La directrice commerciale de la Société nationale immobilière de Tunisie(SNIT) Samira Zouaoui a affirmé dans une interview accordée mardi 1er octobre 2019 à Africanmanager , que depuis le lancement du programme du premier logement, une forte affluence a été enregistrée au niveau des demandeurs tunisiens de logements.
Elle a, dans ce contexte, affirmé que 100 logements, d’une valeur global de 11,5MDT, ont été attribués aux personnes concernées par le programme en question, précisant que le nombre de ventes des maisons est jugé satisfaisant.
Réagissant à la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier notamment durant ces dernières années , Samira Zouaoui a assuré que la Société nationale immobilière de Tunisie met en vente des appartements moins chers et à des prix abordable pour la classe moyenne, tout en respectant leur pouvoir d’achat, et ce afin d’équilibrer le marché de l’immobilier et lutter contre la hausse des prix des logements.
A noter que l’Etat a créé la Société Nationale Immobilière de Tunisie (S.N.I.T), première institution publique nationale chargée d’entreprendre et de financer des projets d’habitat destinés aux différentes couches sociales. Ainsi, en tant qu’opérateur unique de l’Etat dans le secteur de l’habitat, elle est chargée à la fois de fonctions de lotisseur, de promoteur et d’organisme de crédit.
Les conditions d’acquisition du « Premier logement »
Le programme du chef du gouvernement, Youssef Chahed, a pour objectif de faciliter à certaines catégories de citoyens, notamment la classe moyenne, l’accès au logement. Des avantages ont été accordés dans ce sens, comme la prise en charge par l’Etat de l’apport personnel initial, à hauteur de 20% du coût du logement, sachant que le crédit est plafonné à 150 mille dinars.
L’acquéreur bénéficiera également d’une période de grâce de 5 ans et ne remboursera l’Etat que sur 7 ans, avec un taux d’intérêt de 2%.
Le programme s’adresse à toutes les personnes (du secteur privé et étatique) désireuses d’acquérir un premier bien immobilier. Pour être éligible, le couple doit satisfaire à un certain nombre de conditions, à savoir le revenu, lequel doit être égal ou supérieur de 4,5 fois le SMIG, (soit entre 1600 et 2900 dinars).
Le bien immobilier doit être aussi nécessairement acheté auprès d’un promoteur. De même, le demandeur de crédit bénéficiera d’un autofinancement de 20% octroyé par l’État, remboursable sur 12 ans dont 5 années de grâce et à un taux d’intérêt estimé à 2%.
A noter que le programme du premier logement constitue la principale mesure prise par le gouvernement d’union nationale dans le domaine social, en dépit de la conjoncture économique difficile.
Hausse 10% des prix de l’immobilier au 2e trimestre 2019
L’Institut National de la Statistique a rendu public, le 26 août, les dernières données sur l’indice des Prix de l’Immobilier du deuxième trimestre 2019, avec une hausse de 5,4% en comparaison avec le premier trimestre de la même année.
Cette évolution est attribuée à la hausse des prix des logements de 10,5% contre -3% au premier trimestre, et une hausse de 7,8% des prix des appartements contre une progression de 7,4% durant les trois premiers mois de l’année.
En glissement annuel, l’INS annonce une hausse de 10% de l’indice des prix de l’immobilier au deuxième trimestre, après un ralentissent observé en 2018. Le rythme de progression des prix a donc retrouvé son rythme d’avant 2018, selon l’INS. Les prix des appartements ont enregistré une croissance de 13,5% par rapport à la même période en 2018 contre une moyenne de 9% sur les cinq années précédentes (2014-2018).
Les prix des maisons ont enregistré une hausse de 11%, contre une moyenne de 8,6% sur la période 2014-2018. Les prix des terrains ont, quant à eux, connu une évolution de 8,2%, contre une moyenne de 7,3% entre 2014 et 2018.
En revanche, les transactions ont reculé de 10,3% au deuxième trimestre 2019 par rapport au deuxième trimestre 2018, après une baisse de 7,9% au premier trimestre. Les transactions sur les terrains ont ainsi diminué de 11,3%, sur les maisons de 9% et sur les appartements de 6,1%.
A vrai dire, la hausse des prix et la baisse du pouvoir d’achat ont fini par rattraper le secteur immobilier. Les délais de construction sont de plus en plus long, les matériaux et prestataires de plus en plus chers, alors qu’en parallèle, le Tunisien peine de plus en plus à joindre les deux bouts.








