clés, n’ont pas encore pris de décision à ce sujet.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Plus de 500 000 colons israéliens vivent sur ce territoire, à l’exclusion de Jérusalem-Est, parmi quelque trois millions de Palestiniens.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné l’expansion implacable des colonies israéliennes en Cisjordanie, affirmant dans un rapport consulté par l’AFP le mois dernier qu’elles contribuent à la pire crise de déplacements de population que le territoire ait connue depuis 1967.
L’UE est depuis longtemps paralysée par des divisions quant à sa position vis-à-vis d’Israël, certains membres soutenant fermement le pays et d’autres les Palestiniens.








