Un dicton tunisien dit en substance que «l’ignorant fait à lui-même ce que ne lui ferait pas son pire ennemi» [ يفعل الجاهل بنفسه مالا يفعله العدو بعدوه]. C’est ce à quoi s’est livré le fils du chef de l’Etat et responsable de la Commission Politique de Nidaa Tounes, dans un communiqué signé de sa main en date du 21 novembre 2018 qu’il avait commencé en s’alignant sur la position de l’UGTT dans l’affaire de la grève de la fonction publique, en rappelant que c’est aussi la position de son père.
Dans ce communiqué, Hafedh Caïed Essebssi (HCE) «appelle le gouvernement à charger un groupe de vraies compétences, spécialisées en économie et en finance, d’approfondir la réflexion avec les bailleurs de fonds, et à leur tête le FMI, pour une restructuration de la dette et la mise au point d’une nouvelle feuille de route pour sortir de la crise, le tout, dans le respect des engagements qui ne seraient pas en contradiction avec l’intérêt supérieur de la Nation et des citoyens».

Ce que ne savait pas BCE Jr, c’est que la demande de rééchelonnement ne se discute pas avec le FMI, mais avec le Club de Paris, qui est «un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés».
Ce que ne sait pas non plus Hafedh, fils de Béji, c’est que l’annonce faite de rééchelonnement de la dette signifie automatiquement une annonce de mise de la Tunisie en état de cessation de paiement. Cela fermera, de manière tout aussi automatique, les portes de tous les bailleurs de fonds devant la Tunisie.
Hafedh Caïed Essebssi n’a certainement fait aucune recherche sur Internet, avant de signer son communiqué. Il aurait alors lu tout ce qui était arrivé en Argentine, lorsqu’elle s‘était déclarée en défaut de paiement en 2001. Cet article du journal français La Tribune, lui donnera certainement une idée plus claire sur les conséquences d’une telle décision, si elle venait à être prise en Tunisie.
De plus, l’ignorance du responsable du parti Nidaa Tounes de la chose économique fait qu’il ne sait manifestement pas que tous les crédits ne sont pas placés à la même enseigne. En effet, une fois la requête de la Tunisie de rééchelonnement de sa dette déposée auprès du Club de Paris, les dettes du FMI et de la Banque Mondiales restent intouchables et ont même priorité absolue de paiement, car classée «dette Super Senior». Le FMI a en effet ce statut à travers les conventions du marché. Banque de tous les pays, le FMI où la Tunisie verse aussi sa participation, ne pourra plus prêter si l’emprunteur a des arriérés impayés.
Se joignant à la horde de ceux qui accusent le FMI de tous les malheurs financiers de la Tunisie et qui oublient de parler des causes du recours à la dette du FMI ou de la BM qui est intrinsèque aux difficultés économiques propres à chaque pays, Nidaa Tounes et sa Commission politique voudraient ainsi pousser la Tunisie, définitivement, vers le gouffre et le chaos financier. Merci Nidaa Tounes !








