AccueilLa UNEAustérité bien ordonnée, commence par soi-même

Austérité bien ordonnée, commence par soi-même

Les ressources propres de l’Etat ont augmenté de 2,411 Milliards DT, dont 2,337 Milliards DT en augmentation des recettes fiscales et 74,3 MDT en recettes non-fiscales. A fin août dernier, le trésor de l’Etat tunisien avait ainsi pu récolter et mobiliser plus de 20,566 Milliards DT, un montant en hausse de 10,4 % par rapport à la même période de 2020.

Et avec une pression fiscale, théoriquement de 24,6 % et dont la réalité dépasserait les 30 % selon certains experts, l’IR (Impôt sur le revenu) a dépassé les 6 Milliards DT en août dernier, l’IS (Impôt sur les sociétés) avait approché les 2 Milliards DT, malgré le Covid-19 qui a décimé les entreprises, et l’impôt sur les entreprises pétrolières a baissé de 10,6 % « grâce » aux mouvements sociaux qui ont secoué le pays et n’a même pas pu récolter 336 MDT en huit mois.

La Douane a aussi sévi et ses frais ont rapporté 892,6 MDT au trésor, la consommation toujours en hausse et ses TVA aussi de 32 %, en a rapporté plus de cinq fois plus, cumulant à plus de 5,6 Milliards DT, alors que les droits de consommation rapportaient plus de 2 Milliards DT à la même période.

  • Les salariales ont augmenté de 121,6 MDT en un seul mois !

Les dépenses en salaires ont, elles aussi augmenté de 121,618 MDT en un mois, passant de 11, 742 Milliards DT en août 2020, à 13, 3360 Milliards DT en août 2021. Vivant au-dessus de ses moyens, l’Etat tunisien qui peine à mobiliser les ressources à l’étranger et assèche la liquidité locale, a aussi augmenté ses propres dépenses de gestion (Biens et services achetés pour l’Etat) de 93,7 MDT entre juillet et août de la même année.

Des dépenses de gestion, qui auront ainsi augmenté de 5,5 % en glissement annuel. Tout ceci, est dit en chiffres secs, par le ministère des finances lui-même dans sa revue, mensuelle qui est publiée au gré dudit ministère, de l’application du budget 2021.

Des chiffres, dont le chef de tout l’Etat qui lançait le 2 novembre son appel à l’austérité au cheffe du gouvernement devrait s’en s’inquiéter. Une austérité, où c’est d’abord à l’Etat et au gouvernement de donner l’exemple pour pouvoir le demander au reste de la population

Première du genre, les dépenses d’investissement ont augmenté de 315 MDT en glissement mensuel en août 2021, mais sont restées en-dessous des 2,08 Milliards DT d’août 2020. Il n’est pas exclu, selon plus d’un expert, que le gouvernement « puise dans le puit, pour mettre dans le fût (اهز مالجابية و احط في الخابية) », d’une rubrique à l’autre du budget pour équilibrer les choses.

  • « La libération se fera par l’austérité », dans un pays où le billet à un gala varie entre 500 et 4.000 DT

« Nous pouvons faire de l’austérité, car nous sommes dans un combat de libération nationale. Je ne dis pas là un secret, car j’en ai parlé avec la cheffe de gouvernement, en évoquant les voitures importées à coût de centaines de millions selon certaines marques, en plus des produits dont nous n’avons pas besoin. La libération se fera à travers l’austérité. L’Etat doit être l’opérateur principal », disait le chef de l’Etat tunisien en conseil de ministres, le 28 octobre 2021.

Différentes tentatives par de précédents gouvernements et un ancien gouverneur de la BCT, et qui ont toutes échoué à freiner l’importation des biens de consommation, second biais à notre sens pour initier toute politique d’austérité par la décision présidentielle d’une liste noire à l’importation.

Et en parlant d’austérité, l’appel présidentiel a été lancé dans un pays, où le prix du billet pour un gala d’un chanteur libanais connu dans une boite de nuit tout aussi connue par les fêtards tunisiens, variait entre 500 DT et 4.000 DT selon la position du siège, et était fortement couru ce vendredi 5 novembre 2021. 

« Le citoyen refuse qu’on touche à ses gains matériels, qu’il a obtenus après la révolution, économiquement ratée. Les besoins du citoyen se sont accrus après que tout soit devenu disponible sur les marchés, grâce au remarquable développement des moyens d’attiser les tentations.

Le Tunisien ne renoncera plus à donner des cours particuliers à ses enfants ou à envoyer de l’argent à l’étranger pour les inscrire dans des universités étrangères. En moyenne, cela représente, 360 MDT en transferts annuels à l’étranger par an. En plus des autres besoins essentiels, comme la nourriture, le logement etc… Le mot austérité n’est pas dans le dictionnaire tunisien », témoigne amèrement l’Universitaire et économiste renommé, Fethi Zouhair Nouri.

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