L’ancien garde du corps de Oussama Ben Laden, le Tunisien Sami Aidoudi, extradé par les autorités allemandes, a été relâché suite à l’expiration de la durée de sa garde à vue, a annoncé, vendredi, le porte-parole du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme Sofiene Selliti.
Il a expliqué qu’à l’issue du l’interrogatoire auquel a été soumis ce vendredi Aidoudi en présence de son avocat et en raison de l’expiration de la durée légale de 15 jours de sa garde à vue, il a été décidé de le remettre en liberté tout en poursuivant les investigations.
Le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme s’est saisi de l’affaire et le ministère public a ordonné l’ouverture d’une enquête après l’expiration de la durée de la garde à vue du suspect, a ajouté Sofiene Selliti.
Ce développement s’inscrit dans le cadre du processus au cours duquel la justice tunisienne est appelée à décider du sort d’un ex-garde du corps présumé d’Oussama ben Laden qui a été expulsé d’Allemagne dans des circonstances controversées.
L’homme a été rapatrié dans son pays natal en Tunisie au début du mois, en dépit d’une décision du tribunal l’autorisant à rester en Allemagne en raison des craintes qu’il puisse être torturé en Tunisie.
L’homme a été rapatrié dans son pays natal en Tunisie au début du mois, en dépit d’une décision du tribunal l’autorisant à rester en Allemagne en raison des craintes qu’il puisse être torturé en Tunisie.
Les autorités chargées de la lutte antiterroriste auraient déclaré que leurs vis-à-vis d’Allemagne ne leur avaient pas demandé de le récupérer, et il n’est pas exclu que la Tunisie décide de le poursuivre en justice.
Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, a démenti que l’homme ait été déporté illégalement, affirmant qu’il n’a fait qu’appliquer la décision de l’Etat de Rhénanie du Nord-Westphalie de l’expulser. Il s’exprimait lors d’une rencontre sur les projets d’extension de la liste de «pays sûrs» désignés, dont les citoyens sont inéligibles à l’asile, comprenant la Tunisie.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré qu’il n’avait pas fait pression sur les autorités régionales pour accélérer la procédure, même s’il était politiquement important d’expulser le suspect rapidement.
Sami Aidoudi a été accusé d’avoir suivi une formation dans un camp d’Al-Qaïda en Afghanistan en 2000 et d’avoir servi de garde du corps pour Ben Laden, à plusieurs reprises. Il a nié ces accusations.
Il avait initialement demandé l’asile sans succès en 2006. L’homme de 42 ans a séjourné durant les huit dernières années dans la ville allemande de Bochum avec sa femme et ses enfants, qui ont la nationalité allemande.
En juin dernier, Aidoudi a été arrêté en application d’une décision de justice. Mais le 12 juillet, une autre décision du tribunal a décrété l’annulation de cette décision. Le jugement aurait été envoyé par télécopie, mais les autorités n’en ont pas pris bonne réception avant l’embarquement de l’expulsé à bord de l’avion qui devait le ramener en Tunisie.
Le lendemain, un tribunal de Gelsenkirchen a jugé que son expulsion était «manifestement illégale» et a ordonné qu’il soit ramené en Allemagne. Il a confirmé la décision précédente qui avait déclaré que la Tunisie n’avait pas fourni la garantie que l’homme ne sera pas torturé. La loi allemande stipule que les étrangers ne peuvent pas être expulsés s’ils sont menacés de mort ou de torture.
Seehofer, un notoire adversaire de la politique d’immigration d’Angela Merkel, a pointé un « dysfonctionnement de communication» pour la déportation, s’attirant une réponse sceptique des deux côtés de l’échiquier politique. Le ministre de l’Intérieur avait déjà appelé les agents des migrations à traiter cette affaire en tant que priorité.
Sami Aidoudi, qui serait arrivé en Allemagne en tant qu’étudiant en 1997, a à plusieurs reprises nié les accusations portées contre lui et dit qu’il étudiait à Karachi au moment où il aurait travaillé pour Ben Laden.








